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mercredi 5 août 2026

BD - Caledonia, ses guerriers, ses dieux et ses… monstres


Suite et fin de Caledonia, série historico-fantastique écrite par Corbeyran et dessinée par Despujol. Débutée comme une histoire sur la conquête avortée du nord de la Grande-Bretagne par les légions romaines, elle a glissé vers le fantastique et cette ultime partie lorgne clairement vers la science-fiction. On découvre qui sont véritablement les Fomôres, ces êtres gigantesques, entre dieux et monstres sanguinaires, prêts à tout pour préserver leur tranquillité et la paisible coexistence avec les tribus locales, les Caledonii. Quand les soldats romains arrivent en conquérants, en colonisateurs, ils sortent de leurs cachettes et déciment les envahisseurs. On comprend assez rapidement que les Fomôres sont des extraterrestres échoués sur terre en attente, depuis des siècles, d'une hypothétique mission de secours. 

C'est dans ce contexte que l'amour vient bousculer toutes les certitudes. Lucius Karus, officier œuvrant pour la gloire de Rome, infiltre une tribu Caledonii. Il y retrouve une ancienne prisonnière, Leta, fille du chef et déterminée à le tuer. Sauf que Cupidon est le plus rapide et décoche quelques flèches dans les cœurs d'artichaut des deux héros plus habitués à tailler dans la chair vive des ennemis qu'à se faire des câlins. Le couple va tout faire pour sauver le plus d'Humains, pris entre Romains et Caledonii, avec la menace des Fomôres en plus. 

Un dernier acte particulièrement violent permettant à Despujol de multiplier les scènes de combats au corps à corps. Un genre dans lequel il excelle.    

"Caledonia" (tome 3), Soleil, 56 pages, 15,95 €


dimanche 26 juillet 2026

BD - Succession compliquée à la Cour des Miracles


Julien Maffre, passé par les Beaux-arts de Perpignan, se lance dans une nouvelle série avec Stéphane Piatzsek au scénario. En cinq tomes ils entreprennent de raconter les grandes heures de la Cour des Miracles

Le premier tome présente Anacréon, le roi des gueux. Il règne sur ces voleurs, infirmes et orphelins. Mais la retraite approche. Il compte passer le flambeau à son fils, trop jeune et imprudent, malgré la protection efficace de sa sœur, la Marquise.

➤ « La Cour des Miracles » (tome 1), Soleil Quadrants, 15,50 € 

vendredi 24 juillet 2026

BD - Un curé irlandais et ses étranges ouailles


Histoire bucolique et champêtre imaginée par Crisse et mise en couleurs par Paty. Dans un petit village d’Irlande, au début du XXe siècle, un curé répète ses prêches tôt le matin devant un troupeau de moutons. 

Ce que le religieux ne sait pas, c’est que les ovins le prennent pour Dieu. À la fin de son discours, il offre quelques friandises aux bêtes. 


Panique dans le troupeau quand il ne vient pas. Le curé a été attaqué, la nuit, dans son église. L’histoire se transforme en enquête policière menée par un écureuil et un hibou insomniaque

Une jolie fable, un peu à la Pagnol, avec tension chez les animaux et les humains. Car accolé à l’église, un pub serait à l’origine du malheur arrivé au curé.   

« Le pré derrière l’église », Soleil, 14,50 €

jeudi 23 juillet 2026

BD - Troll de mariage


Les histoires de Trolls permettent toutes les variations possibles et imaginables tant le petit monde imaginé par Arleston et Mourier est riche de personnages singuliers et irrésistibles. Dans ce 25e album de la série, les auteurs mettent en vedette Puitepée, la trolle mère de Waha. 

Deux mages, qui conspirent pour prendre le pouvoir à la place du vénérable Rysta Fukatou, ensorcellent ces deux protagonistes que tout oppose provoquant une passion réciproque et dévorante. 

Les conspirateurs croient que les trolls vont démembrer Fukatou. Mais Puitepée le protège et la belle histoire d’amour se prolonge au palais. 

