mardi 30 novembre 2021

En vidéo - Kaamelott, 1er volet

Plus gros succès français au cinéma depuis la réouverture des salles, Kaamelott, 1er volet, d’Alexandre Astier, sort aujourd’hui en DVD et coffret blu-ray. Ce film, en chantier depuis des années, a contenté des millions de fans cet été. Ils seront sans doute aussi nombreux à profiter des presque 2 heures du premier volet de ce qui s’annonce comme une trilogie, ainsi que des nombreux bonus contenus essentiellement dans le blu-ray. L’action se déroule dix années après qu’Arthur (Alexandre Astier) a quitté le trône au bénéfice du maléfique Lancelot (Thomas Cousseau). Ce dernier cherche à le retrouver. Il envoie des mercenaires partout dans le monde, dont de redoutables Saxons menés par Horsa (Sting). Le scénario, un peu trop linéaire, permet à quelques seconds rôles lumineux de la série de briller. En premier lieu, Perceval (Franck Pitiot) et Karadoc (Jean-Christophe Hembert), chefs du clan des semi-croustillants et leaders de la résistance. Dans les bonus, ne manquez pas le commentaire audio du réalisateur (DVD et BR) et le making-of de 45 minutes (BR). 


Jeunesse - Cent petits chats et un fil


Adorable album que ce « Cent petits chats » de la Japonaise Tomoko Ohmura. Ces petits chats vont faire frémir et rêver les plus petits. Tout commence par la découverte de ce fil rouge accroché à une branche. Mais d’où peut-il bien venir ? 

Pour le savoir, le petit chat qui l’a trouvé se met à le suivre. Bientôt, un autre chat lui emboîte le pas, puis un autre, et ainsi de suite. Ils traversent la ville, le lac, la forêt, le pont suspendu… et quand ils arrivent au but, au cœur de la montagne, dans la neige, ils sont cent petits chats épuisés et frigorifiés en train de pousser une énorme pelote de laine. Heureusement, une bonne surprise les attend !

« Cent petits chats », l’École des Loisirs, 12,50 €


lundi 29 novembre 2021

Cinéma - “L’événement”, politique et féministe

Le roman d’Annie Ernaux, sur son avortement clandestin, en 1963, garde toute son âpreté dans un film glaçant. 

Trois étudiantes françaises au début des années 60. L’une d’elles, Anne, à droite (Anamaria Vartolomei), redoute de devoir tout arrêter en raison d’une grossesse non désirée. Wild Bunch

Si L’événement réalisé par Audrey Diwan est revenu de la Mostra de Venise avec le Lion d’or, ce n’est pas un hasard. Adapté du roman d’Annie Ernaux, le film prend aux tripes. Le spectateur, quel que soit son sexe, ressent, physiquement, la souffrance d’Anne (Anamaria Vartolomei) au cours de ses différentes tentatives d’avortement. Avant, il touche du doigt le désespoir de cette jeune fille obligée de tirer un trait sur ses projets, son avenir, si elle devient fille-mère à moins de 20 ans. 

Comment, dès lors, ne pas comprendre que la loi Veil, adoptée, pourtant, plus de dix ans après les faits, était la plus grande avancée pour la cause des femmes, depuis des siècles. 

Dans cette province un peu surannée, au début des années 60, quelques jeunes filles osent se voir un avenir plus épanoui que celui de leurs mères. Cela passe par des études. Brillantes. Obligatoirement, pour rivaliser avec les hommes. Anne, fille d’un couple qui tient un petit restaurant, a d’excellents résultats. Mais, ses notes chutent du jour au lendemain. Elle a découvert qu’elle est enceinte. Les conséquences d’une aventure, de quelques jours, avec un étudiant bordelais.

Ce qui frappe, au début, c’est la chape de plomb qui s’abat sur ses épaules. Elle n’ose pas en parler à ses meilleures amies. Encore moins à ses parents. Chez son médecin, qui confirme le fait qu’elle attend un enfant, elle implore pour avorter. Mais, c’est totalement illégal. Un autre médecin ira même jusqu’à lui faire croire que le médicament qu’il lui prescrit provoquera une fausse couche. En fait, ce produit sert à fortifier l’embryon. Dans la France des années 60, les progressistes sont peu nombreux et la cause des femmes encore marginale. Alors que les semaines passent et que le ventre s’arrondit, Anne va tout tenter pour sortir de l’impasse. Elle va remuer ciel et terre pour obtenir une de ces adresses qui permettent, en toute discrétion, mais à ses risques et périls, de faire disparaître le problème. 

