mardi 30 septembre 2014

Cinéma - « Elle l'adore » sans aucune limite

Sandrine Kiberlain, interprète d'une fan prête à tout pour son idole, rayonne dans le premier film de Jeanne Herry, vrai polar aux faux airs de comédie.


Étrange monde que celui des fans. Essentiellement des femmes déconnectées du réel, ne vivant que par et pour le chanteur ou l'acteur qu'elles idolâtrent. Jeanne Herry, la réalisatrice de « Elle l'adore », film étrange et fascinant, en a certainement croisé dans sa jeunesse. Car sous ce nom se cache la fille de Julien Clerc et Miou Miou. Un chanteur et une comédienne qui ont du recevoir quantité de lettres d'admirateurs quand ils étaient au faîte de leur célébrité. Est-ce dans cette matière première que Jeanne Herry a trouvé l'idée de son premier long-métrage ? A moins que le véritable moteur du film soit le chanteur Vincent Lacroix (Laurent Lafitte) ressemblant tant au père de la réalisatrice...

Muriel Bayen (Sandrine Kiberlain), la quarantaine fatiguée, esthéticienne, vit seule à Paris. Divorcée, elle n'a la garde de ses enfants (deux ados) que quelques week-ends. Muriel, depuis son enfance, est fan de Vincent Lacroix. Dans sa chambre d'enfant que l'on entrevoit à un moment, ses murs sont couverts de posters. Souvent, ces toquades sont passagères. La vie fait que les vrais gens supplantent toujours nos idoles car ils sont plus présents. Sauf pour Muriel qui consacre tous ses loisirs à Vincent. Elle collectionne les disques, les places de concerts et autres passes VIP qu'elle parvient à extirper à la sécurité à force de persévérance.
Depuis le temps, Vincent la connait. C'est sa fan numéro 1, la plus fidèle, mais pas envahissante. Le chanteur de charme, en pleine préparation de son prochain Olympia (presque une routine pour lui), se détend en jouant au poker chez lui avec des amis. Sa petite amie du moment n'apprécie guère. Grosse scène de jalousie devant les convives. Insultes, bris de glace. Une fois seuls, rebelote. Mais cette fois c'est plus violent. Et l'accident bête. Un lourd trophée fracasse la tête de l'amour du moment.

Convoyeuse
Vincent, paniqué, ne sait que faire. Toutes les apparences sont contre lui, sa carrière ne survivra pas à un tel scandale. Il va avoir l'idée tordue de demander de l'aide à Muriel, une personne en qui il a totalement confiance. Ou du moins qui le vénère tellement qu'elle devrait accepter de l'aider sans poser de questions. Il ne la met pas exactement dans la confidence. Il lui demande simplement de transporter un « colis » en Suisse où la sœur de Vincent a une petite entreprise de crémation d'animaux morts... La scène clé du film se déroule en pleine nuit. Vincent sonne chez Muriel. La fan n'en croit pas ses yeux. Son idole, chez elle. En observant sa réaction, on comprend que le personnage de Muriel, magistralement interprété par Sandrine Kiberlain, est beaucoup plus complexe qu'imaginé au début. Fan vient de fanatisme, un dérangement mental de plus en plus évident. Le film, engagé comme une simple comédie sociale, va s'orienter vers le polar pur et dur, avec enquête policière, garde à vue, interrogatoires, tension et coups de théâtre. Une scénario très alambiqué, à la hauteur de la mythomanie de Muriel, experte en histoires improbables.
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Sandrine Kiberlain au service de ses rôles

Longtemps, Sandrine Kiberlain est restée dans l'ombre. Une bonne actrice pour les seconds rôles, mais pas assez identifiable pour être vedette. La rousse filiforme, aux innombrables taches rousseurs prête plus à rire qu'à rêver. Elle accepte de jouer les fofolles avec un plaisir souvent non dissimulé. Cela donne des compositions brillantes dans « Tip Top » (une policière voyeuse et un peu naïve), « Pauline détective » (une journaliste spécialisée dans les faits-divers, tendance enquêtes à la Scoubidou) et surtout « 9 mois ferme » d'Albert Dupontel. Elle y incarne une juge d'instruction mise enceinte par un abominable délinquant. Sandrine Kiberlain explose dans un personnage en permanence au bord de la crise de nerfs. Une des rares actrices qui parvient à supporter la comparaison avec Dupontel, habitué lui aux excès en tous genres.
Dans « Elle l'adore », elle garde cet aspect un peu lunaire, mais parvient en quelques silences et regards troubles à faire deviner les profondes fractures de cette fan d'un chanteur de charme. Elle joue la folie, sans jamais se départir de son apparence de femme normale et consciente de ses faits et gestes. Une nouvelle palette à accrocher au vaste répertoire d'une comédienne pas toujours utilisée au maximum de ses possibilités qui sont immenses à en croire sa prestation dans le premier film de Jeanne Herry.