L’occasion pour Arleston de brocarder les phénomènes de mode, la cour s’entichant pour le mode de vie des Trolls, notamment des mouches domestiques…  

« Trolls de Troy » (tome 25), Soleil, 14,50 € 

vendredi 17 juillet 2026

BD - Rock éternel


Le rock est devenu une musique de vieux. Il n’y a que les plus de 50 ans pour glorifier des compositions des Rolling Stones. Georges et Jean-Pierre ont 70 ans passés. A la retraite, encore fringants mais pas trop, ils ont une résurgence de rock attitude quand ils sentent qu’il ne leur reste plus beaucoup de temps pour vivre pleinement leur passion.

Anciens musiciens d’un groupe qui a connu son heure de gloire à la fin des années 60, ils décident de remonter sur scène. Cet album écrit et dessiné par Phil Castaza a des airs de Vieux fourneaux, avec une bande-son plus bruyante.

Ils sont adorables les papys rockers et finalement donnent furieusement envie de ressortir le vieux tourne-disque et les vinyles poussiéreux.   

« Sold out » (tome 1), Soleil, 14,95 € 

mardi 7 juillet 2026

BD - La menace Cthulhu plane sur Arkham


Richard D. Nolane, scénariste prolixe, aime revisiter les grands mythes de la littérature populaire. Son immense savoir lui permet de faire des parallèles audacieux, imaginer des situations abracadabrantes et sortir certains créateurs de leur rôle passif de "raconteurs d'histoires" pour endosser le costume de "héros".

Dans "Arkham Mysteries", série fantastique dessinée par Manuel Garcia, auteur espagnol, Nolane convoque un de ses maîtres : Lovecraft. L'écrivain visionnaire, façonneur des plus horribles monstres de la littérature fantastique, est embarqué dans une étrange affaire en compagnie de Seth Armitage, professeur d'université et de Skylark Duquesne, propriétaire et principale journaliste du journal d'Arkham, ville fictive récurrente dans l'univers lovecraftien où se trouve l'université de Miskatonic.

Dans ce second tome, Armitage est mal en point. Un tatouage dans son dos se met à bouger. Horribles douleurs, délire… Lovecraft est persuadé que c'est un compte à rebours.

Au même moment, les centaines d'aliénés de l'asile d'Arkham se révoltent et fuient vers la rivière. Tout serait lié. On trouve derrière ces événements le réveil d'une entité millénaire malfaisante.

Le scénario, comme dans les romans de Lovecraft, est assez touffu et parfois déconcertant. Pas toujours facile de suivre, d'autant qu'il est souvent fait référence aux tome 1 de la série. Souvent étant un euphémisme puisque ce ne sont pas moins de 10 notes de renvoi qui ornent les bas de page. Le lecteur devra s'accrocher mais sera récompensé dans le final avec quelques planches d'une grande beauté. Là aussi c'est un euphémisme car Manuel Garcia dessine surtout des monstres incroyablement effrayants.

"Arkham Mysteries" (tome 2), Soleil, 56 pages, 15,95 €


mercredi 24 septembre 2025

BD - L'amour gagne aussi à Venise, ville inversée d'Ekho


Épisode très fleur bleue, avec du romantisme à toutes les pages, pour le 13e titre de la série "Ekho monde miroir" d'Arleston et Barbucci. Dans le cadre de son travail d'agent d'artiste, Fourmille est à Venise pour signer avec une chanteuse lyrique. Au même moment, une certaine Lucrèce complote pour attirer dans la ville lacustre quelques monstres marins. Pas de chance pour elle, ils rappliquent plus vite que prévu et la croquent toute crue. 

Mais avec Fourmille à proximité (la belle a la capacité totalement involontaire de servir de réceptacle aux fantômes), l'esprit de Lucrèce trouve un corps qui lui permettra de poursuivre ses basses œuvres. Voilà donc comment Fourmille devient une menace que Sigisbert, le Preshaun gardien de la magie, va devoir éliminer.

Pour une fois, c'est le petit Sigisbert qui va occuper le devant de la scène. Il rechigne à retourner à Venise. Car il connaît bien cette ville où son cœur s'est brisé. Il part quand même pour l'Italie et va devoir demander l'aide de deux autochtones. Un premier est la caricature musclée et volontaire d'Hugo Pratt, le second, Cleto Farnese, est un Preshaun ressemblant comme deux gouttes d'eau au célèbre navigateur imaginé par Pratt. Son nom : Cleto Farnese. Sa particularité : c'est lui qui a brisé le cœur de Sigisbert. 

