mardi 11 avril 2023

BD - Elliot, un adolescent particulièrement angoissé

Elliot a un petit air de ressemblance avec Esther, la jeune héroïne de Riad Sattouf. Mais là où la jeune fille est assez sérieuse, Elliot prête souvent à sourire. La faute à son ami imaginaire, représentant son angoisse quand il rentre au collège en 6e.

Elliot, timide, peu sûr de lui, gringalet bourré de complexes est la victime idéale pour les « grands ». Dans ce premier tome d’une série signée Théo Grosjean qui compte raconter toute sa scolarité, il se fait un ami, beaucoup d’ennemis et rencontre l’amour en la personne d’Amandine.

Finement observée, la vie dans un collège de nos jours semble être un véritable champ de bataille. Il y aura de nombreux blessés et même quelques morts. Comme la dignité d’Eliott…

« Elliot au collège » (tome 1), Dupuis, 9,90 €

De choses et d’autres - Privé de roi, privé de tarte

Lundi 27 mars au matin, selon mon hebdomadaire télé préféré, TF1 et France 2 proposaient le même programme en direct. Du pur people pour fan de royauté : la visite de Charles III à Paris. Patatras, le magazine a été imprimé avant l’annonce de l’annulation de la visite officielle du roi d’Angleterre.

J’imagine la déception dans certains foyers. Le sourire en coin chez d’autres qui saluent le premier résultat tangible de la mobilisation sociale contre la réforme des retraites.

Et puis aussi l’indifférence dans la majorité des familles françaises qui, un lundi matin, va d’abord travailler pour gagner sa croûte de pain et tenter de mettre un peu d’essence dans le réservoir qui flirte avec la réserve.

Charles III a attendu presque toute une vie pour accéder au trône, alors décaler une visite officielle de quelques mois, ce n’est pas la mer à boire.

Par contre, on ne dira jamais assez combien ces visites protocolaires luxueuses sont attendues par les meilleurs artisans de l’excellence française. Prenez le repas de lundi soir à Versailles, ce sont de grands chefs qui devaient se mettre aux fourneaux. Asperges en entrée, volaille de Bresse en plat principal et « tarte tatin revisitée au caramel et aux fruits secs » par Pierre Hermé. Une création qui devra rester encore inédite.

Dans cette annulation, le plus à plaindre reste bien le président Macron. Il doit se passer d’une séquence prestige dans un cadre d’exception. Même si accueillir un roi à Versailles n’est pas la meilleure image à offrir de la République française alors que le peuple, dans les rues, rejoue la Révolution.

Privé de roi et privé de tarte. La double peine.

Billet paru en dernière page de l’Indépendant le mardi 28 mars 2023

lundi 10 avril 2023

DVD et blu-ray - Inflation historique : « Trois mousquetaires » de plus

Même les Anglais ont décidé de revisiter le roman d’Alexandre Dumas. Bill Thomas signe une adaptation des Trois mousquetaires (Wild Side) arrivant quelques semaines après la sortie sur grand écran de la version très spectaculaire de Martin Bourboulon.

Un film qui sort directement en vidéo en VOD et sous forme de DVD et de blu-ray. Contrairement au film français, fidèle au roman et découpé en deux parties (la seconde sort en décembre), ce film de cape et d’épées version british ne garde que peu du roman original. Essentiellement les personnages. Mais dans une distribution assez étonnante.

Ainsi le jeune D’Artagnan est interprété par Malachi Pullar-Latchman, comédien anglais d’origine africaine. Un peu bizarre quand il se revendique pur Béarnais, fidèle au roi de France. De même Milady, charmeuse et manipulatrice, endosse les traits exotiques de Preeya Kalidas, Anglaise elle aussi déjà vue dans quantité de séries ou films comme Joue-la comme Beckham, mais d’origine indienne.

Une volonté de diversité louable, mais qui pose problème quand D’Artagnan doit affronter les gardes du Cardinal. Visiblement, son interprète n’a aucune notion d’escrime. Alors très vite il se fait désarmer mais l’emporte aux poings… Autres absences de marque dans cette adaptation tronquée, les Protestants ainsi que la reine. Mais le film ne dure que 90 minutes. Il fallait donc condenser.

