Quelques chroniques de livres et BD qui méritent d'être lus et les critiques cinéma des dernières nouveautés. Par Michel et Fabienne Litout
mardi 10 novembre 2015
DE CHOSES ET D'AUTRES - En avoir dans la culotte
L'expression "en avoir dans la culotte" (ou dans le slip) est spécifiquement masculine. Pourtant, les femmes pourraient en dire autant qui chaque mois subissent une semaine "d'indisposition" peu agréable. Incontournable surtout. Une réalité assez abstraite chez les hommes. Pour preuve, le récent débat à l'assemblée nationale sur une histoire de TVA. Tampons et serviettes hygiéniques sont taxés à 20 %.
Une députée a déposé un amendement pour ramener ce taux à 5,5 %, celui des produits de première nécessité. Réponse du gouvernement, pas question, ils sont classés dans la catégorie luxe. D'ailleurs, argumente Christian Eckert, ministre du Budget, les mousses à raser pour les hommes sont aussi taxées à 20 %. Certaines ont failli s'étouffer en entendant cette comparaison peu judicieuse. Malgré une forte mobilisation sur le net, les 15 millions de femmes qui chaque mois sont obligées de se protéger continueront à payer le prix fort.
Le même débat a eu lieu en Angleterre. Mais pour ramener la taxe à 0 %. La bataille sémantique fut épique, les hommes s'obstinant à utiliser le mot "produits" en lieu et place de tampons et serviettes.
Le rejet de l'amendement par une assemblée française très largement masculine peut sembler logique. Mais il aurait été autre "si les hommes avaient des règles…" comme Twitter s'en est amusé. Alors, "les tampons seraient distribués gratuitement", "un congé maladie spécifique serait créé" et, le meilleur et aussi le plus juste "tous les mois, il faudrait les emmener aux urgences car ils seraient en train de mourir".
lundi 9 novembre 2015
BD - La bible ou l'épée, choix crucial pour "Le maître d'armes"
Toutes
les guerres ont pour origine la religion. Une évidence qu'il ne faut
cesser de rabâcher aux générations futures. En vain
malheureusement, les conflits se multipliant un peu partout dans le
monde. Actuellement les chiites et les sunnites se mènent un combat
à mort au Moyen Orient. Comme pour faire oublier le conflit entre
Juifs et Palestiniens à quelques centaines de kilomètres de là. En
Europe, nous sommes souvent enclins à donner des leçons mais notre
histoire prouve que ces querelles de paroisse ont également provoqué
des milliers de morts au fil des siècles. Prenez la fin du Moyen
Age. Le clergé catholique règne en maître absolu. Mais quelques
croyants ne se reconnaissent plus dans cette religion qui donne tout
à une petite minorité.
Ce sera la Réforme, début du
protestantisme. Dans « Le Maître d'armes », écrit par
Xavier Dorison et dessiné par Joël Parnotte, ont découvre les
prémices de cette sanglante répression. A la base, des érudits
veulent que la parole de Dieu soit directement accessible par tous.
Enlever l'intermédiaire des religieux. Pour cela il suffit de
traduire la Bible en « vulgaire », nom donné au français
compris par la majorité.
Rien de bien méchant à priori. Mais cette
volonté d'éclairer le peuple ne passe pas auprès de ceux qui ont
le pouvoir. Le véritable personnage principal de cette longue BD est
la traduction de la bible. Gauvin de Brême, médecin érudit,
réformiste, vient de finir son manuscrit. Il doit maintenant le
faire parvenir en Suisse où il sera imprimé et largement diffusé.
Mais les sbires du clergé le pourchassent.
