vendredi 28 avril 2023

Cinéma - “Avant l’effondrement” personnel et de toute la société

L’effondrement dont il est question dans ce film de la romancière Alice Zeniter est personnel et sociétal. Tristan (Niels Schneider), est un jeune homme de gauche engagé pour changer la société. Directeur de campagne d’une candidate de gauche écologiste à Paris, il mène une vie trépidante.

Pourtant il a conscience que tout est fragile. Le réchauffement climatique semble incontrôlable. La société va mourir en suffoquant. Et personnellement, il a une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Sa mère est morte à 40 ans d’une maladie génétique rare. Héréditaire une fois sur deux. Il n’a jamais voulu se faire tester. C’est donc avec la peur de mourir dans quelques années et la crainte de transmettre cette malédiction qu’il survit.

Des états d’âme qu’il partage avec Fanny (Ariane Labed), sa colocataire, professeur de français. Quand il reçoit dans une enveloppe anonyme un test de grossesse positif, sa vie bascule. Il va mener l’enquête auprès des quatre femmes avec qui il a couché ces derniers mois.

C’est sans doute le gros bémol de ce film politique un peu brouillon. Car s’il avait véritablement une conscience politique responsable du futur, Tristan ne multiplierait pas les aventures d’un soir. Encore moins avec la jeune stagiaire qu’il a lui-même engagée dans le staff de la candidate. Moralité, on peut être de gauche et écolo et se comporter comme un macho sexiste réactionnaire…

Film d’Alice Zeniter et Benoît Volnais avec Niels Schneider, Ariane Labed, Souheila Yacoub

 

BD - Tanguy et Laverdure face au Sabre jaune


Exactement comme Buck Danny, dont l’univers est décliné sur plusieurs plans, les aventures des Chevaliers du Ciel, les fameux Tanguy et Laverdure imaginés par Charlier et Uderzo, n’en finissent plus de voler pour la France et le monde libre. En plus de la série actuelle, avec des avions récents comme les Rafale, le lecteur fan de loopings et de combats aériens, peut retrouver ses deux héros préférés au moment où ils débutent leur carrière. La série dite « Classic » est désormais scénarisée par Patrice Buendia et dessinée par Matthieu Durand.

En 1961, les pilotes français participent à des exercices avec les aviateurs canadiens basés à Marville dans l’Est de la France pour le compte de l’Otan. Lors d'un combat simulé, un sabre aux couleurs jaunes (avion à réaction qui a participé à la guerre de Corée), fond sur un canadien et le descend. D’où venait ce jet ? Pourquoi a-t-il pris cet avion canadien pour cible ? Les interrogations sont nombreuses et les deux Français vont se retrouver, bien malgré eux, au centre d’une histoire ancienne qui date de la guerre de Corée.
Une intrigue bien développée, avec ressort diplomatique et référence géo-stratégique, des dessins très inspirés par ceux d’Uderzo, quand il mélangeait réalisme et caricature : l’ensemble est parfait pour les nostalgiques de la grande période des BD d’aventures franco-belge.
« Tanguy et Laverdure Classic » (tome 5), Dargaud Zéphyr, 15,50 €
 

jeudi 27 avril 2023

De choses et d’autres - Au rendez-vous des chakras

Il n’est pas toujours facile d’honorer des rendez-vous. Surtout quand on les prend longtemps à l’avance. Pour le suivi d’une opération, le secrétariat d’un chirurgien vient de me demander si le mercredi 4 octobre à 10 heures je serais disponible. J’ai tendance à répondre « Peut-être ».

Je ne peux objectivement pas en être sûr et certain car, qui me dit que dans six mois à cette même date et heure, un autre rendez-vous encore plus important ne me serait imposé par ailleurs. Et d’une façon plus prosaïque, rien ne m’assure que je serai toujours de ce monde en octobre. Si j’écoutais mon côté pessimiste, je ne prendrais pas le moindre rendez-vous au-delà de trois jours.

