Fidèle et très réussie, la nouvelle adaptation au cinéma du roman Les trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas est disponible en vidéo. Plusieurs versions (DVD, blu-ray, 4K, coffret...) pour un film divertissant de grand spectacle, avec de très nombreux bonus.
On profite ainsi sur un second disque du making-of du film (28 minutes), d’entretiens avec Martin Bourboulon, le réalisateur et ses acteurs (38 minutes), d’une masterclass avec l’équipe du film (34 minutes) et enfin du clip de l’avant-première de prestige aux Invalides (6 minutes).
Un film qui vaut aussi pour la mise en avant de jeunes comédiens prometteurs, de François Civil à Pio Marmaï en passant par Lyna Khoudri. On les retrouvera avec plaisir le 13 décembre pour la sortie en salles de la seconde partie.
Ce n’est certainement pas l’album de BD qui est le plus dans l’esprit de Noël. Au contraire, il est réservé à un public averti. Dans une ville de Los Angeles aux prises avec tous les vices, un petit employé de bureau frustré va se métamorphoser en tueur sanguinaire.
Il a ce mal ancré au fond de lui. Pour le faire émerger, il lui suffit d’endosser un uniforme de policier.
Écrit par Fathi Beddiar, ce scénario destiné au cinéma était trop violent pour passer l’épreuve des financements. Résultat, cela devient une BD extrême dessinée par Babbyan et Geanes Holland. « Le labeur du Diable » (tome 1), Glénat, 24,95 €
Troisième aventure des aventures de Capitaine Maman, la gentille héroïne créée par Magali Arnal. Cette jolie chatte, est archéologue de son état. Avec son équipe elle va à la découverte des trésors du passé.
Dans cette aventure de 48 pages grand format, elle part avec son minibus et son nouveau sous-marin sur le toit ?
Dans le véhicule qui traverse un grand désert à destination du lac le plus profond du monde, les trois chatons et Quartier-Maître Mémé, indispensable assistante. Lors d’un arrêt casse-croûte, le chiot gratte le sable et découvre des os. C’est la tombe d’un guerrier. Autour de son squelette des objets de valeur et un bouclier en or.
Capitaine Maman entreprend de fouiller le site, mais l’arrivée de plusieurs personnes s’arrogeant le titre de propriétaire complique les choses. Dessinée dans des couleurs douces, cette histoire permet aux plus jeunes (dès 5 ans) de comprendre l’intérêt de l’archéologie et de préserver les derniers vestiges de nos ancêtres. « Capitaine Maman et le musée d’archéologie », L’École des Loisirs, 14 €
La Méditerranée n’a jamais été une mer qui attire les surfeurs. Par contre l’Australie, après Hawaï, semble le paradis des amateurs de glisse. Paradis qui peut se transformer en enfer si l’on en croit La tribu (Calmann-Lévy, 416 pages, 22,50 €), thriller d’Allie Reynolds. Cette ancienne championne de snowboard, après le succès planétaire de Hors-piste, imagine cette histoire sous le soleil de la côte australienne.
Kenna quitte Londres pour faire une surprise à sa meilleure amie Mikky. Cette dernière s’est installée à Sydney pour profiter des vagues du Pacifique. Elle a rencontré l’amour, Jack, beau, blond, surfeur. Quand elle débarque à l’improviste, Kenna sent que quelque chose ne tourne pas rond. Impression confirmée quand elle se rend avec le couple à Sorrow Bay, un endroit secret et sauvage, où un groupe d’amis, fonctionnant comme une tribu (« On partage tout, on carbure à la peur ») profite de vagues phénoménales.
Jeu de massacre où peu n’en réchapperont, La tribu distille ses coups de théâtre dans un récit à la première personne de Kenna, pas si naïve qu’il n’y paraît. Parfait pour un dépaysement complet, ce roman est à recommander aux fans de surf et de… manipulation psychologique.
Le manga, comme la bande dessinée européenne, couvre l’ensemble des genres. Pour les amateurs de frissons, ne ratez pas cette nouvelle série de Hôsui Yamazaki, Chasse aux cadavres (Casterman - Sakka, 184 pages, 8,45 €).
