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lundi 21 février 2022

De choses et d’autres - Limace poisseuse

La pluie a fait un timide retour en ce début de semaine dans la région. Pas suffisamment cependant pour faire sortir les escargots. Encore moins les limaces. Pourtant cette peu appréciée bestiole s’est retrouvée à l’honneur dans la campagne de la présidentielle.

C’est Marine Le Pen qui a utilisé l’image de la limace pour stigmatiser le supposé ralliement de Nicolas Bay à l’autre candidat d’extrême droite. Porte-parole de la candidate du Rassemblement National, Nicolas Bay est accusé d’avoir joué l’espion au profit de la Zemmourie divulguant aux ennemis héréditaires les plans pour conquérir l’Élysée.

Il a donc été suspendu du parti et la candidate, qui pourtant, depuis longtemps, tente d’adoucir son image, a été sanglante dans son commentaire : après avoir parlé de « haute trahison » et de « sabotage » elle a fustigé « la stratégie de la limace », la limace car « elle est lente, mais aussi parce qu’elle est poisseuse ».

Nicolas Bay, une « limace poisseuse », le voilà habillé pour l’hiver. Cette campagne électorale semblait un peu morne. Rien de transcendant, pas encore de gros scandales et encore moins d’affrontements tonitruants. Pour l’instant, on devait se contenter de la bataille de cour de récréation entre les très nombreux représentants de la gauche, en espérant que le président Macron n’attende pas le dernier jour pour déclarer sa candidature.

Et puis, comme à chaque fois, l’extrême droite est arrivée avec ses gros sabots et a changé la donne. La « limace poisseuse » a fait des taches indélébiles. Désormais, les insultes et anathèmes en tous genres risquent de pleuvoir entre les anciens meilleurs amis. On a beau tenter de chasser le naturel, il revient toujours au galop.

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le jeudi 17 février 2022

dimanche 20 février 2022

De choses et d’autres - Métavers solitaire

Si le mot de l’année 2020 a été coronavirus et celui de 2021 test PCR ou passe vaccinal, je crains que ce qui restera de 2022 commence par « méta » et se termine par « vers ». Une sorte de logique virtuelle en quelque sorte.

Dans le vrai monde, la maladie nous a poussés à rester chez nous, à nous couper complètement des autres. Et quand on osait reprendre une vie normale, on était rapidement puni avec, au mieux, l’introduction d’un coton-tige interminable dans la narine ; au pire, quelques jours en réanimation.

Ainsi, le concept de métavers a pris son envol. Pourquoi prendre des risques dehors alors qu’un univers infini et totalement sûr est à disposition ? J’ai toujours bien aimé les nouveautés technologiques. Mais je sens que ce métavers va rapidement se transformer en grosse escroquerie pour gogo.

Certains signes ne trompent pas. En premier lieu, Facebook veut absolument y être présent. Dès que le géant du réseau social tente de s’accaparer d’un concept ou d’une idée, méfiez-vous : il y a sans doute des données à utiliser à l’insu de votre plein gré. Ensuite, je suis bombardé d’emails expliquant pourquoi les cadres-artistes-retraités (cochez la catégorie voulue) doivent être présent sur le métavers. Quand on veut vous attirer à un endroit précis, c’est pour vous faire les poches.

Le métavers a d’ailleurs anticipé cet attrait, puisque certaines entreprises ont acheté des zones de ce monde virtuel. En déambulant au hasard, vous risquez de vous retrouver dans un magasin Carrefour ou une usine Nike

Dernier indice prouvant que le métavers est à éviter : face à des signalements de harcèlement, les avatars ne peuvent désormais plus se rapprocher de plus de 3 mètres les uns des autres. Mais alors, pourquoi avoir créé un métavers solitaire ?

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le mercredi 16 février 2022

mardi 8 février 2022

De choses et d’autres - Les enfants et la cuisine

Décidément, les candidats à la présidentielle désignés par Les Républicains ont des soucis d’image de marque côté famille. On ne revient pas sur l’affaire Pénélope Fillon, qui a sans doute coûté 5 ans à l’Élysée pour l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy. Cette fois, la droite classique a désigné Valérie Pécresse.

Mariée à un certain Jérôme, il n’est pas un simple mari qu’on sort. Au contraire, ce patron de grande entreprise gagne très bien sa vie. Pas besoin d’emploi fictif pour acheter maisons et (gros) portefeuilles d’actions. Pourtant, comme il est confiant dans les chances de son épouse de l’emporter en avril prochain, il anticipe déjà ce que sera sa future vie.

