Quelques chroniques de livres et BD qui méritent d'être lus et les critiques cinéma des dernières nouveautés. Par Michel et Fabienne Litout
lundi 13 avril 2020
De choses et d’autres - Par où t’es rentré… on t’a pas vu sortir
Le titre de la chronique de ce lundi de Pâques est emprunté à un film de Philippe Clair, sans doute un des pires du cinéma français, avec pourtant Jerry Lewis en vedette. Il m’intéresse surtout sur la seconde partie de l’expression que beaucoup de personne voudraient en ce moment faire sienne : « On t’a pas vu sortir ».
Le confinement généralisé a provoqué un regain de vieilles pratiques ancestrales, essentiellement prisées par les vieilles dames désœuvrées. Ma mère la première, quand elle s’est retrouvée à la retraite, installait sa chaise de cuisine au niveau de la fenêtre donnant sur la route et passait ses journées à regarder qui se promenait, quand et si possible pourquoi.
Jeune, je me suis toujours dit que jamais ô grand jamais je ne ferai pareil. Et puis depuis un mois, me voilà confiné. Et comme j’ai installé mon bureau de télétravail près d’une fenêtre, je regarde régulièrement dehors, observant les rares gens marcher dans la rue.
Et de chercher les raisons de leur déconfinement. Celui-là est en jogging, mais il ne court pas. C’est louche. Elle, c’est la troisième fois qu’elle promène son chien durant la matinée. Elle abuse quand même. Lui, il a fait le déplacement juste pour sa baguette de pain. Et tout à l’heure il ressortira pour le journal ?
On ne peut pas s’empêcher de se questionner. Mais je ne vais pas aussi loin que certains. Un article du Monde de ce week-end nous apprend que la police est submergée d’appels de particuliers désirant dénoncer tel voisin qui ne respecterait pas le confinement.
Alors oui, en ce moment, mieux vaut appliquer avec prudence le « On t’a pas vu sortir ».
dimanche 12 avril 2020
Le nouveau Spirou de Fabrice Tarrin et Fred Neidhardt en prépublication dans L'Indépendant dès ce dimanche
Fabrice Tarrin, dessinateur de BD résidant à Narbonne est, comme tous les Français, confiné dans sa maison. Il vient de terminer l’album qu’il a mis près de cinq années à réaliser, une aventure de Spirou chez les Soviets. "En ces temps difficiles, la publication de l’histoire dans L’Indépendant permettrait d’apporter une petite récréation aux lecteurs", nous a-t-il soufflé.
Et avec le scénariste, Fred Neidhardt, de Montpellier, il a prévu de reverser les droits d’auteur liés à cette prépublication aux hôpitaux qui sont sur le pied de guerre depuis plus d’un mois. La prépublication de l’album, qui ne sortira qu’en septembre aux éditions Dupuis, débute dès ce dimanche dans L'Indépendant.
L’action se déroule durant les années 60, en pleine guerre froide entre l’URSS et l’Occident. Le comte Champignac, savant iconoclaste, est enlevé par les Russes. Nos deux héros, journalistes dans le civil, vont aller de l’autre côté du rideau de fer pour le faire évader. Ce sera l’occasion d’une succession de rebondissements, courses poursuites et situations comiques dans une caricature féroce des travers du régime soviétique.
BD - Aux USA, les comics prolifèrent
Sur Mars, les colons, comme chaque année, vont rendre hommage aux milliards de terriens morts dans l’attentat terroriste le plus destructeur de toute l’histoire de l’Humanité. Revendiqué par la secte « L’épée de dieu », il a été planifié par un ancien soldat, Ian Black.
Caché depuis des années, les services secrets martiens pensent avoir retrouvé sa trace. Après effacement de la mémoire et chirurgie esthétique, il se cache sous l’identité de Nathan Bright, jeune présentateur vedette de la météo sur la chaîne locale. M. Météo est-il le plus grand tueur de tous les temps ? Ce qui est sûr en début d’histoire, c’est qu’il est fainéant, provocateur et qu’il use de sa notoriété pour mettre de jolies fans dans son lit. Mais la partie semble plus compliquée avec la rousse Amanda. Peut-être qu’elle aussi cache sa véritable identité. Survitaminée, entre batailles spatiales, combats forcenés et jeu trouble des autorités, « The Weather Man » de Jody Leheup (scénario) et Nathan Cox (dessin), marche sur les traces de Philip K. Dick.
« L’autre terre » de Tom Peyer et Jamal Igle explore le monde des superhéros. Les mondes plus exactement car l’homme Libellule officie sur Terre-Alpha, un mode d’opérette où les méchants sont risibles alors que Dragonfly, son alter ego dans Terre-Omega doit combattre le crime dans une réalité où les tueurs sont vénérés par la police corrompue et les pouvoirs publics complices des pires crapules.