Dans les montagnes du
Jura, il va demander l'aide de Hans Stalhoffer, ancien maître
d'armes du roi François 1er. Une course poursuite en plein hiver,
dans la nature implacable. Si le récit fait la part belle à la
prise de conscience de certains hommes et femmes, il montre aussi
dans toute son horreur (les dessins de Parnotte sont parfois d'une
extraordinaire violence) les exactions d'autres soldats, toujours
plus cruels et intransigeants, au nom d'un Dieu qui n'est plus du
tout miséricordieux. Une histoire qui se répète, sous d'autres
latitudes et pour d'autres raisons, mais à la base le problème est
le même : la volonté d'un petit nombre de contraindre la
majorité à ne pas penser par elle-même
« Le
maître d'armes », Dargaud, 98 pages, 16,45 euros
dimanche 8 novembre 2015
BD - Sillage face à un redoutable virus psy
Nävis, la dernière
humaine de la série de SF « Sillage », est de nouveau
mise à contribution pour sauver le convoi d'espèces extraterrestres
à la recherche de nouvelles planètes à coloniser. Alors qu'elle
tente de faire intégrer la jeune Juliette à Sillage, une entité
est libérée par mégarde. Il s'agit d'un virus qui s'attaque à
toute espèce qui a des pouvoirs psy. L'effet est immédiat :
dégradation physique et surtout, tels des zombies incontrôlables,
l'envie de tuer et détruire. Bref rien ne va plus dans Sillage.
Un
scénario bourré d'action signé Morvan, dessiné par Buchet,
toujours aussi pointilleux dans ses créations aliens. Bien que
publiées en grand format, ces planches bourrées de détail
mériteraient une exploitation encore plus grande. Alors si vous
voulez pleinement profiter de ce grand art, munissez-vous d'une loupe
et n'hésitez pas à détailler chaque case.
« Sillage »
(tome 18), Delcourt, 14,50 €
samedi 7 novembre 2015
BD - La France qui se bat
Encore une histoire
d'uchronie. Encore une réécriture de l'Histoire de la seconde
guerre mondiale. Souvent, les scénaristes partent du postulat que
les Nazis remportent la guerre. Cette fois Jean-Pierre Pécau
(scénario) préfère imaginer une France qui ne capitule pas. « Et
si la France avait continué la guerre » se déroule durant cet
été 40. Alors que les divisions nazis déferlent sur le pays, le
gouvernement de Paul Reynaud, replié dans un château de la Loire,
décide de respecter la parole donnée aux alliés britanniques.
Pétain, chef de file des tenants d'un armistice, est arrêté pour
haute trahison, De Gaulle est nommé chef des armées, la première
bataille est perdue mais la France ne capitule pas. Le tome
inaugural, dessiné par Ukropina, est essentiellement politique. Les
événements sont racontés par l'intermédiaire d'un aviateur et de
sa compagne, jeune franco-américaine qui n'a pas froid aux yeux. Aux
commandes de son avion peint en rose, elle va servir de messagère.
Le tome 2 la verra arriver à Toulouse pour tenter de coordonner la
contre-offensive tricolore. Passionnant.
« Et si la France
avait continué la guerre » (tome 1), Soleil, 14,95 €
vendredi 6 novembre 2015
DE CHOSES ET D'AUTRES - Malchance à tous les étages
On se dit parfois qu'on manque de chance, que le mauvais œil nous traque. Avant de vous plaindre, dites-vous qu'il y a pire. Une amie nous raconte sa semaine. Impossible d'enchaîner autant de contrariétés.
La série commence quand sa voiture tombe en panne près de Toulouse "avec les enfants, chargés à bloc, dans la nuit, etc. La totale !". Retour à Perpignan en taxi. Deux jours plus tard, cap sur Toulouse "pour récupérer titine remise à neuf." Sauf que ses mésaventures continuent, capot mal fermé, grosses vibrations et belle frayeur de la conductrice. Nouvel arrêt chez un garagiste. Il comprend le problème, mais avoue son incompétence. Direction un carrossier, la réparation nécessite un point de soudure. Désespoir de l'amie : "Le mécano a eu un problème avec son poste à souder pile à ce moment-là... » Deux heures supplémentaires de perdues.
