dimanche 13 juin 2021

Cinéma en streaming - Vous ne vous endormirez pas devant « Awake »


Nouveau film inédit sur Netflix. Une énième variation sur la fin du monde. Jill (Gina Rodriguez), ancienne militaire, tente d’élever seule ses deux enfants, Noah, un grand ado et Matilda encore petite fille. Quand l’électricité s’arrête, la civilisation commence à s’écroule. Mais le pire est la mutation vécue par tous les humains qui ne peuvent plus dormir. Mais ne plus se reposer implique mourir à brève échéance. Une semaine maximum. 

Le film va crescendo, comme la composition des acteurs qui doivent littéralement se transformer en zombies épuisés et déments plus le temps passe. Gina Rodriguez, héroïne des 5 saisons de « Jane the virgin », est très convaincante dans ces scènes entre violence absolue et délire hallucinatoire. 

samedi 12 juin 2021

Roman - René et Georgette Magritte à la plage

Quand un grand peintre belge se rend en villégiature sur la mer du Nord, il emmène dans ses bagages sa femme et leur petit chien, Loulou. Et que fait un artiste en vacances ? Pour Nadine Monfils, la romancière qui a imaginé cette série de romans, il se transforme en détective privé. Enfin, plus sa femme que lui : les congés c’est pour se la couler douce, loin du peuple et des touristes. Mais Georgette aime aller au contact des gens. Comme cet homme qui au restaurant de l’hôtel raconte au couple qu’il est très inquiet pour sa femme, disparue depuis une semaine. 

Le lendemain, en bord de mer, les Magritte tombent sur le cadavre du mari abandonné. Les voilà partis pour une enquête rocambolesque et pleine de rebondissements. Nadine Monfils truffe son récit de belgicisme parfaitement expliqués aux néophytes et de personnages hauts en couleurs. Magritte apprécie. 

« Les folles enquêtes de Magritte et Georgette à Knokke-le-Zoute », Nadine Monfils, Robert Laffont, 14,90 € 

De choses et d’autres - La cicadapocalypse

Aux USA, sur la côte Est, ce n’est plus la pandémie qui est sur toutes les lèvres mais la cicadapocalypse. Ce mot charrette est composé d’« apocalypse » que tout le monde connaît, en anglais comme en français et de « cicada » qui veut dire cigale.

Oui, en ce début juin, les Américains craignent que l’apocalypse soit provoquée par des cigales et cela donne ce mot-clé omniprésent sur les réseaux sociaux : #cicadapocalypse. Ces cigales n’ont rien à voir avec celles qui font le charme de notre Sud.

Elles chantent, mais sont surtout beaucoup trop nombreuses. Des millions, voire des milliards qui sortent de terre depuis quelques jours. Un phénomène d’autant plus redouté qu’il ne se produit que tous les 17 ans.

Ces cicadas sont surnommés cigales zombies puisqu’elles arrivent à l’air libre tel un mort vivant s’extrayant de sa tombe. Elles ne provoquent pas de dégâts sérieux aux plantations comme les sauterelles africaines, se contentant de chercher à survivre quelques jours pour se reproduire et pondre leurs œufs qui écloront dans… 17 ans.

En fait l’apocalypse se résume à une sortie de route sans gravité à cause d’une bestiole trop curieuse. A noter également : les radars météo de Washington ont totalement perdu la boule. Les sons des cigales font comme si des pluies diluviennes s’abattaient sur la région.

Le pire reste quand même la mise en garde des autorités car des hurluberlus proposent des recettes à base de cicadas. Si elles apportent effectivement pas mal de protéines, elles sont aussi composées de chitine, la carapace des insectes quasiment impossible à digérer.

En réalité, comme trop souvent, ce ne sont pas les cicadas qui risquent de provoquer l’apocalypse mais la bêtise des humains. 

vendredi 11 juin 2021

De choses et d’autres - La danse de la vaccination

Ceux qui nous ont prédit l’avènement d’un monde nouveau post pandémie ont tout faux. En réalité ce n’est pas un monde, mais deux, radicalement opposés qui doivent désormais cohabiter.

D’un côté, les plus nombreux : les pro-vaccination. De l’autre, aux rangs plus clairsemés mais beaucoup plus vindicatifs et médiatiques : les anti-vaccination, antivaxs dans le langage courant.

Aux repas de famille, on est souvent sommé de choisir pour un camp ou l’autre. Comme si la ligne de démarcation était nette et infranchissable. Le plus désolant dans ces deux conceptions de la santé qui s’opposent, ce sont les réactions souvent exagérées. Constatation valable pour les deux camps.