Sur une musique obsédante et virtuose de Sacha et Evgeni Galperine, le spectateur est cloué au siège, tétanisé, durant ces ultimes jours, quand Anne essaie, par ses propres moyens, puis passe entre les mains d’une “faiseuse d’anges”. Du grand cinéma politique, très justement récompensé par le jury de la Mostra.

Film français d’Audrey Diwan avec Anamaria Vartolomei, Kacey Mottet Klein, Luàna Bajrami, Pio Marmaï, Sandrine Bonnaire, Anna Mouglalis.




Beau livre - Le sud d’antan des époux Gaurenne


Fenêtres ouvertes sur le Maghreb et l’Égypte d’antan, les minutieuses peintures à l’huile d’Annie Gaurenne - près de 80 - aux scènes de vies pittoresques, accompagnées de commentaires et de réflexions, invitent au voyage dans les ruelles de la casbah d’Alger ou celles d’un village, au bord d’un oued, au Sahara, dans les gorges d’El Kantara ou encore dans la fascinante vallée du Nil… 

Avec Robert Gaurenne et ses dessins, on partage les expériences inoubliables de voyageurs : mirages dans le désert, tempête de sable, chasse au faucon, vie nomade, pain du désert des Touaregs… La galerie de tableaux composant cet ouvrage intitulé « Un été dans le Grand Sud », sert avec bonheur de trame à ce livre d’art richement illustré dans lequel, à chaque page, le soleil darde ses rayons d’or.

« Un été dans le Grand Sud », Annie et Robert Gaurenne, Edilivre, 29 € (edilivre.com)


dimanche 28 novembre 2021

Cinéma - "Red Notice", un trio délirant sur Netflix


C’est le gros coup de Netflix en cette fin d’année. Red Notice a tout du blockbuster qui aurait attiré au minimum 2 millions de spectateurs dans les salles françaises. Le film sort directement sur la plateforme de streaming et en totalise sans doute beaucoup plus. Certes le scénario n’est pas original, mais le bagou des acteurs fait tout l’attrait de cette parodie qui n’ose pas dire son nom. Deux voleurs et un flic se tirent la bourre à travers le monde pour des œuvres d’art datant de Cléopatre. La palme à Ryan Reynolds, totalement en roue libre, arnaqueur qui sera victime de son besoin d’amour.  Dwayne Johnson, dans le rôle de l’agent du FBI, sait rire de ses muscles. Quant à Gal Gadot, sa beauté parfaite lui ôte toute humanité jusqu’au coup de théâtre qui propulse Red Notice au sommet des films d’humour.


Cinéma - “Si on s’aimait”, comédie sociale en chansons


Marre de la grisaille et des mauvaises nouvelles ? Prenez un grand bol d’air d’optimisme en allant voir Si on chantait, sorte de comédie musicale nordiste doublée d’un fonds social sur la difficile reconversion dans ces bassins d’emplois sinistrés. A Quiévrechain, une usine est sur le point de fermer. Les ouvriers en grève cherchent un moyen de s’y opposer. Franck (Jérémy Lopez), adore chanter et tente d’organiser un concert avec les employés volontaires. En vain. Deux ans plus tard, Franck est livreur. Il va avoir l’idée de proposer aux clients, au lieu d’une pizza, une chanson dédicacée. 

Il va recruter les meilleurs éléments de la chorale : Sophie (Alice Pol), sa meilleure amie depuis l’enfance qu’il aime secrètement, Jean-Claude (Clovis Cornillac), un cadre technique qui ne retrouve plus de travail et José (Artus), qui chante comme une casserole mais se révèle un roi de l’organisation. 

Leur petite entreprise va lentement mais sûrement décoller, donnant à chaque livraison un peu de frissons à un public réduit mais conquis. Le film raconte la création de cette belle équipe, la solidarité, l’envie de faire quelque chose d’utile et de bon pour la société. 