Comme d'habitude, sur ces péripéties mouvementées, bourrées de gags et de private joke (Arleston reste imbattable dans cette spécialité), Fourmille va jouer de ses charmes (elle est si belle sous le pinceau de Barbucci), même avec l'esprit de la méchante Lucrèce. Reste le volet romantique. Cela semble incroyable, mais dans les dernières pages les auteurs parviennent à faire passer beaucoup d'émotions dans les retrouvailles de Sigisbert et Cleto. Venise, ville romantique, même de l'autre côté du miroir.   

"Ekho monde miroir" (tome 13), Soleil, 52 pages, 15,95 €


vendredi 25 avril 2025

BD - A la recherche de son totem


Ernesto ne sait pas grand chose de son passé. Ce gamin vit avec sa mère aux USA depuis qu'elle est mariée à un riche Blanc, aux affaires sulfureuses. Ernesto voudrait qu'elle lui raconte ses premières années en Haïti. Elle refuse, pour le protéger, le ménager. Son beau-père par contre a décidé de transformer cet enfant de 13 ans en homme. Il décide de l'amener avec lui à Cuba où il fait des affaires. Affaires louches avec le dictateur au pouvoir et la mafia. Alors Ernesto découvre La Havane la nuit, les petites frappes, la police corrompue, les rumeurs sur les Barbudos, ces révolutionnaires cachés dans la montagne. Un gamin abandonné dans une immense villa face à la mer, avec pour seule compagnie une petite tortue et une gouvernante. Cette femme est une activiste révolutionnaire. Elle profite de son poste pour voler des milliers de dollars au beau-père d'Ernesto. 

Cette BD, entre politique, histoire et fantastique, est écrite par Charlotte Girard et Jean-Marie Omont. Dessinée par Grégory Charlet, elle devient quasi mystique quand l'enfant rencontre une fillette farouche. C'est avec elle qu'il va aller dans des grottes pour trouver quel est son animal totem. Un récit puissant illustré par un trait de toute beauté.  

"L'île crocodile" (tome 1), Métamorphose, 88 pages, 18,50 €

mercredi 26 mars 2025

BD - Quittons Castlewitch à regret

Trois tomes. Trois tomes seulement pourrait-on dire. Les aventures des jeunes héros de Castlewitch prennent fin avec ce Nécromalificum, troisième et dernier titre de la série. Imaginé par Nicolas Jarry, dessiné par François Gomès, cet univers riche de possibilités fantastiques aurait pu connaître de nouveaux développements. On a l'impression en refermant l'album que les deux auteurs sont comme nostalgiques (voire déçus), de conclure le récit d'une façon un peu bancale. On se trompe peut-être. On l'espère du moins...

Castlewitch est une petite bourgade où la magie est forte. Elle se révèle par l'apparition dans le vrai monde pour quelques jeunes habitants d'amis imaginaires aux pouvoirs surprenants et presque sans limite. Dans les deux précédents albums, les cinq copains ont bataillé avec leurs totems pour combattre des Maléfics, des entités peu sympathiques. 

Le groupe est en partie dissout. Farah est partie habiter loin de la ville, Sam se retrouve en centre de redressement. Reste Tess, Malo et le plus jeune, Jules. Ils s'entraînent au cas où d'autres Maléfics reviennent. L'histoire raconte le début d'amitié entre une petite fille qui a pour ami un Maléfic. Elle arrive à canaliser ses humeurs. Mais jusqu'à quand ? 

Beaucoup de combats dans la dernière partie de l'album. Cela fera plaisir aux plus jeunes et permet au dessinateur de sortir des compositions un peu classiques du début. Certaines doubles planches sont d'une réelles beauté tout en étant d'une redoutable efficacité. 

A priori donc, l'aventure à Castlewitch s'achève, mais on retrouvera certainement ces deux auteurs dans d'autres projets tout aussi concluants.