Comme cette directrice d’un cours de pole dance à Troyes dans l’Aube. Les cours reprennent ce mercredi mais elle a prévenu par mail qu’elle refuserait tous les élèves qui sont… vaccinés. Elle prétend que les vaccins sont encore en phase de test et qu’elle ne veut donc pas prendre de risque.

Comme si attraper le covid-19 était moins dangereux que de se trouver à côté de quelqu’un qui pourrait avoir mal au bras après la piqûre ou souffrir de maux de tête passagers. Et jusqu’à preuve de contraire, une thrombose n’est pas contagieuse…

Mais ils sont comme ça les antivaxs, à toujours chercher la petite bête. Pourtant, sur le site de l’école, il est bien précisé que « pour toute inscription, un certificat médical précisant qu’il n’y a aucune contre-indication à la pratique de la danse acrobatique, devra obligatoirement être fourni ».

Mais ne voyons que le bon côté des choses. Mesdames, si vous ne voulez pas danser avec ce bellâtre qui vient de vous inviter, pas la peine de chercher une excuse bidon, dites juste la formule magique : « Désolée, je suis vaccinée… » 

Cinéma - Sauter d’effroi avec « La nuée »

Virginie (Suliane Brahim) prise au piège de sa serre remplie de sauterelles. The Jokers / Capricci 

Cela n’en a pas l’air, à première vue, mais La Nuée de Just Philippot, film de genre (thriller, horreur et fantastique) est aussi un excellent brûlot sur les difficultés de l’agriculture française. Car, si tout dérape dans la vie de Virginie (Suliane Brahim), c’est en raison des dettes contractées pour faire marcher l’exploitation familiale. 

Cette femme, élevant seule ses deux enfants, était aide-soignante. Son mari avait cette ferme et un élevage de chèvres. Sa mort plonge la famille dans le désespoir. Et Virginie décide une reconversion. Terminés les patients, bonjour les sauterelles. Il y a plus de protéines dans les sauterelles que dans la viande. C’est l’avenir pour nourrir la planète. 


■ L’aliment miracle 

Elle élève des centaines de ces insectes dans des serres en plastique pour les revendre, sous forme de friandises grillées et aromatisées (gingembre ou curcuma…) ou transformées en farine, notamment pour l’alimentation animale. Un nouveau type d’élevage qu’elle ne maîtrise pas, à son grand désespoir.

Le rendement est faible, les revenus insuffisants pour subvenir aux besoins de ses enfants, Laura (Marie Narbonne), adolescente qui ne supporte plus qu’on se moque d’elle en la traitant de la fille de la folle des sauterelles et Gaston, plus jeune et passionné de foot. Par hasard, Virginie découvre qu’un certain aliment décuple la reproduction des sauterelles et leur permet de se développer plus rapidement. De devenir plus grosses, aussi. C’est la solution. Reste à en assumer les risques… 

Parfaitement réalisé, interprété à l’unisson de Suliane Brahim, sociétaire de la Comédie française, La Nuée, sans abuser d’effets trop gores, remplit son contrat : nous faire frissonner, puis carrément paniquer à la vue de la moindre bestiole dotée de grandes pattes poilues. 

➤ Film français de Just Philippot avec Suliane Brahim, Sofian Khammes, Marie Narbonne



jeudi 10 juin 2021

De choses et d’autres - L’étrange casting du RN aux élections régionales

À chaque élection locale on y a droit. Le Rassemblement National, version dédiabolisée du Front National éprouve quelques difficultés pour trouver suffisamment de candidats pour être présent partout. Le parti de Marine Le Pen n’a jamais caché que ces scrutins sont aussi pour lui des machines à cash, chaque voix permettant au RN d’augmenter sa « part de marché » et de toucher des subsides de l’État au prorata.

Alors forcément, certains candidats sont parachutés, d’autres choisis un peu au petit bonheur la chance. Vient ensuite la vérification de leur cursus. Et là, quelques erreurs de castings sont relevées.

Comme ce candidat de la Creuse qui ne terminera pas la campagne pour cause d’emprisonnement. Cinq mois ferme pour violences conjugales. Ou cette autre candidate en Corrèze, désinvesties après avoir demandé qu’on fasse « sauter » les mosquées.

Des presque anonymes qui ne doivent pas cacher les barons du RN qui eux aussi dérapent ou ont dérapé mais continuent à bénéficier du soutien du parti d’extrême droite. Comme Julien Odoul, tête de liste en Bourgogne, qui a plaisanté sur le suicide d’un agriculteur ou s’est moqué, sur un plateau de télévision, de la « blondeur » d’une des invitées.