Un message qui aurait pu être trop gentillet s’il n’y avait pas cette bande-son extraordinaire avec les sublimes chansons que tout le monde aura envie de reprendre en chœur dans la salle. Dont le titre qui donne son titre au film, chantée par Julien Clerc et écrite par le regretté parolier catalan, Étienne Roda-Gil. 

Film de Fabrice Maruca avec Jeremy Lopez, Alice Pol, Artus

samedi 27 novembre 2021

Série télé - Invasion spatiale dans la saison 2 de « Another life »


Si les films de science-fiction cartonnent au cinéma, en série c’est souvent du quitte ou double. Si une plateforme ou une chaîne accepte de financer une saison 1, la 2 n’est jamais confirmée d’entrée. Pour Another Life, produite par Netflix, il s’en est fallu de peu que les abonnés ne découvrent jamais ce qui est advenu du vaisseau spatial piloté par Nico (Katee Sackhoff) lancé pour tenter d’en savoir un peu plus sur une civilisation alien qui a envoyé d’immenses artefacts sur Terre. 

La saison 2, en dix épisodes, apporte beaucoup de réponses et  un point final à l’histoire. On sent cependant en cours de récit que les scénaristes ont rajouté des épisodes et des péripéties, comme pour tenter de la rendre plus comparable aux autres productions existantes. Notamment quand l’équipage découvre une planète habitable qui se révélera finalement très hostile… La très bonne idée de la série consiste à donner une apparence humaine à l’intelligence artificielle du vaisseau. Cet arc narratif est passionnant quand on découvre que l’IA (interprétée par Samuel Anderson) se crée un double féminin. 

Mais on échappe heureusement au « Et ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants… » Sur l’intrigue principale, on est longtemps incertain sur les véritables motivations des aliens. Mais en bonne série américaine très manichéenne, tout sera clair à un moment pour que les principaux personnages endossent leur armure de sauveur. 

Au niveau du casting, si  Katee Sackhoff s’en tire avec les honneurs (elle a déjà beaucoup sillonné l’espace dans le reboot de Galactica), son mari dans la série, Justin Chatwin, semble toujours dans l’excès, le trop. Une fausse note qui rend pénible toute l’intrigue sur terre.  

Écrans d'automne : quatre jours de pur cinéma à Argelès-sur-Mer

 Deux avant-premières de films français attendus, des films rares à redécouvrir pour un public de cinéphiles et de connaisseurs : le programme du festival Ecrans d'automne, organisé par les Amis de Cinémaginaire à Argelès-sur-Mer du jeudi 2 décembre au dimanche 5 décembre, a tout de l'excellence.


Quelques jours après Confrontation à Perpignan, un nouveau festival offre une programmation ambitieuse aux cinéphiles du département. Cette fois c'est à Argelès-sur-Mer que plusieurs films seront proposés aux cours des Ecrans d'automne organisés par les Amis de Cinémaginaire au Cinéma Jaurès. Tout débute ce jeudi 2 décembre à 19 h avec une courte présentation du festival précédant la projection d'un film français en avant-première. Ouistreham, d'Emmanuel Carrère, est adapté du livre de Florence Aubenas. La journaliste, incognito, a travaillé durant plusieurs semaines avec les femmes qui font le ménage dans les bateaux assurant la navette entre France et Angleterre. Une œuvre poignante, avec Juliette Binoche dans le rôle principal. Le film ne sort partout en France que le 12 janvier 2022.

Le vendredi 3  décembre, deux films au rendez-vous. Gagarine à 18 heures et Indes galantes à 21 heures. Le premier est un film de Fanny Liatard et Jérémy Trouilh mêlant critique sociale et fantastique. Dans la cité de Gagarine, en banlieue parisienne, un adolescent se rêve en cosmonaute. Mais quand les autorités annoncent que la cité va être rasée, il se lance dans la résistance avec la volonté de transformer la cité en vaisseau spatial.

Le soir, beaucoup de spectacle avec le documentaire de Philippe Béziat. Une plongée dans la création d'un spectacle à Opéra de Paris faisant dialoguer danse urbaine et chant lyrique dans l'adaptation contemporaine du chef-d’œuvre baroque de Jean-Philippe Rameau, Les Indes Galantes. Un film présenté par Imago publica avec le soutien du Groupement National des Cinémas de Recherche.

