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mercredi 21 janvier 2026

Science-fiction - Les « Sbires » se rebiffent

Il y a les super-héros. Et dans l'ombre, les sbires, factotums interchangeables. Mais si ces derniers décidaient de s'unir ? 

Les bons contre les méchants, les super-héros contrant les vilains : durant trop longtemps l'univers fantastique façonné par les comics américains depuis l'invention de Superman n'a été qu'une caricature grossière du manichéisme. Il a fallu quelques décennies pour que les auteurs mais aussi le public, proposent un peu plus de complexité dans ces histoires à l'imagination débridée. Une lente évolution pour « humaniser » des êtres peut-être indestructibles, mais pas toujours insensibles. Une évolution qui semble avoir guidé la Canadienne Natalie Zina Walschots dans l'écriture de son premier roman, « Sbires », traduit dans un premier temps chez l'éditeur Au diable Vauvert et repris récemment en format poche au Livre de Poche. 

Un sbire c'est un peu la chair à canons des officiers de la première guerre mondiale. Ils ont de petits pouvoirs mais ne font que rarement le poids face aux vedettes. Dans le monde décrit par la jeune autrice, les sbires sont souvent au chômage et font souvent la queue dans les halls des agences d'intérim en espérant décrocher un petit contrat. Anne Tromedlov vivote depuis quelques années en faisant prospérer son seul et unique pouvoir : savoir interpréter des données en nombre collectées dans des milliers de tableurs du type Excel. Un drôle de pouvoir. Pas très utile quand elle doit se rendre sur le terrain. 

En devenant la secrétaire particulière d'un vilain assez renommé (l'Anguille électrique), elle croit enfin voir le bout du tunnel. Quand son patron décide de prendre le fils du maire en otage, il utilise Anna comme garde du corps. Ou plus exactement comme potiche pour le direct à la télé. Supercolisionneur, le plus puissant des héros de ce monde, intervient et c'est la débandade. Anna, simple sbire, se trouve au mauvais endroit. Le super-héros la pousse pour tenter de capturer l’Anguille. Résultat une hanche et une jambe en mille morceaux. Elle mettra des mois à s'en remettre. Et va devenir obsédée par ce héros qui cause trop de dégâts quand il intervient pour le bien. 

Elle va faire des calculs et démontrer qu'au final, un super-héros cause plus de mal qu'un vilain. Notamment Supercollisionneur. Elle en tire une théorie qu'elle baptise « Le rapport des préjudices ». Une étude qui attire l'attention de Léviathan, le plus terrible des vilains. L'ennemi absolu de Supercollisionneur. Comme ils sont à armes égales, impossible pour Léviathan de s'imposer. A moins de donner carte blanche à Anna, la sbire qui pourrait dépasser le maître. 

Ce roman, plus psychologique qu'héroïque, est un régal. Les clichés sont mis en pièces. Anna, blessée, faible, rancunière, choisit le camp du mal par défaut. Quand les masques tombent, Anna gagne ses galons et devient l'Auditrice. Reste à savoir quel camp elle va choisir ? Et s'il reste encore véritablement deux camps...      

« Sbires » de Natalie Zina Walschots, Le livre de Poche, 544 pages, 9,90 € 

vendredi 9 janvier 2026

Science-fiction – Espace et temps à conquérir

Formidable roman entre Space opéra et réflexion philosophique, « Echos stellaires » du Français David Bry bouscule le genre de la SF trop traditionnelle. Dans un futur très lointain, les entreprises ont pris le pouvoir. C'est Chronon Galactics qui possède la planète Pi-Cassioppeiae-2. Une grosse roche sur laquelle quelques humains survivent difficilement. Tous employés de la Chronon. Exploités, mais décidés à conquérir leur indépendance. Malgré la milice intraitable et le bombardement continuel des chronons, ces particules temporelles qui permettent le voyage dans l'espace et font revivre le passé. 

Noam, pilote rebelle surdoué, se bat sans limite. Il n'a plus peur de la mort depuis que son compagnon est décédé. Par la faute de Chronon. Seul petit défaut du roman, il est trop guerrier. Les combats incessants sont excessivement mis en avant. On se rattrape avec les déambulations nostalgiques de Noam. Bombardé de chronons, il risque la mort mais cela lui permet de se remémorer les meilleurs moments de ses amours défuntes. Un romantisme stellaire envoûtant. 