Quand les deux héros passent d’un monde à l’autre, ce sont toutes leurs certitudes qui sont mises à rude épreuve. Dessin efficace et classique pour une histoire alambiquée bourrée de clichés tous volontaires, comme pour mieux dénoncer les travers des histoires de superhéros actuelles.
« The Weather Man » (tome 1), Urban Comics, 10 €
« L’autre terre » (tome 1), Delcourt, 15,95 €
Roman - Armel Job sur les traces de "La disparue de l’île Monsin"
Une vie tracée, une vie sans heurt, simple maillon dans une grande chaîne faisant avancer la planète
par la force de l’inertie. On s’est souvent demandé ce qui nous fait avancer, agir de telle ou telle façon. Si notre destin est écrit d’avance, si un jour, une rencontre, un acte, allait bouleverser cet ordre des choses.
Le nouveau roman d’Armel Job aborde le sujet de ce déterminisme a priori inéluctable et parfois modifié sans même que l’on ne s’en aperçoive. «La disparue de l’île Monsin» se déroule en Belgique, dans les Ardennes et très de Liège. en janvier 2012, en pleine tempête de neige, la vie de Jordan Nowak, loueur de pianos, va prendre un tournant radical. Alors qu’il rejoint son hôtel après avoir installé un instrument dans une salle de concert de cette petite ville le long de la Meuse, il voit une silhouette sur le pont-barrage de l’île Monsin. «Longtemps après, quand il se remémora cette soudaine apparition, il se demanda ce qui lui avait fait pressentir sur-le-champ qu’il allait se passer quelque chose d’extraordinaire, bien qu’il ne pût imaginer que toute sa vie en serait bouleversée.» Jordan s’arrête et rencontre pour la première fois Eva.
Eva qui dès le lendemain disparaît complètement de la circulation. Au bout de quelques jours, sa mère, inquiète, demande à la police d’ouvrir une enquête. Confiée au jeune inspecteur Lipsky, elle va permettre au lecteur de connaître dans le détail la vie de cette trentenaire solitaire et mélancolique. Que lui est-il arrivé? Quel est le rôle de Jordan, au comportement de plus en plus anormal quand il se retrouve en famille?
Un roman psychologique comme seule Armel Job sait les écrire. En digne descendante de Simenon, autre grand écrivain belge, elle triture avec délectation les états d’âme de ces hommes et femmes plus fragiles qu’il n’y paraît. On entre dans cette histoire par le mystère, on en ressort tout bouleversé, portant le poids du chagrin et de la culpabilité de la belle disparue.
« La disparue de l'île Monsin », Robert Laffont, 20 €
samedi 11 avril 2020
De choses et d’autres - Les gardiens de l’immobile
Avant, les forces de l’ordre au bord des routes nous disaient : « Circulez, y’a rien à voir ». Aujourd’hui, ces mêmes forces de l’ordre nous obligent à ne pas circuler. Ils sont devenus les gardiens de l’immobile. Les garants du confinement.
Les enfants ne jouent plus aux gendarmes et aux voleurs, mais aux gendarmes et aux déconfinés.
Les contrôles se multiplient et plus il fait beau, plus les Français osent braver l’interdit. Alors, policiers et gendarmes verbalisent à tour de bras. Pas par plaisir. Simplement car c’est la seule solution existante pour faire respecter un tant soit peu ce confinement qui, ne l’oublions pas, a pour but d’arrêter la progression du virus et donc de sauver des vies.
Forces de l’ordre mobilisées et inflexibles. Plus de passe-droit. On n’en est pas encore au niveau de la Nouvelle-Zélande où la Première ministre a viré le ministre de la Santé surpris à la plage avec femme et enfants, comme s’il avait oublié que lui aussi était confiné.
Mais presque. Pour preuve, un jet privé en provenance de Grande-Bretagne avec dix personnes à son bord a été immobilisé et contrôlé à son arrivée à l’aéroport de Marseille. Les riches passagers pensaient pouvoir rejoindre, en hélicoptère, une villa luxueuse à Cannes.
Inflexibles, les gendarmes ont non seulement verbalisé les contrevenants, mais obligé l’avion à repartir vers les brumes anglaises. Logique, le virus, lui aussi, ne fait pas de différence entre un Français à découvert et un Anglais au compte en banque bien plein. Le virus est intraitable. Comme les gardiens de l’immobile.
Les enfants ne jouent plus aux gendarmes et aux voleurs, mais aux gendarmes et aux déconfinés.