DE CHOSES ET D'AUTRES - Défilé de tatouages

Grosse animation hier dans mon village. Le vide-greniers annuel a transformé l'artère principale en vaste zone commerciale piétonne. Comme chaque année, j'en profite pour louer l'emplacement devant chez moi, installer quatre tréteaux et vendre livres et autres babioles. Passé l'enthousiasme des premières heures (90 % des ventes en début de matinée), il faut reconnaître qu'un vide-greniers c'est long. Très long…
Alors, bloqués derrière notre stand, mon épouse et moi scrutons les badauds. Démarche, tenue vestimentaire, âge, coiffure sont détaillés et commentés… Parmi ce petit échantillon de la vaste Humanité, les tatoués sont de plus en plus nombreux.
Hier matin, nous avons eu droit à un diablotin coloré beaucoup plus souriant que son propriétaire. Une dame laisse deviner sur un bras les ailes d'une chauve-souris. Un vieux socialiste arbore une rose sur son biceps fripé. Sans doute le souvenir d'une époque plus florissante pour la gauche. Celui-ci est couvert de la tête aux pieds. Impossible d'établir l'inventaire complet : un Indien sur son cheval saute aux yeux, puis une rose des vents sur l'avant-bras et une grosse araignée velue sur la main.
Côté bestiaire, les femmes sont plutôt dauphins, les hommes aigles. Lui porte un tigre sur le bras. Ou un chien ? Pas vraiment évident. Le tatouage est surchargé, comme si on avait redessiné sur un premier motif pour le faire disparaître.
Enfin, dans l'idéogramme chinois qu'exhibe ce cinquantenaire, je vois du mystère et du romantisme. Mais si ça se trouve, le tatoueur a seulement traduit en mandarin "Arlette pour la vie"…

lundi 29 septembre 2014

Roman - "La pendue de Londres" de Didier Decoin en poche


En racontant l'histoire de Ruth Ellis, la dernière femme pendue par la justice anglaise, Didier Decoin va beaucoup plus loin que le simple fait divers. Un homme. Une femme. Albert Pierrepoint et Ruth Ellis. 

Le roman de Didier Decoin, inspiré de faits réels, raconte à distance la seule et unique rencontre entre la jeune femme blonde et l'austère patron d'un pub londonien. Ruth croise le chemin d'Albert le 13 juillet 1955. Dans une prison. Quelques minutes plus tard Ruth est morte, pendue par Albert, exécuteur en chef du royaume britannique.

(Le Livre de Poche, 9,90 €)

BD - Ténébreuses années 40 avec "l'Insurrection" et "La chute d'un ange"

La Pologne comme la France ont mis du temps à se relever du traumatisme de la seconde guerre mondiale. Deux albums parus cette semaine reviennent sur l'ambiance particulière des ces années 40, entre guerre, libération et épuration.


« L'insurrection » a pour cadre la ville de Varsovie. En ce printemps 1944, les Allemands sont encore les maîtres du pays. La Résistance multiplie les actions d'éclat. Les rumeurs de débarquement la pousse à vouloir accélérer les événements. L'insurrection contre l'occupant se prépare. Pour mieux comprendre le contexte politique et historique, Sowa, la scénariste, s'attache à la vie d'une famille. Alicja a repris le flambeau de son frère Jan, tué dans un accrochage avec les nazis. Son fiancé, Edward, n'ose pas s'engager. Il préfèrerait, naïvement, que la guerre n'interfère pas dans son quotidien. Mais comment ne pas réagir quand l'oppresseur a tous les droits ? Mis en images par Gawron, cette prise de conscience suivie d'une prise de risque rend hommage à ces Polonais, oubliés de l'Histoire.


« La chute d'un ange », album écrit par Daeninckx et dessiné par Mako a également pour cadre les années 40. En France cette fois alors que le pays redécouvre la liberté. Une double enquête policière (la mort d'un orphelin et l'assassinat d'un patron de presse) est menée par le commissaire principal Pasquet. Entre fantômes de l'occupation, scandales d'état et magouilles au plus haut niveau, la France décrite par les auteurs est peu reluisante. Pourtant ce sont ces hommes et ces femmes qui ont repris le pays à la Libération et qui l'ont façonné. Un regard critique et sans concession tout à fait dans la lignée des précédentes productions d'un duo devenu incontournable dans la BD noire française.
« L'insurrection » (tome 1), Dupuis, 15,50 euros

« La chute d'un ange », Casterman, 15 euros

dimanche 28 septembre 2014

BD - Plongée dans le passé de l'Égypte ancienne


Imaginez, vous allez en cours, bercé par les cahots du métro. Vous vous endormez d'un œil. Et quand vous vous réveillez, vous êtes à bord d'un bateau grec qui fait route vers l'Égypte. Pas un paquebot de croisière. Une vieille barcasse qui avance à la rame. C'est l'incroyable aventure qui arrive à Oscar Rimbaud, étudiant en médecine. Quand il reprend ses esprits, tout le monde à bord l'appelle Odyxes et il est... capitaine. 
Arleston, après avoir beaucoup exploré l'heroic fantasy (Lanfeust, Trolls...) se tourne vers un fantastique historique plus classique, teinté de voyage temporel. Une fois le choc passé, Oscar-Odyxes accepte sa nouvelle réalité et avant de chercher un moyen pour réintégrer son époque va se démener pour survivre. Heureusement ses connaissances médicales et scientifiques sont un atout non négligeable dans cette Égypte ancienne. 
Au dessin, Stephen Lejeune est aussi à l'aise sur les quelques planches se déroulant durant notre époque que sur celles, plus nombreuses, se déroulant dans le passé.