Quatre collégiens japonais, détectives en herbe, décident de commencer leurs vacances en tentant de résoudre l’énigme de la disparition de la jeune Ayano. Cette fillette est recherchée depuis des mois par ses proches et la police. En vain. Isshin, la tête pensante du groupe, a une piste. Une photo du ravisseur aurait été postée peu de temps après l’évaporation d’Ayano. Il pose avec un masque de Tengu (créature légendaire). Derrière lui, le pylône d’une ligne à très haute tension. Isshin l’a reconnue. Cette ligne passe par le mont Tsukuo. C’est là que les aventuriers se rendent, à vélo.
Une quête mouvementée pour les jeunes héros, avec un tueur qui agit dans l’ombre, une ravissante journaliste qui se propose de les aider et des décors assez inquiétants, notamment le camping abandonné. Cette histoire d’amitié et de persévérance de jeunes qui n’ont pas froid aux yeux fait un peu penser au film Les Goonies, avec le risque en plus car le tueur semble être un maniaque de la pire espèce.
L’œuvre de Camille Laurens est qualifiée par son éditeur « de jeu de miroirs, de mise en abyme, où se confondent, jusqu’à devenir indissociables, fiction et réalité. » En clair, c’est une reine de l’autofiction. Ses héroïnes sont souvent romancières, vivent de nos jours et analysent avec une rare acuité les enjeux de l’époque, notamment sur les questions de la place de la femme dans la société.
On peut découvrir une grande partie de son œuvre dans ce volume de la collection Quarto (Gallimard, 1020 pages, 26 €). On retrouve plusieurs de ses romans, de Index, le premier publié en 1991 à Fille (élu meilleur livre de 2020 par le magazine Lire) en passant par le primé Dans ces bras-là (Femina et Renaudot des lycéens en 2000). Elle se dévoile encore plus dans le texte Philippe retraçant la courte vie de son premier enfant. Le plus révélateur est sans doute le Dialogue entre nous. Camille Laurens s’entretient, en toute franchise, avec son double de papier, celle qu’elle exhibe en place publique dans ses œuvres.
Avec cette réponse à la question « quel est l’enjeu de l’autofiction ? » : « C’est de ne pas séparer l’écrire du vivre, de cheviller la fiction que j’écris à ce qui s’écrit en moi. »
Entre roman feelgood et méthode de développement personnel, la série de BD Le jour où… trouve son public. Des histoires simples, où tout le monde peut se reconnaître et surtout en tirer des enseignements pour se bonifier, se comprendre.
Dans ce 7e tome paru ce mercredi 9 août, intitulé Le jour où les liens se tissent (Bamboo, 72 pages, 16,90 €), Clémentine, le personnage principal, se souvient de quelques moments charnières de sa vie. Notamment de cette enfance au cours de laquelle elle ne s’est jamais véritablement sentie faire partie de cette famille. Mais l’absence d’amour parental dans ses jeunes années ne l’empêche pas de trouver le chemin vers un nouvel équilibre une fois adulte.
C’est dans l’amitié, notamment avec des femmes qui partagent son point de vue, qu’elle va découvrir la joie partagée de participer à des jeux de société, à discuter longuement de choses et d’autres lors d’un interminable déjeuner dominical.
Ou tout simplement prendre conscience que tout est lié dans notre vie, comme dans la nature. Des liens que Caroline Roque, moitié féminine de Beka, semble parfaitement maîtriser dans ce scénario illustré par des dessins très doux et apaisants de Marko.
Depuis trop longtemps la Sicile est l’exemple parfait de la corruption élevée au rang de mode de vie et de gouvernement. Cela fait le jeu de tous les politiques et de l’ensemble de la mafia. Les perdants, comme toujours, ce sont les honnêtes gens, ceux qui ont un honneur et des convictions. C’était le cas du père de Teresa. Il a été abattu par des gamins. Il avait refusé de payer le racket réclamé par la pègre.
Dix ans plus tard, Teresa vivote à Rome. Elle est chargée par une association de rencontrer et de remonter le moral à des malades du cancer en phase terminale. La mort elle connaît bien. Au point que chaque jour elle a de plus en plus envie de tuer l’homme responsable de l’exécution de son père.