Pour le Point, il explique que bien évidemment, si Valérie Pécresse devient la première présidente de la République, il est prêt « à gérer les enfants et la cuisine ». Chapeau bas pourrait-on dans un premier temps le féliciter. Mais en réalité, cela ressemble plus à du cynisme qu’autre chose.

Les enfants ? La plus jeune a 18 ans, l’aîné 25. Il n’y a donc plus grand-chose à gérer de leur vie. D’autant que d’après le Canard Enchaîné, les trois enfants Pécresse ont déjà des comptes en banque très confortables, car les parents ont utilisé toutes les possibilités existantes pour leur faire des dons en numéraires et en immobilier. A 18 ans, sans avoir jamais travaillé, la cadette a un pécule plus important que ce que j’ai gagné durant toute ma vie active.

Reste la cuisine alors ? Pas certain que les chefs de l’Élysée le laissent aux fourneaux. C’est quand même leur boulot…

Bref, j’ai comme l’impression qu’après le couple Fillon, c’est le couple Pécresse qui a tendance à prendre les Français pour des idiots.

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le vendredi 4 février 2022

lundi 7 février 2022

De choses et d’Autres - Je ne peux pas, j’ai télétravail

Ils ont osé ! Je viens d’entendre à la radio une publicité pour une grande enseigne de la distribution. Un de ces sketches de la vie quotidienne qui mettent en scène mari et femme. Madame annonce, enthousiaste, qu’il y a une promotion de plus de 30 % sur un produit particulier (pour vous dire la vérité, j’ai déjà oublié quoi…).

Et que donc il faut immédiatement aller en faire un stock avant qu’il ne soit trop tard. Et là, le monsieur répond, très embêté : « Mais je ne peux pas, je te rappelle que je suis en télétravail ! ». Les publicitaires ont donc osé mettre en scène les nouvelles conditions de travail de quelques millions de Français. Et de suggérer de transgresser toutes les règles quand le mari, prenant conscience de l’importance du rabais (vous aurez remarqué que, dans les publicités, les hommes impriment beaucoup plus lentement l’attrait de certaines promotions), décide finalement de faire un saut au magasin, tout en demandant à son épouse de trouver une excuse si le bureau appelle durant son absence.

Même si je trouve cette publicité un peu gonflée, je dois admettre avoir déjà vécu cette situation. Pas par rapport aux promotions, mais au fait que tout en étant en télétravail, je déserte sans scrupule mon poste durant quelques minutes, voire un peu plus, et en profite pour accomplir de rapides courses, des tâches ménagères… ou une sieste réparatrice. Mais je n’ai pas mauvaise conscience.

Car la monnaie du télétravail c’est de ne pas avoir d’heure pour débuter sa journée (personnellement, ça m’arrange car j’écris plus facilement très tôt le matin) et encore moins pour éteindre l’ordinateur le soir. Quand on pense à le faire…

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le jeudi 3 février 2022

dimanche 6 février 2022

De choses et d’autres - Du noir au bleu

Toujours pas candidat. Emmanuel Macron n’a toujours pas annoncé s’il se représentait ou pas à l’élection présidentielle. Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, a d’ailleurs estimé, hier, que les Français « ne comprendraient pas » une annonce immédiate de candidature. Pas d’annonce certes, mais dans les faits, la campagne est lancée.

Et l’accent est mis sur le bilan. Comme cette mise en scène graphique du plus bel effet postée sur le compte Twitter officiel de l’Elysée. On voit, écrit en bleu sur un post-it jaune : « Ouverture du pass culture aux 15 - 16 - 17 ans. Fait. E. M. » À côté, sur ce qui ressemble au bureau du président de la République, quelques livres empilés. On distingue nettement un ouvrage d’Hélène Carrère d’Encausse, l’exemplaire de la pléiade des mémoires de Charles De Gaulle et… Le tome 100 du manga One Piece.

Une photo trop artistique pour être naturelle. Le choix des ouvrages est mûrement réfléchi. La présence d’un manga montrant que le président est au top des attentes de la jeunesse française. Une montre est aussi exposée. Avec un bracelet tricolore pour donner un peu de couleur officielle au cliché.

Par contre, les publicitaires ou hommes du marketing qui ont fabriqué de toutes pièces ce qui devait ressembler à une image prise sur le vif ont fait une grave erreur, dénoncée avec force moqueries dans les commentaires. L’écriture sur le post-it est en bleu, mais le feutre posé à côté est noir.

Vivement que le président soit officiellement candidat et qu’il prenne sa campagne en main car, pour l’instant, ses fils de pub lui font plus de tort que de bien.