Suite de l'histoire dans Perpignan, toujours en voiture. Pressée par le temps, elle se gare dans le premier parking souterrain venu pour ne pas rater la séance de cinéma. Sauf que le parking était privé, elle le retrouve fermé. Impossible d'y entrer. Encore moins d'en sortir. Elle devra batailler des heures avant de réussir à s'extraire de ce piège en se faufilant derrière une voiture, comme un vulgaire resquilleur au péage. Seule satisfaction, elle n'aura pas payé un centime.
Une série de déboires qu'elle pourrait, si elle était superstitieuse, mettre au crédit du chat noir qu'elle a écrasé la semaine d'avant sur la route. Pour conjurer le sort il ne lui reste qu'une solution : jouer à l'Euromillions...
La série commence quand sa voiture tombe en panne près de Toulouse "avec les enfants, chargés à bloc, dans la nuit, etc. La totale !". Retour à Perpignan en taxi. Deux jours plus tard, cap sur Toulouse "pour récupérer titine remise à neuf." Sauf que ses mésaventures continuent, capot mal fermé, grosses vibrations et belle frayeur de la conductrice. Nouvel arrêt chez un garagiste. Il comprend le problème, mais avoue son incompétence. Direction un carrossier, la réparation nécessite un point de soudure. Désespoir de l'amie : "Le mécano a eu un problème avec son poste à souder pile à ce moment-là... » Deux heures supplémentaires de perdues.
Suite de l'histoire dans Perpignan, toujours en voiture. Pressée par le temps, elle se gare dans le premier parking souterrain venu pour ne pas rater la séance de cinéma. Sauf que le parking était privé, elle le retrouve fermé. Impossible d'y entrer. Encore moins d'en sortir. Elle devra batailler des heures avant de réussir à s'extraire de ce piège en se faufilant derrière une voiture, comme un vulgaire resquilleur au péage. Seule satisfaction, elle n'aura pas payé un centime.
Une série de déboires qu'elle pourrait, si elle était superstitieuse, mettre au crédit du chat noir qu'elle a écrasé la semaine d'avant sur la route. Pour conjurer le sort il ne lui reste qu'une solution : jouer à l'Euromillions...
jeudi 5 novembre 2015
Cinéma - Quand l'univers de Tardi s'anime
Dans un Paris imaginaire ressemblant à la ville du XIXe siècle, « Avril et le monde truqué » est un formidable voyage dans l'imaginaire du dessinateur Jacques Tardi

Déjà auréolé par le Cristal du film d’animation au festival d’Annecy, « Avril et le monde truqué », long-métrage de Christian Desmares et Franck Ekinci, est la transposition de l’univers graphique de Jacques Tardi (Adèle Blanc-Sec, Brindavoine) sur grand écran. Mais au lieu de se contenter de l’adaptation d’une BD déjà existante, le scénariste, Benjamin Legrand, a pioché dans les ambiances, personnages et époques mises régulièrement en images par le dessinateur connu également pour son adaptation de Nestor Burma.
L’action se déroule à Paris, forcément, celui du début du siècle dans une version uchronique, tendance steampunk. Dans cette France toujours dirigée par la descendance de Napoléon III, le moteur à vapeur règne encore en maître absolu. Les savants n’ont pas encore découvert l’électricité ni mis au point le moteur à explosion. Logique, tout esprit un peu imaginatif est enlevé par une mystérieuse organisation. Comme si l'évolution était condamnée à faire du surplace. En fait tout a commencé en 1870, quand un savant présente à l’empereur un sérum de son invention capable de transformer les soldats en hommes invincibles.
Une explosion plus tard, la face du monde est changée. Pas de guerre entre la France et la Prusse, plus de développement technique et l’épuisement des ressources en charbon. La suite de l’histoire se déroule en 1941, sous le règne de Napoléon V, l’arrière petite-fille du savant cherche toujours à recréer la formule du vaccin alors que la police, dont l’inénarrable inspecteur Pizoni, est sur ses traces.