Et puis il y a Philippe Vardon. Second sur la liste des Alpes-Maritimes, c’est aussi le directeur de campagne de Thierry Mariani. Cet ancien membre du groupuscule Unité Radicale a été filmé entonnant des chants nazis au milieu d’autres militants le bras tendu.

« Une erreur de jeunesse » selon Thierry Mariani. C’est bien tout le problème de cette dédiabolisation : voter pour le Rassemblement national c’est toujours prendre le risque de confier le pouvoir à des individus aux idées plus rassies que rassembleuses. 

Cinéma – De l'importance des doudous au travail

Deux Podalydès pour le prix d’une place de cinéma. « Les deux Alfred » est une farce très caustique tapant avec un plaisir non dissimulé sur le nouveau monde de l’entreprise.

◗ Naissance d’une belle amitié entre Alexandre (Denis Podalydès) et Arcimboldo (Bruno Podalydès) dans la chambre des enfants du premier.

Tout parent un peu sensé sait l’importance des doudous pour les très jeunes enfants. Et les plus malins, savent d’entrée qu’il faut doubler la fameuse peluche, en cas de perte inopinée. Dans le film de Bruno Podalydès Les deux Alfred, le doudou est double. Deux petits singes qui ne doivent jamais se séparer. Des contraintes relativement nouvelles pour Alexandre (Denis Podalydès), père d’un bébé dont il est obligé de s’occuper, à plein temps, pour cause de mission secrète de sa femme (elle est sous-marinière).

C’est aussi un test, car Alexandre, la quarantaine désinvolte, se retrouve au chômage et obligé de prouver à la mère de ses enfants qu’il peut s’en occuper et subvenir à ses besoins. Par chance, il vient de décrocher un entretien dans une société de conseil. Il débarque dans une entreprise nouvelle génération, créée et dirigée par Aymeric (Yann Frisch), un patron de 24 ans, où l’employé fixe son salaire et doit être « pro réactif ». Cela se présente bien pour Alexandre, à part cette condition exclusive : « No child ! », pas d’enfants. Car, pour être dispo « H24 », le nouveau salarié (esclave dans ce cas précis), doit être mobilisable à toute heure du jour et de la nuit.

Alors, Alexandre ment, avec un certain aplomb et les en nuis débutent. Lancé sur un projet mineur (créer un tournoi de combat de drones dans une ville de banlieue), il est chaperonné par Séverine (Sandrine Kimberlain), executive woman qui se déplace en voiture autonome et maltraite sa petite stagiaire Suzie (Luana Bajrami).

La poésie façon Uber

Pour rendre le tout encore plus loufoque (car, paradoxalement, ce monde de l’entre prise moderne est risible dans ses moindres décisions), le réalisateur s’est donné le rôle d’Arcimboldo. Un homme totalement ubérisé qui croise Alexandre à la crèche (un des services proposés est de conduire vos enfants le matin à l’école ou à la crèche) et va venir squatter chez lui. Un doux dingue de l’ancien monde tentant de s’adapter, tout en conservant ce fond d’humanité qui fait tant défaut ailleurs.

Tel un grand huit, ce film mélange scène burlesques, sarcastiques, visionnaires et, finalement, assez romantiques car, nouvelles techniques de management ou pas, l’amour est toujours en embuscade. Surtout chez tous ces hommes et femmes qui doivent dissimuler tant de secrets pour essayer de faire leur trou dans une société formatée.

« Les 2 Alfred », film de et avec Bruno Podalydès avec également Denis Podalydès, Sandrine Kiberlain, Yann Frisch et Luana Bajrami



mercredi 9 juin 2021

Cinéma - “Le discours” : dans la tête d’un torturé de la vie

COMÉDIE Le héros se demande ce qui est le pire : se faire larguer pas sa petite amie ou prononcer un discours au mariage de sa sœur ? 

Benjamin Lavernhe, antihéros flippé du “Discours”, imagine comment sa petite amie, Sara Giraudeau, le trompe avec un guitariste langoureux, Sébastien Pouderoux. Les Films Sur Mesure 

Il est des exercices cinématographiques plus aisés. Adapter le roman Le discours de Fabcaro semblait une mission quasi impossible. Même l’auteur avait des doutes : « Un texte aussi introspectif allait être ennuyeux à l’écran » a-t-il expliqué à Laurent Tirard. Pourtant, à l’arrivée, le film, en plus d’être très novateur sur la forme, respecte le récit et surtout retrouve toute la dérision mélangée à pas mal de poésie du personnage principal, 

Adrien (Benjamin Lavernhe) se pose plein de questions. Sur son couple notamment. Un jour, sans crier gare, Sonia (Sara Giraudeau), sa petite amie, lui annonce qu’elle a besoin de faire une pause. Après de très longs jours de silence, Adrien craque et envoie un SMS à Sonia pour lui demander comment elle va. Après avoir appuyé sur le bouton envoi, il se rend chez ses parents pour un repas de famille. 


