mercredi 23 août 2023

En vidéo - “Les complices” maladroits du tueur à gages


Entièrement tourné dans l’Hérault, notamment dans les environs du lac du Salagou, Les complices de Cécilia Rouaud est une comédie trépidante dotée d’un trio d’une belle complémentarité. Max (François Damiens) est un tueur à gages au chômage : depuis peu, dès qu’il voit une goutte de sang, il tombe dans les pommes. Pourchassé par son organisation qui veut l’éliminer, il va recevoir l’aide de ses voisins, Karim (William Lebghil) et Stéphanie (Laura Felpin). 

Si lui est gentil, prévenant et cool, elle est dynamique, énervée et agressive. Employés (esclaves plus exactement), dans une société d’immobilier, ils vont permettre à Max de découvrir le monde du travail réel. Qui se révélera au final tout aussi violent que son organisation d’assassins. Le scénario, qui se cherche un peu par moments, hésitant entre les deux intrigues et les deux mondes, est finalement plus futé que décousu.

 L’humour est bombardé de tous côtés. François Damiens est parfait en être froid, calculateur et sans la moindre empathie, William Lebghil excelle dans son interprétation d’un gentil petit faon harcelé pas ses supérieurs hiérarchiques et Laura Felpin, pour son premier rôle au cinéma, imprime comme une urgence à toutes ses scènes. 

La sortie en vidéo du film (M6 Vidéo), offre un seul et unique bonus, mais très marrant. L’interview des trois comédiens et de la réalisatrice. Ce n’est plus de la promo mais un formidable concours de vannes et de potacheries hilarantes. 

BD - Invasion et extinction avec « Aurora »


Nouvelle version de la fin du monde. Christophe Bec, scénariste, délaisse les effets du réchauffement climatique pour s’intéresser aux effets d’une aurore boréale. Durant 24 heures, la terre est sous influence. 222 000 enfants naissent ce jour-là.


Une vingtaine d’années plus tard, les enfants de l’Aurore semblent se réveiller, se connecter et agissent tous de concert. Le second tome de Aurora (Soleil, 64 pages, 15,95 €) de cette trilogie dessinée par Stéfano Raffaele, poursuit la présentation des différents portraits d’enfants. Du fils d’un multimilliardaire à l’intelligence hyperdéveloppée à l’orphelin d’une favela, expert en foot et immunisé contre toutes les maladies en passant par le militaire, sniper d’élite.

Une seule semble différente, la dernière de la lignée, celle qui est née le plus au sud. Elle n’entend pas l’appel mais comprend ce qui se trame. Car ces enfants devenus adultes n’ont qu’une mission : exterminer la race humaine. C’est donc un album d’une rare violence (il y a plusieurs références au film American Nightmare) qui est proposé aux amateurs de science-fiction. Reste à découvrir qui manipule les 222 000 enfants de l’Aurore.

mardi 22 août 2023

Rentrée Littéraire - Peintres enquêteurs de la Renaissance


Passé le 15 août, arrive, telle une déferlante, les premiers titres de la rentrée littéraire. Découvrez dès aujourd’hui dans votre librairie préférée ce roman très brillant de Laurent Binet sur le milieu des peintres florentins au XVIe siècle.

Loin de l’encyclopédie barbante, Perspective(s) (Grasset, 288 pages, 20,90 €) se présente sous forme d’un roman policier épistolaire. Tout débute par une lettre de Giorgio Vasari, peintre, architecte et conseiller du Duc de Florence, à Michel-Ange, exilé à Rome. Il lui demande de revenir pour l’aider dans l’enquête sur l’assassinat de Jacopo da Pontormo, retrouvé mort devant sa fresque un poignard planté dans le cœur. Circonstance aggravante, un portrait de la fille du Duc, nue, le sexe offert, est découvert près du cadavre. Une toile qui va servir aux opposants du Duc.

Un vrai roman, avec rebondissements, fausses pistes, courses-poursuites et actes de bravoure. Sans oublier une réflexion sur l’art et son évolution : « La perspective nous a donné la profondeur. Et la profondeur nous a ouvert les portes de l’infini » écrit Michel-Ange Déjà lauréat du Goncourt du premier roman en 2010, Laurent Binet, avec ses peintres enquêteurs, devrait faire partie des favoris pour le Goncourt 2023.

lundi 21 août 2023

Cinéma - “La voie royale” vers le pouvoir… ou le changement

"La voie royale", film de Frédéric Mermoud avec Suzanne Jouannet, Marie Colomb, Maud Wyler.


Film sur la fabrique de l’élite de la Nation, La voie royale de Frédéric Mermoud cache bien son jeu. On pense assister durant la première heure à un panégyrique de la culture de l’excellence, sélection naturelle qui permet aux plus brillants de suivre cette fameuse voie royale vers les grandes écoles, étape obligée pour toute personne qui rêve d’exercer le pouvoir.
D’autant que l’héroïne est une « campagnarde », une fille ayant un don pour les maths tout en aidant ses parents tôt le matin à donner à manger aux cochons et à charrier le fumier des vaches. Sophie (Suzanne Jouannet) est brillante. Son professeur de mathématiques voit en elle une pépite. Il fait tout pour qu’elle intègre une classe de prépa du lycée Descartes à Lyon pour tenter les concours.