Pas très pratique, mais on n’est jamais assez prudent. D’autres sont moins regardants et partent du principe qu’un rendez-vous ne les engage pas. Ainsi, une amie proche m’a raconté pourquoi elle n’est pas allée à une consultation et n’a même pas prévenu la personne qui la lui avait fixée. Souffrant d’une maladie mystérieuse qui transforme ses pieds en braises incandescentes (du moins, c’est l’impression très douloureuse qu’elle en a), après plusieurs non-réponses de spécialistes, elle s’est décidée, à contrecœur, de se rendre chez une rebouteuse.

Une magnétiseuse, exactement, qui voulait lui « rééquilibrer les chakras ». Aussi sceptique qu’un électeur progressiste quand il entend Olivier Dussopt prétendre que sa réforme des retraites est de gauche, elle décide finalement de conserver ses chakras en l’état et de ne pas effectuer le déplacement. Et de se justifier de cette annulation cavalière : « Elle m’a dit qu’elle était aussi un peu médium. Si c’est vrai, elle a certainement deviné que je ne viendrais pas. »

Billet paru en dernière page de l’Indépendant le mardi 4 avril 2023

BD - La Manche, cimetière de la flotte française


Devenu peintre officiel de la Marine belge, Jean-Yves Delitte, en plus de ses séries d’aventures, propose cette  collection sur les grandes batailles navales de par le monde. Il assure scénario, couverture et quelques grandes illustrations dans des albums classiques, complétés d’un dossier pédagogique.

Dans ce nouvel opus intitulé Les cinq îles, il est question de le classique confrontation entre France et Angleterre sur la Manche. En 1215, l’Angleterre est affaiblie. Un Français, le prince Louis, fils du roi Philippe II Auguste, revendique le trône à Londres. Le jeune roi Henri va tenter de sauver son pays (et son pouvoir), aidé de quelques excellents stratèges maritimes.

Depuis Calais, le prince Louis a chargé le sinistre et très cruel chevalier Eustache dit « Le Moine » de préparer une armada pour rallier Londres. Des dizaines de vaisseaux sont réquisitionnés et aménagés pour transporter les troupes françaises. Contrairement aux autres titres de la collection, l’album fait la part belle aux négociations, manœuvres et tentatives de sabotage avant la bataille. Une bataille navale que les Français ne comptent pas livrer, persuadés que les Anglais n’oseront pas les approcher. Mais depuis le port de Sandwich, les navires britanniques sont quand même préparés à la hâte. Et quand les voiles ennemies apparaissent à l’horizon, c’est la grande explication. Quelques heures à peine suffisent pour mettre l’envahisseur en déroute.
Dessinée par Fabio Pezzi, cette épopée maritime est criante de vérité. On a parfois l’impression de retrouver des ambiances à la Hermann, tendance Tours de Bois-Maury.
« Les grandes batailles navales – Les cinq îles », Glénat, 15,50 €

mercredi 26 avril 2023

De choses et d’autres - Chathérapie

La vie quotidienne est source d’une multitude de problèmes, tous plus stressants les uns que les autres. Pour les surmonter, on peut se gaver d’anxiolytiques ou fermer les yeux en procrastinant. Il existe aussi une autre façon de faire passer ces difficultés : la chathérapie. Une discipline non enseignée en médecine mais d’une étonnante efficacité. Tous les possesseurs d’un chat savent de quoi je veux parler.

Car il n’y a rien de plus destressant qu’un chat câlin. Une société d’alimentation pour animaux a même commandé un sondage aux résultats incontestables : « 98 % des propriétaires de chats trouvent leur présence destressante». Vous avez un petit coup de mou et des pensées noires ? Vite, demandez de l’aide à votre chat. S’il fait partie des affectueux, prenez-le sur vous et laissez-vous endormir par ses ronrons intempestifs provoqués par vos caresses. Si c’est un facétieux, lancez un objet dans une pièce et profitez de ses cavalcades pour le rattraper et jouer avec. Si c’est un dormeur, contentez-vous de le regarder roupiller, 22 heures par jour, bien calé dans son panier (ou le canapé du salon).