« Odyxes » (tome 1), Soleil, 13,95 €

samedi 27 septembre 2014

DE CHOSES ET D'AUTRES - Koh-Lanta à nu

Particulièrement culottés les dirigeants de TF1. Après la mort d'un candidat de Koh-Lanta en 2012, j'étais persuadé que jamais ils n'oseraient remettre des aventuriers sur une île déserte. D'autant que le médecin de l'émission s'était suicidé dans la foulée. Enfin un peu d'éthique pour la chaîne du "mieux-disant culturel".
Elle n'a pas duré longtemps. Moins de deux ans plus tard Denis Brogniart est de retour à l'antenne et chaque vendredi, des millions de Français en mal d'exotisme se délectent des épreuves de confort et autres jeux où tactique, force et intelligence comptent pour du beurre à côté des sentences des conseils, le lieu de tous les défouloirs et de toutes les traîtrises. Éthique ? Et toc !
Je ne regarde plus Koh-Lanta. J'avoue avoir été assez fan de l'émission à ses débuts. Mon regard a changé quand j'ai compris que tout était scénarisé à l'avance. Et puis j'ai définitivement craqué lorsqu'un candidat, en Nouvelle-Calédonie, a failli égorger une chèvre qu'il avait capturée.
Par contre je me laisserai peut-être tenter par le nouveau concept acheté par Canal + pour D17, une de ses chaînes en clair. Comme pour Koh-Lanta, tout se passe sur une île déserte avec des candidats laissés seuls pour survivre. Avec un détail qui fait toute la différence : ils sont nus comme des vers. En réalité, "Adam looking for Eve" (Adam cherche son Ève) s'apparente plus à un "Tournez manège" naturiste qu'à un jeu de survie. Au moins, pas de mauvaise surprise pour les candidates : d'entrée elles peuvent juger… sur pièce.
En bonus, un extrait de l'émission néerlandaise :

vendredi 26 septembre 2014

Cinéma - « Leviathan » ou la Russie crépusculaire

Si la Russie a gagné quelques libertés individuelles en rejetant le communisme, les féodalismes locaux ont la vie dure.


En compétition au dernier Festival de Cannes, « Léviathan » d'Andreï Zviaguintsev a remporté la palme du scénario. L'histoire, simple et noire à souhait, permet de décrire la situation réelle de ce pays, débarrassé de la dictature communiste mais pas des petites féodalités. Le personnage principal, Kolia (Alexeï Serebriakov), ancien parachutiste, s'est retiré dans une petite ville du grand nord, au bord de la mer de Barents, pour y exploiter un garage accolé à la maison familiale depuis quatre générations. Il y vit en compagnie de son fils Roma, adolescent en pleine période de rébellion, et Livia (Elena Liadova), sa jeune et nouvelle épouse. Il aurait tout pour être heureux si le maire (Roman Madianov) n'avait pas décidé de construire à l'emplacement de sa maison un centre de télécommunications.
Après avoir tenté de trouver un arrangement avec Kolia, il passe à la manière forte. Expropriation et indemnités ridicules. Acculé, Kolia se souvient d'un collègue d'armée devenu depuis avocat à Moscou. Dmitri vient passer quelques jours chez son ami avec de nouveaux atouts dans sa manche. La police et la justice locales étant totalement inféodées au maire - caricature d'un Eltsine (pour son alcoolisme et ses rondeurs) mâtiné de la morgue d'un Poutine et de la violence d'un Staline - Dmitri va devoir aller chercher des appuis très haut pour tenter de faire plier l'élu.

Le faible et le fort
Le film, lent et parfois contemplatif, se découpe en plusieurs longues séquences. Elles peuvent présenter la nature sauvage et déserte de cette partie de la Russie, ou les rapports compliqués entre les habitants du cru, tous très portés sur la vodka, alcool qui coule à flot et en permanence. Kolia boit beaucoup. Et devient rapidement violent. Le maire, toujours accompagné de plusieurs nervis, n'est pas en reste. Cela donne cette scène surréaliste où il vient, en pleine nuit, menacer Kolia devant femme et enfant. Toute la noirceur de ce pays, offert aux affairistes et aux mafias locales est résumée dans cet affrontement du faible contre le fort.
Pourtant on y croit à un moment. Dmitri, en plus du soutien d'un homme qui fait trembler rien qu'à l'évocation de son nom, a un dossier circonstancié sur les horreurs commises par le maire.
Un chantage à la vérité qui tourne court. La Russie décrite par Andreï Zviaguintsev a tout de la république bananière ou du comté moyenâgeux. Il n'y fait pas bon vivre avec l'espoir d'une once de liberté. Par contre, on y meurt facilement. Une œuvre forte, à la narration maîtrisée et aux images soignées. Les acteurs sont tous excellents avec cependant une mention spéciale à Elena Liadova, faible et fragile dans cet univers d'hommes rudes et Roman Madianov, archétype de l'homme corrompu par le pouvoir, aussi infime soit-il.