« Echos stellaires », David Bry, Fleuve éditions, 544 pages, 22,95 €

mardi 2 septembre 2025

BD - Fred Fordham propose sa vision graphique du Sorcier de Terremer


Paru à la fin des années 60 aux USA, Le sorcier de Terremer a littéralement révolutionné le genre de l’héroic fantasy. Un livre devenu culte depuis, qui a inspiré des dizaines d’auteurs Histoire universelle d’initiation, elle bénéficie d’une adaptation graphique de haute volée par un maître du genre : Fred Fordham. Il a déjà proposé ses versions d’autres romans symboles de la littérature anglo-saxonne comme Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur ou Le meilleur des mondes.


Cette fois il propose de donner vie visuellement au monde de Ged, le fils du forgeron de l’île de Gont. On le connaît aussi sous le nom d'Épervier. Ce jeune garçon, par hasard, a découvert qu’il savait manier la magie comme personne. Il parle aux animaux, se transforme en épervier à l’occasion, sculpte les vents, modifie la météo. Il sera repéré par les sorciers de l’île de Roke après avoir sauvé son village d’une attaque de pillards. Simplement en le plongeant dans un brouillard opaque, le faisant disparaître lors de l’assaut. 

A Roke, il va passer quelques années à apprendre. Connaître les mots magiques mais surtout s’apaiser. Car Ged ne sait pas toujours canaliser son pouvoir. Voilà comment un soir, par défi, il fait apparaître une ombre qui va le poursuivre sur tous les océans de Terremer. 


Validé par le fils d’Ursula K. Le Guin, ce roman graphique de toute beauté nous plonge dans un monde magique et fantastique. D’île en île, d’apparition en apparition de l'ombre, tout en combattant dragons et autres monstres, Ged va trouver sa voie et le roman devenir un puissant message de paix et de sagesse. A découvrir même si l’on a déjà lu la saga. Et pour ceux qui n’ont pas eu la chance de profiter de la prose de l’autrice américaine disparue en 2018, c’est un parfait avant-goût de la découverte du texte original, disponible en une belle intégrale, toujours au Livre de Poche. 

“Le sorcier de Terremer” d’Ursula K. Le Guin, adaptation graphique de Fred Fordham, Le Livre de Poche Graphics, inédit, 288 pages, 22,90 €


dimanche 24 août 2025

Roman - La réserve indienne du Massif Central

Figés dans le temps, deux vieux paysans du Massif Central sous le regard acéré de Marie-Hélène Lafon.

Un silence assourdissant, une immobilité comme éternelle : plus rien ne semble en vie dans la vieille maison des Santoire. Un couple de paysans, à la retraite, le frère et la sœur, derniers d'une longue lignée qui a vécu et régné sur ces terres, richesse devenue malédiction. Reclus volontaires dans leur bâtisse, ils regardent le temps passer, la société évoluer, le progrès bouleverser les vies des voisins. Mais pas la leur. Voilà pourquoi ils font figure de « derniers Indiens » sous la plume de Marie-Hélène Lafon, romancière originaire de la région, qui a connu, dans sa chair, ces moments suspendus. 

Ce court roman, âpre et rude, nous plonge dans la non-vie de Marie et Jean Santoire. Durant toute leur existence, ils ont été sous la coupe de la mère, reine de la maison, celle qui ne supportait pas la contradiction, qui avait toujours raison. Une mère aigrie depuis la mort de l'aîné, Pierre, en 1968. Depuis, une sorte de chape de plombs a submergé la maison. Pourtant Marie aimerait un peu d'évolution. Elle se le dit, tente parfois de demander à son frère. Changer les bancs de la cuisine par des chaises par exemple. « Il ne veut pas, il n'aime pas le nouveau, ne veut rien changer, rien ajouter, il veut que tout reste comme avant, avant quoi, avant toute la vie, avant. » Alors Marie se tait, « elle rumine ses rengaines » et se contente de regarder par la fenêtre. 