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le mercredi 2 février 2022

mardi 1 février 2022

De choses et d’autres - Test technique

Pour fabriquer ce quotidien, nous utilisons, journalistes et techniciens, un logiciel particulier. Mardi, nous sommes passés à la nouvelle version, la 7. Un transfert totalement transparent pour vous, lecteurs de l’Indépendant. Pourtant, il y a toujours des risques quand on mélange technique, test et mise en production.

Pour apprendre à maîtriser les nouvelles fonctionnalités offertes par la nouvelle version, on travaille dans des pages test. Et ces formations, parfois, ressemblent à des occasions inespérées de se décharger de toute la pression quotidienne. C’est la foire au mot d’esprit ou transgression qui, a priori, ne franchira jamais ces quatre murs.

Sauf quand on fait une fausse manœuvre. Je me souviens de cette grosse gaffe à Tahiti, un laborantin aigri, croyant que les clichés avaient déjà été utilisés, a gravé au cutter des insultes sur le visage du PDG apparaissant dans une soirée organisée par le journal. Photos qui ont été publiées avec les mots orduriers...

On ne compte plus les fois où un texte en latin a été imprimé. C’est en fait du texte de « remplissage » servant à en mesurer la longueur.

Des dérapages qui n’arrivent pas que dans les journaux. En début de semaine, tous les utilisateurs d’Air France (soit quelques millions de personnes) ont reçu un SMS assez abscons : « Test de Julien à nouveau. » Rien à voir avec les PCR qui nous bouffent la vie. Simplement un technicien travaillant sur l’appli de la compagnie aérienne a fait un test d’envoi de message. Mais au lieu de rester dans sa configuration de travail, il est passé en production et l’a envoyé à tous les clients.

C’est bon Julien, ça fonctionne !

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le vendredi 28 janvier 2022

jeudi 27 janvier 2022

De choses et d’autres - Marketing illégal

Je ne suis pas un fan des bonbons. Contrairement à certaines (que je ne nommerai pas, ici, par crainte de me retrouver menacé d’un divorce pour des Crocos Pik) je ne trouve pas ce côté nostalgique à mâchouiller des sucreries bourrées de gélatine. Parmi toutes les marques, une semble avoir le monopole du cœur : Haribo.

Pour beaucoup d’adultes, prononcer le mot de Haribo, c’est provoquer une montée de salive, à l’idée de laisser fondre en bouche Fraise Tagada ou Dragibus, un de ces produits estampillé de la marque allemande. Au point que cela a inspiré des revendeurs de drogue. Les gendarmes du Vaucluse ont arrêté des dealers qui avaient conditionné leur cannabis dans des sachets joliment renommés « Haribeuh ».


Une réalisation marketing très professionnelle, au point que certains ont sans doute acheté du Haribeuh plus pour l’emballage que le produit lui-même. Alors que des voix s’élèvent pour réclamer la légalisation de la vente des dérivés du cannabis, avant même cette décision politique déjà prise au Canada et très prochainement en Allemagne, beaucoup anticipent en cherchant à appliquer les recettes marketing à un produit qui, pour eux, est tout à fait identique à des bonbons ou des pâtes.

On a ainsi déjà vu circuler des boulettes de shit dans des emballages Kinder Surprise et d’autres cachées dans des sachets d’images Dragon Ball Z.

Le meilleur reste ces pochons floqués du nom et de la photo d’Éric Dupond-Moretti. Mais, on ne sait pas si c’était en qualité de garde des Sceaux qui allait condamner les trafiquants ou en tant que futur défenseur de ces mêmes dealers.

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le mercredi 26 janvier 2022

vendredi 3 décembre 2021

De choses et d’autres - Patates et célébrités

Les Parisiens résidant dans le XXe arrondissement, s’ils ont une subite envie de frites ou de purée, ne seront jamais à court de patates. Pas grâce aux épiceries de nuit ni aux supermarchés mais tout simplement car ils sont à proximité du cimetière du Père-Lachaise.

Un lieu qui abrite la tombe d’Antoine Parmentier, le promoteur de la pomme de terre. Depuis ses obsèques, des fans de ces tubercules en déposent quotidiennement sur le rebord de la tombe de Parmentier. Avec des petits mots gentils, comme « Merci pour les frites ! », gravés dans la patate.

Cette habitude pourrait être étendue à d’autres tombes de personnalités inhumées au Père-Lachaise. Je me vois bien déposer mon vieux transistor sur la tombe de Pierre Bellemare que j’ai tant écouté, enfant, à la radio. Envie d’une petite douceur ? Il suffirait que les amateurs de littérature déposent sur la tombe de Marcel Proust des madeleines. Si possible emballées individuellement…

Une célébrité originaire des Pyrénées-Orientales, François Arago, pourrait voir sa tombe servir de réceptacle pour des lunettes, lui qui a tant fait pour les progrès de l’optique.