C’est d’ailleurs le trait de caractère que l’on envie le plus à notre animal de compagnie : « Dormir aussi bien et longtemps qu’eux. »

Il n’y a que les chats dédaigneux qui ne sont pas d’un grand secours, ceux qui font les sourds quand on leur parle gentiment. Un peu à part on trouve aussi les revendicatifs. On en a un à la maison répondant au gentil nom de Marcel. Sa manie : miauler de toutes ses forces, en pleine nuit, pour réclamer une ration de croquettes supplémentaire. Résultat : on dort mal mais cela ne l’empêche pas, lui, d’en écraser toute la journée quand on est au boulot.

Billet paru en dernière page de l’Indépendant le 5 avril 2023

BD - La compagnie rouge frappe aux confins de l’espace


A quoi va ressembler la guerre dans quelques millénaires ? Simon Treins (scénario) et Jean-Michel Ponzio (dessin) tentent d’y répondre dans le gros album de 128 pages portant sur les derniers faits d’armes de
La compagnie rouge. Dans ce futur très lointain, la conquête spatiale a étiré les frontières du monde connu. Plus de guerre à proprement parler mais des escarmouches, généralement sous-traitées par des sociétés spécialisées, les compagnies. Des mercenaires qui se vendent au plus offrant et font fructifier leur réputation en participant à une sorte de championnat intersidéral des guerres officielles.

Quand les drones de la Compagnie rouge débarquent sur cette planète céréalière, la bataille est vite gagnée. Une fois déclarés vainqueurs, les officiers vont prendre du bon temps. Il y a Rouille, un Apollon un peu arrogant, Chérie, seule femme du groupe terrain et Frisette, géant chauve, second de La Chouette, commandante de l’Argo, le croiseur sur-armé. Dans un bar, ils tombent sur Flint, un jeune paysan qui rêve d’être engagé. Un rêve qui va devenir réalité. Il prend le nom de L’Innocent et devient dans un premier temps archiviste de la Compagnie rouge. Il va scanner tous les combats et les mémoriser pour pouvoir les réutiliser dans des situations comparables.
Une fois l’équipage connu, le lecteur va partir avec lui pour une mission aux confins de l’univers. Un piège qui donnera bien du fil à, retordre aux mercenaires de la Compagnie rouge.
Un scénario efficace, digne d’un space-opéra moderne, illustré dans ce style si particulier de Ponzio. Il travaille d’après photos pour les personnages. C’est très réaliste mais un peu figé. Par contre, côté engins et structures planétaires, c’est du grand art.
« La compagnie rouge », Delcourt, 15,50 €

mardi 25 avril 2023

De choses et d’autres - Protestation poilue


Ces derniers temps, mes billets font souvent réagir. Et pas qu’en positif. La preuve, cette lettre reçue hier après avoir fait l’apologie de la chathérapie. Un certain Médor, Labrador croisé Teckel, s’insurge contre mon « parti pris flagrant pour le camp des félins ». Avec son accord (il a remué de la queue quand je lui ai demandé), voici quelques extraits de son message.

« Une nouvelle fois, Michel Litout, vous démontrez que vous êtes tout, sauf indépendant. Pourquoi faire l’apologie des chats alors que la majorité des Français préfère les chiens ? Nous sommes, nous aussi, parfaitement capables de déstresser nos maîtres. Et on assume le terme de maître car nous, les chiens, contrairement à ces égoïstes de chats, on obéit aux ordres de la main qui nous nourrit. Ils ronronnent. La belle affaire ! Quoi de plus flatteur et bénéfique pour le maître qu’une grosse lèche sur la joue ? Et le jouet, ils s’amusent avec, mais seuls. Nous, on le ramène et on fait participer le maître, lui demandant, sans cesse, de le renvoyer pour continuer la partie.

Pour ce qui est de la propreté, nous n’avons pas de litière. Mais on fait mieux : on oblige le maître à nous sortir, à prendre l’air et à faire un peu d’exercice physique, plusieurs fois par jour. Avec les chats, les humains font du gras sur le canapé ; avec nous, les chiens, ils préparent un marathon. Nos croquettes devraient être remboursées par la sécurité sociale.