De l'autre côté de la route, vivent les voisins. D'autres paysans, ouverts sur la modernité. Ils empruntent pour acheter des machines, étendent leur domaine, louent les terres des Santoire. Vivent, nombreux, heureux. Marie se contente de détailler leur lessive qui sèche dans la cour, les sous-vêtements gracieux, les robes colorées. Et le dimanche, écoute quand ils jouent de l'accordéon et chantent. Elle se racornit dans la maison si grande, aux trois-quarts vide, immobile, poussiéreuse et froide. Mais au moins elle est vivante la Marie. Pas comme l'Alice, une jeune rousse, intrépide, hébergée chez les voisins. Il y a des années, en plein hiver, elle a disparu. Quelques jours plus tard, on a retrouvé son cadavre, nu et profané, dans la forêt. Car même chez les derniers Indiens il existe des monstres experts en dissimulation.

« Les derniers Indiens », Marie-Hélène Lafon, Le Livre de Poche, 160 pages, 7,90 €

mercredi 16 avril 2025

Littérature fantastique - Les Cartographes chassent les erreurs

Experts en cartes anciennes, les Cartographes découvrent un secret caché derrière une banale erreur : certains villages imaginaires peuvent parfois devenir réels.


Qui n'a pas rêvé en parcourant une simple carte routière ? Imaginer des vies en découvrant des noms de village dont on ne connaissait pas l'existence ? Une carte, c'est le début du voyage, vers de nouveaux paysages, l'inconnu, des aventures, des rencontres. Tout un monde contenu dans une feuille de papier plié et parfois oubliée depuis des années au fond de la boîte à gants d'une voiture.

Peng Shepherd, jeune romancière américaine, a passé de longues heures à sillonner des contrées inconnues à l'aide de cartes. Des pays réels, d'autres imaginaires. Et son roman Les Cartographes débute exactement à l'intersection des deux, quand un village fictif, ajouté dans une véritable carte de l'Etat de New York en 1930, devient réel pour les détenteurs de la carte erronée. Un postulat particulièrement troublant pour les professionnels. Car une carte doit reproduire, à la perfection, le monde mesuré, étalonné et répertorié par ces fameux cartographes.

Pour rajouter un peu de fantastique dans ce monde cartésien, l'autrice raconte la vie passionnée de la famille Young. D'abord Tamara et Daniel, deux étudiants, amoureux, mariés et parents de Nell. Le roman débute le jour où Nell, la trentaine, apprend la mort de son père. Retrouvé sans vie dans son bureau de la New York Public Library, immense bibliothèque, au milieu de son bureau sans dessus dessous. Nell était brouillée avec son père. Depuis plusieurs années. Elle raconte comment la découverte dans les dons à classer d'une simple carte de l'état de New York imprimée en 1930 a provoqué l'ire du paternel. Une carte qu'elle retrouve dans le tiroir secret du bureau de Daniel Young. Cachette qu'elle seule connait.

Avec son ancien petit ami, Felix, et quelques amis du père, Nell va étudier la carte et découvrir sa particularité : un village fictif, Agloe, a été ajouté. Et si Agloe, village chimère destiné à tromper les copieurs, existait réellement dans une autre dimension ? Le roman, de saga policière et familiale, devient variation fantastique permettant à tout le monde de rêver encore dix fois plus en parcourant une carte. A la recherche de son propre village d'Agloe.

« Les Cartographes », Peng Shepherd, Le Livre de Poche, 640 pages, 10,90 €

samedi 28 décembre 2024

Fantasy - La quête magique des Héritiers dans « Le secret de Ji » de Pierre Grimbert

Classique de la fantasy française, cette saga de Pierre Grimbert bénéficie d’une édition intégrale parfaite pour faire ses premiers pas dans un univers riche et magique. 


L’île de Ji est un caillou ridicule dans le monde imaginé par Pierre Grimbert. C’est pourtant de là que débute la grande saga publiée il y a 30 ans et dont on peut découvrir une intégrale de plus de 1 300 pages au Livre de Poche. Les héritiers d’une délégation des divers royaumes de ce monde sont pourchassés par des moines assassins, les Züu. Il y a un peu plus d’un siècle, la délégation s’est enfoncée dans un souterrain de l’île, disparaissant durant plusieurs jours. Tous ne sont pas revenus. Traumatisés, les rescapés ont juré de ne jamais raconter ce qu’ils ont vu. Un secret jalousement gardé et transmis aux héritiers.