Matou bavard
Avril (Marion Cotillard à la voix), orpheline, vit seule avec son chat Darwin (Philippe Katerine), matou malin doté de la parole à la suite d’une autre expérience ratée, dans un appartement secret aménagé au sommet d'une statue équestre grandiloquente. Elle cherche ses parents et son grand-père, disparus après une descente de police. Le scénario, bourré de rebondissements, fait la part belle aux décors d’un Paris imaginaire, avec deux tours Eiffel, transformées en gare de départ d’immenses paquebot-téléphériques. Mais il y a également nombre d’autres inventions dans ce film qui surfe de Verne à Hergé en passant par Conan Doyle, la fin du film se déroulant dans ce fameux monde truqué, au plus profond des entrailles de la Terre.
L'histoire, pleine de rebondissements, bénéficie d'une animation à la limite de la perfection, tout en respectant le trait de Tardi. Même si le dessinateur s'est retiré du projet trop chronophage pour ses autres projets, l'équipe a rendu avec fidélité le style incomparable du créateur d'Adèle Blanc-Sec. La preuve que le film d'animation, loin d'être l'apanage des multinationales américaines, peut s'adresser à tous les publics sans trahir l'esprit de son créateur.
Ce projet, initié par Benjamin Legrand, a mis de longues années avant de voir le jour. La genèse est racontée dans une beau livre richement illustré par Tardi. A la base, celui qui a déjà été scénariste de Tardi (Tueurs de cafards), voulait utiliser l'univers du dessinateur pour lancer une série animée entre science-fiction et fantastique. Des savants fous, un chat qui parle, des lézards méchants, une petite fille débrouillarde et quantité d'inventions dans un univers steampunk. Tardi a commencé à mettre sur papier ces idées, premiers croquis repris dans le livre « L'histoire d'un monde truqué » paru chez Casterman. Finalement les aventures d'Avril sont devenues un long-métrage qui, dans un premier temps devait être réalisé par Jacques Tardi lui-même. Mais pressé par le temps, il n'a pas pu aller plus loin que l'élaboration d'un storyboard détaillé des premières scènes. Ce sont ces dessins qui composent l'essentiel du livre, une cinquantaine de pages où l'on retrouve toute la poésie et l'invetion du long-métrage.
« Histoire d'un monde truqué, Casterman, 136 pages, 25 euros.

Déjà auréolé par le Cristal du film d’animation au festival d’Annecy, « Avril et le monde truqué », long-métrage de Christian Desmares et Franck Ekinci, est la transposition de l’univers graphique de Jacques Tardi (Adèle Blanc-Sec, Brindavoine) sur grand écran. Mais au lieu de se contenter de l’adaptation d’une BD déjà existante, le scénariste, Benjamin Legrand, a pioché dans les ambiances, personnages et époques mises régulièrement en images par le dessinateur connu également pour son adaptation de Nestor Burma.
L’action se déroule à Paris, forcément, celui du début du siècle dans une version uchronique, tendance steampunk. Dans cette France toujours dirigée par la descendance de Napoléon III, le moteur à vapeur règne encore en maître absolu. Les savants n’ont pas encore découvert l’électricité ni mis au point le moteur à explosion. Logique, tout esprit un peu imaginatif est enlevé par une mystérieuse organisation. Comme si l'évolution était condamnée à faire du surplace. En fait tout a commencé en 1870, quand un savant présente à l’empereur un sérum de son invention capable de transformer les soldats en hommes invincibles.
Une explosion plus tard, la face du monde est changée. Pas de guerre entre la France et la Prusse, plus de développement technique et l’épuisement des ressources en charbon. La suite de l’histoire se déroule en 1941, sous le règne de Napoléon V, l’arrière petite-fille du savant cherche toujours à recréer la formule du vaccin alors que la police, dont l’inénarrable inspecteur Pizoni, est sur ses traces.