"Castlewitch" (tome 3), Soleil, 56 pages, 13,50 €

lundi 17 mars 2025

BD - Les horribles découvertes de Randolph Carter

Randolph Carter, intrépide héros américain engagé dans la Légion étrangère française, imaginé par H. P. Lovecraft, bénéficie d'une adaptation de ses péripéties en bande dessinée. Au scénario, Simon Treins, pseudonyme d'un auteur qui a déjà quelques centaines d'albums à son actif. Les dessins ont été confiés à Jovan Ukropina, auteur Serbe au trait enlevé et dynamique, parfait dans la retranscription des horribles cauchemars sortis des pires situations imaginées par Lovecraft. 

La seconde partie est orientale. Carter, après les tranchées françaises de la première guerre mondiale, rejoint Beyrouth. Il est recruté par un militaire français qui veut espionner les forces turques. La situation politique et militaire dans ce Moyen Orient déjà très agité est très incertaine. Les clans locaux doivent faire avec les vues impérialistes des Français et des Anglais. 

En pénétrant dans le désert, la petite troupe tombe sur des créatures, des goules, assoiffées de sang. Et en se réfugiant dans des cavernes, Carter et ses amis découvre des monstres gagnant en méchanceté et en grandeur. Bref, ce voyage "Par-delà les portes d'ivoire et de corne" (titre du second volume de la série), restera longtemps dans la mémoire des rares survivants. L'histoire est assez obscure et compliquée, mais on ne peut qu'admirer les dessins d'Ukropina.

"Randolph Carter" (tome 2), Soleil, 56 pages, 15,95 € 

mardi 4 mars 2025

BD - Prison ou cimetière à ciel ouvert ?

Très efficace cette série concept lancée par le scénariste Christophe Bec chez Soleil. Le point commun entre ces quatre récits indépendants : la survie des protagonistes. Après une aventure dans les Rocheuses (Warm Springs), direction la prison d'Aparecida, "complexe pénitentiaire le plus violent du Brésil". 

Dans ces murs, des centaines de détenus tentent de survivre au quotidien. Face aux brimades des gardiens, mais aussi, et surtout, les attaques entre différents clans. Une prison qui subit une inspection. La tension est à son comble. Notamment à la direction. Il faut faire bonne impression. Mais pour avoir du calme, seule la méthode forte fonctionne. 

C'est dans ce contexte qu'arrive un nouveau détenu. Un VIP. Tout simplement l'ancien chef de la police, condamné pour avoir maté une révolte dans cette même prison occasionnant des dizaines de morts. Résultat, tous les clans n'ont qu'une idée : se révolter et lui faire la peau. 

Pour comprendre cette mutinerie d'une rare violence, Christophe Bec emprunte le ressenti d'un détenu qui tente de subsister en assurant quelques petits trafics,  quasiment innocents face à la drogue aux armes et aux filles esclaves sexuelles qui permettent aux gros bonnets de continuer de s'enrichir. Il va trouver de l'aide auprès d'un jeune surdoué au foot rêvant de faire une carrière en Europe. Ce sera compliqué, on s'en doute...

Ce récit, implacable, sanglant et sans le moindre moment de répit est dessiné par deux auteurs. La première partie est réalisée par Mirko Colak, un Serbe, la seconde par Diego Bonesso, un Italien. Et comme pour le premier tome, le dénouement (qui va finalement survivre dans cet enfer ?) est étonnant.

"Survival - Aparecida Prison", Soleil, 64 pages, 16,50 €

mardi 18 février 2025

BD – Survivre face à un chasseur implacable

Tous les amateurs de nature savent que croiser un groupe de chasseurs n'est pas toujours sans risque. D'un côté des hommes et femmes qui se contentent de vivre le moment, de l'admirer pour s'en souvenir, de l'autre d'autres passionnés, mais qui ont une arme entre les mains. Au moindre problème, le rapport de force peut devenir plus que problématique pour les désarmés. 

C'est en gros ce qui se passe dans cet album écrit par Christophe Bec et dessiné par Valerio Giangiordano. Dans un parc naturel d'Oregon, un groupe de jeunes alpinistes va se mesurer à une montagne mythique, le Mont Jefferson. Mais avant d'atteindre les pentes abruptes, ils doivent traverser une réserve indienne et une zone boisée qui est le terrain de jeu des chasseurs locaux. Un malheureux accident et tout dégénère. La nature sauvage le devient encore plus quand un père se lance dans une terrible vendetta. 