Réticente au début, elle accepte finalement, avec le rêve a priori inaccessible d’intégrer Polytechnique, l’X. Ce chemin du combattant elle le partage avec Diane (Marie Colomb) et sous les encouragements (et brimades aussi) de sa prof Claire Fresnel (Maud Wyler). Travail intensif, intégration par les anciens, premières désillusions, amours impossibles : La voie royale est le portrait d’une jeunesse française qui oublie parfois de vivre. Sophie, avec son bon sens paysan, va tenter de s’intégrer. Mais elle découvre aussi qu’elle n’est qu’un quota. Une femme et boursière pour améliorer l’image du lycée.
Le film, dans sa seconde partie, prend le contre-pied et propose une autre vision de cette fabrique de l’élite. Élite plus humaine, responsable et au service de tous. Preuve que certains jeunes ambitionnent de prendre le pouvoir pour imposer un véritable changement en phagocytant l‘intérieur du système.
 

dimanche 20 août 2023

Cinéma - Les voyages (en train) forment la genèse

Catastrophes à répétition dans ce train en folie contrôlé par un Artus hilarant sous la férule d’une Elsa Zylberstein déchaînée. Un film déjanté signé Olivier Van Hoofstadt.

Si des milliers de trains circulent tous les jours en France, par chance il n’en existe aucun qui accumule les problèmes comme celui du film d’Olivier Van Hoofstadt (Dikkenek, Go fast). Au grand désespoir de Sébastien (Artus), contrôleur en passe d’être nommé chef de gare en Provence. Faut-il encore qu’il passe avec réussite le dernier test : faire un sans-faute sous le regard intransigeant de Madeleine (Elsa Zylberstein), la contrôleuse des contrôleurs. Or, Madeleine, est un cas. Sous des airs de jeune femme vieille France se cache une nymphomane en plein déni mais surtout une castratrice qui prend son pied en saquant les pauvres victimes masculines placées sous sa coupe.

Et comme si cela ne suffisait pas, Sébastien se retrouve avec un stagiaire de 3e, Adel (Maël Rouin Berrandou), par ailleurs fils du PDG.

Rien que les interactions à l’intérieur de ce trio (avec une palme à Elsa Zylberstein, excellente dans ce rôle atypique), suffiraient à se faire gondoler toute la salle. Mais le réalisateur a rajouté autant de rencontres que de wagons, multipliant les scènes insolites et délires humoristiques. De la chorale de handicapés qui chante à tue-tête du Johnny Hallyday en passant par la colonie de jeunes racailles supervisée par un spécialiste de Shakespeare ou des activistes écologistes qui tentent de protéger des singes qui quittent leur cage pour semer la panique parmi les voyageurs.

Il y a aussi une presque fausse alerte à la bombe et en fil rouge, qui transforme la comédie en film d’action avec suspense, une prise d’otages et un compte à rebours avant assaut des policiers d’élite. Bref on ne s’ennuie pas une seconde dans ce film au titre à rallonge, Veuillez nous excuser pour la gêne occasionnée, qu’on pourrait, selon le sarcastique stagiaire, transformer en slogan de la SNCF.

Lors d’une avant-première début juillet au Méga Castillet de Perpignan, Olivier Van Hoofstadt a expliqué combien ce film est important pour lui. « J’ai passé trois années à réécrire le scénario et trouver les comédiens pour les 18 personnages. » L’idée était de proposer « sept vaudevilles pour sept wagons avec la scène finale dans la locomotive de tête ». Il aurait aimé tourner avec Blanche Gardin, mais on ne perd pas au change avec Elsa Zylberstein. Elle aurait d’ailleurs pu être encore plus trash. Mais, explique le réalisateur, « je sais quand je vais trop loin. Je lui ai enlevé des scènes… »

Film d’Olivier Van Hoofstadt avec Artus, Elsa Zylberstein, Benjamin Tranié

samedi 19 août 2023

En vidéo - Le renouveau des Mousquetaires


Fidèle et très réussie, la nouvelle adaptation au cinéma du roman Les trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas est disponible en vidéo. Plusieurs versions (DVD, blu-ray, 4K, coffret...) pour un film divertissant de grand spectacle, avec de très nombreux bonus.

On profite ainsi sur un second disque du making-of du film (28 minutes), d’entretiens avec Martin Bourboulon, le réalisateur et ses acteurs (38 minutes), d’une masterclass avec l’équipe du film (34 minutes) et enfin du clip de l’avant-première de prestige aux Invalides (6 minutes).
Un film qui vaut aussi pour la mise en avant de jeunes comédiens prometteurs, de François Civil à Pio Marmaï en passant par Lyna Khoudri. On les retrouvera avec plaisir le 13 décembre pour la sortie en salles de la seconde partie.