L’action se concentre dans les bois. Les trois mousquetaires et D’Artagnan vont tenter de déjouer un complot qui prévoit tout simplement de tuer le roi. Une histoire assez sommaire, mais qui permet de multiplier les combats et effets pyrotechniques, Porthos utilisant une bombarde portative aux airs de lance-roquettes. Rien de transcendant, mais un film d’action honnête, loin de l’œuvre originale mais qui se laisse regarder.

Billet - Record en bleu délavé

Mais ils étaient où les 231 Schtroumpfs manquants ? 231 bonshommes en bleu égarés dans la nature et qui ont douché les espoirs des organisateurs du carnaval de Landernau en Bretagne de battre le record du monde. Samedi soir, l’association du carnaval étoilé de Landernau a eu beau multiplier les vérifications, le compte n’y était pas. Le record du plus grand rassemblement de personnes déguisées en Schtroumpfs n’a pas été battu.

La palme est restée à la ville de Lauchringen en Allemagne (Schlümpfe dans la langue de Goethe) avec 2 763 Schtroumpfs réunis, en 2019. A Landernau, ce week-end, ils n’étaient que 2 532. 2 532 qui voient la vie en bleu malgré les difficultés du quotidien.


Pour se consoler, les carnavaliers ont fanfaronné : vice-champion du monde. Voire carrément les premiers si on prend en considération une variable qui a tendance à compliquer les choses : la pluie. « Nous devenons champions du monde du rassemblement sous la pluie ! » plastronne le président dans les colonnes du Télégramme.

Si ça se trouve, le record aurait pu être battu, mais quelques déguisés ont imprudemment utilisé de la peinture à l’eau pour se grimer. Et une fois arrivés sur place, douchés par les averses, ils ont constaté que leur peau avait retrouvé sa couleur d’origine les excluant de fait du comptage final.

Une mésaventure qui m’a soufflé l’idée de la question métaphysique du week-end : le rassemblement de Schtroumpfs a-t-il pour conséquence de faire apparaître la pluie ? Si c’est effectivement le cas, voilà une piste à explorer pour les désespérés de la sécheresse.

Billet paru en dernière page de l’Indépendant le lundi 27 mars 2023

dimanche 9 avril 2023

Thriller - « Les oubliés de Marralee », mystères dans les vignes australiennes

Le policier australien imaginé par Jane Harper, Aaron Falk, enquête officieusement un an après la disparition d’une jeune mère en pleine fête du vin de la petite ville de Marralee.

Remarquablement construit en incessants allers-retours entre le jour du drame et son premier anniversaire, ce polar de Jane Harper est totalement addictif. Dès le prologue, de quelques pages, le décor est planté et le suspense intense.

Le premier jour de la fête du vin de Marralee, des centaines de visiteurs viennent déguster les produits locaux. Le soir, alors que les portes se ferment, on découvre dans un landau un nouveau-né. La mère, Kim, a disparu. Selon toute vraisemblance, dépressive, elle serait allée se suicider dans le lac artificiel à proximité, une grande retenue d’eau destinée à l’irrigation des vignobles. Mais jamais son corps n’a été retrouvé.

Un an plus tard, Aaron Falk, policier fédéral à Melbourne, arrive à Marralee. Invité au baptême du fils de Greg Raco, un ancien collègue, en tant que parrain. Falk était déjà là l’année précédente. Mais le baptême avait été annulé car Kim, la disparue, était l’ancienne femme de Charlie, frère de Greg. C’est donc dans une histoire familiale complexe que Falk va se trouver mêlé. Ses réflexes professionnels vont prendre le dessus et sans le vouloir, il va tenter de trouver des réponses à ce mystère.

Un autre mort, des années auparavant 

En arpentant les allées de la fête, il se remémore tout ce qu’il a vu un an auparavant. Tentant de se souvenir de ce détail qui pourrait enfin de lever le mystère. Car Zara, la première fille de Kim, devenue adolescente, veut relancer l’enquête. Elle culpabilise car le jour de la disparition elle s’est disputée avec sa mère. La dernière fois qu’elle lui a parlé c’est au téléphone. Une conversation tendue et abrégée. « Falk aurait mis sa main à couper qu’elle revivait souvent cette conversation. La fin au moins. Quand elle s’était penchée en avant, main tendue vers l’écran. L’unique tape du bout de l’index, le frôlement de la chair contre le verre pour couper les derniers mots qu’elle entendrait jamais de la bouche de sa mère. Zara donnait l’impression de ressentir ce geste jusque dans son sommeil. » Falk va reprendre la chronologie de la soirée, tenter de trouver de nouveaux témoins, interroger tous ceux qui étaient présents ce soir-là.