Sans éviter l'écueil du manichéisme, cet album est brut de décoffrage. Un gibier, des prédateurs, des conditions météo extrêmes : le décor et le générique de cette BD de grand spectacle sont idéales pour apporter au lecteur des émotions fortes. 

Et la fin vous étonnera car Christophe Bec, scénariste aguerri, sait parfaitement renouveler ce genre très couru par le cinéma américain. 

« Survival – Warm Springs », Soleil, 56 pages, 15,50 €

samedi 25 janvier 2025

BD - Drogue mortelle et arts interdits dans un futur pessimiste


Blade Runner à Lyon. C’est le résumé graphique du premier tome de cette nouvelle série de science-fiction dessinée par Jef sur un scénario de Kevan Stevens. Le nom exact de la ville où évoluent les protagonistes de cette utopie sombre et pessimiste est Mégalopolyon.


On suit les vies du maire, monstre obèse bourré de prothèses robotiques, sa fille, cheveux bleus et indépendance chevillée au corps, son fils, trisomique caché car normalement interdit de vie. Il y a aussi un homme qui vend son talent de musicien. En cachette car dans cette société futuriste totalitaire, musique et littérature sont interdits. Qui est surpris en possession d’un instrument ou d’un livre est immédiatement condamné à mort. Et exécuté sur place.

La mort guette tout le monde, encore plus quand de la drogue frelatée inonde la ville. Un premier tome qui pose les bases de la société. On ne sait pas exactement ce que cherchent les acteurs du récit. Mais on se dit que finalement on ne devrait pas se plaindre de notre présent si cet univers est le futur inéluctable de nos petits-enfants.
« La mécanique » (tome 1/3), Soleil, 84 pages, 17,50 € 

dimanche 8 septembre 2024

BD - Le Découpeur frappe


Jean-Charles Gaudin, s'il n'a pas le succès d'Arleston, est tout de même un des scénaristes les plus productifs des éditions Soleil. Et ses séries durent, preuve que le public est au rendez-vous. 

Meilleur exemple avec les Arcanes de Midi-Minuit qui en est à son 8e titre, presque un exploit chez l'éditeur toulonnais particulièrement prompt à interrompre la vie d'un héros ne touchant pas rapidement un large public. Jim et Jenna, les héros de ces histoires entre SF et fantasy, ont la particularité de ne jamais être vus ensemble. 

En fait il s'agit d'une seule et même personne, pouvant laisser la place à son double simplement grâce à un miroir. Si cette trouvaille était mise en avant dans les premières enquêtes, c'est moins vrai pour cette « Affaire Trinski ». Les deux agents sont envoyés dans une province du Royaume victime du coup d'Etat du chef des armées. Il terrorise la population. 

De même que le Découpeur, tueur sanguinaire armé de deux sabres et exterminateur de la résistance. Jim et Jenna auront fort à faire pour mettre hors d'état de nuire ces deux terreurs. 

Trichet, au dessin, aime les femmes sensuelles aux courbes généreuses. Un vrai plaisir pour les yeux...

« Les Arcanes du Midi-Minuit » (tome 8), Soleil, 13,50 €

mercredi 4 septembre 2024

BD - Dragons militaires


Quoi de plus redoutable qu’un dragon déchaîné ? Dans cette série entre fantastique et histoire, imaginée par Jarry et Istin, la première guerre mondiale voit s’affronter les premiers avions aux derniers dragons. Tout un monde que l’on retrouve dans l’image de couverture du second tome : un dragon, gueule ouverte, dents acérées, tente de croquer un biplan, fragile mécanique pilotée par un homme forcément inconscient. Car il faut être suicidaire ou fou pour prétendre se mesurer à ces monstres d’écailles et de feu, aux ailes démesurées.


Frank Luke fait partie de ces courageux qui ont choisi de quitter les États-Unis pour rejoindre l’escadrille Lafayette sur le front français. Un jeune pilote qui agit par vengeance. Fils d’éleveur, il a vu la vie de son père s’écrouler quand un dragon a poussé tout le troupeau dans un précipice. Faillite, désespoir, suicide… Frank veut donc bouffer du dragon et s’engager est la meilleure occasion pour descendre les bêtes domestiquées par l’armée allemande. Il veut particulièrement s’attaquer au Schwartzlord, le plus puissant et meurtrier des dragons.

