Quelques chroniques de livres et BD qui méritent d'être lus et les critiques cinéma des dernières nouveautés. Par Michel et Fabienne Litout
dimanche 12 avril 2020
Roman - Armel Job sur les traces de "La disparue de l’île Monsin"
Une vie tracée, une vie sans heurt, simple maillon dans une grande chaîne faisant avancer la planète
par la force de l’inertie. On s’est souvent demandé ce qui nous fait avancer, agir de telle ou telle façon. Si notre destin est écrit d’avance, si un jour, une rencontre, un acte, allait bouleverser cet ordre des choses.
Le nouveau roman d’Armel Job aborde le sujet de ce déterminisme a priori inéluctable et parfois modifié sans même que l’on ne s’en aperçoive. «La disparue de l’île Monsin» se déroule en Belgique, dans les Ardennes et très de Liège. en janvier 2012, en pleine tempête de neige, la vie de Jordan Nowak, loueur de pianos, va prendre un tournant radical. Alors qu’il rejoint son hôtel après avoir installé un instrument dans une salle de concert de cette petite ville le long de la Meuse, il voit une silhouette sur le pont-barrage de l’île Monsin. «Longtemps après, quand il se remémora cette soudaine apparition, il se demanda ce qui lui avait fait pressentir sur-le-champ qu’il allait se passer quelque chose d’extraordinaire, bien qu’il ne pût imaginer que toute sa vie en serait bouleversée.» Jordan s’arrête et rencontre pour la première fois Eva.
Eva qui dès le lendemain disparaît complètement de la circulation. Au bout de quelques jours, sa mère, inquiète, demande à la police d’ouvrir une enquête. Confiée au jeune inspecteur Lipsky, elle va permettre au lecteur de connaître dans le détail la vie de cette trentenaire solitaire et mélancolique. Que lui est-il arrivé? Quel est le rôle de Jordan, au comportement de plus en plus anormal quand il se retrouve en famille?
Un roman psychologique comme seule Armel Job sait les écrire. En digne descendante de Simenon, autre grand écrivain belge, elle triture avec délectation les états d’âme de ces hommes et femmes plus fragiles qu’il n’y paraît. On entre dans cette histoire par le mystère, on en ressort tout bouleversé, portant le poids du chagrin et de la culpabilité de la belle disparue.
« La disparue de l'île Monsin », Robert Laffont, 20 €
samedi 11 avril 2020
De choses et d’autres - Les gardiens de l’immobile
Avant, les forces de l’ordre au bord des routes nous disaient : « Circulez, y’a rien à voir ». Aujourd’hui, ces mêmes forces de l’ordre nous obligent à ne pas circuler. Ils sont devenus les gardiens de l’immobile. Les garants du confinement.
Les enfants ne jouent plus aux gendarmes et aux voleurs, mais aux gendarmes et aux déconfinés.
Les contrôles se multiplient et plus il fait beau, plus les Français osent braver l’interdit. Alors, policiers et gendarmes verbalisent à tour de bras. Pas par plaisir. Simplement car c’est la seule solution existante pour faire respecter un tant soit peu ce confinement qui, ne l’oublions pas, a pour but d’arrêter la progression du virus et donc de sauver des vies.
Forces de l’ordre mobilisées et inflexibles. Plus de passe-droit. On n’en est pas encore au niveau de la Nouvelle-Zélande où la Première ministre a viré le ministre de la Santé surpris à la plage avec femme et enfants, comme s’il avait oublié que lui aussi était confiné.
Mais presque. Pour preuve, un jet privé en provenance de Grande-Bretagne avec dix personnes à son bord a été immobilisé et contrôlé à son arrivée à l’aéroport de Marseille. Les riches passagers pensaient pouvoir rejoindre, en hélicoptère, une villa luxueuse à Cannes.
Inflexibles, les gendarmes ont non seulement verbalisé les contrevenants, mais obligé l’avion à repartir vers les brumes anglaises. Logique, le virus, lui aussi, ne fait pas de différence entre un Français à découvert et un Anglais au compte en banque bien plein. Le virus est intraitable. Comme les gardiens de l’immobile.
Les enfants ne jouent plus aux gendarmes et aux voleurs, mais aux gendarmes et aux déconfinés.
Les contrôles se multiplient et plus il fait beau, plus les Français osent braver l’interdit. Alors, policiers et gendarmes verbalisent à tour de bras. Pas par plaisir. Simplement car c’est la seule solution existante pour faire respecter un tant soit peu ce confinement qui, ne l’oublions pas, a pour but d’arrêter la progression du virus et donc de sauver des vies.