DE CHOSES ET D'AUTRES - "Mon P'tit Quinquin" de Dumont du Nord


"P'tit Quinquin" c'est mon rayon de soleil de la rentrée. La série en quatre épisodes de Bruno Dumont diffusée sur Arte depuis la semaine dernière, est un régal. Présenté en mai dernier au festival de Cannes, ce feuilleton policier avait fait l'unanimité : original, drôle, intelligent et hors normes. Du Dumont pur jus. Mais en plus simple et surtout moins sombre. Le réalisateur de "L'Humanité", film primé en 1999, a planté ses caméras dans ce Nord typique qu'il connaît si bien.



Une ville côtière où les autorités découvrent plusieurs cadavres de vaches. Et en procédant à l'autopsie des bêtes, le vétérinaire tombe sur d'autres cadavres, humains cette fois et en petits morceaux. L'enquête est confiée au commandant Van der Weyden et son adjoint le lieutenant Carpentier. Voilà sans doute les plus improbables gendarmes campés à la télévision. De ceux capables de rater l'arrivée de trois jihadistes de retour de vacances en Turquie...
Le premier, sourcils broussailleux et gâchette facile, a plus de tics faciaux que Nicolas Sarkozy et Vincent Lindon réunis... Sans oublier une façon bien à lui de dramatiser à outrance : "Carpentier, on est au cœur du mal !". Le lieutenant, lui, se contente de conduire la voiture. Vite et mal. Dans leur quête du meurtrier des "bêtes humaines", ils croisent la route de P'tit Quinquin. Ce gamin du coin, nez cassé et oreilles décollées, a pour petite amie Eve, sa voisine aussi sage qu'il est dissipé.
Ne manquez pas  la suite de leurs aventures sur Arte, ils n'affrontent pas moins que "L'diable en perchonne".

jeudi 25 septembre 2014

DVD - De l'utilité des prisonniers dans "On the job"

Thriller philippin, « On the job » fait découvrir au spectateur les bas-fonds de Manille.


Le cinéma asiatique est trop souvent méconnu en Europe. Saluons donc la sortie en DVD chez Wild Side Vidéo de ce film philippin nerveux et violent. Réalisé par Erik Matti, « On the job » est tiré d'une histoire vraie. Dans ce pays où politique et corruption ont toujours fait bon ménage, un scandale a ébranlé la police quand la presse a révélé que des prisonniers étaient utilisés comme tueurs à gages. Tatang et Daniel (Joel Torre et Gerald Anderson) sont détenus depuis de longues années. Le premier est en train de former le second à ce métier non officiel. Régulièrement, ils sont exfiltrés du pénitencier et ont pour mission d'abattre un « ennemi ». La scène d'ouverture, en plein carnaval, est impressionnante. Tatang, sous la protection de Daniel, s'approche de la cible et l'abat de deux balles. Une dans la poitrine pour le faire tomber, une seconde dans la tête pour terminer le travail. Une fois le travail accompli, ils rentrent dans le rang, avec un beau pécule en poche.

Ces règlements de compte, de plus en plus fréquents, poussent la police locale à mobiliser ses meilleurs éléments. L'enquête est confiée au sergent Acosta, un pur, incorruptible et tenace. Dès qu'il a une piste, l'affaire lui est retirée et confiée au FBI local, plus spécialement à Francis Coronel Junior. Jeune, beau, ambitieux, il est le gendre d'un homme politique influent. Entre les détenus tueurs et le duo de flics, une palpitante chasse à l'homme va s'engager, des ruelles sombres et étroites des bas-fonds de Manille aux couloirs d'un hôpital en passant par les beaux quartiers où la classe politique, alliée à l'armée et la mafia, manipule et corrompt au quotidien. Le film n'est pas uniquement d'action. Il dénonce aussi vivement la corruption qui gangrène le pays. De manière un peu naïve, mais finalement assez salutaire.

« On the job », Wild Side Vidéo, 14,99 euros.

mercredi 24 septembre 2014

DE CHOSES ET D'AUTRES - Associations hétéroclites

Au gré de mes pérégrinations sur le net, je tombe sur ce blog assez génial associant livres et alcools. Un lecteur averti publie une photo pour chaque livre lu. Par exemple, le remarquable roman "Ecrits fantômes" de David Mitchell (chez Points) est à savourer avec le goût d'une Torra, bière corse parfumée à l'arbouse. Certains livres vous percutent à tel point qu'ils ne nécessitent pas d'alcool. "La conjuration des imbéciles", chef d'œuvre de John Kennedy Toole, ne supporte que du jus de clémentine.