 

vendredi 18 août 2023

BD - Dérive californienne absolue dans « Le labeur du Diable »


Ce n’est certainement pas l’album de BD qui est le plus dans l’esprit de Noël. Au contraire, il est réservé à un public averti. Dans une ville de Los Angeles aux prises avec tous les vices, un petit employé de bureau frustré va se métamorphoser en tueur sanguinaire.


Il a ce mal ancré au fond de lui. Pour le faire émerger, il lui suffit d’endosser un uniforme de policier.
Écrit par Fathi Beddiar, ce scénario destiné au cinéma était trop violent pour passer l’épreuve des financements. Résultat, cela devient une BD extrême dessinée par Babbyan et Geanes Holland.
« Le labeur du Diable » (tome 1), Glénat, 24,95 €

jeudi 17 août 2023

Jeunesse – Capitaine Maman au fond des océans


Troisième aventure des aventures de Capitaine Maman, la gentille héroïne créée par Magali Arnal. Cette jolie chatte, est archéologue de son état. Avec son équipe elle va à la découverte des trésors du passé.

Dans cette aventure de 48 pages grand format, elle part avec son minibus et son nouveau sous-marin sur le toit ?


Dans le véhicule qui traverse un grand désert à destination du lac le plus profond du monde, les trois chatons et Quartier-Maître Mémé, indispensable assistante. Lors d’un arrêt casse-croûte, le chiot gratte le sable et découvre des os. C’est la tombe d’un guerrier. Autour de son squelette des objets de valeur et un bouclier en or.

Capitaine Maman entreprend de fouiller le site, mais l’arrivée de plusieurs personnes s’arrogeant le titre de propriétaire complique les choses. Dessinée dans des couleurs douces, cette histoire permet aux plus jeunes (dès 5 ans) de comprendre l’intérêt de l’archéologie et de préserver les derniers vestiges de nos ancêtres.
« Capitaine Maman et le musée d’archéologie », L’École des Loisirs, 14 €

mercredi 16 août 2023

Thriller - La tribu des vagues fait du surf (et meurt…) en Australie


La Méditerranée n’a jamais été une mer qui attire les surfeurs. Par contre l’Australie, après Hawaï, semble le paradis des amateurs de glisse. Paradis qui peut se transformer en enfer si l’on en croit La tribu (Calmann-Lévy, 416 pages, 22,50 €), thriller d’Allie Reynolds. Cette ancienne championne de snowboard, après le succès planétaire de Hors-piste, imagine cette histoire sous le soleil de la côte australienne.

Kenna quitte Londres pour faire une surprise à sa meilleure amie Mikky. Cette dernière s’est installée à Sydney pour profiter des vagues du Pacifique. Elle a rencontré l’amour, Jack, beau, blond, surfeur. Quand elle débarque à l’improviste, Kenna sent que quelque chose ne tourne pas rond. Impression confirmée quand elle se rend avec le couple à Sorrow Bay, un endroit secret et sauvage, où un groupe d’amis, fonctionnant comme une tribu (« On partage tout, on carbure à la peur ») profite de vagues phénoménales.
Jeu de massacre où peu n’en réchapperont, La tribu distille ses coups de théâtre dans un récit à la première personne de Kenna, pas si naïve qu’il n’y paraît. Parfait pour un dépaysement complet, ce roman est à recommander aux fans de surf et de… manipulation psychologique.

mardi 15 août 2023

Manga - Mini détectives sur les traces sanglantes du Tengu


Le manga, comme la bande dessinée européenne, couvre l’ensemble des genres. Pour les amateurs de frissons, ne ratez pas cette nouvelle série de Hôsui Yamazaki, Chasse aux cadavres (Casterman - Sakka, 184 pages, 8,45 €).


Quatre collégiens japonais, détectives en herbe, décident de commencer leurs vacances en tentant de résoudre l’énigme de la disparition de la jeune Ayano. Cette fillette est recherchée depuis des mois par ses proches et la police. En vain. Isshin, la tête pensante du groupe, a une piste. Une photo du ravisseur aurait été postée peu de temps après l’évaporation d’Ayano. Il pose avec un masque de Tengu (créature légendaire). Derrière lui, le pylône d’une ligne à très haute tension. Isshin l’a reconnue. Cette ligne passe par le mont Tsukuo. C’est là que les aventuriers se rendent, à vélo.

Une quête mouvementée pour les jeunes héros, avec un tueur qui agit dans l’ombre, une ravissante journaliste qui se propose de les aider et des décors assez inquiétants, notamment le camping abandonné. Cette histoire d’amitié et de persévérance de jeunes qui n’ont pas froid aux yeux fait un peu penser au film Les Goonies, avec le risque en plus car le tueur semble être un maniaque de la pire espèce.