Les contrôles se multiplient et plus il fait beau, plus les Français osent braver l’interdit. Alors, policiers et gendarmes verbalisent à tour de bras. Pas par plaisir. Simplement car c’est la seule solution existante pour faire respecter un tant soit peu ce confinement qui, ne l’oublions pas, a pour but d’arrêter la progression du virus et donc de sauver des vies.
Forces de l’ordre mobilisées et inflexibles. Plus de passe-droit. On n’en est pas encore au niveau de la Nouvelle-Zélande où la Première ministre a viré le ministre de la Santé surpris à la plage avec femme et enfants, comme s’il avait oublié que lui aussi était confiné.
Mais presque. Pour preuve, un jet privé en provenance de Grande-Bretagne avec dix personnes à son bord a été immobilisé et contrôlé à son arrivée à l’aéroport de Marseille. Les riches passagers pensaient pouvoir rejoindre, en hélicoptère, une villa luxueuse à Cannes.
Inflexibles, les gendarmes ont non seulement verbalisé les contrevenants, mais obligé l’avion à repartir vers les brumes anglaises. Logique, le virus, lui aussi, ne fait pas de différence entre un Français à découvert et un Anglais au compte en banque bien plein. Le virus est intraitable. Comme les gardiens de l’immobile.
BD - Le monde de l’édition versions japonaise ou américaine
Comment est la vie d’une libraire de manga au Japon ? Les comics ont-ils un effet néfaste sur les jeunes Américains ? Réponse dans ces deux albums de BD.
Honda dessine des mangas la nuit. Et la journée elle est libraire au Japon. Elle a donc raconté quelques anecdotes de son quotidien dans ce manga très instructif pour les fans de Japon. Si le livre s’intitule « Libraire jusqu’à l’os » c’est que Honda, plutôt de se dessiner a préféré s’affubler d’un simple crâne.
La vedette ce n’est pas elle mais les clients. Car là-bas comme chez nous, le client est roi. Il ne sait pas ce qu’il veut non plus. En plus de gérer les stocks et de remplir les rayons, Honda doit souvent répondre aux interrogations des visiteurs. Mais même elle est incapable de connaître toute la production. Et parfois les recherches sont si pointues qu’elle botte en touche. On en apprend quand même beaucoup, notamment qu’il existe de véritables meutes de fans féminines de BD mettant en scène des histoires d’amour entre deux hommes. Et que la question récurrente c’est « Comment reconnaître le passif de l’actif… » Côté dessin, c’est du manga, donc ne vous attendez pas à des miracles. D’autant que Honda reconnaît sans détour son manque de brio.
Aux USA, il n’y a qu’un genre qui domine tout : les superhéros. Mais d’où vient cette mode ? Jean-Marc Lainé (scénario) et Thierry Olivier (dessin), répondent en partie dans les biographies croisées de deux psychiatres.
« Fredric, William et l’Amazone » raconte les vies de Fredric Wertham et William Moulton Marston. Le premier a constamment lutté contre les histoires trop violentes destinées aux plus jeunes alors que le second a imaginé les aventures très féministes et avant-garde de Wonder Woman. Deux visions de l’Amérique des années 30 à 50, entre imagination et puritanisme.
« Libraire jusqu’à l’os » (tome 1), Soleil Manga, 7,99 €
« Fredric, William et l’Amazone », Glénat Comix Buro, 19,95 €
Honda dessine des mangas la nuit. Et la journée elle est libraire au Japon. Elle a donc raconté quelques anecdotes de son quotidien dans ce manga très instructif pour les fans de Japon. Si le livre s’intitule « Libraire jusqu’à l’os » c’est que Honda, plutôt de se dessiner a préféré s’affubler d’un simple crâne.
La vedette ce n’est pas elle mais les clients. Car là-bas comme chez nous, le client est roi. Il ne sait pas ce qu’il veut non plus. En plus de gérer les stocks et de remplir les rayons, Honda doit souvent répondre aux interrogations des visiteurs. Mais même elle est incapable de connaître toute la production. Et parfois les recherches sont si pointues qu’elle botte en touche. On en apprend quand même beaucoup, notamment qu’il existe de véritables meutes de fans féminines de BD mettant en scène des histoires d’amour entre deux hommes. Et que la question récurrente c’est « Comment reconnaître le passif de l’actif… » Côté dessin, c’est du manga, donc ne vous attendez pas à des miracles. D’autant que Honda reconnaît sans détour son manque de brio.
Aux USA, il n’y a qu’un genre qui domine tout : les superhéros. Mais d’où vient cette mode ? Jean-Marc Lainé (scénario) et Thierry Olivier (dessin), répondent en partie dans les biographies croisées de deux psychiatres.
