mercredi 5 mars 2014

Polar - La vieille qui voulait tuer le Bon Dieu enfin en poche !

Adeptes du bon goût s'abstenir. Mémé Cornemuse, l'héroïne totalement déjantée imaginée par Nadine Monfils est de retour. Cette grand-mère indigne, fan de Jean-Claude Van Damme et d'Annie Cordy, imagine le casse du siècle. Une bijouterie regorgeant de breloques. Elle emménage donc dans un immeuble ou vit ce genre de locataire « qui avait un gros grain de beauté sur la joue gauche, garni d'un poil noir. Avec le double menton, on aurait dit une sorte de bonobo en jupe plissée. » Et si vous en voulez plus, jetez-vous sur « Mémé goes to Hollywood », la nouveauté 2014 qui vient de sortir chez Belfond. (Pocket, 6,10 €)

mardi 4 mars 2014

DE CHOSES ET D'AUTRES - Le succès planétaire du "Hollywood selfie"


Toute la différence entre les Oscars et les Césars se résume à une histoire de selfies, ces photos prises à bout de bras avec son smartphone et que l'on partage sur les réseaux sociaux.
Vendredi soir, Kev Adams se photographie sur scène en compagnie de Cécile de France, la "maîtresse" de cérémonie. Une image reprise sur Twitter un peu plus de 900 fois. Dimanche, aux Oscars, l'autre maîtresse de cérémonie, Ellen DeGeneres, demande à Bradley Cooper de réaliser un selfie où elle est entourée de quelques stars. En moins d'une heure, le selfie hollywoodien est repris un million de fois. Depuis la fin de la cérémonie, il dépasse les deux millions. Aujourd'hui il est à plus de 3 millions... Oscars 1, Césars 0.
Rien d'étonnant. Le casting US était plus affriolant que Kev Adams dont l'étiquette d'humoriste se voit de plus en plus mise à mal, notamment vendredi soir. En plus de Bradley Cooper, figuraient sur le cliché Jennifer Lawrence, Jared Leto, Angelina Jolie, Meryl Streep, Brad Pitt, Julia Roberts, Kevin Spacey...
De mauvaises langues soupçonnent ces selfies d'être des publicités déguisées ; un appareil sud-coréen de marque identique a servi aux deux photos, je ne la citerai pas car "ça me saoule". Or d'ordinaire, Ellen DeGeneres utilise le haut de gamme d'une marque américaine fruitée. Il se peut que des publicitaires branchés et tordus (double pléonasme) aient eu cette idée pour montrer leur produit. Mais vu les résultats, à leur place, je demanderais sur-le-champ à Kev Adams de rendre le 'dessous-de-table' qu'il a forcément dû empocher.

Chronique "De choses et d'autres" parue ce mardi en dernière page de l'Indépendant. 

BD - Argent puant dans "Hedge Fund"


Inspiré des souvenirs de Philippe Sabbah, banquier et co-scénariste, la série « Hedge Fund » ne vous réconciliera pas avec le capitalisme s'il vous fait horreur. Sabbah a parfaitement connu ce milieu de traders et hommes d'affaires qui manient les millions comme d'autres des pièces de 1 euro. Avec l'aide de Tristan Roulot il a romancé cette histoire de jeune loup prêt à tout pour s'imposer dans un monde impitoyable. 
Il fallait un dessinateur réaliste pour cette série. Patrick Hénaff se charge parfaitement de la mission, alternant open space, villas luxueuses et boites de nuit branchées. 
Franck Carvale, jeune Français, exilé à Hong Kong pour cause de faillite à Paris, vivote en vendant des assurances retraite peu rémunératrice. En rencontrant un certain Bilkaer, il met le pied dans ce système des hedges funds, abomination capitalistique qui rapporte gros aux plus joueurs... et immoraux. 
Grâce à des explications claires et simples, on a presque l'impression de se retrouver dans la peau de Carvale. Cela peut donner envie à certains. Faire vomir d'autres. Un premier tome épatant qui annonce une suite encore plus palpitante.