Matou bavard
Avril (Marion Cotillard à la voix), orpheline, vit seule avec son chat Darwin (Philippe Katerine), matou malin doté de la parole à la suite d’une autre expérience ratée, dans un appartement secret aménagé au sommet d'une statue équestre grandiloquente. Elle cherche ses parents et son grand-père, disparus après une descente de police. Le scénario, bourré de rebondissements, fait la part belle aux décors d’un Paris imaginaire, avec deux tours Eiffel, transformées en gare de départ d’immenses paquebot-téléphériques. Mais il y a également nombre d’autres inventions dans ce film qui surfe de Verne à Hergé en passant par Conan Doyle, la fin du film se déroulant dans ce fameux monde truqué, au plus profond des entrailles de la Terre.
L'histoire, pleine de rebondissements, bénéficie d'une animation à la limite de la perfection, tout en respectant le trait de Tardi. Même si le dessinateur s'est retiré du projet trop chronophage pour ses autres projets, l'équipe a rendu avec fidélité le style incomparable du créateur d'Adèle Blanc-Sec. La preuve que le film d'animation, loin d'être l'apanage des multinationales américaines, peut s'adresser à tous les publics sans trahir l'esprit de son créateur.
Aussi une œuvre de papier
« Histoire d'un monde truqué, Casterman, 136 pages, 25 euros.
DE CHOSES ET D'AUTRES - Traquenard capillaire
Ma naïveté me perdra. Hier, je suis tombé dans un traquenard fomenté par des femmes, les êtres les plus retors de notre triste monde. S'il existe bien quelque chose que je déteste encore plus que de fêter mon anniversaire, c'est de me rendre chez le coiffeur. Sans doute des restes de traumatisme de l'enfance, le bruit et la sensation du coupe-chou sur la nuque me provoquent frissons et chair de poule.
Hier, donc, mon épouse me demande de la conduire chez sa nouvelle coiffeuse à Saint-Cyprien. "Après on ira se promener sur la plage. Et manger un morceau face à la mer". Le piège parfait : l'alibi "estomac" fonctionne toujours avec moi. J'accepte de la conduire chez Cyprie & Co. J'attends sagement dans la voiture en écoutant la radio. J'aurais dû deviner le guet-apens en découvrant l'enseigne : salon de coiffure mixte. Depuis peu, Coralie, la patronne, a même créé un "poste homme barbier", preuve que l'invasion des hipsters touche aussi notre contrée pourtant très éloignée de la capitale.
Lorsque surgit mon épouse, une serviette entortillée autour de la tête, mon sort est scellé. "Si tu viens tout de suite, elles peuvent te coiffer en cinq minutes". Voilà comment, à mon corps défendant, je me retrouve entre les mains d'une charmante coiffeuse au savoir-faire indéniable qui a abondamment shampouiné puis débroussaillé ma tignasse de plus en plus grisonnante. Même pas le temps de réaliser ce qui m'arrive.
Les femmes sont redoutables, mais comme pour les piqûres, elles savent que le plus efficace reste l'effet de surprise.
DE CHOSES ET D'AUTRES - #NippelstattHetze
Le titre de cette chronique sous forme de mot-dièse en allemand interpelle forcément les lecteurs qui possèdent quelques notions de la langue de Goethe. Pour les autres, sachez que l'on peut traduire ce #NippelstattHetze par "mamelons plutôt que dénigrement". Un mouvement de plus en plus populaire sur Facebook car au cœur de l'actualité de ce pays européen devenu le refuge de centaines de milliers de migrants en quête d'une vie meilleure, mais aussi, parfois, en butte aux attitudes racistes d'une partie de la population. Tout est parti d'une photo publiée sur la plateforme par le photographe Olli Waldhauer. Une jeune femme, debout derrière un homme assis dans un fauteuil. Ce dernier tient dans ses mains un panneau sur lequel est inscrit un slogan ouvertement raciste.
