Quelques chroniques de livres et BD qui méritent d'être lus et les critiques cinéma des dernières nouveautés. Par Michel et Fabienne Litout
lundi 20 avril 2020
Série Télé. Écoutes australiennes au centre de « Pine Gap »
En plus du dépaysement, les séries australiennes sont souvent d’excellente qualité. Pine Gap, dont la saison 1 de 6 épisodes est disponible sur Netflix, ne déroge pas à la règle, notamment en ce qui concerne le scénario. On apprend beaucoup de choses sur le pays, mais aussi la géopolitique en général. Pine Gap est une base ultra secrète située au centre de l’île continent. Depuis les années 60, d’immenses antennes « écoutent » la planète. Espionnent plus exactement. Une base sur le territoire australien mais entièrement financée par les Américains. Dans une partie du monde cruciale car proche du géant chinois.
Un univers de très haute technologie peuplé de geeks et de militaires. Après avoir présenté le fonctionnement et l’utilité de la base place à l’élément perturbateur : un logiciel espion serait installé à l’intérieur du système informatique de Pine Gap. Qui est le traître ? Américains et Australiens vont de soupçonner et se déchirer. En plus de cette intrigue principale on peut aussi s’intéresser au sort de la terre sacrée des Aborigènes où sont implantées une partie des installations. Terres par ailleurs riches en ressources minérales, ce qui ferait l’affaire de riches investisseurs chinois. À moins que cela ne soit qu’une couverture pour se rapprocher des antennes de Pine Gap. Sans le moindre temps mort et avec des scènes en extérieur à couper le souffle, Pine Gap se laisse regarder et compte dans sa distribution Jacqueline McKenzie, déjà vue dans la série « Les 4 400 ».
dimanche 19 avril 2020
BD - Aventuriers du passé
Le XIXe siècle a accueilli en son sein quelques-unes des pires guerres. Que cela soit en Amérique du Nord entre Sudistes et Nordistes ou en Afrique du Sud entre Anglais et Boers, à l’arrivée ce sont des milliers de morts pour de petits intérêts politiques.
Alors que Napoléon III au pouvoir en France tente d’étendre son empire, les derniers soldats français présents au Mexique sont pris entre deux feux. Les Mexicains mais aussi les Américains. C’est dans ce contexte que l’on retrouve Félix Sauvage, le soldat imaginé par Yann et dessiné par Meynet. Le 5e titre de la série fait un peu figure de chant du cygne.
Malgré un héroïsme extraordinaire, Sauvage est abandonné par les politiques. Il doit quitter le Mexique immédiatement avec ses hommes après la signature d’un traité avec les USA récemment réunifiés. Il va préférer abandonner son uniforme et tenter sa chance dans cet Ouest aussi sauvage que lui. Dans ces 48 pages sublimes, il croise de nouveau la route d’Esmeralda devenue danseuse itinérante. Reste à savoir désormais si les auteurs vont se contenter de cette fin ou se lancer sur un nouveau cycle, loin de l’Empire mais au cœur du far-west.
Autre guerre qui a marqué la fin du XIXe siècle, celle dite des Boers. En Afrique du Sud, les Anglais, comme les Français au Mexique, veulent étendre leur empire. Ils attaquent donc les fermiers installés dans cette Afrique australe si riche, notamment en or.
Le second tome des « Aventuriers du Transvaal » permet aux lecteurs de retrouver les trois héros de cette série de Bartoll et Kollé. Marlee la Boer, Pit l’Américain et Ortzi le Basque sont sur les traces du trésor de la république du Transvaal. Des tonnes de métal précieux qui serait dissimulé dans les ruines de la légendaire cité d’Ophir. Aventure, légende et histoire font bon ménage dans cette BD au graphisme simple et efficace.
« Sauvage » (tome 5), Casterman, 13,95 €
« Les aventuriers du Transvaal » (tome 2), Glénat, 13,90 €
Alors que Napoléon III au pouvoir en France tente d’étendre son empire, les derniers soldats français présents au Mexique sont pris entre deux feux. Les Mexicains mais aussi les Américains. C’est dans ce contexte que l’on retrouve Félix Sauvage, le soldat imaginé par Yann et dessiné par Meynet. Le 5e titre de la série fait un peu figure de chant du cygne.