Ces idées d'associations sont déclinables à l'infini. Il suffit de choisir deux catégories suffisamment riches pour s'ouvrir de nouveaux horizons. Par exemple, cinéma et politique, un film et un politicien. Les choix pour François Hollande : "Les parapluies de Cherbourg" ou le guilleret "Chantons sous la pluie". Les racines ibériques de Manuel Valls le destinent naturellement à "Matador" de Pedro Aldomovar.
Dans l'opposition, vu la conjoncture, Nicolas Sarkozy me fait immédiatement penser, retour oblige, à ce film français des années 80 avec Jerry Lewis en vedette : "Par où t'es rentré, on t'a pas vu sortir ?". Alain Juppé s'accommoderait bien d'un film avec Schwarzenegger. Pas pour leurs musculatures, assez peu comparables, mais pour le côté "Je suis une star, terminés les seconds rôles".
Cécile Duflot, tant par son apparence que son caractère, ferait une remarquable "Hulk" française. Mais le mieux loti reste DSK. Il a droit à son propre film inspiré de ses démêlés judiciaires… 

BD - Japon féodal


Le Japon regorge de vieilles légendes fantastiques. Une source inépuisable pour des scénaristes européens un peu curieux. Morvan le premier a ouvert le chemin, Sylvain Runberg semble lui aussi tombé sous le charme du pays du soleil levant. Des Shinobis exactement. Ce sont des mercenaires, mi-hommes, mi-démons. 
Hideyoshi est l'un d'eux. Exactement ce sont ses trois enfants qui sillonnent la campagne, incognito, pour se vendre aux plus offrants. Dans ce premier tome dessiné par Xu Zhifeng, le trio joue un double jeu. Si l'un des démons passe au service du shogun Ashigaka, c'est pour mieux le trahir au profit de l'impératrice. Histoire complexe mais prenante, dessin lumineux d'un virtuose venu de Chine, cette nouvelle série marche sur les traces d'Okko chez Delcourt. Avec cependant la touche Runberg (Orbital) qui se caractérise par des personnages aux psychologies très détaillées et riches en contradictions.

« L'ombre des Shinobis » (tome 1), Glénat, 13,90 €


mardi 23 septembre 2014

DE CHOSES ET D'AUTRES - Chers toutous

A force de parler de mes chiens dans ces chroniques, cela me pendait au bout du nez : des sociétés m'ont repéré et me démarchent pour le bien-être de mes toutous. En France il y a toujours un commercial saugrenu pour avoir l'idée d'un service aussi cher qu'inutile. Exemple avec cette réclame pour un comparateur d'assurance pour animaux reçue dans ma « boitamel ».
En préambule, on m'explique que « Visite, vaccination, petits bobos ou même hospitalisation… les frais vétérinaires peuvent être onéreux. La solution : souscrire une Assurance santé Chiens-Chats pour protéger sa santé et votre budget. » Et de proposer une fiche de renseignements à remplir pour obtenir un devis. Première difficulté, il faut préciser l'âge et la race de l'animal. Il y a bien une centaine de propositions de « azawakh » à « xoloitzcuintle » (un lévrier sahélien et un chien nu du Mexique), mais pas trace de terrier croisé caniche ni d'épagneul mélangé à du beauceron ou, plus simplement, de bâtard, ce que sont indéniablement mes chiens...
Au niveau de l'âge, je ne peux pas être très précis. Adoptés tous les deux à la SPA, ils ont été recueillis adultes (entre un et deux ans) errant dans la rue. Seule certitude, ils ont plus de dix ans. Cela résout le problème. Non assurables ! Une fois le devis rempli, on me répond sèchement, « Nous ne pouvons pas prendre en compte les animaux de plus de 6 ans ».
Alors j'ai triché (ils ont rajeuni d'un coup d'un seul...) et une assurance santé pour mes chiens me coûterait entre 24,05 euros et 72,15 euros par mois ! Chers toutous !

Chronique "De choses et d'autres" parue mercredi 23 septembre en dernière page de l'Indépendant

lundi 22 septembre 2014

BD - L'Afrique romaine dans "L'expédition" de Marazano et Frusin



L'exploration de l'Afrique est relativement récente. Pourtant le continent a très vite fasciné les conquérants. Mais certaines barrières naturelles ont protégé les peuplades locales. Dans « L'expédition », série écrite par Richard Marazano et dessinée par Marcelo Frusin, ce sont des soldats romains qui tentent d'étendre l'empire en direction du Sud. Ils partent d'Égypte et s'enfoncent dans cette nature hostile peuplée de tribus primitives et d'animaux dangereux. Des mois et des mois de progression lente et difficile pour se trouver aux portes du Niangara, un royaume en pleine guerre civile. Marcus, le commandant, et ses cinq mercenaires vont rapidement être faits prisonniers et transformés en esclave dans des mines. Mais il en faut plus à ces guerriers pour abandonner leur liberté et leur rêves de richesse. Frusin, grand professionnel argentin qui a beaucoup dessiné de comics aux USA, a le trait idéal pour retranscrire la noirceur de cette saga prévue en quatre tomes.