Au début du roman, six de ces héritiers parviennent à déjouer les attaques. Il y a Grigan, un guerrier, Lana, une prêtresse, Rey, un comédien, Corenn, une responsable politique, Bowbaq, un homme des bois et Léti, une simple jeune fille. Ils sont accompagnés par Yan, pêcheur, fiancé de Léti, la jeune fille. Pourchassés par les tueurs, ils vont vivre des aventures mouvementées et fantastiques.

Notamment quand Yan découvrira qu’il a un don pour la magie. Mais est-ce suffisant quand on est aux prises avec des démons et même un dieu répondant au nom de Sombre et planifiant la mort de tous les humains ?

L’intégrale regroupe les quatre romans constituant le premier cycle. Une quête dans laquelle le lecteur s’identifiera facilement, vibrant en découvrant ce que cache l’île de Ji, frémissant quand Yan rencontrera le dieu Usul, craignant pour la vie de Grigan, attaqué par une cohorte de rats de Farik porteurs d’une maladie mortelle ou riant des plaisanteries de Rey, le boute-en-train de la compagnie des héritiers.

« Le secret de Ji » (intégrale), de Pierre Grimbert, Le Livre de Poche, 1 360 pages, 24,90 €

mardi 24 décembre 2024

Un livre de poche - Plus amère que la mort


Il est toujours décevant de ne pas connaître la fin d’un roman. Paru en 2010, Ça aurait pu être le paradis de Camilla Grebe et Asa Traff est resté sans suite. Saluons l’initiative du Livre de Poche qui réédite le premier titre et propose Plus amère que la mort, la suite et fin des aventures de Siri Bergman, psychologue spécialisée dans les violences faites aux femmes. 

Siri et sa collègue Aina rencontrent leurs nouvelles patientes. Kattis, qui a été battue par son petit ami, Malin, la jeune athlète prometteuse agressée par un homme rencontré en ligne… Mais les dangers qui menacent la vie des femmes à l’extérieur ne tardent pas à envahir l’espace protégé qu’elles se sont créé.

« Plus amère que la mort », Le Livre de Poche, 480 pages, 9,40 €

mercredi 11 décembre 2024

Un livre de poche : Le pire des Noëls

Amateurs de nouvelles noires, Le pire des Noëls va vous plaire. Ce recueil propose 21 textes inédits signés des meilleurs auteurs français actuels. Leur point commun : ils font partie de la Ligue de l’Imaginaire, un collectif qui veut promouvoir et défendre les littératures de l’imaginaire. Parmi les signatures, on retrouve Bernard Minier, Frank Thilliez, Maxime Chattam, Olivier Bal ou Olivier Norek.

Mais en plus de découvrir des pères Noëls retors et des réveillons horribles, vous aiderez également l’association Le rire médecin. Car une partie des droits de ce livre permettront de soutenir l’action de cette association qui organise des spectacles de clowns dans les hôpitaux.

« Le pire des Noëls », Le Livre de Poche, 240 pages, 7,90 €

mercredi 13 novembre 2024

Un collector : Les Fourmis


Le roman Les Fourmis de Bernard Werber a 33 ans. Un succès planétaire qui avait débuté plus de dix ans plus tôt. Car le romancier a mis 12 ans au total pour rédiger le texte final. Dans une longue préface ouvrant cette édition collector, il révèle qu’il en a écrit 24 versions différentes. Un exemple pour tous les apprentis écrivains persuadés de pondre un chef-d’œuvre dès leur premier jet.

Cette édition des Fourmis, format poche à la couverture cartonnée, propose de nombreuses gravures datant des années 20. Et surtout, les petites bestioles sont imprimées sur la tranche du livre et circulent sans cesse au bas de toutes les pages. Du plus bel effet.
« Les Fourmis », Bernard Werber, Le Livre de Poche, 416 pages, 14,90 €

samedi 20 janvier 2024

Poches. Destinations Outreterres


Publié une première fois à la fin des années 50, ce roman de science-fiction de Robert Heinlein est le prototype du récit d’aventure. Le jeune Rod, pour obtenir le droit de coloniser les planètes d’Outreterre, doit passer un examen de survie. Plongé dans un monde hostile, il va se révéler, face à la faune locale mais surtout aux autres humains. 