Malgré un héroïsme extraordinaire, Sauvage est abandonné par les politiques. Il doit quitter le Mexique immédiatement avec ses hommes après la signature d’un traité avec les USA récemment réunifiés. Il va préférer abandonner son uniforme et tenter sa chance dans cet Ouest aussi sauvage que lui. Dans ces 48 pages sublimes, il croise de nouveau la route d’Esmeralda devenue danseuse itinérante. Reste à savoir désormais si les auteurs vont se contenter de cette fin ou se lancer sur un nouveau cycle, loin de l’Empire mais au cœur du far-west.
Autre guerre qui a marqué la fin du XIXe siècle, celle dite des Boers. En Afrique du Sud, les Anglais, comme les Français au Mexique, veulent étendre leur empire. Ils attaquent donc les fermiers installés dans cette Afrique australe si riche, notamment en or.
Le second tome des « Aventuriers du Transvaal » permet aux lecteurs de retrouver les trois héros de cette série de Bartoll et Kollé. Marlee la Boer, Pit l’Américain et Ortzi le Basque sont sur les traces du trésor de la république du Transvaal. Des tonnes de métal précieux qui serait dissimulé dans les ruines de la légendaire cité d’Ophir. Aventure, légende et histoire font bon ménage dans cette BD au graphisme simple et efficace.
« Sauvage » (tome 5), Casterman, 13,95 €
« Les aventuriers du Transvaal » (tome 2), Glénat, 13,90 €
Roman – Adorable larbin
Elle est riche. Très riche. Il est distrayant. Très distrayant. Entre Delphine Campbell, héritière d’une fortune colossale et Chardin, son homme à tout faire, entre majordome et compagnon platonique, les rapports ne sont jamais simples. Pourtant ils ne peuvent plus vivre l’un sans l’autre. La première s’ennuie sans les reparties de Chardin dans ces dîners trop sérieux, le second ne pourrait jamais se permettre de vivre dans un tel luxe après sa carrière d’acteur raté et de metteur en scène jamais reconnu. Un couple qui ne cesse de se chamailler dans « L’homme des jours heureux », nouveau roman de Jean-Pierre Milovanoff sélectionné pour le prix Midi (lire dans notre supplément magazine du dimanche).
Ce roman court et incisif est aussi une histoire d’amour impossible. Pas entre Chardin et Delphine, mais entre ce vieux beau de 66 ans, larbin de luxe de l’héritière, et la nièce de cette dernière, Gina, de presque 40 ans sa cadette. Chardin est persuadé que ce sera son dernier amour. Dès la première rencontre, un soir dans les couloirs de l’immense demeure, il est obligé de constater que « les yeux de cette femme le désarçonnent, et aussi sa voix, sa bouche, ses épaules, sa silhouette, sa vivacité, sa douceur, tout finalement ! ». Gina, tout juste séparée, cœur à prendre, qui saura trouver refuge dans les bras de cet homme certes très âgé, mais si attentionné. Il est vrai que Chardin sait se tenir dans le monde. C’est son capital le plus profitable. Même si parfois il se dégoûte.
Comme quand il s’habille élégamment mais ne peut s’empêcher de se juger sévèrement en se regardant dans la glace : « Crapule, va ! Désœuvré qu’on entretient pour qu’il fasse son numéro ! Bouffon qui témoigne du prestige de sa maîtresse ! N’as-tu pas honte de te démener pour distraire des invités que tu méprises ! » Une lucidité qui ne passe pas la barrière du matériel.
Oui Chardin est un larbin, un adorable larbin, mais il aime ce statut et l’auteur nous démontre que finalement, on est tous au service de quelqu’un. Lui au moins, a choisi une riche héritière.
« L’homme des jours heureux » de Jean-Pierre Milovanoff, Grasset, 16 €
Série télé - Le cauchemar américain de « La servante écarlate »
Série dramatique futuriste, « La servante écarlate » est surtout le pire cauchemar de ce qui pourrait arriver à l’Amérique si des extrémistes religieux arrivaient au pouvoir. Une série multidiffusée en France. Sur OCS en priorité (où les quatre saisons sont disponibles en replay), puis sur la chaîne de la TNT TF1 Films Séries et enfin sur Amazon Prime (que les trois premières saisons).
Une exposition maximale pour cette histoire qui au final fait encore plus peur que les pires films d’horreur. Aux USA, la fertilité des femmes chute de façon vertigineuse. Punition divine selon des groupes religieux qui, insidieusement, prennent le pouvoir. Dès lors, la priorité sera d’assurer une descendance. Des illuminés vont trouver un passage de la Bible expliquant qu’un mari, si sa femme ne peut donner la vie, à l’autorisation d’utiliser une servante pour avoir des enfants.