Enfin, nous sommes de redoutables gardiens. Les cambrioleurs craignent nos aboiements et nos crocs, quand les chats ne se réveillent même pas…

Alors un conseil, Michel Litout, rectifiez le tir, sinon, prenez garde à vos mollets ! »

Billet paru en dernière page de l’Indépendant le jeudi 6 avril 2023

BD - Bokko Stratège : la défense l’emporte sur l’attaque


L’Histoire de la Chine a souvent été traversée par de longues périodes de guerre. Le pays gigantesque était scindé en dizaines de royaumes rivaux. Le manga
Bokko Stratège se déroule il y a plus de 2000 ans. Les troupes de Zhao fondent sur la citadelle de Liang. Cette dernière va demander l’aide aux « moïstes » pour se défendre. Le moïsme est une philosophie qui prône l’égalité entre les hommes et rejette toute forme de guerre. Pour sauver Liang, un seul moïste, Ke-ri, se rend sur place.


L’histoire de Sakemi, adaptée par Kubota et dessinée par Mori s’étend sur huit volumes. Le premier plante le décor et met en place les premières défenses imaginées par Ke-ri. Petit, malingre et chauve, il n’impressionne personne. Pourtant il a une force de caractère et une science du combat qui lui permettent de toujours avoir un coup d’avance. Il vaut mieux car ce sont des guerriers aguerris qui tentent de faire tomber Liang alors que lui n’a sous la main que des paysans et quelques nobles très couards.
Un premier album, très psychologique, explique au lecteur les principes du moïsme, plante le décor et les personnages. Mais les amateurs de combats seront comblés car rapidement les attaques se multiplient et la mort frappe de plus en plus les deux camps. Le dessin, très réaliste, s’éloigne un peu du pur style manga pour un classicisme de bon aloi, plus aisé à comprendre pour le public occidental.
« Bokko stratège » (tome 1), Vega Dupuis, 11 €

lundi 24 avril 2023

BD - Pepe Carvalho vogue vers les mers du Sud

De tous les détectives privés de la littérature policière européenne, Pepe Carvalho de Manuel Vazquez Montalban occupe une place de choix. Si Nestor Burma est associé à Paris, Pepe est le héros à connaître pour palper la réalité de la Barcelone d’antan. Hernan Migoya adapte le roman « Les mers du Sud », toujours dessiné par Bartolomé Segui. En 1979, alors que l’Espagne et plus encore la Catalogne découvre les bienfaits de la démocratie après la disparition de Franco et la fin de la dictature, un cadavre est découvert dans une décharge sauvage de la périphérie de Barcelone. Un homme, mort poignardé.

Loin d’être un clochard abandonné là après une querelle d’ivrogne, c’est la dépouille d’un certain Stuart Pedrell, riche entrepreneur. Il a disparu depuis un an. Sa femme, qui a brillamment repris au débotté les rênes de l’entreprise, engage Pepe Carvalho pour retrouver ses meurtriers. Toujours aussi nonchalant et pessimiste, le privé amateur de bonne bouffe et de boissons alcoolisées plonge dans deux mondes très différents. D’un côté la grande bourgeoisie catalane, riche, réactionnaire et très catholique. De l’autre les artistes, intellectuels et militants de gauche, progressistes, avant-gardistes.

Le lien entre ces deux mondes : le mort. Car s’il savait faire fructifier sa fortune en bon capitaliste sans scrupules, Stuart Pedrell était aussi un ami de ce milieu interlope, achetant des œuvres, recevant chez lui des artistes sans le sou, aidant les partis les plus radicaux.

Le détective, dans ses investigations, se frottera à la fille du défunt (jeune femme perdue qui sautera littéralement sur Pepe chez qui elle retrouvera le père disparu et l’amant espéré), un avocat trouble, des maîtresses cupides et un associé sarcastique. Côté camp progressiste, il découvrira la seconde vie du disparu, devenu simple employé et compagnon d’une jeune gauchiste enceinte de ses œuvres.
L’intrigue du roman, considéré comme un des meilleurs de la série, progresse lentement. Normal, Pepe Carvalho aime prendre son temps. Cela permet aux auteurs d’utiliser les nombreuses digressions de Montalban sur la gastronomie, la politique, la littérature. Cela gonfle aussi la pagination de l’album qui fait 88 pages. Résultat le lecteur en a pour son argent et devrait envisager sans coup férir de prendre un billet pour la capitale catalane pour se glisser dans les pas du héros.