Tant et si bien que rapidement « L’examen de survie ne l’intéressait plus, seule la survie importait. » Un texte à redécouvrir dans une version plus adulte, remaniée dans les années 80 par cet auteur américain à qui l’on doit les fameux Starship troopers.

« Destination Outreterres », Le Livre de Poche, 352 pages, 9,20 €

jeudi 13 juillet 2023

Fantasy - Flic ou sorcier ?


Les fans de Brandon Sanderson bénissent cette année 2023. Lors du confinement, il s’est lancé dans l’écriture de quatre projets secrets. Quatre gros romans de fantasy qui sont publiés cette année. Le second, Manuel de survie du sorcier Frugal dans l’Angleterre médiévale (512 pages, Le Livre de Poche, 22,90 €) se déroule dans une dimension parallèle de l’Angleterre médiévale.

Un roman intrigant car le lecteur est tout aussi déboussolé que le héros dans les premières pages. Amnésique, il se retrouve perdu dans cette époque, ne se souvenant pas d’où il vient, comment il s’appelle et pourquoi il se retrouve là. Une enquête dans l’intrigue qui nous donne l’occasion de découvrir petit à petit la vie quotidienne dans cette Angleterre d’antan. Le héros, après bien des hésitations, se souviendra qu’il est flic. Il croisera même la route de membres d’un gang de Seattle, la ville où il travaille. Pour tenter de les arrêter, il va s’improviser sorcier afin d’impressionner les autochtones.

Un roman avec de gros morceaux de science-fiction, un peu de merveilleux et une quantité non négligeable d’humour. Et si vous en voulez encore plus, le 3e roman secret, Yumi et le peintre de cauchemars, vient de paraître cette semaine.

lundi 5 juin 2023

Poches - Olivia Ruiz raconte Carmen dans "Ecoute la pluie tomber"


Escota quand plóu
en occitan, Écoute la pluie tomber en français, tel est le titre du second roman d’Olivia Ruiz. L’Audoise, après le succès fulgurant de son premier livre témoignage, la commode aux tiroirs de couleur, prolonge l’histoire romancée des femmes de sa famille. On retrouve Rita, le café de Marseillette mais surtout Carmen, personnage central de cette histoire qui va de Narbonne aux environs de Madrid, parle de danse, de tauromachie, de traversée de l’Atlantique en paquebot et de mort prématurée. Carmen, une de sœurs Ruiz, est la plus libre. Elle se rend utile en nettoyant l’hôtel-restaurant de Marseillette, et profite de la vie en se donnant aux garçons de la région. Une féministe indépendante avant la lettre. Pas forcément heureuse de son sort, mais trop humaine pour rejeter cette vie familiale.

« Ce café c’est aussi le mien. C’est là que j’ai commencé à dévorer la vie avec mon appétit d’ogresse. […] J’essaie de m’en extraire, mais il est irrésistible, ce café, avec sa galerie de gueules cassées. Ce sont des figures. Des atypiques. Des authentiques. Chargés de leur terre, d’une histoire. Et riches des enseignements qu’elles leur ont laissés. »

Il y a donc toute une partie sur cette Aude si attachante dans le roman. Mais la vie de Carmen bascule quand un matador madrilène fait étape à l’hôtel. Elle partira avec lui, vivre quelques mois dans son hacienda où il forme des jeunes, élève des toros… et trafique avec la mafia. Elle finira en prison. Pas facile les geôles pour femmes sous Franco. C’est la partie dure du roman, même si Carmen en ressort radicalement changée :

« J’ai beaucoup lu. Moi qui suis peu causante et qui ne m’intéressais à rien ni personne, ça m’a permis de rester en vie. De ne pas céder aux idées noires qui m’envahissaient. »

Ensuite, à son retour à Marseillette, Carmen va retrouver le petit Escouto. Un gitan, quasiment muet qui ne sait dire que « Escota quand plóu » d’où son surnom, qui a longtemps travaillé sur un paquebot. Malgré la différence d’âge, c’est une belle histoire d’amour qui se noue avec Carmen. Une note d’espoir dans un roman plein de bruit, de fureur et de passion.