Voilà comment June (Elizabeth Moss), rebaptisée Defred par ses maîtres, va devenir l’esclave, la servante écarlate, du gouverneur Waterford (Joseph Fiennes). Dans ce monde fascisant, où la délation est obligatoire et les exécutions sommaires la règle, ces femmes n’ont qu’un espoir pour conserver la vie : la donner. Même si cela passe par des viols et des brimades incessants.
L’Amérique religieuse décrite dans « La servante écarlate », adaptée du roman de Margaret Atwood, rabaisse la femme à la procréation et aux tâches ménagères. Mais June, qui avait une fille avant l’arrivée des extrémistes au pouvoir, entend la retrouver ainsi que sa liberté. Résistance et rébellion vont la guider.
samedi 18 avril 2020
Cinéma - Les parias du « Code 8 »
Depuis le début du confinement, Netflix soigne son offre de cinéma inédit. Cette semaine c’est un film canadien de science-fiction qui débarque sans crier gare et se hisse rapidement dans le tiercé de tête des programmes les plus regardés. « Code 8 » est réalisé par Jeff Chan mais est surtout le projet mené par Robbie et Stephen Amell. Ces deux-là sont cousins et n’ont plus rien à prouver dans leur métier de comédiens. Ils font partie des valeurs sûres de séries prestigieuses comme Flash pour le premier et Arrow pour le second.
Une notoriété qui ne les empêche pas de passer par le financement participatif pour lancer leur projet Code 8. Un court-métrage dans un premier temps puis ce long-métrage visible sur Netflix après une sortie en VOD et en DVD. Dans un futur proche, des hommes et des femmes ont développé des pouvoirs. Mais ils ne sont pas devenus superhéros, simplement de super travailleurs pour construire des villes à moindres frais. Certains ont voulu utiliser leur pouvoir pour s’enrichir. Résultat c’est toute la communauté de ces « puissants » qui est mise à l’écart.
Connor (Robbie Amell), qui a la possibilité de contrôler l’électricité, ouvrier du bâtiment, n’arrive plus à joindre les deux bouts. D’autant que sa mère est malade. Alors il va accepter de tremper dans une combine proposée par Garett (Stephen Amell).
Effets spéciaux léchés, scénario plus politique que spectaculaire, dénonciation du racisme latent et de l’ostracisation des gens différents, Code 8 développe un univers très différent des clichés classiques des films de super héros. Et succès oblige, Jeff Chan et les deux cousins Amell tournent actuellement une série issue reprenant les personnages du film.
vendredi 17 avril 2020
BD - Les androïdes vont-ils au Paradis ?
L’intelligence artificielle est partout. Pas un objet du quotidien dont il n’existe une version dite connectée. Ainsi le savoir virtuel augmente, s’amplifie, va forcément prendre le dessus un jour au l’autre.
Pour éviter tout dérapage, il suffit de brider l’autonomie de ces cerveaux électroniques. Il suffit… Le tome 7 de la série Androïdes aborde ce sujet et va beaucoup plus loin. Les androïdes en vedette dans cette histoire écrite par Morvan et dessinée par Elia Bonetti ont tous l’apparence de jeunes femmes souriantes. Logique car leur rôle est de recueillir les dernières volontés des Humains venant de mourir.
Dans ce futur lointain, la Terre a colonisé des centaines de planètes. Et croisé la route d’une autre espèce à l’égo surdimentionné, les Insankatilers. Quand ils débarquent sur une colonie, ils sont sans pitié, tuant des milliers d’habitants. C’est juste après que les Anges n’interviennent. Pour recueillir les mémoires des morts. Des escouades d’androïdes et au milieu d’elles, une qui présente une malfaçon. Normalement, une fois les mémoires pompées, elles sont transférées sur une grand ordinateur et effacées dans le cortex des anges qui redeviennent vierges.
L’androïde dont on suit l’évolution, conserve ces mémoires et va, petit à petit, emprunter aux humains leurs sentiments. Le récit, déroutant au début, prenant ensuite une direction très « résistance contre oppression », va finalement se conclure sur une note très étonnante. Pas étonnant quand on sait que ce 7e titre de la collection est signé Jean-David Morvan, un des meilleurs scénaristes de SF de la BD internationale actuelle.