« Hedge Fund » (tome 1), Le Lombard, 12 €

lundi 3 mars 2014

BD - Jéromeuh, un garçon au poil

Jéromeuh (avec Meuh comme une vache qu'il n'est pourtant pas...) a commencé par dessiner sur un blog. Des gags où il se mettait en scène. Succès immédiat. Il est vrai qu'il aborde un sujet assez peu commun dans la bande dessinée : la vie en couple. Mais pas n'importe quel couple. Jéromeuh vit avec son « prince charmant, Philippe ». Après avoir décortiqué cette histoire d'amour dans un premier album, il revient avec des gags et histoires courtes qui voient l'arrivée d'une troisième pièce dans le puzzle : sa meilleure amie, blonde écervelée radicalement hétéro... 
La rencontre de ces trois est souvent explosive. Jéromeuh sert parfois de punching-ball entre les deux. Il doit faire preuve d'une grande diplomatie quand la belle, larguée par son mec, vient squatter chez les garçons. C'est finement observé, jamais vulgaire et au contraire presque trop romantique comme la demande en mariage ou l'hommage à Bernadette Laffont. Une BD qui prend aussi position, pour le mariage gay, contre les intolérants. Parce qu'on peut rire de tout, mais il y a des limites face à la bêtise...

« Un garçon au poil », Jungle, 13,95 €

DE CHOSES ET D'AUTRES - Anti-Neknomination


Le triste phénomène de la Neknomination sur Facebook a à peine eu le temps de devenir célèbre que plusieurs contreprojets ont vu le jour pour détourner un concept au summum de la bêtise (voir chronique du 14 février). A la base, il s'agit de boire cul sec une forte quantité d'alcool devant sa webcam et défier trois amis d'en faire autant.

Une chaîne de beuverie si inquiétante que certaines institutions ont même lancé des campagnes de communication comme le département des Alpes-Maritimes. Sous le mot-dièse #StopNeknomination, le slogan malheureusement vrai « L'alcool ne tue pas que les conducteurs... » devrait faire réfléchir. D'autres tweets demandent de « Briser la chaîne » en disant simplement non.
Même la ministre de la Santé Marisol Touraine publie un tweet pour dire que « Le courage, c'est de dire non ! »



Autre initiative, celle d'un internaute qui profite de la date du 14 février pour lancer le défi d'offrir des fleurs à une inconnue. Et de demander à trois amis de faire pareil. La chaîne des fleurs est tout de suite plus poétique que celle de la biture. Mais celui qui a le plus de succès (du moins au niveau des médias), est un jeune Bordelais. Au lieu de boire de l'alcool, Julien Voinson a initié une chaîne de bonnes actions - la smartnomination - où on le voit distribuer de la nourriture à des sans-abri.
Comme quoi, toute idiotie, une fois dénoncée et détournée, trouve son utilité dans une société en manque de repères.

dimanche 2 mars 2014

BD - Clarke va mieux, il le raconte dans "Les Etiquettes"


Clarke, dessinateur de Mélusine, a une vie de rêve. La série marche très bien, il a suffisamment de temps pour signer des albums plus personnels, ses enfants sont en bonne santé. Le seul problème, c'est son couple. Il a explosé. Avec pertes et fracas. Il ne comprend toujours pas et a décidé de mettre ces interrogations sur papier. Des histoires courtes de trois à cinq pages, en noir et blanc, écrites et dessinées avec les tripes. Il y a des passages assez déprimants, d'autres plus joyeux. 
Car même si on s'enfonce dans une dépression, la vie autour de soi continue et parfois vous révèle de belles surprises. Comme cette jolie demoiselle rencontrée en terrasse et qui lui explique comment remplir des étiquettes autour de soi. Et de s'en coller une sur le front. Clarke sera le « dessinateur ». Il l'accepte et va déjà beaucoup mieux. Il raconte aussi ses amours furtives dans les festivals, ses tentatives de faire du sport ou de comprendre ses enfants, quasiment adultes... 
Et puis il rend visite à son oncle, dessinateur de BD aussi. Un certain Pierre Seron. Attention, émotion garantie dans ces quelques dessins d'une grande tendresse.