■ Seconds rôles divertissants 

Un repas interminable, au cours duquel il va attendre la réponse de Sonia. Mais, entre le plat (gigot gratin) et le dessert (gâteau au yaourt, à moins qu’un peu de fantaisie ne s’invite à table), Ludo (Kyan Khojandi), le futur époux de sa sœur Sophie (Julia Piaton), lui demande (lui ordonne, plus exactement), de prononcer un discours le jour de la cérémonie. Alors qu’Adrien gamberge de plus en plus sur la non-réponse de Sonia, cette hypothèse l’achève. Il va donc imaginer comment éviter de faire ce discours, comment le réussir et comment il va forcément le rater. 

Le film se découpe en trois zones distinctes, mais qui s’imbriquent sans cesse : le repas, le mariage imaginaire, et les souvenirs d’Adrien. Dans cette dernière partie, on découvre le premier chagrin d’amour d’Adrien avec une étudiante militante dévouée pour les petits Africains, interprétée par Marilou Aussilloux, l’actrice originaire de Narbonne, déjà vue dans l’autre comédie du moment Adieu les cons. 

D’une façon générale, tous les seconds rôles sont excellents, de François Morel en père d’Adrien à Sarah Suco, l’amie de Sonia qui l’a présentée à Adrien. Mais Le discours ne serait pas aussi réussi si Benjamin Lavernhe n’avait pas incarné avec ses tripes ce grand dadais entre timidité et romantisme, hypocondriaque, trop gentil et incapable de dire ce qu’il pense. À moins que finalement, dans ce fameux discours…  

➤ Film français de Laurent Tirard avec Benjamin Lavernhe, Sara Giraudeau, François Morel, Kyan Khojandi, Guilaine Lonfez, Sarah Suco. 



BD - Quand on aime, c’est pas pour la vie !


Si vous venez de tomber amoureux, que vous vous êtes mis en couple depuis quelques semaines ou si vous projetiez de vous marier cet été, n’ouvrez surtout pas ce recueil de gags et d’histoires courtes écrites et dessinées par Yannick Grossetête.

Il y est question d’amour, effectivement, mais pas toujours de sa version la plus positive et cool. Ainsi va la vie, on aime, puis la routine du quotidien érode la passion et le train-train gâche ce qui pourtant s’annonçait comme une belle histoire. Les couples décrits sont tous bancals, vacillants et sur le point de rompre.  

Il est aussi beaucoup question de la famille. Les pires moments, comme la visite à l’Ehpad (quand on se trompe de vieux), le match de foot du petit dernier (maman montre ses seins chaque fois qu’il a la balle) ou l’apprentissage à la survie dans la campagne.

Et quand le divorce est prononcé, le plus étonnant est la façon dont est décidée la garde des enfants… ou du chat.  

« Merci l’amour, merci la vie » (tome 2), Fluide Glacial, 9,90 € 

mardi 8 juin 2021

Série Télé - L’affaire Skripal ou la Russie en accusation


En ligne sur Arte.tv depuis le 3 juin et diffusée jeudi prochain sur la chaîne franco-allemande, la série Britannique Affaire Skripal : l’espion empoisonné, revient sur un fait divers qui a provoqué une vague de panique dans la ville de Salisbury

Le 4 mars 2018 : Sergueï Skripal, 66 ans, et sa fille Ioulia, 33 ans, sont retrouvés inconscients sur un banc. Skripal est un ancien agent secret russe. Son passé trouble va orienter les enquêteurs vers un empoisonnement commandité par l’État russe. Mais l’incident diplomatique va vite passer au second plan car d’autres personnes vont être empoisonnées indirectement. Notamment un agent de police, le lieutenant Nick Bailey (Rafe Spall) qui a perquisitionné la maison de Skripal. 

Pour éviter que d’autres habitants soient atteints, Tracy Daszkiewicz (Anne-Marie Duff), directrice de la santé publique de la ville, décide de neutraliser de larges zones de la cité. La série, en quatre épisodes chronologiques, raconte par le menu les décisions prises par les autorités, l’inquiétude des habitants ou la volonté du gouvernement de limiter la panique. La série a la force d’un documentaire et le suspense d’un thriller.