Contre l’avis du shérif local, il discute avec le mari, Rohan, une amie de Kim, médecin, et Gemma, la responsable de la fête. Gemma qu’il a déjà rencontré à Melbourne quelques mois auparavant. Elle aussi a perdu un proche près de la retenue d’eau : son mari a été renversé cinq années auparavant par un chauffard qui n’a jamais été identifié. À la différence que son corps a été retrouvé contrairement à celui de Kim.

Deux morts presque au même endroit, par ailleurs lieu de fête des jeunes du village, notamment durant la fête du vin : autant de mystères qui vont donner du fil à retordre à l’enquêteur imaginé par Jane Harper. Cette dernière, en apportant au fil des chapitres des précisions et témoignages transforme le roman en toile impressionniste qui prend tournure au gré des coups de pinceau et au fil des pages.

« Les oubliés de Marralee » de Jane Harper, Calmann Lévy, 22,90 € 

Cinéma - Retour brillant pour “Les trois mousquetaires”


D’Artagnan est au centre du premier volet de la nouvelle adaptation des Trois Mousquetaires au cinéma. Un retour gagnant des héros d’Alexandre Dumas dans ce film de Martin Bourboulon avec François Civil dans le rôle titre.

Forcément, pas beaucoup de surprise au niveau du scénario du film de Martin Bourboulon. L’immense majorité des Français connaît au moins les bases de l’intrigue des Trois Mousquetaires, chef-d’œuvre d’Alexandre Dumas, déjà adapté au cinéma, à la télévision ou en bande dessinée une bonne centaine de fois. Compliqué donc d’apporter du nouveau dans cette histoire d’amitié virile et de combats incessants.

Mais c’est aussi le meilleur atout car ce récit est d’une force et d’une puissance à l’épreuve du temps. Rapidement on se laisse prendre par les aventures du jeune d’Artagnan, on tremble avec la reine de France, on rit avec Porthos. Car ce film, la première partie d’un diptyque (rendez-vous le 13 décembre pour la fin de l’aventure), est brillant.


Distribution plus que crédible, décors somptueux, reconstitution de l’époque fidèle et surtout combats à l’épée qui n’ont rien à voir avec les jolies chorégraphies du temps de Jean Marais ou Gérard Philipe. Chaque affrontement des Mousquetaires contre les gardes du Cardinal est proposé en plan séquence. La caméra à l’épaule, le réalisateur propose quelques tours de force plongeant le spectateur au cœur même de la mêlée.

La bonne surprise du film est aussi dans son interprétation. En mixant jeunes comédiens prometteurs et stars plus connues, Martin Bourboulon a vu juste.

Trois femmes remarquables

François Civil a cette innocence et insouciance typique du jeune d’Artagnan arrivant tout sourire de sa Gascogne natale. Charmeur avec les dames, ne se laissant pas marcher sur les pieds par les Parisiens arrogants, il trouve sa place entre bon camarade et chef de bande. Vincent Cassel et Romain Duris (Athos et Aramis), apportent sagesse et profondeur avec des personnages plus complexes.

Pio Marmaï, en endossant les rondeurs de Porthos, devient tonitruant et jovial. Jouisseur aussi. Le prototype du bon vivant toujours prompt à profiter d’un plaisir immédiat. Louis Garrel, en roi Louis XIII, est à la limite de la caricature. Mais cela apporte encore plus de crédibilité à son personnage légèrement mégalomane.

Enfin côté héroïne, c’est le sans-faute. Eva Green est la très mystérieuse et vénéneuse Milady, Vicky Krieps prête sa fragilité à la reine partagée entre deux amours et surtout Lyna Khoudri surprend dans son rôle de Constance, jeune beauté courtisée par un d’Artagnan sous le charme. Le public aussi.