« L'expédition » (tome 2), Dargaud, 13,99 €

dimanche 21 septembre 2014

Livre - Blanès et ses fantômes

Un dimanche passé à Blanès, ville balnéaire près de Barcelone, change radicalement la vie d'Éva Elle va y retourner et s'y installer pour tenter de comprendre.

Les premiers romans sont souvent (toujours ?) autobiographiques. Hedwige Jeanmart est Belge. Installée depuis quelques années à Barcelone, elle s'est certainement inspirée de sa propre vie pour écrire ce roman. Est-elle Éva, le personnage principal et narratrice ? A moins qu'elle ne ressemble plus à Yvonne, une autre jeune fille vivant dans un camping à Blanès ? En lisant ces lignes, on se pose forcément la question. Du moins au début. Car rapidement l'atmosphère énigmatique, presque fantastique, du roman nous happe. On se retrouve alors avec Éva, dans les ruelles de la cité catalane à la recherche d'une mystérieuse maison et à guetter l'apparition de fantômes. 
Tout commence un week-end. Éva demande à son compagnon Samuel s'il est d'accord pour passer la journée à Blanès. Un dimanche hors saison, à déambuler le long de la mer et manger dans un petit restaurant. Puis retour à Barcelone. Sauf que ce soir-là, Samuel est mort. Disparu, volatilisé, envolé... Éva tombe dans un état de prostration. Dans sa jolie maison de Barcelone, elle se coupe du monde. Ne sort plus, ne répond pas au téléphone. Surtout elle s'interroge, tente de trouver des explications à cette mort soudaine. A force de questionnement intérieur, elle parvient à la déduction que c'est la journée à Blanès qui est la cause de tout. Sur un coup de tête elle retourne dans la petite ville, s'installe dans une pension et se remémore sa dernière journée avec Samuel pour tenter de découvrir l'élément déclencheur.

Au bord de la folie
La jeune femme décrite dans le roman d'Hedwige Jeanmart a tout de la folle. Ou du moins de l'esprit obsédé par un événement irrationnel. Lors du dernier repas avec Samuel, ce dernier lui a lu un extrait d'un texte de Bolaño. Cet écrivain d'origine chilienne est la célébrité locale. Il semble exercer une fascination très forte sur toute une faune qui s'est installée à Blanès, sur ses traces. Éva va en croiser plusieurs, devenir leurs amis et sans tomber dans leur dévotion, découvrir les charmes vénéneux de Blanès. Son séjour, qu'elle pensait court, se prolonge, s'éternise presque. Elle est comme prisonnière : « Cette appropriation des lieux à ce point désincarnés, où je n'éprouvais absolument rien sinon une solitude et une désespérance sans fond, me dérangea : et si la question n'était plus tant de comprendre ce qui s'était passé mais ce qui était en train de se passer ? Je m'installais à Blanès où tout m'était désagréable et je m'y complaisais. C'était comme si j'acceptais de souffrir d'une maladie et que cette maladie devenait tout pour moi, que je ne pouvais plus m'en passer. » Éva cherche notamment une maison décrite dans un livre de Bolaño.
En sillonnant les petites rues, elle découvre qu'elle n'est pas seule dans ce cas. Il y a par exemple Yvonne, une jeune Belge vivant à l'année sous une tente dans un des campings de Blanès. Un serveur de restaurant aussi, d'origine népalaise. Et d'autres quasi fantômes à la recherche du spectre de Bolaño.
Voyage initiatique, au bord de la folie, ce premier roman est souvent déconcertant. L'auteur semble parfois dépassée par son sujet. Mais cela ne dure pas. Elle reprend les commandes de son héroïne. Même si on a presque l'impression que cette dernière, comme dotée d'une propre vie, tente de nouveau de s'échapper par des chemins de traverse. Reste au final beaucoup d'interrogations et l'envie urgente d'aller visiter Blanès et rencontrer son étrange population. Avec cependant la crainte de se retrouver envoûté par le fantôme de Bolaño.

« Blanès », Hedwige Jeanmart, Gallimard, 18,50 €

samedi 20 septembre 2014

DE CHOSES ET D'AUTRES - Le bonheur obligatoire

Pascal Fioretto est génial. Cet auteur, habitué des pages de Fluide Glacial (le numéro d'octobre, un spécial loosers, avec poster central de François Hollande nu), publie régulièrement pamphlets décapants et autres pastiches savoureux aux éditions Chifflet & Cie. Sorti en 2008, « La joie du bonheur d'être heureux » est enfin disponible chez Pocket pour la modique somme de 6,50 euros. L'auteur suit la longue introspection de son héroïne, passe ainsi au karcher les techniques - elles visent toutes à atteindre les tréfonds de son moi - jusqu'à atteindre le nirvana intellectuel. Car notre société ne plaisante pas avec le bonheur. Il convient d'afficher sa joie, d'être heureux à tout prix. Une clique de charlatans en profite, tel le joueur de flûte de Hamelin, qui prennent le contrôle d'esprits faibles, dirigés vers une pensée unique positive. La charge de Pascal Fioretto est puissante. Mais surtout hilarante. En résumé, on pourrait citer l'homme politique le plus décrié de France en ce moment : « Pas facile d'être heureux ! ».