Un récit très guerrier dans lequel le héros frôle souvent la mort. Prévue en quatre tomes, cette série concept, aux histoires indépendantes, est illustrée cette fois par Emanuela Negrin, dessinatrice italienne.
« Guerres et dragons » (tome 2), Soleil, 60 pages, 15,95 €

mercredi 21 août 2024

BD - Fière Écosse qui résiste aux Romains


Si les Romains ont conquis toute la Gaule (excepté un petit village…), il est d’autres parties de l’Europe qui ont toujours résisté au rouleau compresseur des légions. Loin de la caricature, le premier tome de Caledonia, écrit par Corbeyran et dessiné par Despujol, raconte comment des tribus celtes, essentiellement mues par une farouche volonté de liberté, harcèle les soldats de Rome au point de faire paniquer ces soldats d’élite.


Lucius, le commandant en chef de la IXe légion refuse d’ordonner la retraite. à l’abri dans un fortin, il continue de lancer des expéditions et malgré les lourdes pertes parvient à capturer Leta, la fille du chef Galam. L’album, en plus de combats au corps à corps sanglants et acharnés, véritable prouesse du dessinateur, raconte le travail psychologique de Lucius pour tenter de gagner la confiance de sa prisonnière. Mais c’est mal connaître les Écossaises.

Leta va elle aussi manipuler l’officier de l’armée des envahisseurs et faire appel à des alliés peu communs.

L’irruption du fantastique dans cette chronique historique donne une occasion supplémentaire à Emmanuel Despujol d’exposer avec bonheur son extraordinaire talent.
« Caledonia » (tome 1), Soleil, 56 pages, 15,50 €

lundi 19 août 2024

BD – Le monde d’Arran flambe dans de terribles batailles


Suite de la chronique des Guerres d’Arran. Ce crossover entre les séries de fantasy des éditions Soleil (Elfes, Mages, Nains, Orcs et gobelins) est prévu en six épisodes.

Le 4e vient de paraître. Si Nicolas Jarry est toujours au scénario, maîtrisant à la perfection cette chronique détaillée de la guerre entre humains et races anciennes, il peut compter sur de nombreux renforts. David Courtois a participé au récit, Alex Sierra, Espagnol, a dessiné le story-board et l’essentiel des planches avec l’aide de la dessinatrice italienne Livia Pastore et du coloriste Nanjan.


Une grosse équipe pour assurer le rythme effréné de parution de trois titres par an. Si chaque album peut être lu indépendamment, profitez de l’été et de vos vacances pour découvrir les différentes batailles avant celle du jour, celle des Cités-Etats. Trois royaumes s’associent pour exterminer les races anciennes. Mais les elfes sylvains de la forêt de Daëdenn décident de résister.

Face à la puissance des humains, ils décident de relâcher tous les voleurs et meurtriers croupissant dans la prison d’Armuhr. Des renforts manquant de fiabilité mais qui n’ont pas leur pareil pour exprimer rage et sauvagerie sur le champ de bataille.

Une série parfaite pour les amateurs de fantasy, tendance tripailles à l’air et crânes fendus.

« Les guerres d’Arran » (tome 4), Soleil, 60 pages, 16,50 €

dimanche 5 mai 2024

BD - Dragons au combat contre les avions allemands


 Étonnante uchronie que cette nouvelle série de fantasy imaginée par Nicolas Jarry et David Courtois : Si l'Allemagne a bien déclaré la guerre au monde libre en 1939, la bataille dans les airs est encore plus spectaculaire. En plus des Spitfire face aux Messerchmitt 109, des dragons s'affrontent pour les deux camps.

Le premier tome de cette série qui en comptera quatre se penche sur le destin d'une famille britannique. Le père est un as de l'aviation. Il a des dizaines de victoires à son actif. Il forme par ailleurs son fils, l'aîné, qui sera son coéquipier. A terre, la mère s'inquiète pour ses deux plus jeunes enfants. Alexandra, à peine adolescente et Michaël, le petit dernier.