«Pepe Carvalho» (tome 3), Dargaud, 16 €

BD – Mario Marret et Albert Algoud : deux existences bien remplies

Média très efficace, la bande dessinée peut également servir à raconter la vie de personnages d’exception. Deux exemples avec Mario Marret, militant de gauche qui a marqué le XXe siècle, de la Résistance à l’exploration du Pôle Sud ou Albert Algoud, connu pour ses émissions sur Canal+ mais qui a débuté comme professeur en Haute-Savoie.


De Mario Marret, chacun conserve le souvenir qu’il désire. Car ce militant de gauche a traversé le XXe siècle en multipliant les vies. Quatre exactement si l’on en croit cette grosse biographie écrite par Nina Almberg et dessinée par Laure Guillebon. Ouvrier anarchiste, il a commencé sa carrière de militant en se dirigeant vers l’Espagne au moment de la Guerre d’Espagne. Mais il n’a pas le temps de franchir la frontière, se contente d’aller aider les milliers de réfugiés parqués sur la plage d’Argelès après la Retirada.


Rapidement, ses connaissances en radio lui permettent de se rendre utile au sein de la Résistance. Repéré, il devient un espion… pour les USA. D’Algérie puis dans la région de Lyon, il va participer activement à la Libération de la France. C’est ce statut de spécialiste radio qui lui donne l’occasion de rebondir dans les années 50. Il va participer à des expéditions au Groenland puis en Antarctique sur la base française de Terre Adélie.

C’est dans le froid qu’il change à nouveau de métier : cinéaste. Il filme cette vie extrême et ses deux premiers films documentaires remportent des prix à Venise. Il va poursuivre dans cette veine, témoignant des grèves en France ou des guerres d’indépendance en Afrique. Enfin sur la fin de sa vie, il deviendra un psychanalyste renommé. Pourtant, cette BD très politique montre combien Mario Marret est de nos jours complètement oublié. Un album qui va réparer cette regrettable erreur.

Le prof devenu comique 


Albert Algoud lui est toujours connu. L’amuseur public, plume de nombreux comiques, animateur sur Canal+ et diverses radios, continue à écrire. Son dernier sujet ? Lui, tout simplement. Il signe le scénario de cette BD racontant ses débuts dans la vie active, quand il a révolutionné l’enseignement dans un collège de Haute-Savoie. L’homme qui a sauvé sa vie est dessiné par une amie, Florence Cestac qui s’était déjà essayée au genre avec la vie de Charlie Schlingo. Sans compter les titres où elle raconte en détail sa jeunesse ou la création de Futuropolis.


À la fin des années 70, Albert Algoud débarque au collège de Roc-les-Forges avec l’envie de faire le maximum pour ses élèves. Ce fan de littérature populaire et de Tintin va vite comprendre que pour capter l’attention d’une trentaine d’ados, mieux vaut sortir des sentiers battus. Séance cinéma, sorties, constructions, expériences : il multiplie les initiatives.

Trois années de bonheur total mais qui deviennent répétitives. Et puis arrivent les années 80, la libération des ondes et ses premières armes à la radio. Repéré pour son humour dévastateur, il va durant quelques mois mener de front les deux carrières. Mais entre l’Éducation nationale et la célébrité à la télévision, Albert Algoud va choisir les paillettes face à l’abnégation. Même si en lisant ces pages, on a la bizarre impression qu’il regrette un peu. Ou du moins qu’il a été aussi heureux, voire plus, dans sa classe que sur les plateaux de télévision.

«Quatre vies de Mario Marret», Steinkis, 24 €
«Le prof qui a sauvé sa vie», Dargaud, 15 €