Le festival voyage autour du monde en musique le samedi 4 décembre avec Africa Mia (17 h 30), documentaire sur  le premier groupe afro-cubain de l'histoire : les Maravillas de Mali.

À 21h, redécouvrez, en version rénovée, ce film yougoslave de 1980 de Slobodan Sijan. Qui chante là-bas ? place le public dans le sillage d'un bus brinquebalant menant à Belgrade une bande d'originaux. Beaucoup d'humour et de musique dans ce film qui annonce les prémices des œuvres de Kusturica. 

Fin des Ecrans d'automne le dimanche 5 décembre. Après la projection de Digger, film grec à 14 h 30, place à la clôture du festival, vers 17 heures, avec une autre avant-première française. La croisade est signée Louis Garrel. Le réalisateur interprète également une des rôles principaux en compagnie de Laetitia Casta. Une belle histoire de prise de conscience de l'urgence climatique par de jeunes enfants. 

Écrans d'Automne, du 2 au 5 décembre, cinéma Jaurès à Argelès-sur-Mer. 5 € la séance, Pass 4 films : 15 €, Pass «Amis de Cinémaginaire» : 20 €

vendredi 26 novembre 2021

Série télé - "Gloria" et les ondes de la Guerre froide


Alors que le Portugal est encore une dictature, les Américains ont planté dans le pays une multitude d’antennes pour arroser le bloc de l’Est d’émissions radio censées pousser le peuple à se révolter face à l’oppression soviétique. L’action de cette série produite et diffusée sur Netflix se déroule vers la fin des années 60. Dans la ville de Gloria (qui donne son titre à double signification à la série), loin de Lisbonne, une petite colonie américaine travaille avec des techniciens locaux pour entretenir les émetteurs et les antennes et produire les émissions. Joao (Miguel Nunes), jeune ingénieur, vient d’être embauché à Gloria. Il a quitté la radio nationale pour surveiller les installations de la RARET, nom de la société chargée de diffuser la propagande occidentale. Il arrive en terrain conquis car Joao est le fils d’un ministre très influent de Salazar, toujours au pouvoir. 

Cette série historique signée Pedro Lopes aborde frontalement plusieurs thèmes qui s’imbriquent. Joao, avant de travailler, a tenu à faire son service militaire et à servir son pays en Afrique. Le Portugal a été un des derniers pays occidental à reconnaître l’indépendance de ses colonies. C’est dans la jungle de l’Angola que Joao a compris que le monde était en train de changer. Former à la dure par son père, il bascule vers le camp des opprimés. On comprend rapidement que s’il a demandé sa mutation à Gloria, c’est uniquement pour devenir un espion insoupçonnable, au service de l’URSS. Se greffe sur cette trame classique de l’agent double (il donne aussi des informations à son père sur les activités des Américains), plusieurs romances. Il cherche à savoir qui a tué son amoureuse secrète, elle aussi espionne au service de l’URSS. Et tombe sous le charme de Carolina (Carolina Amaral), une employée de maison de RARET, au service des responsables américains de la société, également grands pontes de la CIA du pays.

Remarquablement écrit, interprété et reconstitué avec justesse, Gloria permet de découvrir un pan assez ignoré du rôle du Portugal dans la Guerre froide, quelques années avant la fameuse révolution des Œillets

De choses et d’autres - De quoi parlerons-nous à Noël ?

Dans la catégorie des saillies politiques à mettre au panthéon des énormités, cette déclaration de Christian Jacob, pourtant président du parti Les Républicains au Journal du Dimanche : « Il faut que les discussions du repas de Noël des Français tournent autour de notre candidat. »

Le fameux candidat n’est pas encore désigné. Normalement c’est le 4 décembre que l’on saura donc, qui sera aux centre des discussions des repas de Noël de tous les Français.

Enfin, ça c’est le vœu pieux de Christian Jacob. Si l’on réfléchit deux secondes (ce que le président Jacob a oublié en prononçant ces malheureux mots), on se doute qu’entre les petits fours et la bûche, le repas de famille portera essentiellement sur la crise sanitaire.

Du moins si on parle de choses sérieuses. Car souvent pour Noël, on met de côté les choses qui fâchent. On se consacre surtout aux enfants, à leur joie de découvrir de nouveaux jouets. On profite de la bonne bouffe et des liquides qui vont si bien avec. Alors vous pensez bien, la politique... Et encore moins le candidat de la droite républicaine.