Alexandra, la narratrice, explique son premier contact avec une femelle dragon. Elle est liée à la bête fabuleuse. Elle devrait pouvoir devenir la « pilote » de cette redoutable machine de guerre. Mais sa mère refuse et l'envoie se réfugier avec son frère, aux USA. Pile au moment où les Allemands déclenchent leur grande offensive aérienne. L'avion du père est abattu, le bateau des enfants coule.
Par chance, ils arrivent à se réfugier sur un phare isolé. C'est de là qu'Alexandra va apprendre à maîtriser son compagnon ailé. Dessiné par Vax, cet album, histoire complète qui présente la série, mélange combats aériens de fer, de feu et d'écailles. Des compositions graphiques époustouflantes. Comme quoi la guerre, parfois, c'est presque joli...

«Guerres et dragons» (tome 1), Soleil, 64 pages, 15,95 €

samedi 23 mars 2024

BD - Imaginaires et Maléfics de Castlewitch

 


Second tome de la trilogie de Castlewitch, série imaginée par Nicolas Jarry et dessinée par François Gomes. Après avoir découvert la ville de Castlewitch et ses spécificités dans le premier tome, le lecteur plonge un peu plus dans la guerre entre Imaginaires et Maléfics.

Chaque enfant se crée un ami imaginaire. A Castlewitch ils sont réels. A l’adolescence ils disparaissent sauf dans certains cas. L’ami devient un Imaginaire si son créateur est bienveillant, un Maléfic s’il est animé de mauvaises intentions. Malo, le jeune héros, a un Imaginaire nommé Afnu’rr. Certains de ses camarades de classe aussi, ont un compagnon qui participe au combat souterrain.

Dans cette suite, Malo va se lier avec Irina, une nouvelle habitante de Castlewitch. Elle a un Maléfic, mais elle parvient toujours à le dominer. Jeu dangereux ? La suite est pleine d’affrontements, de combats et d’actes de bravoure. De renoncements aussi.

L’univers mis en place par Nicolas Jarry est particulièrement cohérent et passionnant. Chaque Imaginaire est représentatif des jeunes. Combatif pour Farah, peureux pour Jules et encore un peu trop joueur pour Malo.

Certains Maléfics sont véritablement terrifiants, mais d’autres sont risibles. Car cette BD, tout en étant très sérieuse et parfois même dramatique, offre une bonne dose de sourires. Et cela devrait aller en augmentant avec l’arrivée, dans le tome 3, de Grizzbou et Granloup, deux nouveaux Imaginaires envoyés pour aider les jeunes amis de Malo dans son combat.

« Castlewitch » (tome 2), Soleil, 56 pages, 13,50 €

vendredi 16 février 2024

BD - Loups affamés dans le 4e tome de World War Wolves



La fin du monde, du moins celui dans lequel on vit actuellement, pourrait prendre la forme décrite par le scénariste Jean-Luc Istin dans sa série World war wolves.

Dans un futur proche (encore une fois), aux USA, des humains se transforment en lycanthropes, plus connus sous le nom de loups-garous. Un phénomène qui se propage comme une épidémie car il suffit qu’être mordu une fois pour rejoindre la meute. Rapidement, l’anarchie et le chaos règnent dans les différents états. La police est contaminée, de même que le FBI. Il existe pourtant quelques poches de résistances comme la ville de Las Cruces. C’est là, derrière de solides remparts, que John Marshall, écrivain, a trouvé refuge en compagnie de sa famille.


Dans le 4e tome, désormais dessiné par Radivojevic, des milliers de loups affamés prennent la ville d’assaut. Les combats font rage. On suit aussi, en parallèle, le périple de Malcom Spoding, un bricoleur de génie qui survit avec une relative facilité dans ce monde en décomposition. Sauf quand il tombe sur une bande de cannibales…

Très violente, cette série, à la mode comics US, propose aussi son lot de fantastique optimiste avec un rêve récurrent aux différents protagonistes humains. Ils y voient un vieil Indien leur demandant de rejoindre un lieu mystique dans l’Arizona. Le bout du chemin et du combat ?

 « World war wolves » (tome 4), Soleil, 104 pages, 15,50 €