« Androïdes » (tome 7), Soleil, 14,95 €
Série Télé - Avec «Future Man», mourir de rire avant la fin du monde
Josh Futturman (Josh Hutterchson) a la désagréable impression de passer à côté de sa vie. La faute aux jeux vidéo. Ce trentenaire, geek et puceau, vit toujours chez ses parents en Californie et gaspille des heures sur un vieux jeu vidéo de combat dans l’espace. Il bloque au dernier niveau. Impossible d’anéantir complètement les mutants qui asservissent la population humaine. De quoi déprimer, d’autant que son boulot, homme de ménage dans une société de recherche pharmaceutique spécialisée dans les maladies vénériennes, ne lui donne que peu de satisfaction. Aussi, quand il parvient enfin, au bout de milliers de tentatives, de terminer le jeu, c’est comme s’il avait sauvé l’Humanité entière. Et justement, Tiger et Wolf, deux voyageurs du temps venus d’un lointain futur, sont très intéressés par les compétences de Josh.
Voilà comment le plus nul des geeks va se retrouver affublé sur titre de « sauveur de l’Humanité » à son grand désespoir. Car si Tiger et Wolf, brutes sanguinaires, tuent comme ils respirent, Josh fait partie de ces gentils garçons qui s’évanouissent quand ils se coupent avec une feuille de papier. Alors arracher la tête à mains nues d’un mutant, ce n’est pas spécialement dans ses compétences.
La série Future Man, parodiant tous les grands films de SF, est sortie des esprits tordus d’ Ariel Shaffir, Kyle Hunter avec la complicité de cet autre iconoclaste qu’est Seth Rogen (série The Boys sur Amazon et film culte sur la Corée du Nord, L’interview impossible). Les deux premières séries diffusées en 2017 et 2019 aux USA sont disponibles sur Amazon Prime. La 3e vient de sortir de l’autre côté de l’Atlantique, mais on devra encore un peu attendre pour savoir si Josh va finalement réussir à sauver notre monde.
De choses et d’autres - Le confinement, de cinq à sept
Encore un peu plus de trois semaines à tenir, trois semaines de confinement et parfois de cohabitation compliquée. Les menaces de divorce se multiplient aussi rapidement que les cas positifs au Covid-19 sur un porte-avions de la marine française.
Après plus de 30 jours, les accrochages atteignent un paroxysme jamais atteint, même après qu’elle vous a surpris en train de regarder à travers la haie la voisine en train de bronzer à l’été 2011 ou quand vous lui avez reproché ces minaudages lors du repas chez votre nouveau boss. Bref, rien ne va plus dans votre couple.
À moins qu’une société française n’ait l’idée, comme au Japon, de proposer des locations de courte durée, notamment aux couples qui souhaitent s’offrir un répit. Vous sentez que ça va mal se passer ce soir ou demain ? Vite louez pour trois ou quatre soirs ce studio temporaire. Cela vous permet personnellement de décompresser un peu et à votre moitié d’oublier les nombreux griefs à votre encontre.
Au Japon, où le confinement a été instauré beaucoup plus tôt que sous nos latitudes, le nombre de divorces explose. Il est vrai que les appartements sont petits et les murs en papier selon les clichés véhiculés en Occident.
Mais paradoxalement, en France la solution du logement provisoire pour faire baisser la tension ne ferait qu’aggraver la situation. Car au retour de la petite pause, forcément elle va vous soupçonner d’avoir accueilli votre supposée maîtresse dans le studio. Vous ne serez pas en reste, la suspectant d’avoir tenté d’améliorer ses rapports de voisinage avec le beau gosse célibataire du 12.
Non décidément ce confinement n’apporte rien de bon dans la vie des couples. Au Japon comme en France.
jeudi 16 avril 2020
BD - Lya mène l’enquête
Pas banale du tout la nouvelle héroïne imaginée par Carbone, la scénariste de BD originaire des Pyrénées-Orientales. Lya est une jeune fille, charmante et polie, intelligente et… clouée dans une chaise roulante. Elle n’a pas toujours été handicapée. Elle doit la perte de l’utilisation de ses jambes à un chauffard qui l’a renversée et pris la fuite. Depuis elle est obsédée par l’idée de découvrir qui lui a gâché la vie. Étudiante en droit, elle vient de décrocher un stage chez un avocat. Mais pas n’importe lequel puisque c’est lui qui a géré l’indemnisation, très élevée, versée aux parents de Lya.