A moins bien sûr que finalement les militants désignent un outsider absolu, comme Éric Ciotti (mais ça ferait quasiment un troisième candidat étiqueté extrême droite) ou le docteur Juvin. Mais ce dernier, tant qu’il se contentera de squatter les plateaux télé sans trouver le remède miracle au coronavirus, risque de conserver cette dernière place que lui prédisent tous les sondages.

Et vous, quel sera votre sujet de discussion préféré pour le repas de Noël ? Dinde ou chapon ? Huîtres ou langouste ? Blanquette ou champagne ? Élection ou vaccination ?

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le mardi 30 novembre 2021

jeudi 25 novembre 2021

DVD - Maman encombrante


Sorti en 2016, « Retour chez ma mère » d’Eric Lavaine avait attiré plus de 2 millions de spectateurs pour rire face à cette comédie mettant aux prises une fille de 40 ans obligée de retourner vivre chez sa mère sa mère. Une suite a été écrite, « Un tour chez ma fille » (Pathé Vidéo) et vient de sortir en DVD et blu-ray. On retrouve Josiane Balasko dans le rôle de la mère et c’est Mathilde Seigner qui endosse celui de la fille. Le principe du film inverse les situations. 

La mère, dont l’appartement est en travaux, doit aller vivre quelques jours chez sa fille. Mais la cohabitation entre les deux est très compliquée. Les gags s’enchaînent, les situations loufoques prolifèrent et rien n’est épargné à cette famille dysfonctionnelle

Josiane Balasko est excellente, de même que Jérôme Commandeur en mari tentant de reconquérir son épouse, malgré l’omniprésence très lourde de sa belle-mère.

De choses et d’autres - Un gouvernement de confinés

Rien ne sert de se cacher derrière son petit doigt (vieille expression remise au goût du jour par la ministre des Sports), ce mois de décembre n’est pas encore commencé, mais je sens qu’il va être long, très long. Comme l’impression que le cirque Covid est de retour au centre de la place publique.

Avant même le décollage « fulgurant » de la 5e vague et l’arrivée du variant Omicron, l’annonce de la contamination de Jean Castex, Premier ministre, et de sa mise à l’isolement a remis notre détesté virus en tête des débats politiques. Oublié le Z. qui signe ses exploits d’un I majuscule. On n’a même pas le temps de prendre un rendez-vous pour la 3e dose. De toute manière, il n’y a plus beaucoup de place et même Doctolib a craqué.

Un Premier ministre confiné et le lendemain un autre membre du gouvernement testé positif au Covid 19. La ministre déléguée à l’Insertion, Brigitte Klinkert. La pauvre, plaignons-la. Pas d’être malade, elle explique être asymptomatique, mais de se retrouver tout à coup propulsée sur le devant de la scène médiatique pour un test PCR positif. Car il faut bien l’avouer, personne ne se souvenait de sa nomination le 20 juin 2020 à ce poste.

Et l’hécatombe continue puisqu’on a appris ce week-end que Joël Giraud, secrétaire d’État chargé de la ruralité, était lui aussi malade. Ce dernier non plus ne souffre pas d’une surmédiatisation excessive. Mais enfin lui au moins je savais qu’il existait depuis la découverte de « La pause rurale » série de capsules vidéo assez étonnantes mises en ligne chaque mercredi sur les réseaux sociaux de son ministère.

Le générique est chanté par un coq et quand il a un invité, c’est ce dernier qui lance l’épisode. On a ainsi vu un Jean Castex totalement hilare en septembre dernier et le dernier numéro visible montre Olivia Grégoire, autre secrétaire d’État, chargée de l’Économie sociale, solidaire et responsable, glisser que Joël Giraud, en plus d’être incollable sur « les finances publiques », l’est aussi sur le « hard rock ».

Et ce dernier de rebondir en expliquant qu’« Aujourd’hui le coq n’aura pas des accents de Métal et de Rammstein, on va rester dans le classique. » Cocorico ou co-covid-rico ?