Manu militari, la photo est retirée par les régulateurs de Facebook. Mais pas à cause du message tendancieux. Non, ça, le géant du net à plus d'un milliard de membres le tolère sans trop de difficulté malgré une charte assez claire. Si cette photo a été censurée dès les premières heures de sa publication, c'est simplement parce que la jeune femme a les seins nus.
D'où le mot d'ordre "des mamelons plutôt que du dénigrement raciste". Expérience réussie pour le photographe qui demande aux membres de partager son cliché. Et précise en toute légitimité que s'il doit être effacé par Facebook, ce n'est pas à cause de la nudité du modèle mais du contenu raciste du message. Un combat loin d'être gagné tant la pudibonderie du réseau social devient sa marque de fabrique.
#NippelstattHetze: Origineller Beitrag gg. #Facebook-Löschpolitik von @olliwaldhauer. https://t.co/LWVGyZrVJK pic.twitter.com/GP0oHPtjkl
— Der Tagesspiegel (@tagesspiegel) 29 Octobre 2015
Manu militari, la photo est retirée par les régulateurs de Facebook. Mais pas à cause du message tendancieux. Non, ça, le géant du net à plus d'un milliard de membres le tolère sans trop de difficulté malgré une charte assez claire. Si cette photo a été censurée dès les premières heures de sa publication, c'est simplement parce que la jeune femme a les seins nus.
D'où le mot d'ordre "des mamelons plutôt que du dénigrement raciste". Expérience réussie pour le photographe qui demande aux membres de partager son cliché. Et précise en toute légitimité que s'il doit être effacé par Facebook, ce n'est pas à cause de la nudité du modèle mais du contenu raciste du message. Un combat loin d'être gagné tant la pudibonderie du réseau social devient sa marque de fabrique.
mercredi 4 novembre 2015
DVD - La rédemption du tueur dans "Gunman" avec Sean Penn
Sean Penn a la gâchette facile dans 'Gunman', film d'action de Pierre Morel.
Il n'y a pas d'âge pour se lancer dans le film d'action. Après Taken ou Expendables, la mode semble de plus en plus dans le papy bodybuildé adepte de tir de précision et de krav maga. Dernier exemple en date "Gunman" de Pierre Morel avec en vedette le très bancable Sean Penn. Peu habitué à ce genre de rôle, Penn se glisse cependant sans trop de difficulté dans la peau de ce tueur insensible obligé de fuir son amour après un dernier contrat.
Le projet, porté par Pierre Morel (Taken), réalisateur efficace issu de l'école Luc Besson, est à la base l'adaptation du roman culte "La position du tireur couché" de Jean-Patrick Manchette. Un roman noir, véritable texte fondateur du genre, référence de toute une génération d'auteurs talentueux. Déjà récupérée par Alain Delon, l'intrigue a de nouveau été largement remaniée pour s'adapter aux thèmes de l'époque. Le tueur Terrier garde son nom mais change de prénom. De Martin il devient Jim. Engagé dans une société de gardiennage au Congo, il protège des organisations non gouvernementales dont celle employant Annie (Jasmine Trinca), médecin. Jim et Annie s'aiment. Mais son emploi officiel n'est qu'une couverture. Il est en réalité un tueur d'une rare efficacité. Il abat un ministre et prend la fuite abandonnant la jeune femme dans les bras de son donneur d'ordres, Félix (Javier Bardem).
Quelques années plus tard, tentant d'oublier son passé de tueur en s'investissant dans l'humanitaire, Jim est pris pour cible par des mercenaires. Il va ressortir les armes et les biscotos. Beaucoup d'action, un peu de politique et un chouïa de romance : le résultat final est un bon divertissement qui a aussi des airs de dépliant touristique, la moitié du film prenant pour cadre Barcelone et ses environs.