Moins utile, mais plus symbolique en ces temps peu riants, on pourrait recouvrir la tombe d’Achille Zavatta de milliers de nez rouge pour conserver une âme d’enfant. D’autres petits rigolos auront sans doute l’idée de fleurir la tombe de Maurice Thorez, célèbre responsable communiste, de bouquets confectionnés avec des faucilles et des marteaux.

Mais la plus utile des tombes restera celle de Jean-Pierre Bacri. En hommage au plus bougon des comédiens français, il suffira d’y déposer sa mauvaise humeur et repartir l’esprit léger.

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le vendredi 3 décembre 2021

jeudi 2 décembre 2021

De choses et d’autres - Joue-t-on encore aux cowboys et aux Indiens ?

Quand l’information a fuité en début de semaine, tout le monde a cru à un vieux poisson d’avril : les restaurants Buffalo Grill vont changer de nom pour être renommés Napaqaro. Submergé de discours contre le wokisme, j’ai dans un premier temps pensé que ces restos qui ont fait du western et de la cuisine américaine une spécialité, montraient là une volonté de rendre hommage aux peuples indigènes massacrés par les colons.

Peut-être que Napaqaro est le nom original d’un chef indien puisqu’il y a des totems à l’entrée de tous les restaurants. N’oublions pas que le véritable nom de Sitting Bull est Tataka Iyotake et que Blueberry chez les Apaches répond au nom de Tsi-na-Pah, traduction de Nez-Cassé.

En fait j’avais tout faux, les propriétaires de la chaîne de restauration, qui détient également Courtepaille, ont simplement décidé de renommer non pas les restaurants mais le groupe de ce mot qui n’est que la traduction phonétique de « nappe à carreaux », tissu bien français présent sur toutes les tables. Il reste que Buffalo Grill va un peu s’éloigner de la culture américaine. Car, selon un des responsables du groupe, « Les cowboys et les Indiens, ça ne parle plus à mes enfants qui sont jeunes, il n’y a plus de westerns qui passent à la télé… »

Alors là je m’inscris en faux. Hier soir sur C8 les amateurs ont pu voir La rivière rouge avec John Wayne. Hier encore, Jane Campion a dévoilé son nouveau film sur Netflix, The power of the dog, un western, le premier de cette grande réalisatrice primée à Cannes.

Et toujours sur Netflix, le créateur de la série Son of Anarchy (sur les bisbilles dans des bandes de Hells Angels) a révélé travailler sur un projet se déroulant dans l’ouest américain vers 1850. Non, le western n’est pas mort. Au contraire, en ces temps où tout le monde se réfère avec beaucoup de nostalgie au passé, même si on ne l’a pas directement vécu, l’épopée de la conquête américaine n’est pas prête à cesser de faire rêver partout dans le monde, même dans nos assiettes.

Chronique parue (en partie) en dernière page de l’Indépendant le jeudi 2 décembre 2021

mercredi 1 décembre 2021

De choses et d’autres - Suis-je un umarell ?

Depuis quelques semaines, je marche beaucoup. Je me promène, exactement, tôt le matin pour améliorer ma condition physique. Et parfois, je me surprends à progresser, pensif, les deux mains jointes dans le dos.

Exactement comme mon père qui, lui aussi, marchait beaucoup. Cette position, caractéristique des personnes âgées, m’est revenue à l’esprit, quand j’ai découvert le mot « umarell ». Dérivé d’un dialecte typique de Bologne, en Italie, il désigne « les hommes à l’âge de la retraite, qui passent le temps à regarder les chantiers de construction, en particulier les travaux routiers, leurs mains jointes dans le dos. » Même si je ne suis pas un fan de travaux, suis-je un umarell ?

Car il ne fait pas le moindre doute que j’aime avoir les mains jointes dans le dos. Cela me permet de repenser à mon père et je n’ai pas à me demander quoi faire de mes bras (mains dans les poches, simplement ballants…).

En prolongeant un peu les recherches sur les umarells de Bologne, je découvre qu’ils forment, presque, un clan et qu’il existe un titre de seigneur. Certains sont devenus tellement célèbres qu’ils ont fait de la pub et ont même eu droit à des BD racontant leurs exploits. Moins réjouissant, la véritable raison de leur présence quotidienne devant les chantiers : généralement, ils sont chassés de la maison par leurs femmes qui ne désirent pas les avoir, en permanence, dans leurs pieds.