« Écoute la pluie tomber » d’Olivia Ruiz, Le Livre de Poche, 7,70 €

mardi 7 février 2023

Fantasy - Les exploits de Tress de la mer Émeraude, roman inédit et « secret » de Brandon Sanderson

Certains écrivains, durant le confinement, ont redoublé d’activité. Comme si l’enfermement était la meilleure solution pour booster sa production. Brandon Sanderson, déjà assez prolifique en temps normal, a profité des circonstances pour se lancer dans un grand projet constitué de quatre romans secrets.

Et face à l’inconnu économique de la pandémie, il lance une opération de financement en ligne. Résultat, plus de 41 millions de dollars recueillis, record absolu. En janvier dernier, le premier titre est sorti aux États-Unis et simultanément en France, en grand format au Livre de Poche.

Tress est une jeune fille impétueuse et amoureuse. Elle voudrait se marier avec le fils du Duc de sa petite île perdue en pleine mer Émeraude. Mais Charlie est kidnappé par une sorcière. Tress, de simple laveuse de fenêtres, va devoir se transformer en héroïne capable de voguer aux quatre coins du monde et affronter mille dangers pour son bien aimé.

Ce monde merveilleux, entre fantasy, Moyen Âge et science-fiction, enchantera tous les amateurs de littérature de l’imaginaire. Tress fait partie de ces femmes fortes qui marquent les esprits. Et rendez-vous en avril pour le second roman puisque Brandon Sanderson a promis de publier les quatre ouvrages durant l’année 2023.

« Tress de la mer Émeraude », Brandon Sanderson, Le Livre de Poche, 24,90 €

samedi 30 juillet 2022

Écrivains à Collioure

L’escale du Camion qui livre à Collioure est devenue un incontournable de l’été sur la côte Vermeille. L’opération du Livre de poche sera, une nouvelle fois, présente sur le port, les 2 et 3 août. Trois auteurs sont sur place pour rencontrer les lecteurs, habituels ou occasionnels.

Des séances de dédicaces qui devraient connaître un beau succès, car ce sont Bernard Werber (Les Fourmis ; dernière nouveauté en poche, La planète des chats), Charline Malaval (Le chant du perroquet chez Préludes, au Livre de Poche, le 7 septembre prochain) et Marie-Charlotte François, autrice de littérature adolescente,au Livre de Poche jeunesse.

C’est cette dernière, qui réside en Ariège, qui a la nouveauté la plus récente. Le second tome de sa romance More Than Friends est sorti le 6 juillet dernier. Les plus jeunes se passionneront pour les amours compliqués de Jade, la narratrice, avec Cameron, un mannequin.

Et avant l’arrivée du camion, le lundi 1er août, à 17 h 30 au cinéma Le Mondial, Bernard Werber donnera une conférence masterclass. Entrée gratuite mais il faut réserver sur eventbrite.fr !

Le camion qui livre à Collioure les 2 et 3 août, sur le port, dédicaces des auteurs de 15 h à 18 h.

dimanche 24 octobre 2021

Série Télé - «Octobre», la saison des marrons au Danemark


Adaptée du roman de Soren Sveistrup, Octobre (paru chez Albin Michel puis au Livre de  Poche) fait partie de ces nombreuses séries nordiques sur Netflix parfaitement maîtrisées, déroulant une intrigue fouillée durant les six épisodes d’une heure sans le moindre temps mort. Octobre est le premier roman de Sveistrup, mais pas sa première série. Il s’est fait connaître avec The Killing (intégrale des trois saisons en DVD chez Universal) et dans la foulée s’est lancé dans l’écriture. Après un succès planétaire, Octobre le roman se trouve donc fidèlement adapté à la télévision. 