Les bonus communs aux deux éditions offrent des interviews du réalisateur et de quelques acteurs comme Jasmine Trinca ou l'excellent Ray Winstone.
"Gunman", Studiocanal, 14,99 euros le DVD, 19,99 euros le blu-ray.
Il n'y a pas d'âge pour se lancer dans le film d'action. Après Taken ou Expendables, la mode semble de plus en plus dans le papy bodybuildé adepte de tir de précision et de krav maga. Dernier exemple en date "Gunman" de Pierre Morel avec en vedette le très bancable Sean Penn. Peu habitué à ce genre de rôle, Penn se glisse cependant sans trop de difficulté dans la peau de ce tueur insensible obligé de fuir son amour après un dernier contrat.
Le projet, porté par Pierre Morel (Taken), réalisateur efficace issu de l'école Luc Besson, est à la base l'adaptation du roman culte "La position du tireur couché" de Jean-Patrick Manchette. Un roman noir, véritable texte fondateur du genre, référence de toute une génération d'auteurs talentueux. Déjà récupérée par Alain Delon, l'intrigue a de nouveau été largement remaniée pour s'adapter aux thèmes de l'époque. Le tueur Terrier garde son nom mais change de prénom. De Martin il devient Jim. Engagé dans une société de gardiennage au Congo, il protège des organisations non gouvernementales dont celle employant Annie (Jasmine Trinca), médecin. Jim et Annie s'aiment. Mais son emploi officiel n'est qu'une couverture. Il est en réalité un tueur d'une rare efficacité. Il abat un ministre et prend la fuite abandonnant la jeune femme dans les bras de son donneur d'ordres, Félix (Javier Bardem).
Quelques années plus tard, tentant d'oublier son passé de tueur en s'investissant dans l'humanitaire, Jim est pris pour cible par des mercenaires. Il va ressortir les armes et les biscotos. Beaucoup d'action, un peu de politique et un chouïa de romance : le résultat final est un bon divertissement qui a aussi des airs de dépliant touristique, la moitié du film prenant pour cadre Barcelone et ses environs.
Les bonus communs aux deux éditions offrent des interviews du réalisateur et de quelques acteurs comme Jasmine Trinca ou l'excellent Ray Winstone.
"Gunman", Studiocanal, 14,99 euros le DVD, 19,99 euros le blu-ray.
DE CHOSES ET D'AUTRES - Météo et complot
Philippe Verdier, présentateur météo sur France 2, vient d'être licencié. Il devrait presque s'en féliciter tant sa mésaventure apporte une énorme publicité gratuite à son livre sur le climat. Résumé des épisodes précédents : mi-octobre, le M. Météo du service public prend des congés. Il a besoin de ce temps pour assurer la promotion de son essai Climat Investigation, brûlot destiné à dénoncer le "complot" du réchauffement planétaire. Un manifeste "climatosceptique" à quelques semaines de la conférence COP 21 à Paris.
La direction de la chaîne apprécie peu les sorties virulentes de Philippe Verdier ; il met clairement en cause la probité du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec). Il pense qu'on dramatise la situation, que le réchauffement de la Terre n'est pas aussi important que décrit, notamment en France. Convoqué en entretien préalable en vue de son licenciement, il lance une pétition sur le net pour "sauver son job". En vain.
Dernier rebondissement, mis en scène avec effet dramatique à volonté, il publie ce week-end une vidéo dans laquelle, face à la caméra, il ouvre sa lettre de licenciement et déclame, comme si la fin du monde était imminente : "J'ai décidé d'ouvrir cette lettre avec vous et devant vous parce qu'elle s'adresse à chacun au nom de la liberté d'expression et du droit à l'information."
Viré donc, mais il devait s'en douter. L'argumentaire de son livre débute par ces deux phrases : "Le climat est aujourd'hui une guerre, une religion. Tout avis contraire sera éliminé." Dont acte.
Philippe Verdier ouvre sa lettre de... par Editions_Ring
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