Et, dans la région aussi, on a nos umarells. Ce ne sont pas les chantiers qu’ils squattent, mais les bancs des villages, les mains appuyées sur leur canne. De l’umarell au sénateur, il n’y a qu’un pas. 

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le mercredi 1er décembre 2021

vendredi 10 septembre 2021

De choses et d’autres - Popularité en berne

Vous avez l’habitude de lire ici quelques saillies contre des hommes et femmes célèbres qui ont dérapé ou fauté. Ils sont nombreux, mais parfois c’est un peu tirer sur une ambulance. Ils ont perdu de leur aura, font flop sur flop et n’existent médiatiquement qu’en raison de leur nouveau statut de tête à claques.

J’ai hésité et puis finalement je ne vois pas pourquoi je me priverais, moi aussi, de souligner combien la vie est ingrate pour certains.

Jean-Marie Bigard a longtemps été un des plus représentatifs de l’humour à la française. Pourtant, il a vécu l’humiliation suprême. Vedette d’une soirée à Trélissac en Dordogne, l’organisateur à purement et simplement annulé sa venue. Normal, au lieu des 450 spectateurs espérés, il n’avait vendu que 29 tickets d’entrée.

À la place, il a organisé un loto. 200 inscrits. Idée pour Bigard, se reconvertir en tireur de boules : « Le vingt, comme ma boisson préférée ! »

Autre vedette qui a raté sa dernière sortie : Arnaud Montebourg. Homme politique reconverti dans le business vert (miel et amandes), il a finalement décidé de revenir devant les électeurs. Et pas pour n’importe quelle occasion : la présidentielle. Il a justifié cette décision par ce constat qui en dit long sur son ego : « Aujourd’hui, je ne sais pas pour qui voter. C’est pour cela que je me présente. » Si les millions d’abstentionnistes insatisfaits du choix proposé adoptent le même raisonnement, il va rapidement y avoir un embouteillage sur la ligne de départ.

Mais, ce n’est pas la candidature de Montebourg qui est raillée sur les réseaux sociaux, mais le nom de son mouvement : « La remontada de la France ». Mince, encore un politique français qui rêve de Barcelone

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le vendredi 10 septembre 2021

jeudi 9 septembre 2021

De choses et d’autres - Deux mois et une solution

On se demande parfois à quoi servent les hauts fonctionnaires qui rédigent les lois et autres décrets qui régissent la vie de millions de Français. Dernier exemple en date avec la mise en place du pass sanitaire.

Dès le 30 septembre, il s’appliquera également aux jeunes à partir de 12 ans. Des parents consciencieux ont donc décidé de se mettre en conformité. Mais, la vaccination n’est possible qu’à partir de 12 ans, révolus. Or, un pass sanitaire n’est valide qu’une semaine après la seconde injection.

Même si l’enfant se fait vacciner le jour même de son anniversaire, il ne pourra obtenir son pass, au mieux, qu’un mois plus tard. Et les parents de se demander quel est le technocrate hors-sol qui a pondu une telle loi sans en comprendre les effets pratiques. Après quelques protestations et articles de presse, le gouvernement a fait amende honorable et, depuis hier, le pass sanitaire sera obligatoire à partir de 12 ans et deux mois.

Les deux mois de battement qui permettront aux parents prévenants de faire le nécessaire pour que leur gamin ne se retrouve pas coincé dans une sorte de vortex temporel et administratif qui l’obligerait, malgré un parcours vaccinal entamé, de faire des tests PCR tous les 72 heures pour aller au resto, au cinéma ou accompagner ses camarades (plus vieux ou plus jeunes de quelques mois) dans une sortie où le pass est nécessaire.

Deux mois. C’est en gros le temps que l’administration française a mis pour trouver la solution…

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le 9 septembre 2021 

mercredi 8 septembre 2021

De choses et d’autres - Tintin, Astérix et Lucky Luke au feu

Ça ne plaisante plus au Canada sur la représentation des Autochtones dans la littérature ou la bande dessinée. Une communauté d’écoles catholiques en Ontario a décidé de retirer des bibliothèques plusieurs dizaines de titres qui proposent des images stéréotypées des peuples autochtones. Il y a déjà tous les titres contenant le mot indien dans leur titre.

Et ce bannissement s’est accompagné d’une cérémonie hautement symbolique si elle ne rappelait pas de sinistres moments en Europe. Radio Canada rapporte qu’« une cérémonie de purification par la flamme s’est tenue afin de brûler une trentaine de livres bannis, dans un but éducatif. »

Et comme l’esprit écolo semble irradier partout, les responsables de cet autodafé expliquent que les cendres des ouvrages brûlés ont été récupérées pour servir d’engrais en plantant un jeune arbre. Quand on sait qu’il y a dans les livres bannis Tintin en Amérique, des Astérix ou plusieurs titres de Lucky Luke, on peut s’interroger de la pertinence de ce bûcher.