« Les étiquettes », Glénat Treize Etrange, 15 €

samedi 1 mars 2014

BD - Sénatrice au combat dans la suite d'Alter Ego


Deux mois après le premier volet, la suite de la saison 2 d'Alter Ego débarque dans les librairies. Les auteurs, Renders et Lapière au scénario, Efa et Elias au dessin, ne laissent pas les lecteurs souffler. Après la présentation de la secte dominée par Noah Mendez, fils du président et principal manipulateur de la saison 1, la sénatrice Delia Mikulski entre en scène. Cette démocrate fait partie de la commission d'enquête chargée de trouver les coupables de l'affaire des Alter-Ego. Elle ne croit pas à ces jumeaux virtuels dont la santé est interdépendante. 
Pour elle, cette affaire n'était qu'une opportunité pour la NSA de surveiller massivement les citoyens du monde entier. Pourtant elle va douter quand Teehu (personnage au centre du premier tome) lui révèle l'existence d'une sœur jumelle. Delia protégée par Doug, chevalier servant prêt à tout pour sa belle, d'autant que deux autres membres de la commission sont assassinés en quelques jours. Palpitant, passionnant, étonnant... Ce n'était pas évident, mais c'est devenu indéniable : la suite d'Alter Ego vaut largement l'original.

« Alter Ego, saison 2 » (tome 2), Dupuis, 12 €

vendredi 28 février 2014

DE CHOSES ET D'AUTRES - Ça les énerve à ces pauvres Anglais...

Les instituts de sondage ne chôment pas en France. Les municipales, si elles ne déplacent pas les foules, font au moins marcher le secteur. Des entreprises tributaires de l'actualité et qui, quand la politique est en berne, se rabattent sur tout et n'importe quoi.

En Angleterre, cette période permet de lire dans la presse des sondages à la limite du surréalisme. The Independant, comme l'a relevé Alex Taylor dans sa revue de presse internationale hier matin sur France Inter, publie dans sa dernière édition une enquête d'opinion sur les 50 choses qui énervent le plus les Anglais dans la vie moderne. En tête les caisses automatiques dans les supermarchés. Avec l'exemple du client furieux parce qu'il n'existe pas de code-barres sur la banane qu'il vient d'acheter...

Allez savoir pourquoi, les Anglais ressentent également une certaine acrimonie contre les machines à pain et les machines à café.

Par contre on les comprend quand ils placent en 42e position Justin Bieber, même si personnellement il serait plutôt dans le Top 3. Je plains en effet ces pauvres Anglais qui, en plus de subir les frasques et les mélodies du jeune Canadien, comprennent parfaitement les paroles de ses chansons, calvaire qui est épargné à la grande majorité des Français (être mauvais élève paie parfois). Parmi les choses détestées que l'on retrouve certainement en France : les spam et la téléréalité.

Un sondage qui ne manque pas d'imagination puisqu'une majorité des 570 personnes interrogées déteste "devoir attendre devant des toilettes de pub occupées par des adolescentes qui squattent les lieux pour y réaliser des selfies".

Thriller - La vie, la mort... un jeu !

Enfin ! Bretin et Bonzon achèvent enfin leur saga fantastico-policière du Complex. Un tome 3 encore plus étonnant que les précédents.


Après « Eden » et « Sentinelle », la trilogie du Complex est enfin bouclée avec « Génération ». A la manœuvre, Denis Bretin et Laurent Bonzon, qui, quand ils écrivent en duo, abandonnent leurs prénoms pour le plus claquant Bretin & Bonzon. Le seul reproche que l'on peut leur faire, c'est la lenteur. Pas dans l'action du roman. Non, dans la parution de cet épilogue tant attendu de tous les lecteurs des deux premières parties de cette vaste saga fantastico-policière. Cinq ans c'est long. On retrouve donc les flics Renzo Sensini et Roman. Le bel Italien impassible au passé mystérieux et l'informaticien, un peu mou, trop gras et timide, mais à l'intelligence acérée et compétences techniques sans limite. Le duo travaille à Interpol. Du moins Roman car Renzo vient de démissionner.