Film français de Martin Bourboulon avec François Civil, Vincent Cassel, Romain Duris, Pio Marmaï, Eva Green, Louis Garrel, Vicky Krieps, Lyna Khoudri.
 

samedi 8 avril 2023

Billet - Éloge de la procrastination

J’ai peut-être déjà parlé de la procrastination dans cette rubrique. Souvent je me suis dit qu’il fallait que j’archive et note tous les sujets abordés depuis plus de dix ans dans ces colonnes. Mais justement, ma procrastination m’a toujours fait repousser cette tâche ingrate. Devenu titanesque depuis.

Donc, mille excuses à ceux qui ont plus de mémoire que moi. Si je parle de nouveau de cette manie de remettre au lendemain ce que l’on aurait dû faire le jour même (voire il y a quelques années dans mon cas…) c’est que ce samedi 25 mars est la journée mondiale de la procrastination. Pas le 26, le 25 !

Une société qui propose de s’occuper de mes tâches administratives, me le rappelle en me glissant au passage « sept astuces majeures pour éviter de tout remettre au lendemain ». Vaillant à la tâche pour une fois, je les parcours et y découvre en réalité quelques raisons supplémentaires pour procrastiner de plus belle. Exemples. « Commencez par les tâches les plus faciles » : faire le minimum dans mon cas et reporter les gros chantiers.

« Évitez les distractions » : tiens, ça me fait me souvenir que je viens de m’abonner au Pass Warner et que je dois rattraper quelques séries d’anthologie comme The Leftlovers, The Wire ou True Blood.

« Trouver un partenaire de responsabilité » : l’évidence même. Cela fait des années que je ne m’occupe plus des papiers de la banque, impôts, assurances et autres administrations rébarbatives. En l’occurrence, mon partenaire de responsabilité répond aussi au nom d’« épouse ayant les pieds sur terre ».

Enfin, « lorsque vous avez terminé une tâche importante, accordez-vous une récompense » : Chouette, je viens de terminer le billet, je suis en week-end. Sacrée récompense !

Billet paru en dernière page de l’Indépendant le samedi 25 mars 2023

vendredi 7 avril 2023

Biographie - Dominique Bona dans les pas de Joseph Kessel et Maurice Druon, « Les Partisans »

 Auteurs du Chant des Partisans, l’hymne des Résistants, Joseph Kessel et Maurice Druon sont au centre de cette biographie parue chez Gallimard et signée Dominique Bona.

S’ils ne sont que deux dans le titre et la photo illustrant la couverture du nouveau livre de Dominique Bona, c’est en réalité l’épopée d’un trio qui est racontée dans cette somme de plus de 520 pages. Car en plus de Joseph Kessel et de son neveu Maurice Druon, l’académicienne met la lumière sur le rôle de Germaine Sablon, chanteuse, maîtresse de Kessel, combattante de la France Libre et première interprète de cette chanson devenue symbole national.

Originaire des Pyrénées-Orientales, Dominique Bona n’en oublie pas son pays catalan et y trouve le début très épique de cette triple biographie. Fin décembre 1942, ils sont trois à se rendre à Perpignan pour rencontrer un passeur. Un certain José, Catalan du cru chargé de conduire en Espagne ces Français désireux de rejoindre le général De Gaulle à Londres. De nuit, dans le froid, ils vont passer le col au niveau du Perthus, parvenant à éviter les patrouilles allemandes.

Un long et dur périple très inhabituel pour ces trois habitués au confort et au luxe. Joseph Kessel est un journaliste et écrivain reconnu. Il a longtemps pu continuer à travailler dans la France occupée par l’armée allemande malgré ses origines juives. Mais le durcissement du régime de Vichy l’oblige à faire un choix. Il décide de quitter ce pays qu’il a déjà servi lors de la première guerre mondiale. Direction Londres. Il emmène Maurice Druon, son neveu, fils caché de son défunt petit frère. Pour compléter l’attelage, Germaine Sablon. Une des nombreuses maîtresses de Kessel, chanteuse et comédienne célèbre, au franc-parler redoutable. Une fois à Londres, ils se mettent au service de la France Libre.