Car, s’il s’agit de l’édition originale du troisième titre des reportages du reporter belge, elle cote officiellement à 8 000 € l’exemplaire. C’est un peu cher payé pour quelques grammes d’engrais destinés à un arbre qui, si ça se trouve, n’est même pas originaire du Canada. Mais les organisateurs de ce feu de joie affirment qu’il s’agit de « tourner du négatif en positif ».

Pourtant, ils ont peut-être brûlé des pépites qui auraient pu financer la plantation de quelques milliers d’arbres. Mais notre société est ainsi désormais : tout dans le symbole, même s’il est ridicule car détruire des BD humoristiques n’a jamais contribué à la paix dans le monde. 

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le mercredi 8 septembre 2021

mardi 7 septembre 2021

De choses et d’autres - Savez-vous parler le Vert ?

Ceux qui ont des difficultés avec l’écriture inclusive ne comprendront sans doute jamais le verbiage en vigueur dans le camp écologiste. Ce dimanche, les cinq candidats à l’investiture écolo pour la prochaine présidentielle ont cherché à se faire comprendre du commun des mortels (ces cochons de votants…) en limitant volontairement ces formules alambiquées.

Exemple : le Vert ne fait pas pousser des plantes vertes dans son salon, il « crée une micro-forêt pour lutter contre le dérèglement climatique ». Face au problème de l’insécurité, Eric Piolle, maire de Grenoble, préfère expliquer qu’il est urgent « de réinvestir avec de la présence humaine notre citoyenneté collective ». Une autre militante verte affirme que « L’antibiorésistance sera le fléau de l’avenir ! ». Mais c’est quoi exactement « L’antibiorésistance » ?

Des Verts qui ont des problèmes de compréhension même chez les jeunes. Le maire de Lyon, Grégory Doucet, fier d’inaugurer la nouvelle cour de récréation d’une école a dû subir les remontrances d’un élève de CM1 regrettant qu’il n’y ait pas de place pour jouer au foot à cause de… l’immense bac à copeaux.

Des copeaux, mais c’est un sacrilège. J’attends la réaction outrée de l’autre maire écolo d’une grande ville, le Bordelais Pierre Hurmic, contre l’exploitation totalement odieuse des restes « d’arbres morts ».

Si ça se trouve des sapins de Noël qui, en plus, ont terminé leurs jours sur la place d’une ville qui pense qu’on peut encore « faire rêver les enfants ». 

Chronique parue le mardi 7 septembre 2021 en dernière page de l’Indépendant.

dimanche 5 septembre 2021

De choses et d’autres - Perdu dans le labyrinthe des QR codes

Cette crise sanitaire, depuis plus d’un an et demi, aura au moins eu l’avantage de nous sortir de nos habitudes. Rappelez-vous tous les interdits qui nous sont tombés dessus en très peu de temps. Les attestations de sortie à remplir sur papier puis dans les smartphones, l’interdiction de dépasser le kilomètre autour de son domicile, puis le couvre-feu avec la course, le soir, avant le gong fatidique de 18 h.

On croyait être sorti d’affaire au printemps dernier avec la vaccination mais le pass sanitaire est arrivé pour de nouveau nous compliquer un peu la vie. Pour ceux qui ont été doublement vaccinés en temps et en heure (plus de la moitié de la population française quand même), la difficulté consistait surtout à retrouver ce fichu QR code dans son téléphone.

Cela a donné quelques scènes croquignolesques à l’entrée des cinémas, restaurants et surtout grands centres commerciaux des Pyrénées-Orientales. La première fois où j’ai dû l’utiliser, j’ai passé plus de temps à le chercher dans le labyrinthe du smartphone et l’appli Tousanticovid qu’à faire mes trois courses non essentielles.

Les fois suivantes, le spectacle était souvent dans la file d’attente. Telle cliente persuadée qu’elle a pris son téléphone mais qui ne le retrouve pas dans le fouillis de son sac, cette autre qui tente d’amadouer le « flasheur »… en vain.

Vous remarquerez aussi de nombreux consommateurs qui cherchent fébrilement ce QR code, sésame obligatoire pour dépenser l’argent du ménage. Un monsieur m’a fait pitié. Il passait de page en page tout en jetant régulièrement des regards désespérés derrière lui. Sa femme, partie chercher un chariot, semblait être plus habile pour dégotter le laissez-passer dans les méandres de la mémoire électronique. Tant qu’elle ne serait pas là, il ne pourrait pas rentrer dans le centre commercial. Un aveu de faiblesse et de dépendance, en public, qui a dû lui faire prendre conscience qu’on n’est pas grand-chose sans sa moitié.