Chronique parue (en partie) en dernière page de l’Indépendant le lundi 29 novembre 2021

mercredi 24 novembre 2021

DVD - Une si belle fleur

Un film sur les roses ? Le concept semble assez incongru. Et pourtant Pierre Pinaud transforme cette idée peu banale en un long-métrage remarquable par sa finesse, son intelligence et son universalisme. Car tel un hybrideur de talent (ceux qui créent de nouvelles variétés de roses), il a greffé sur la tige austère du savoir incarné par Eve (Catherine Frot), la bonne volonté et l’innocence de trois personnes en réinsertion sociale. 

Cette sortie en vidéo de « La fine fleur » (Diaphana vidéo), on retrouve le film mais aussi de nombreux bonus qui éclairent encore plus ce film humain, chaleureux et à l’esthétique léché.  En plus du film commenté par Pierre Pinaud, le réalisateur, le spectateur à droit à six scènes coupées ainsi qu’un petit reportage sur le métier de rosiériste réalisé chez la famille Dorieux, propriétaires de la grande exploitation de roses où le film a été tourné.


De choses et d’autres - Les mots de l’humour

Qui n’a pas, un jour, transformé un mot sans le vouloir. La langue fourche et on se retrouve inventeur d’une drôle d’expression. Parfois cela ne veut rien dire. Ou alors on se retrouve face à un étrange trait d’esprit non voulu. 


Pour Robert Pico, pas de langue qui fourche mais une volonté de triturer les mots et de leur trouver d’autres significations, souvent plus marrantes. Il en a collecté des centaines qu’il propose dans son « Fictionnaire ».

Il est même totalement dans l’actualité du moment sur le genre en inventant « Jarretil : jarretelle pour homme ». Ces mots fictifs, « pour rire et, peut-être, réfléchir », sont souvent un peu scabreux ou tournés vers le sexe. Comme ce très sympathique « Coucherire : s’esclaffer en faisant l’amour » ou ce beaucoup plus imagé et peu sortable : « Introuniser : adopter un nouveau membre dans un club échangiste. »

« Mon Fictionnaire » de Robert Pico, Editions Glyphe, 10 € 

mardi 23 novembre 2021

BD - Une femme sur la Lune


Au moment où la place des femmes dans la société est quotidiennement mise en valeur, ce gros roman graphique en noir et blanc de 160 pages revient sur une légende spatiale : avant Armstrong, une cosmonaute soviétique aurait posé le pied sur la Lune. 


Tatiana Terechmariova a-t-elle réellement existé ? Son incroyable et dramatique histoire est-elle du domaine du possible ? Les auteurs (Perna et Bedouel) ne peuvent pas répondre, toutes les archives sont détruites, mais ils ont pris le parti de raconter son épopée en ce mois de juillet 1969 comme si tout était vrai. Entre fiction et réalité alternative.   

« Kosmos », Delcourt, 22,95 €

De choses et d’autres - Faire ses courses en vitesse

Amazon, le premier, avait tenté l’expérience : des magasins sans caisses. Une déshumanisation complète des courses. On rentre, on se sert, on sort et automatiquement la somme des objets pris dans les rayons est débitée de notre compte. De la science-fiction pour certains. Et pourtant…

A Paris, le premier Carrefour Flash vient d’ouvrir. Même principe avec cette accroche publicitaire « Mes courses en un éclair ». Dans les faits, on peut effectivement en moins de 20 secondes attraper ce paquet de fromage râpé qui va agrémenter le plat de coquillettes et sortir moins d’une minute plus tard. Comment fonctionne ce tour de passe-passe ? Le magasin est truffé de caméras reliées à une intelligence artificielle qui « reconnaît » le visage des clients.

De plus les rayons sont d’immenses balances connectées. Le total de l’addition est calculé en direct et l’argent débité dès qu’on franchit la porte.

C’est bien beau tout ça, mais j’ai un doute de l’utilité pour certains clients. Prenez ma femme par exemple. Hier elle décide d’aller faire deux courses (des yaourts nature et du lait). Même en passant par les caisses, elle n’en a pas pour plus de 5 minutes. Mais disparaît plus d’une heure. Et revient avec un plat chinois, des soupes instantanées (il fait froid), un sapin conceptuel de branches de bois, deux tapis de sol pour la salle de bain (chauds et doux) et du lait… d’amande.