Pascal Fioretto vient également de publier chez Plon un roman au titre toujours aussi alléchant : « Un condamné à rire s'est échappé ».

(Chronique "De choses et d'autres" parue samedi 20 septembre en dernière page de l'Indépendant.)

DVD - Le droit au bonheur

Une famille idéale américaine fait trop rêver des laissés pour compte dans “Replicas”.


Vous ne savez pas ce que c’est que d’élever votre enfant dans une voiture. » Bobby (James d’Arcy) n’a pas l’air très conciliant en disant cela à Mark (Joshua Close).

Les deux hommes ont eu une soirée pour se jauger, se détester. L’affrontement entre ces deux pères de famille que tout oppose est au centre de ce thriller canadien qui sort directement en DVD. Mark, avocat, va passer quelques jours dans sa maison de campagne perdue dans la montagne. Il est accompagné de sa femme Mary (Selma Blair) et de son gamin de 8 ans. Leur humeur est morose. Ils viennent de perdre leur petite fille dans un accident. Dans cette maison isolée, le silence règne en maître. Jusqu’à l’arrivée des voisins, Bobby, sa femme et son enfant. Un trio un peu gauche et envahissant. Ils s’incrustent, s’invitent à dîner et s’extasient devant le luxe de la maison. Qui sont-ils ? Que veulent-ils ? L’ambiance, de pesante, va devenir angoissante avant de basculer dans l’horreur.

Imaginé par Joshua Close, le scénario de ce film est mis en images par Jeremy Power Regimbal. Ces deux amis ont beaucoup investi dans cette production qui ne révolutionne pas le genre mais est d’une redoutable efficacité. Il fait saluer les performances des acteurs, notamment James d’Arcy, totalement fêlé et Selma Blair, parfaite en mère au cœur brisé mais qui s’accroche à ce qui lui reste de famille.
Tourné en 16 jours dans une grande maison aussi belle que terrifiante, ce film dérangeant, sans être à proprement parlé une œuvre d’auteur, s’aventure sur le terrain politique en soulignant l’énorme écart de revenus entre un couple bourgeois et une famille de laissés pour compte. Et en bonne production américaine, la morale l’emporte un peu trop facilement...


Replicas”, Wild Side Video, 14,99 euros.

Cinéma - “Pride” ou l’union des opprimés

Quand une association de gays et lesbiennes se mobilise pour des mineurs en grève, le résultat est émouvant.


L’Angleterre durant les années 80 a vécu bien des drames avec l’accession au pouvoir de Margaret Thatcher. La fameuse dame de fer, en plus de laisser mourir les grévistes de la faim de l’IRA, a mené une véritable guerre contre les syndicats ouvriers. Exemple avec la grève des mineurs qui a duré plus d’une année. La solidarité a joué à fond, mais rapidement les familles, sans revenus, sont acculées. Les policiers de leur côté multiplient les arrestations et provocations. Dans ce contexte, quelques militants londoniens de la cause homosexuelle décident de collecter des fonds pour aider les mineurs.

Gallois compréhensifs
Problème : quand ils contactent les syndicats, ces derniers ne veulent pas de cet argent. Les clichés ont la vie dure dans les milieux populaires. En désespoir de cause, le groupe d’ami propose les fonds à un petit village gallois. Sur un malentendu, le comité de soutien aux mineurs accepte. Une grande aventure débute, avec beaucoup d’obstacles et une grande fierté à l’arrivée.

Réalisé par Matthew Warchus, ce film est un petit bijou de comédie sociale anglaise. Il prend le temps de planter le décor. D’abord dans la communauté gay en donnant du corps aux militants, de Jonathan (Dominic West) à Mark (Ben Schnetzer) excellent en idéaliste de la lutte des opprimés en passant par Joe (George Mackay), jeune gay qui vit dans le secret, famille intolérante oblige. Et puis il passe aux mineurs, du leader syndical (Paddy Considine) à Sian (Jessica Gunning), la femme de l’ombre.
Entre les bars gays du Londres à la pointe de la libération sexuelle et la salle des fêtes du petit village gallois, le gouffre est immense. Pourtant, à force d’ouverture d’esprit, de discussion et d’épreuves, les deux communautés vont se comprendre, s’apprécier. Ce ne sera pas sans heurts ni crise, mais même si au final les mines au Pays de Galles ne sont plus qu’un lointain souvenir, il restera dans les mémoires cette union des opprimés qui a beaucoup fait pour l’avancée des droits civiques au Royaume-Uni. Un choc des cultures sur une terre bouillonnante toujours prête à s’enflammer. Une incontestable réussite qui va bien au-delà des simples problèmes de lutte syndicale ou de tolérance.