C’est peut-être cette nullité en informatique qui a poussé certains olibrius en mal de publicité à se faire tatouer le QR code à même le bras ou le dessus de la main.

Et comme pour les attestations, c’est quand le pass sanitaire ne sera plus obligatoire qu’on aura enfin compris où (et rapidement) le trouver.

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le lundi 6 septembre

samedi 4 septembre 2021

De choses et d'autres - À bas ? Non, Abba, le célèbre groupe suédois est de retour !

 
À bas… ! comme le cri des manifestants professionnels du samedi ? Non, Abba ! comme le groupe de musique pop suédois.

Abba qui vient d’annoncer sa reformation, un album en novembre et une série de concerts à Londres. 40 ans qu’ils n’avaient plus rien proposé de nouveau à leurs millions de fans. Le plus étonnant dans ce come-back près d’un demi-siècle après, c’est que le quatuor (deux musiciens et deux chanteuses) va se produire sur scène comme si le temps s’était arrêté à la fin des années 70, au faîte de sa gloire.

Pourtant, une rapide recherche confirme qu’ils ont tous largement plus de 70 ans. Pas un âge pour se déhancher sur des rythmes disco.


Sauf si on a les moyens de se créer des avatars numériques (des abbatars en l’occurrence selon le terme inventé par le fans) qui danseront à votre place sur la scène aménagée spécialement à Londres. Avatars créés numériquement en fonction des millions de films et d’images des quatre stars, quand elles étaient jeunes et jolies.

Un making-of vient d’être dévoilé, les quelques secondes diffusées des avatars sur scène sont incroyables de réalisme. La technologie numérique va de plus en plus être utilisée pour ces fausses images plus vraies que nature.

Mais au moins dans le cas d’Abba, ce sont les acteurs, toujours vivants, qui décident de modifier leur apparence afin de rester jeunes pour l’éternité.

Par contre, dans la nouvelle émission sur France 3 de Thierry Ardisson, ce dernier va interviewer des célébrités… mortes. Là aussi les images montrées en avant-première sont bluffantes. Mais au niveau éthique, cela me semble beaucoup moins défendable.
 

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le samedi 4 septembre 2021

vendredi 3 septembre 2021

De choses et d’autres - « Ou aveugles ou naïfs »

Emmanuel Macron à Marseille est revenu sur la polémique provoquée par son ministre de l’Éducation. Jean-Michel Blanquer a sous-entendu que la prime de rentrée sert, parfois, aux parents à acheter des écrans plats.

Loin de condamner ces propos, le président en a remis une couche : « Nous serions ou aveugles ou naïfs de penser que la totalité des allocations servent à acheter des fournitures scolaires. » Étrange sortie populiste d’un président qui, le jour même, en même temps qu’il rendait hommage à l’enseignant Samuel Paty, égorgé dans la rue, a exhibé la photo de deux youtubeurs champions du placement produit.

« Nous serions ou aveugles ou naïfs de penser que la totalité des interventions présidentielles servent à valoriser la grandeur de notre pays » pourrions-nous dire pour paraphraser le président.

De la même façon, si l’on commence à se pencher sur les multiples condamnations d’élus, de tous bords, pour des malversations financières et détournements d’argent public, on ne peut que constater que « nous serions ou aveugles ou naïfs de penser que la totalité des impôts servent à améliorer le quotidien des contribuables ».

De toute manière le débat ne devrait pas avoir lieu car depuis les confinements, l’enseignement à distance et les programmes éducatifs diffusés toute la journée sur France 4, un grand écran, même plat et fabriqué en Corée, peut tout à fait être considéré comme une fourniture scolaire de base.

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le 3 septembre 2021

jeudi 2 septembre 2021

De choses et d’autres - L’angoisse de la rentrée

Aujourd’hui ils sont donc des millions à retourner à l’école après deux mois de vacances. J’espère qu’ils ne sont pas dans le même état d’esprit que moi quand j’étais enfant. Le retour en classe me terrorisait. 

Pas forcément sur le plan éducatif mais plutôt sur tout ce que cela implique d’à-côtés. Les habits neufs et rêches, la coupe fraîche chez le coiffeur, les réveils au petit matin pour prendre le bus dans le froid…

Je dois avouer que la fin de mon cursus éducatif était comme une libération absolue. Et longtemps, dans mes différents boulots, je prenais un plaisir immense à prendre mon mois de congés payés en septembre. Quand tout le monde devait se remettre en ordre de marche, je lâchais prise avec un bonheur absolu.