Classiquement l’intrigue tourne autour de deux flics. Thulin (Danica Curcic) est une excellente enquêtrice mais qui n’arrive plus à assumer son rôle de mère. Face à la crise de sa fille de 10 ans, elle demande sa mutation à la cybercriminalité. Elle doit avant cela s’occuper d’une affaire de meurtre. Une femme retrouvée attachée près de chez elle, une main coupée. Thulin, la solitaire, doit faire équipe avec Hess (Mikkel Boe Folsgaard, vu dans The Rain, toujours sur Netflix). Froid, obnubilé par l’enquête, il ne trouve pas de terrain d’entente avec Thulin. Quand le cadavre d’une seconde femme est découvert, l’hypothèse d’un tueur en série s’impose. D’autant que le meurtrier signe ses forfaits en laissant près des victimes des petits bonhommes fabriqués avec des marrons. 

L’ambiance, un peu glauque, est pourtant très prenante. Ces deux solitaires ont tout pour faire une bonne équipe. Mais jamais ils ne vont dans le même sens. C’est cet affrontement larvé qui fait tout le sel de la série en plus des nombreux rebondissements de l’intrigue, toujours de plus ne plus compliquée et semée de fausses pistes.

lundi 5 juillet 2021

SF - La crème du space opéra

Brandon Sanderson, auteur US originaire du Nebraska, a déjà publié quantité de romans. Il est devenu une des plumes les plus lues de la fantasy. Mais visiblement il avait fait le tour des mondes imaginaires des Fils-des-Brumes ou de Cœur-d’Acier (tous publiés au Livre de Poche) puisqu’il s’est essayé à un autre genre : le space-opéra. Ainsi est né l’univers d’Astrevise dont le second tome vient de sortir.

On retrouve la suite des aventures de Spensa, jeune humaine qui a un don pour piloter les vaisseaux spatiaux. Dans ce futur très lointain, les derniers hommes, quelques milliers, ont été exilés sur la planète Détritus. Là, privés de technologie, ils sont en train de s’éteindre sous la coupe des aliens de la Supériorité.

Au cours de 630 pages palpitantes, bourrées de combats dans l’espace décrits avec minutie, Spensa va découvrir pourquoi on inflige tel traitement à son peuple. Et se dressera pour prendre la tête de la Résistance

« Astrevise, Skyward » (tome 2), Le Livre de Poche, 20,90 € 

samedi 20 juin 2020

Littérature. Le camion du Livre de Poche sera à Collioure


Du 5 au 6 août, Le camion qui livre fera une nouvelle escale à Collioure. L’opération lancée par Le Livre de Poche est maintenue pour cet été. Le principe est simple : la maison d’édition, associée avec une librairie locale, propose des rencontres en bord de mer, en toute décontraction. L’occasion de faire un tour d’horizon des dernières parutions, de feuilleter nouveautés, grands succès ou classiques, dans des fauteuils confortables et d’acheter au libraire associé. A Collioure, ce sera une nouvelle fois Cajélice, de Perpignan qui fournira l’infrastructure et assurera la vente des livres. 

Une association importante pour le Livre de Poche qui a sélectionné dix libraires indépendants pour ses dix dates. Un travail en commun qui prend une tournure encore plus importante en ces temps de déconfinement et de reprise progressive dans le secteur de la culture, durement impactée par la pandémie. Si les dates de la venue du Camion qui livre à Collioure sont arrêtées (5 au 6 août), par contre on ne sait pas encore quel auteur sera présent. On aura la surprise entre Laetitia Colombani, Bernard Werber, Sébastien Spitzer, Anne-Gaëlle Huon, Michaël Uras, Laure Manel ou Julien Sandrel… Une Master class serait même envisagée.