Avec cette complication supplémentaire qui sans doute aurait fait disjoncter l’intelligence artificielle, avant de se décider pour le lait d’amande, elle a mis dans son panier du lait de soja, puis du lait à base de riz. Pour finalement remettre ces produits en rayon de se décider pour le produit à base d’amandes « car sans sucre ajouté ».

Bref, déjà qu’elle évite les caisses automatiques pour faire un brin de causette avec les caissières, le « magasin flash » ce n’est sûrement pas pour elle.

Chronique parue (en partie) en dernière page de l’Indépendant le vendredi 26 novembre

lundi 22 novembre 2021

BD - Le grand retour de l’Espadon


Le nouveau Blake et Mortimer est l’autre sortie BD (après Astérix) qui va booster les ventes de livres en cette fin d’année. Le dernier Espadon, écrit par Van Hamme et dessiné par Berserik et Van Dongen est une suite du Secret de l’Espadon de Jacobs, le créateur des héros emblématiques du genre de la Ligne claire

Alors que Blake va affronter un complot fomenter contre le Royaume, Mortimer se rend au Pakistan pour tenter de récupérer les derniers Espadons, ces avions futuristes qui ont fait rêver des générations de petits garçons.    

« Blake et Mortimer, Le dernier espadon », 15,95 €


De choses et d’autres - Presque comme aux États-Unis

Si selon le slogan publicitaire des années 70 en France on n’a pas de pétrole, mais on a des idées, dans les faits, en France, on ne fait rien qu’à copier nos voisins américains.

Regardez les campagnes pour la présidentielle. On a dans un premier temps tenté d’adapter les fameuses primaires démocrates et républicaines. Les résultats ont été catastrophiques tant à droite qu’à gauche. Même si on doit reconnaître une sorte de vision divinatoire des écolos quand ils ont préféré l’austère et peu connue Eva Joly au flamboyant et médiatique Nicolas Hulot.

Ensuite, pour conquérir le poste suprême, des agitateurs de droite extrême ont pensé faire comme Trump dans sa prise de la Maison Blanche. Pourquoi ne pas sortir du chapeau un animateur télé, lui permettre d’être omniprésent grâce à des télévisions complaisantes et souligner tous les quatre jours combien il progresse dans les sondages.

Mais en France, contrairement aux USA, le candidat choisi n’est pas un milliardaire qui ne regarde pas à la dépense. Il n’a pas un gratte-ciel à son nom au cœur de New York, juste un 100 m2 à Paris, même pas de quoi payer l’impôt sur la fortune. Alors vous pensez bien que pour financer toute une campagne électorale, sans l’aide d’un parti bien implanté, cela semble de plus en plus mission impossible.

Enfin, rions de ce dernier exemple montrant la différence flagrante entre les USA et la France. Le week-end dernier vous avez vu partout ces images d’hommes et de femmes au bord de la route en Californie en train de ramasser des liasses de billets de banque qui se sont échappés d’un fourgon blindé.

En France aussi on a eu droit à une récolte miraculeuse avec un léger décalage. Exactement c’était mardi dans la petite ville de Cassel dans le Nord. Mais après un accident sur un passage à niveau, ce ne sont pas des billets qui ont envahi la chaussée mais des oignons.

Je vous le dis, on fait toujours moins bien que les Ricains. Des oignons vous m’en direz tant. Si encore ça avait été des bottes d’oseille.

Chronique parue (en partie) en dernière page de l’Indépendant le 25 novembre 2021

dimanche 21 novembre 2021

BD - Souvenirs audois d'Olivia Ruiz


Succès littéraire de l’année dernière, le premier roman d’Olivia Ruiz est désormais adapté en BD. Véronique Griseaux a façonné le scénario, Winoc le story-board et Amélie Causse a finalisé le dessin. On retrouve dans cet album de 80 pages l’essentiel de l’histoire des femmes plurielles de la chanteuse audoise


De l’arrivée en France à l’ouverture du commerce à Marseillette, on croise ces femmes fières qui ont su s’élever malgré la misère et le racisme ambiant de l’époque. Une superbe histoire, une belle leçon de vie. 