« Fredric, William et l’Amazone » raconte les vies de Fredric Wertham et William Moulton Marston. Le premier a constamment lutté contre les histoires trop violentes destinées aux plus jeunes alors que le second a imaginé les aventures très féministes et avant-garde de Wonder Woman. Deux visions de l’Amérique des années 30 à 50, entre imagination et puritanisme.
« Libraire jusqu’à l’os » (tome 1), Soleil Manga, 7,99 €
« Fredric, William et l’Amazone », Glénat Comix Buro, 19,95 €
Série Télé - Au Nord, à « Fortitude », on ne vous entendra pas crier…
Bienvenue à Fortitude, ville la plus sûre du monde. Peut-être aussi la plus hostile car cette bourgade de 700 âmes est située sur le cercle polaire, à l’extrême nord de l’Europe, sur une île cernée par la banquise et infestée d’ours polaires. Réalisée en 2015 par les Anglais de Sky Atlantic, cette série joue à fond la coproduction. Des Danois, des Américains, pas mal de Britanniques et même une jolie Espagnole composent le casting de Fortitude dont la première saison est disponible sur Amazon Prime. Cela débute comme un thriller typique de ces contrées gelées. Un chercheur, en conflit avec la gouverneur de la ville qui veut absolument construire un hôtel dans le glacier, est retrouvé mort chez lui. Il baigne dans une mare de sang, le torse déchiqueté. Si la police pense dans un premier temps à une attaque d’ours, en enquêtant a minima, les suspects sont légion. Le pilote d’hélicoptère, ancien marine américain ? Le jeune chercheur anglais récemment arrivé à la base ? La serveuse du café, brune espagnole piquante qui émoustille tous les blonds de Fortitude (il y en a un paquet) qui ne savent pas qu’elle a déjà fait de la prison pour meurtre ? Ou le responsable de la sécurité de la mine russe ?
Beaucoup de fausses pistes et finalement un basculement dans le fantastique, avec des relents de pandémie, comme pour nous rappeler que les virus, il y en a des milliers qui n’attendent que la fonte des glaces pour déferler sur l’Humanité. Les 11 épisodes de cette première saison sont un peu lents parfois, mais on reste scotchés face aux images tournées sur les glaciers et autres montagnes balayées par des vents violents alors qu’il fait - 30°. Et vu les stalactites accrochées aux barbes des comédiens, ce n’était pas du trucage.
Du cinéma à domicile… et gratuit
Pour ceux qui ont du temps à perdre (normalement c’est le cas de pas mal de monde en ce moment), vous devriez apprécier ces sites qui offrent nombre de films de cinéma pour rien. Certains existaient avant le confinement, d’autres sont des initiatives pour permettre aux enfermés de se distraire.
Ne manquez pas l’opération organisée par MK2 et TroisCouleurs. Chaque semaine, le mercredi, la société fondée par Marin Karmitz propose une sélection de films gratuits. Actuellement il y a deux pépites à ne pas manquer. Une très courte. Signée David Lynch. « En 1995, à l’occasion du centenaire du cinéma, explique le site, David Lynch se voit proposer de réaliser un film de 55 secondes, avec l’une des caméras des frères Lumière, en respectant les conditions de tournage de l’époque : trois plans-séquences, lumière naturelle, et pas de son synchronisé. » Une minute en noir et blanc, totalement hallucinée, entre reportage sur les violences policières, drame familial et cauchemar de Frankenstein. Du pur Lynch, mais en concentré.
On retrouve également dans les films sélectionnés « Sept jours ailleurs » de Marin Karmitz. Présenté en 1968 à la Mostra de Venise, le premier long-métrage de celui qui deviendra essentiellement producteur, met en vedette Jacques Higelin. Déjà musicien mais encore acteur, il est de presque toutes les scènes, promenant sa silhouette dégingandée dans le Paris et la province de la fin des années 60.
Documentaires et films érotiques
Un film rare et qui n’a rien obtenu au festival de Venise. pour la bonne et simple raison que Marin Karmitz a décidé de retirer son film de la compétition en soutien aux réalisateurs italiens qui appelaient au boycott de la manifestation se déroulant en cette année 68 où déjà le festival de Cannes avait fait les frais de la contestation étudiante.
On peut voir aussi sur la page de TroisCouleurs, rubrique MK2 Curiosity, un documentaire sur le réalisateur chinois Jia Zhang-ke et un autre sur les artistes anglais iconoclastes Gilbert & George. Et mercredi, une nouvelle sélection viendra remplacer celle de cette quatrième semaine de confinement.