La vengeance de Teresa (Métailié, 160 pages, 18 €) de Claudia Fava prend aux tripes. On comprend la rage de Teresa. Ses doutes aussi. Mais finalement, pour alléger sa peine, elle ne voit pas d’autres solutions. À moins que ses amis (un Chilien étudiant en médecine, la responsable de l’association et un malade moribond récemment sorti de prison), ne parviennent à la raisonner. Un roman témoignage sur la gangrène de la violence qui se transforme en cancer de la vengeance.
Si certains auteurs refusent que l’on touche à leur création, ce n’est pas l’état d’esprit de Van Hamme et Rosinski pour Thorgal. Après plusieurs déclinaisons de l’univers du Viking venu des étoiles, place à une suite encore plus ambitieuse avec le premier tome de la Saga Thorgal par Robin Recht. Adieu Aaricia (Le Lombard, 112 pages, 24,50 €) débute par une séquence d’une grande tristesse.
Thorgal, très vieux, conduit la dépouille de sa femme à sa dernière demeure. Une fois la crémation achevée, Nidhogg, le serpent-dieu, apparaît et propose un marché à Thorgal : la possibilité de revoir et de parler avec Aaricia. Désespéré, le vieux héros accepte et se retrouve dans le village viking de Gandalf le fou. Aaricia n’a que 8 ans et vient d’être enlevée par une horde de Baalds. Thorgal va tenter de la sauver avec l’aide de son double, encore enfant et en colère. Superbe variation sur la confrontation d’un même homme à deux époques de sa vie.
L’ancien, sage et devenu raisonnable, le jeune, fougueux et rêvant de combats et d’aventures.
Une histoire compliquée à souhait, magnifiée par un dessin digne de Rosinski, mais avec une touche personnelle, notamment dans les cadrages et les gros plans. Une excellente surprise de cette année 2023.
Tourné en six jours et en salles depuis le 2 août, « Yannick », le nouveau film de Quentin Dupieux est une déflagration d’humour intelligent.
Méfiez-vous de l’effet miroir. Si vous allez voir Yannick au cinéma à partir de ce mercredi (on ne peut que vous le conseiller !), attendez-vous à vous retrouver dans une salle remplie de rires. Mais pas forcément là où vous allez rigoler. C’est la force de Quentin Dupieux : son cinéma est tellement original et imprévisible que tout le monde peut y trouver de quoi se gondoler à tout moment. Le miroir serait qu’un spectateur se lève et interrompe la projection. Mais ne rêvons pas, des situations aussi improbables il n’y en a que dans les films de ce réalisateur iconoclaste.
Tout en étant dans une salle de théâtre, le spectateur de Yannick se retrouve également au théâtre. Sur scène, Pio Marmaï et Blanche Gardin tentent de donner un peu de rythme à un vaudeville poussif. Une pièce intitulée Le cocu, avec le beau Pio dans le rôle principal (mais rendu ridicule avec une moustache de beauf et une mèche bouclée indomptable) et la caustique Blanche dans celui de la traîtresse. Le public, clairsemé, ne rit pas beaucoup malgré l’abattage du Cocu.
Rien que ce début est captivant. Les deux comédiens parviennent à mal interpréter leur texte avec une dextérité qui en dit long sur leur talent. Tout bascule quand Yannick (Raphaël Quenard), spectateur, se lève et proteste. Il ne trouve pas cela drôle. Or il est venu de Melun pour se distraire, oublier ses soucis de gardien de nuit. Cette pièce lui file carrément le bourdon.
Alors, pour ne pas gâcher sa soirée de congé, il demande gentiment aux comédiens d’arrêter cette idiotie et d’interpréter à la place une autre pièce. Ce dialogue, surréaliste, est porté par un Raphaël Quenard au sommet de sa coolitude. Son débit traînant et populaire apporte un degré de réalisme rarement atteint. Sur scène, les comédiens ne comprennent pas. C’est une première pour eux et ils mettront de longues minutes à se débarrasser de cet olibrius qui n’a que peu de respect pour leur travail. Mais ce n’est que le début de la confrontation entre des artistes et leur public. Et cela va saigner.
Ce projet secret de Quentin Dupieux, mené en six jours seulement, est sans doute son meilleur film. Écriture au cordeau, interprètes géniaux, ellipses vertigineuses (le public devient auteur, les comédiens ne jouent plus…), laissez-vous gagner par la folie à la Yannick.