Et puis, les écrivains en herbe pourront aussi participer à un atelier d’écriture coordonné par le dernier partenaire du Camion, le Labo des Histoires. Les modalités d’inscription seront à retrouver prochainement sur le site de la librairie cajelice.fr

dimanche 26 novembre 2017

Livres de poche : Tim Burton et Ken Follett, la sélection du week-end

Dans la tête de Tim Burton


D’Edward aux mains d’argent à Sweeney Todd, en passant par L’Étrange Noël de Mr Jack ou Batman, Tim Burton livre les secrets de sa création à son ami Mark Salisbury et ouvre les portes de son imaginaire, peuplé de rêves et de cauchemars. Edition collector d’un livre essentiel, bénéficiant d’une préface de Johnny Deep et d’une centaine de dessins du génial cinéaste.
➤ « Tim Burton », Points, 11,90 €
Les dix ans d’un monde sans fin


Edition anniversaire pour les 10 ans de la parution d’Un monde sans fin de Ken Follett, le Livre de Poche propose une édition anniversaire avec jaspage argenté, rabat fourreau, fer à dorer vert et vernis sélectif. Un cadeau de poids pour ces fêtes de fin d’année (1360 pages) mais surtout un roman fleuve d’une grande richesse dans l’Angleterre du XIIe siècle.
➤ « Un monde sans fin », Le Livre de Poche, 13,10 €

dimanche 17 septembre 2017

Livres de poche - Les risques des nouveaux mondes

La Zone X, mystérieuse, mortelle. Et en expansion. Onze expéditions soldées par des suicides, meurtres, cancers foudroyants et troubles mentaux. Douzième expédition. Quatre femmes. Quatre scientifiques seules dans une nature sauvage. Leur but : ne pas se laisser contaminer, survivre et cartographier la Zone X. «Annihilation » de Jeff VanderMeer a reçu les prix Nebula et Shirley Jackson du meilleur roman 2014.

➤ « Annihilation », Le Livre de Poche, 7,10 €

De Paradis, ce monde n’a que le nom. C’est un royaume brutal et violent, divisé entre des dynasties rivales, déchiré par les ambitions et les croyances religieuses, pollué par le machiavélisme politique. Ici-bas, l’état de guerre est presque constant, et instaure le règne des dinosaures. Lors d’un affrontement épique le seigneur Karyl Bogomirskiy est laissé pour mort. À son réveil, il se lance alors dans un voyage qui va faire trembler le monde.

➤ « Guerre & dinosaures » de Victor Milán, Pocket, 10 €

Ce premier roman de Charles Yu, plein de rythme et d’humour, est à la fois un pur texte de science-fiction d’aventures et une ode à la puissance du genre lorsqu’il est, comme ici, parfaitement maîtrisé. Rédigé à la première personne, il donne des clés aux lecteurs pour réussir son voyage dans le temps. Pas comme Charles Yu qui visiblement a des problèmes avec ses autres personnalités temporelles…

➤ « Guide de survie pour le voyageur du temps amateur », Folio SF, 8,20 €

dimanche 3 septembre 2017

Livre de poche - Des amours pour la vie et la mort

Mon premier maquille les gens de jour comme de nuit jusqu’au paradis et s’appelle Ambroise. Mon deuxième est la malicieuse Beth, grand-mère du premier. Mon troisième est une jolie auxiliaire de vie prénommée Manelle, dont mon quatrième, le vieux Samuel, est le patient favori (mais ne le dites surtout pas à Ghislaine, elle risquerait de se fâcher). Mon tout est une histoire d’amour, un hymne à la vie. Roman choral de Jean-Paul Didierlaurent.

➤ « Le reste de leur vie », Folio, 7,20 €

À l’automne 1963, deux inconnus grimpent la petite route en lacets qui mène au village de Sarrola, en Corse. Romain Gary, le héros de la résistance et de la littérature, épouse Jean Seberg, la star de la Nouvelle Vague, loin des paparazzis. De cette cérémonie secrète, il ne reste que deux photographies en noir et blanc, encore auréolées d’un parfum de secret et de maquis. Ariane Chemin, grand reporter au Monde, raconte ces noces.

➤ « Mariage en douce », Points, 6,20 €

C’est décidé, la jeune et innocente Betty va épouser à Hong Kong le juge Feathers. Orpheline dans les camps japonais, jeune fille non conformiste recrutée pour casser les codes à Bletchley Park pendant la Seconde Guerre mondiale, Betty a ses passions secrètes, et sa vie avec le juge Filth ne sera pas épargnée par de grands tourments. Humour très british, excentricité, finesse psychologique… avec ce 2e volume des Orphelins du Raj, Jane Gardam continue de régaler ses lecteurs.

➤ « Le choix de Betty », Le Livre de Poche, 7,60 €