Beaucoup plus de films à découvrir sur des adresses qui ont fait de l’exploitation des œuvres tombées dans le domaine public un petit commerce fructueux. Là, la qualité n’est pas forcément au rendez-vous.
Et ça part parfois un peu dans tous les sens.
Exemple avec cinetimes.org faisant se côtoyer les œuvres de Jean Vigo avec les Don Camillo et des comédies érotiques des années 70.
Difficile de s’y retrouver, mais ne manquez pas « L’Atalante », dernier film de Jean Vigo avec Michel Simon en vedette. Une histoire sociale sur la vie à bord d’une péniche. Cependant si le cinéma engagé et en noir et blanc vous rebute, pourquoi ne pas retomber dans l’ambiance libertine des années 70. Sur Cinetimes.org vous bénéficiez d’un vaste choix. Pour l’étrangeté du film (et du seul comédien homme de la distribution), on vous conseille « Morgane et ses nymphes » de Bruno Gantillon sorti en 1971.
vendredi 10 avril 2020
De choses et d’autres - A complot, complot et demi
Peut-être est-ce une des conséquences indirectes du confinement : on est de plus en plus enclin à croire tout et n’importe quoi. Alors sur ce terreau fait de craintes pas toujours justifiées et de paranoïa latente, les complotistes s’en donnent à cœur joie et sèment leurs petites graines.
Sur l’origine du covid-19, même si tous les spécialistes s’accordent à relier ça à la consommation de viande animale en Chine, pour d’autres, qui n’ont qu’un brevet élémentaire en ragots et rumeurs non vérifiées, c’est la faute à la 5G. Et d’expliquer que c’est à Wuhan, berceau du virus, que les première antennes pour la 5G ont été déployées. 5G essentiellement développées par les Chinois et qui devait être l’arme fatale de leurs constructeurs face aux Américains d’Apple et aux Coréens de Samsung.
En martelant sans cesse, malgré les démentis de scientifiques, que ces nouvelles ondes favorisent le virus et amplifient l’épidémie, cela a poussé certains à passer à l’action. Voilà comment, cette semaine en Angleterre, plusieurs antennes de téléphonie mobile ont été incendiées.
Une association complotiste a même mis en vente des clés USB (350 euros l’exemplaire, quand même), qui annihilent les mauvaises ondes de la 5G et protègent du coronavirus. Pas mal de gogos se sont fait attraper.
Mais, dans le monde des complots, il y a toujours pire. Quelqu’un, par plaisanterie, a fait un montage photo montrant une antenne 5G, volant et répandant le virus derrière elle dans des traînées blanches, les fameux chemtrails. C’est énorme, totalement invraisemblable, mais il y a fort à parier que certains vont prendre ce canular pour argent comptant.
Cinéma - Laissez-vous entraîner dans le monde tout fou de Timmy Failure
Si vous hésitez encore à vous abonner à Disney +, rien que pour ce film, franchissez le pas. En plus de proposer les classiques de la maison presque centenaire et les incontournables de Pixar, Star Wars ou Marvel, Disney + propose comme ses concurrents des longs-métrages réalisés directement pour la plateforme. Premier exemple avec « Timmy Failure, des erreurs ont été commises » de Tom McCarthy.
Un film par excellence tout public, même si les plus jeunes ne comprendront pas toutes les allusions et situations complexes des enquêtes de ce détective privé en culottes courtes. Mais ils devraient malgré tout se reconnaître un peu dans ce gamin loin de la normalité. Timmy vit à Portland dans l’Oregon avec sa maman Patty (Ophelia Lovibond). Il est en CM2 et ses résultats scolaires sont catastrophiques. Normal car Timmy, qui a décidé de ne jamais aller au collège, est déjà à la tête de sa propre entreprise : la Total Failure Inc. Une agence de détective privé qu’il gère avec son associé, Total. Dans ce monde un peu fou, Total est un ours polaire de plus de 600 kg.
On comprend rapidement qu’entre notre réalité et celle de Timmy, il y a un gouffre. Total est un ami imaginaire, son histoire de détective privé un prétexte pour ne pas jouer avec les garçons de son âge. L’ours est une source inépuisable de gags et les seconds rôles (le professeur ou le conseiller d’orientation) apportent une vision très décalée sur la fausse réalité de Timmy.
Réalisé par Tom McCarthy, qui s’est illustré dans le film politique avec Spotlight sur l’enquête ayant révélé le scandale des abus sexuels de l’église américaine, ce film adorable de poésie est l’adaptation des romans de Stephan Pastis dont deux tomes sont parus chez Hachette sous le titre de Timmy Lalouse.
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