vendredi 19 septembre 2014

DE CHOSES ET D'AUTRES - Incivilités officielles

Nous vivons dans un pays soi-disant civilisé. Or nous sommes envahis d'incivilités. Rien de plus énervant que de subir ces petites choses qui ne fonctionnent pas. Heureux propriétaire de deux chiens, je les sors tous les jours, les poches remplies de sacs plastiques. Depuis six mois, un distributeur de sacs à crottes est installé dans la rue principale de mon village. Belle initiative. Six mois qu'il est en fonction. Six mois que je passe presque quotidiennement devant et constate, effaré, son vide sidéral et systématique. Matin, midi et soir... Quelle utilité d'installer un distributeur s'il n'est jamais approvisionné ? 
L'intention est bonne, le suivi calamiteux. Dans cette même rue principale, plusieurs jardinières donnent des couleurs au centre ville. Un système d'arrosage automatique est implanté dans les pots. Le réglage en reste visiblement à revoir. Le pot se remplit, déborde, l'eau se répand sur le trottoir et finit aux égouts. Non seulement les fleurs meurent par noyade, mais en plus les trois-quart de l'eau utilisée ne sert strictement à rien si ce n'est à produire à quelques endroits des algues du plus bel effet. Un gaspillage qui horripile mon épouse, elle qui récupère l'eau de la vaisselle pour nettoyer la terrasse.

Entre les flaques et les crottes, mieux vaut ouvrir l'œil quand on marche sur les trottoirs de mon village. Heureusement il est toujours très bien éclairé. La nuit. Le jour aussi. Parfois, les lampadaires restent allumés malgré un beau soleil. Encore un mystère de l'automatisation à outrance de certaines tâches, pourtant si simples à gérer au quotidien...
Chronique "De choses et d'autres" parue vendredi 19 septembre en dernière page de l'Indépendant

jeudi 18 septembre 2014

DE CHOSES ET D'AUTRES - Voyage, voyage

« La France est malade » selon Emmanuel Macron, jeune ministre de l'Économie. Malade de ses privilèges surtout. En pleine grève Air France, souvenons-nous de la bombe lâchée il y a un an par les syndicats de la compagnie aérienne : Carla Bruni voyage à l’œil. Un trajet aller-retour Parisn - New York, certainement pas en classe touriste puisque le billet atteint la somme astronomique de 8295 euros. Rien d'anormal, le service communication d'Air France explique : « il est de tradition que les anciens présidents de la République et leur famille puissent bénéficier des facilités de transport dans la classe de réservation la plus élevée ». Le fait que Carla Bruni soit riche à millions ne semble pas jouer... 
Nicolas Sarkozy a lui aussi le droit de voyager sur Air France sans bourse délier. Un privilège dont il n'abuse pas. Point par modestie ou volonté d' épargner à l'État de casquer pour son billet. Non, quand il participe à une conférence richement payée programmée à l'autre bout du monde, il préfère utiliser des jets privés. 
Les juges l'ont récemment découvert alors qu'ils enquêtaient sur une société de Stéphane Courbit. Cet ami de longue date (présent le soir du Fouquet's) se charge des déplacements de l'ancien président. Entre copains, cela se fait. Un peu comme du co-voiturage pour nantis, à 100 000 euros la virée... Oui la France est malade. Malade de ces hommes et femmes qui vivent en dehors des contingences matérielles. Ils n'ont plus aucun contact avec la réalité, incapables de vivre normalement, portés par une unique obsession, le pouvoir et l'entourage du pouvoir. 

Chronique "De choses et d'autres" parue jeudi 18 septembre en dernière page de l'Indépendant

DE CHOSES ET D'AUTRES - La bombe Netflix

Annoncé à grand renfort de superlatifs,
Netflix débarque en France. Ce service internet ambitionne le titre de "bible des amateurs de séries".
Pour moins de 10 euros par mois, vous avez accès à des milliers d'heures de fiction. "Même principe que CanalPlay qui existe depuis des années !", me souffle un petit lutin malicieux. Soit, mais CanalPlay est Français. Netflix, Américain. La différence, la voilà. Auréolé de son clinquant et de son odeur de neuf, Netflix donne l'impression de se connecter en direct sur les télévisions américaines. Le petit lutin revient : "Mais tu sais, sur OCS (le bouquet de chaînes d'Orange), la plupart des séries de HBO sont diffusées en France un jour seulement après les States." Tu n'es qu'un rabat-joie. Netflix est le nec plus ultra de la télé du futur.
D'ailleurs, je vais de ce pas y souscrire. En plus le premier mois est gratuit ! "Si c'est gratuit, pourquoi tu dois donner tes coordonnées bancaires ?", me titille encore le petit lutin. Là je l'empoigne, l'enroule de cellophane, le scotche à la table de dissection et tel Dexter (toutes les saisons sont disponibles sur Netflix), le découpe en morceaux.
En réalité, la seule et bonne raison de s'abonner à Netflix réside dans son moteur de suggestion intelligent. En fonction de vos choix, Netflix affine vos goûts et vous propose des programmes similaires. "Alors ils connaissent tout de nos préférences et veulent contrôler notre culture. C'est pire que Big Brother ce machin !", hurle le lutin. En morceaux mais bien vivant, transformé par magie en ver de terre. Commence à m'énerver celui-là...

En bonus, le générique de Dexter