« La commode aux tiroirs de couleurs », Bamboo - Lattès, 17,90 €

De choses et d’autres - La maltraitance des fins d’année

Chaque fois qu’approchent les fêtes de fin d’année et les agapes culinaires qui vont avec, me vient une subite envie de crustacés. Notamment, un tourteau, gros, plein et si goûteux. Longtemps, j’achetais les crabes déjà cuits. Avec toujours une petite inquiétude sur la fraîcheur. Aussi, quand j’ai découvert qu’ils se vendent aussi vivants, je n’ai pas hésité longtemps.

Mais, il faut le cuire. En clair, plonger la bestiole qui agite frénétiquement les pattes dans de l’eau frémissante ou bouillante. Il existe des façons moins traumatisantes pour mourir. Par chance, on ne s’identifie que très peu aux crabes, contrairement aux si mignons agneaux. Pourtant, il s’agirait, là aussi, de maltraitance animale.

Pour preuve, la Grande-Bretagne, en décidant de réformer ses lois en cours, a rajouté quelques animaux dans la catégorie de ceux dotés de sentience. Autrement dit, ils sont capables de ressentir « des sensations, telles que la douleur, le plaisir, la faim, la soif, la chaleur, la joie, le confort et l’excitation ».

Parmi les entrants : le poulpe et le homard. Par extension, les crabes sont dans le lot. Quand la loi sera adoptée, les cuistots auront interdiction de plonger  le homard dans l’eau bouillante, comme c’est déjà le cas en Suisse et en Nouvelle-Zélande.

Reste à déterminer quelle est la meilleure façon légale de tuer l’animal.

Et cette autre question, qui, soudain, taraude : les escargots éprouvent-ils des sentiments ? Peut-être qu’ils ont un message à nous faire passer, quand ils font des bulles de salive, au moment où on les met sur les braises de la cargolade catalane.

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant du Midi le 24 novembre 2021

samedi 20 novembre 2021

BD - Puissante sorcière imaginée par Jérémy


Superbe épopée d’héroic fantasy signée Jérémy, dessinateur réaliste passé par l’école de Philippe Delaby. Chaque planche en couleur directe regorge de cases qui pourraient être exposées dans des galeries. 

Dans ce monde imaginaire, Vesper est une hybride, moitié humaine et moitié chimère mercenaire au service d’un prince dissident, par ailleurs son amant. 

Elle manie l’épée mais aussi la magie pour battre les ennemis. Considérée comme un monstre, elle est trahie, torturée et emprisonnée. Une grande maîtrise pour une série qui devrait faire date.  

« Vesper » (tome 1), Dargaud, 14,50 €


De choses et d’autres - Le nouveau scandale du foot français

Encore un scandale dans le milieu du foot. Décidément le monde du ballon dit rond tourne de moins en moins rond justement. À se demander ce qui traverse l’esprit des dirigeants du sport le plus populaire de France. Pourtant il serait facile de mettre fin à cette mauvaise image de marque. Rien de bien compliqué ni de coûteux quand on connaît le montant des droits télés versés par les diffuseurs.

Je précise que ce scandale n’a rien à voir avec les incidents du match entre Lyon et Marseille dimanche soir. L’arrêt d’une rencontre au bout de trois minutes deviendra de plus en plus fréquent vu les supporters qui font le déplacement en tribune. Je suggère d’ailleurs aux organismes chargés de paris sportifs de rajouter une case dans leurs grilles. En plus des deux victoires possibles et du nul, pourquoi ne pas rajouter l’option « match arrêté ».

Non, quand je parle de scandale, je fais référence à ce qui s’est passé à Rennes samedi soir avant le match de coupe de France entre le petit club de Bréquigny et le club professionnel de Brest. Quand l’équipe de Bréquigny est arrivée sur le terrain, le public a constaté qu’aucun de ses membres ne portait de shorts. Juste le maillot qui descendait jusqu’à mi-cuisse.

Car il faut savoir qu’en coupe de France féminine, la fédération ne fournit que le haut de la tenue alors que chez les amateurs, à ce stade de la compétition, c’est toute la panoplie qui est offerte aux hommes, chaussettes comprises. Alors les joueuses de Bréquigny, pour protester contre cette discrimination sexiste, ont décidé de jouer la partie en culotte. Malheureusement éliminées, les courageuses footballeuses bretonnes quittent la compétition.

Dommage, car la FFF a annoncé que désormais, la tenue complète serait offerte aux équipes féminines amateurs toujours en lice en Coupe de France.

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le mardi 23 novembre 2021