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samedi 18 février 2023

De choses et d’autres - De l’origine des ingrédients

Un écrivain, chargé par son épouse d’aller faire les courses dans les grandes surfaces, a récemment fait part de son étonnement face aux indications qui se rajoutent sans cesse sur les emballages des produits manufacturés. Avec parfois d’étonnantes précisions. Il prend pour exemple du jambon italien. L’étiquette précise les ingrédients utilisés, mais également ceux qui ne le sont pas.

Avec stupeur, il découvre ainsi que son jambon est « sans gluten, sans dérivés du lait. » Une précision à destination des allergiques, sans doute, mais qui fait cependant bizarre, car qui utilise du lait pour faire sécher du jambon ? Comme c’est un chicaneur de la pire espèce, il aimerait que ces étiquettes soient un peu plus précises « ainsi mon jambon italien pourrait être garanti sans alcool, sans sulfate de mercure, sans hydrogène liquide, sans résidus de craie, sans extrait de houx, etc. » Par contre on ne saura jamais si le jambon est bon. Ou même s’il a le goût du jambon.

La grande mode, depuis quelques années, sur les étiquettes est de préciser, en gros et avec, si possible, un logo tricolore, l’origine française des ingrédients. Lait, pomme de terre, cochon ou haricots sont français, alors il faut l’écrire en gros. Par contre, on sait depuis l’an dernier que l’huile de tournesol est essentiellement ukrainienne et les graines de moutarde canadiennes.

Mais les industriels ont plus d’un tour dans leur sac. Le « origine France » est parfois remplacé par un « fabrication française » ou « conditionné en France ». Mais pas un seul produit n’échappe à cette récupération cocardière.

Même les bananes sont fièrement françaises puisque originaires des Antilles. On ne peut pas le rater, elles sont vendues entourées d’une bande autocollante… bleu , blanc, rouge.

Billet paru en dernière page de l’Indépendant le samedi 11 février 2023

mardi 23 novembre 2021

De choses et d’autres - Faire ses courses en vitesse

Amazon, le premier, avait tenté l’expérience : des magasins sans caisses. Une déshumanisation complète des courses. On rentre, on se sert, on sort et automatiquement la somme des objets pris dans les rayons est débitée de notre compte. De la science-fiction pour certains. Et pourtant…

A Paris, le premier Carrefour Flash vient d’ouvrir. Même principe avec cette accroche publicitaire « Mes courses en un éclair ». Dans les faits, on peut effectivement en moins de 20 secondes attraper ce paquet de fromage râpé qui va agrémenter le plat de coquillettes et sortir moins d’une minute plus tard. Comment fonctionne ce tour de passe-passe ? Le magasin est truffé de caméras reliées à une intelligence artificielle qui « reconnaît » le visage des clients.

De plus les rayons sont d’immenses balances connectées. Le total de l’addition est calculé en direct et l’argent débité dès qu’on franchit la porte.

C’est bien beau tout ça, mais j’ai un doute de l’utilité pour certains clients. Prenez ma femme par exemple. Hier elle décide d’aller faire deux courses (des yaourts nature et du lait). Même en passant par les caisses, elle n’en a pas pour plus de 5 minutes. Mais disparaît plus d’une heure. Et revient avec un plat chinois, des soupes instantanées (il fait froid), un sapin conceptuel de branches de bois, deux tapis de sol pour la salle de bain (chauds et doux) et du lait… d’amande.

Avec cette complication supplémentaire qui sans doute aurait fait disjoncter l’intelligence artificielle, avant de se décider pour le lait d’amande, elle a mis dans son panier du lait de soja, puis du lait à base de riz. Pour finalement remettre ces produits en rayon de se décider pour le produit à base d’amandes « car sans sucre ajouté ».

Bref, déjà qu’elle évite les caisses automatiques pour faire un brin de causette avec les caissières, le « magasin flash » ce n’est sûrement pas pour elle.

Chronique parue (en partie) en dernière page de l’Indépendant le vendredi 26 novembre