Cela a marché quelque temps. Et puis, l’angoisse de la rentrée est revenue insidieusement. Pourtant je ne suis en rien tributaire de l’échéance. Mais en ce jeudi, bizarrement, je suis aussi anxieux que les millions de gamins qui redoutent de quitter leurs parents, de découvrir qui est leur prof principal et trop souvent, de croiser de nouveau quotidiennement le chemin de ceux qui prenaient un malin plaisir à les harceler l'an dernier.

C’est aussi pourquoi je n’ai jamais envié les profs et leurs deux mois de vacances en été. Car ces soixante jours se terminent toujours par ce jour noir entre tous : celui de la rentrée.

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le jeudi 2 septembre 2021

mercredi 1 septembre 2021

De choses et d’autres - Reconversion professionnelle risquée

Si le général de Gaulle a longtemps boudé la télévision, ce média est par la suite devenu le passage obligé de tout politique désirant remporter une élection. Qu’importe vos idées ou votre programme, si vous passez bien à l’écran, vous avez toutes les chances de faire un bon score. Mais cela n’empêche pas les échecs.

Et certains, après avoir tâté des plateaux en tant qu’invités, sont parfois tentés de prolonger l’expérience en passant de l’autre côté. Comme Manuel Valls qui va piger à RMC et BFMTV ou Roselyne Bachelot qui, après avoir assuré la main sur le cœur qu’elle ne ferait jamais plus de politique, a animé shows à la radio et à la télé durant quelques années. Un coup de téléphone du président Macron et les belles promesses se sont envolées.

Et dès que son intérim ministériel aura pris fin (le plus vite possible me hurlent certains acteurs du monde de la culture à l’oreillette), elle retrouvera son siège dans les studios.

Elle croisera peut-être un nouvel animateur qui comme elle, est passé par la case gouvernement. Benjamin Griveaux, ancien et éphémère (pour cause de sextape) candidat à la mairie de Paris, présentera une émission économique mensuelle sur la chaîne B Smart. Il y interrogera des chefs d’entreprise.

Fou rire assuré quand il devra interroger un patron qui spécule sur des bitcoins, ce marin qui accroche son bateau à une bitte d’amarrage ou ce fabricant de raquette de tennis sans oublier les créateurs de la marque emblématique du Slip français. Mais pas sûr qu’il sache à quoi sert un slip.

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le mercredi 1er septembre 2021

samedi 4 juillet 2020

De choses et d’autres - Dernières prévisions avant fermeture

Débutée fin août 2019, la 9e saison (un peu plus de 200 épisodes) de cette chronique « De choses et d’autres » part en vacances quelques semaines. On espère qu’il y aura une 10e saison. Mais la récente crise du covid-19 prouve qu’il ne faut plus penser comme acquis ce qu’on pensait, il y a quelques mois, comme sûr et certain. 

En janvier 2020, quels ont été les extralucides qui ont vu venir la pandémie ? En bon matérialiste que je suis, j’aurai donné ma main à couper que pas un seul de ces voyants n’aurait eu l’audace d’annoncer une pandémie. 


Je doute même qu’ils connaissent le mot. Mais, sans doute à cause des lois de la probabilité, dans toute la somme des prédictions il s’en est trouvé un qui a vu juste. Un certain Denys Raffarin qui officie à Vauvert dans le Gard. Pour un site internet local, le 5 janvier, il livre ses prédictions. Beaucoup de généralités mais une phrase qui interpelle : « En matière de santé, il est à craindre une forme de pandémie virale touchant maints pays de façon rapide. » Je reste quand même persuadé que ce n’est qu’histoire de statistique, pas du tout de voyance. 

Pour preuve, il se mouillait aussi pour le résultat des municipales. A Vauvert, ville qu’il doit bien connaître puisqu’il y officie, il prévoyait que le conseil municipal « tomberait dans l’escarcelle du Rassemblement national ». Perdu ! Le maire sortant, divers gauche, l’a emporté. D’une petite centaine de voix seulement, mais cela suffit pour remettre en cause les grands talents visionnaires de Denys. 

Par contre, messieurs les voyants, pour 2021, ne jouez pas avec le feu. Que pas un seul d’entre vous ne s’amuse à évoquer l’Apocalypse. Je n’apprécierai que très moyennement que le jeu des statistiques lui donne raison. 

(Chronique parue en dernière page de l'Indépendant le samedi 4 juillet 2020)