L'Aubrac en décor
Les premières pages de ce troisième tome reviennent succinctement sur les événements précédents. La découverte du vaste complot par Sensini, la rédaction d'un rapport circonstancié et sa mise au placard immédiate. Visiblement il s'attaque à beaucoup plus fort que lui. D'autant que son amie, Iva, est éliminée. Un meurtre comme une simple mise en garde très explicite destinée à Sensini. Inquiet, ce dernier va immédiatement se rendre chez Léo, son ami prêtre retiré dans une maison isolée sur l'Aubrac. Une bonne partie du roman se déroule dans cette belle mais rude région de l'Aveyron. Dans la maison de Léo, déserte et transformée en camp de base par Sensini, dans une autre maison à proximité, la cave exactement où est détenu Léo, torturé par un homme se faisant appeler le Loup. Lentement mais sûrement, on devine la confrontation à venir entre ce dernier et Sensini. Une vieille dette à solder.

L'île du jeu
Une intrigue en plus dans la trame du roman déjà très riche. L'action se déplace parfois aux USA. En Virginie, là ou vit une certaine Tracy. Cette « gameuse » qui a pour pseudonyme RosaLux (pour Rosa Luxembourg) tente avec d'autres passionnés de jeux vidéo, d'atteindre le niveau 9 de l'île. Ce jeu, apparu récemment sur la toile, est unique. Il est réservé aux meilleurs. Si réel qu'on peut y laisser sa peau, au figuré.
La partie fantastique du roman est parfois un peu compliquée. Il faut s'accrocher et faire une sacrée gymnastique pour passer de la réalité à la réalité virtuelle puis à cette île, lieu imaginaire peuplé par des « partners » qui ont tout l'air d'être les maîtres du monde. Tels les Dieux sur l'Olympe, ils regardent les Humains courir en tous sens comme des cohortes de fourmis dérangées dans leur labeur programmé. Ils aiment bien jouer avec les mortels. Mais n'apprécient pas du tout quand on s'approche de leur repaire, le fameux niveau 10 de l'île. Pour se protéger ils ont une arme redoutable : Chitchine, tueur russe implacable.
L'attrait de ce roman fleuve de 400 pages consiste aussi dans la multiplicité des personnages. Les chapitres courts, très rythmés, empêchent le lecteur de s'ennuyer. Il est happé par le mouvement et l'inéluctable. Et en toile de fond on trouve une réflexion sur la manipulation des masses. Complex est un roman policier tirant sur le fantastique mais avec une bonne dose de politique pour ne pas mourir idiot.
Michel LITOUT

« Génération » (Complex, tome 3) de Bretin et Bonzon, éditions du Masque, 20 €

jeudi 27 février 2014

DE CHOSES ET D'AUTRES - Ces étoiles bien cachées


La dernière livraison du Guide Michelin regorge d'adresses étoilées. Dans la région, plusieurs restaurants sont distingués. Pourtant, les véritables pépites où l'on savoure bonheur culinaire et accueil chaleureux bénéficient rarement de cette publicité de prestige.
Durant mes années aveyronnaises, je n'ai jamais aussi bien mangé qu'à l'Hôtel du Centre de Baraqueville. Simple, rustique, copieux, pas cher. Et pas de chichis. Le potage, toujours compris dans le menu, était amené dans une grande soupière qui passait de table en table.
Quand j'étais en poste à Castelnaudary, le Bar de l'Industrie était devenu un second bureau tant l'accueil de Sabine, Philippe et Ali était chaleureux. Des endroits de ce genre, heureusement il en existe encore. Il faut les chercher, ne pas hésiter à pousser des portes inconnues.
Et il s'en crée même de nouveaux. Pour preuve dans mon village actuel, à Pollestres au sud de Perpignan, deux jeunes - Vincent et Sébastien - viennent de reprendre le bar du centre-ville, le Café du Midi, après trois longues années de fermeture. Un matin, je sirote mon café et le barman s'occupe en découpant des pommes de terre destinées à devenir les frites maison du plat du jour. Car le midi, ils proposent un menu tout compris, sans prétention mais qui ne déçoit jamais. Derrière les fourneaux, Sébastien le cuistot allie tradition et modernité. Comme le décor, peintures refaites à neuf mais avec aux murs de vieilles publicités émaillées pour des boissons du passé, un vélo rouillé et des pochettes de 33 tours. Eux, comme d'autres, ne figurent pas dans le Michelin mais ne déméritent pas.