Dans le premier tome, Carbone et sa dessinatrice Justine Cunha, racontait la base de l’histoire et comment Lya allait tenter de trouver des indices. Le second tome est entièrement consacré à l’enquête. Lya, aidé d’Antoine son meilleur ami et Adèle, une collègue de travail, met la main sur le dossier de son accident. Mais il n’y a que peu d’indices. Juste une note sur une société inconnue, « PLB Négo » et un post-it avec écrit dessus « Merci pour lui ». Lya, prenant des risques inconsidérés, va prendre en filature un homme qui serait lié à la société alors qu’Adèle doit faire preuve de trésors d’ingéniosité pour remettre sans se faire prendre le dossier dans le coffre du notaire.
Étalée sur 64 pages, l’enquête dense de Lya et ses amis avance et elle a, en fin de volume, la conviction que d’est un ponte de la ville qui est impliqué dans son accident. Qui ? Réponse dans le tome 3 dont la parution est annoncée à la fin de l’année ou au début 2021.
« Dans les yeux de Lya » (tome 2), Dupuis, 12,50 €
Cinéma - Sans salles, « Forte » va sur Amazon
Premier à tirer les marrons du feu après les mesures de confinement en France : Amazon Prime. Le mercredi 18 mars, jour de sortie des films en salles (jusqu’à il y un mois en tout cas), une comédie française devait attirer la foule classique des jeunes en mal de feel good movie. Forte de Katia Lewkowicz avec Melha Bedia, Valérie Lemercier et Alison Wheeler dans les rôles principaux était promis à un beau succès. On ne saura pas combien d’entrées il aurait fait car le film saute la case cinéma pour se retrouver immédiatement sur la plateforme Amazon Prime. Une belle prise pour le concurrent de Netflix, surfant sur l’obligation des Français de consommer de la culture chez eux.
Loin de démériter, ce film semble au final plus à sa place sur internet que dans les salles obscures. La faute sans doute aux héros, tellement normaux qu’ils ne peuvent pas trop faire rêver. Trois amis, aux parcours différents mais dans lesquels le plus grand nombre pourra se reconnaître. Trois jeunes d’aujourd’hui, heureux en amitié, malheureux en amour. D’abord Nour (Melha Bedia), petite, ronde, pas féminine sous son bonnet, bonne au football et aux réparties redoutables. Ensuite sa copine Adèle (Allison Wheeler), blonde volcanique qui n’arrive pas à rester plus d’un soir avec un homme, surtout quand ils découvrent qu’elle a un petit garçon. Enfin il y a Steph (Bastien Ughetto), le garçon de la bande qui ne sait toujours pas s’il préfère les filles ou les garçons. C’est ce dernier le plus touchant. Quand il prend son courage à deux mains et invite à dîner le bel interne qui travaille avec lui à la maternité.
En réalité Forte est avant tout un film d’initiation et de révélation. Les trois amis seront transformés à la fin de l’histoire. Surtout Nour.
Amour et gentillesse
Comptable dans une salle de sport, elle rencontre par hasard Sissi (Valérie Lemercier), responsable des cours de pole-dance. Sissi qui est persuadée que Nour pourrait briser la carapace qui la protège si elle acceptait d’enlacer un peu la barre de fer. On a peur des scènes un peu trop voyeuristes montrant une obèse se contorsionner en petite tenue. Par chance c’est une femme, Katia Lewkowicz, qui réalise. Exit donc les clichés et place à la grâce et au sport. Melha Bedia utilise tout son potentiel de tchatche pour donner un maximum de crédibilité à cette fille, sensible, se désespérant de ne pas avoir droit, comme les autres, à sa dose d’amour et de gentillesse.
Enfin, l’avantage de la diffusion sur Amazon c’est qu’on peut voir et revoir le film à l’infini. Par exemple quand on constate que la participation d’Adèle Exarpolous est créditée à la fin du générique. Mais quel rôle interprète-t-elle ? Regardez bien à nouveau car ce n’est pas évident à premier abord.
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Que va devenir le Festival de Cannes ?
Non seulement les salles de cinéma sont fermées, mais le plus grand événement autour du 7e art, le festival de Cannes, n’aura pas lieu. Exactement, il avait été dans un premier temps envisagé de le déplacer début juillet. Même ça les organisateurs admettent que cela ne sera pas possible. Alors l’équipe planche sur un festival prenant une « nouvelle forme ». Sans plus de précision. Rapellons que la sélection complète devait être dévoilée demain…
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