« Un feuillet dans l’Histoire » 

C’est dans ce cadre que Kessel et Druon, en une journée (le 30 mai, jour de la sainte Jeanne d’Arc), écrivent le texte du Chant des Partisans. « Il faut à la Résistance un symbole fort et un repère unificateur. Les maquis de France en ont besoin. […] Kessel a le don de parler à tous, sa prose est simple et vivante. » Il sera aidé par Maurice Druon pour la mise en vers, la musique sera tirée d’une chanson russe et c’est Germaine Sablon qui l’enregistrera la première, le 31 mai aux studios d’Ealing. Les deux écrivains, l’oncle et le neveu, ont conscience de l’importance de cette chanson, « C’est peut-être tout ce qui restera de nous » dira Kessel à Druon. Lequel réplique, plus solennel, « Nous venons de glisser un feuillet dans l’Histoire. »

Si la création du Chant des Partisans est au centre de cette biographie, Dominique Bona n’occulte pas le reste de la carrière du trio. On redécouvre un grand écrivain en la personne de Joseph Kessel, homme fougueux, habitué aux esclandres, capable de menacer de jeter sa maîtresse par la fenêtre, gaulliste convaincu.

Maurice Druon, après un Goncourt à 30 ans, est devenu célèbre avec sa saga des Rois maudits. Devenu ministre des Affaires culturelles, il a par la suite marqué l’Académie française, même « s’il échoue à faire élire le chanteur Charles Trenet. »

Mais la plus belle découverte de ces Partisans reste le parcours de Germaine Sablon. Une femme forte, capable de résister à De Gaulle, libre et indépendante, follement amoureuse de Kessel et de son pays.

« Les partisans, Kessel et Druon une histoire de famille » de Dominique Bona, Gallimard, 24 €

jeudi 6 avril 2023

DVD et blu-ray - « Le torrent », film sur un enchaînement de mensonges

Persuadé qu’on va l’accuser du meurtre de sa femme, un mari s’enferre dans le mensonge entraînant sa fille dans une spirale infernale.

Si l’écriture cinématographique d’Anne le Ny pour ce film penche vers le thriller et le polar, c’est en réalité un drame familial qui est proposé aux spectateurs. Un peu comme un roman de Simenon, avec enchaînement de mensonges et situation de plus en plus inextricable. Une étude sociale des rapports familiaux plus qu’une enquête policière sur un possible féminicide.

Le torrent se déroule dans les Vosges. Des montagnes sombres et oppressantes. La jeune Lison (Capucine Valmary) vient de réussir son permis de conduire. Elle fait sa valise et va rejoindre son père Alexandre (José Garcia) qui vit avec sa nouvelle épouse Juliette (Ophélia Kolb) dans un luxueux chalet de montagne. Mais dans cette famille un peu éclatée, la communication passe mal. Lison se retrouve transformée en nounou pour son jeune demi-frère pendant que le père et sa jeune femme vont au théâtre. Lison en profite pour fouiner et découvre sur une clé USB les preuves de l’infidélité de Juliette.

Des photos qui déclenchent une dispute, Juliette quitte la maison et un enchaînement malheureux fait qu’elle se tue accidentellement en tombant dans un ravin. Alexandre panique. Il est persuadé que les gendarmes vont l’accuser de meurtre. Il décide de mettre sa fille dans la confidence et met au point un scénario pour faire croire à un bête accident. Mais c’est sans compter avec la sagacité de l’enquêtrice en chef et les doutes du père de la victime (André Dussolier).

Si le scénario manque un peu de peps, de rebondissements et de surprise, le film vaut surtout par sa grande finesse dans la description des rapports ambigus dans une famille recomposée. Comment une fille va tout faire pour protéger son père.

Regrettons que cette réalisation sorte en vidéo chez M6 dans une version minimaliste. Juste le film, pas le moindre bonus pour aller plus loin. Dommage.

mercredi 5 avril 2023

Roman d’espionnage - « Alias Emma », presque James Bond


Le roman d’espionnage n’est pas mort. Au contraire, en Angleterre il revit avec le premier roman d’Ava Glass. Il a pour héroïne une espionne, signe des temps. Alias Emma raconte les débuts dans le MI6 britannique d’Emma Makepeace. Une jeune femme attendue au tournant car elle est la fille d’un grand agent. Un peu l’enfant de James Bond…

Sa mission se déroule à 100 à l’heure dans Londres, avec une ribambelle d’agents russes à ses trousses. Elle doit mettre à l’abri un médecin d’origine russe, fils d’une brillante chercheuse passée à l’Ouest. C’est rythmé, contemporain et comme dans un James Bond, le final se déroule à Paris dans un palace.

« Alias Emma » d’Ava Glass, Equinox Les Arènes, 22 €