Forces de l’ordre mobilisées et inflexibles. Plus de passe-droit. On n’en est pas encore au niveau de la Nouvelle-Zélande où la Première ministre a viré le ministre de la Santé surpris à la plage avec femme et enfants, comme s’il avait oublié que lui aussi était confiné.
Mais presque. Pour preuve, un jet privé en provenance de Grande-Bretagne avec dix personnes à son bord a été immobilisé et contrôlé à son arrivée à l’aéroport de Marseille. Les riches passagers pensaient pouvoir rejoindre, en hélicoptère, une villa luxueuse à Cannes.
Inflexibles, les gendarmes ont non seulement verbalisé les contrevenants, mais obligé l’avion à repartir vers les brumes anglaises. Logique, le virus, lui aussi, ne fait pas de différence entre un Français à découvert et un Anglais au compte en banque bien plein. Le virus est intraitable. Comme les gardiens de l’immobile.
BD - Le monde de l’édition versions japonaise ou américaine
Comment est la vie d’une libraire de manga au Japon ? Les comics ont-ils un effet néfaste sur les jeunes Américains ? Réponse dans ces deux albums de BD.
Honda dessine des mangas la nuit. Et la journée elle est libraire au Japon. Elle a donc raconté quelques anecdotes de son quotidien dans ce manga très instructif pour les fans de Japon. Si le livre s’intitule « Libraire jusqu’à l’os » c’est que Honda, plutôt de se dessiner a préféré s’affubler d’un simple crâne.
La vedette ce n’est pas elle mais les clients. Car là-bas comme chez nous, le client est roi. Il ne sait pas ce qu’il veut non plus. En plus de gérer les stocks et de remplir les rayons, Honda doit souvent répondre aux interrogations des visiteurs. Mais même elle est incapable de connaître toute la production. Et parfois les recherches sont si pointues qu’elle botte en touche. On en apprend quand même beaucoup, notamment qu’il existe de véritables meutes de fans féminines de BD mettant en scène des histoires d’amour entre deux hommes. Et que la question récurrente c’est « Comment reconnaître le passif de l’actif… » Côté dessin, c’est du manga, donc ne vous attendez pas à des miracles. D’autant que Honda reconnaît sans détour son manque de brio.
Aux USA, il n’y a qu’un genre qui domine tout : les superhéros. Mais d’où vient cette mode ? Jean-Marc Lainé (scénario) et Thierry Olivier (dessin), répondent en partie dans les biographies croisées de deux psychiatres.
« Fredric, William et l’Amazone » raconte les vies de Fredric Wertham et William Moulton Marston. Le premier a constamment lutté contre les histoires trop violentes destinées aux plus jeunes alors que le second a imaginé les aventures très féministes et avant-garde de Wonder Woman. Deux visions de l’Amérique des années 30 à 50, entre imagination et puritanisme.
« Libraire jusqu’à l’os » (tome 1), Soleil Manga, 7,99 €
« Fredric, William et l’Amazone », Glénat Comix Buro, 19,95 €
Honda dessine des mangas la nuit. Et la journée elle est libraire au Japon. Elle a donc raconté quelques anecdotes de son quotidien dans ce manga très instructif pour les fans de Japon. Si le livre s’intitule « Libraire jusqu’à l’os » c’est que Honda, plutôt de se dessiner a préféré s’affubler d’un simple crâne.
La vedette ce n’est pas elle mais les clients. Car là-bas comme chez nous, le client est roi. Il ne sait pas ce qu’il veut non plus. En plus de gérer les stocks et de remplir les rayons, Honda doit souvent répondre aux interrogations des visiteurs. Mais même elle est incapable de connaître toute la production. Et parfois les recherches sont si pointues qu’elle botte en touche. On en apprend quand même beaucoup, notamment qu’il existe de véritables meutes de fans féminines de BD mettant en scène des histoires d’amour entre deux hommes. Et que la question récurrente c’est « Comment reconnaître le passif de l’actif… » Côté dessin, c’est du manga, donc ne vous attendez pas à des miracles. D’autant que Honda reconnaît sans détour son manque de brio.
Aux USA, il n’y a qu’un genre qui domine tout : les superhéros. Mais d’où vient cette mode ? Jean-Marc Lainé (scénario) et Thierry Olivier (dessin), répondent en partie dans les biographies croisées de deux psychiatres.
« Fredric, William et l’Amazone » raconte les vies de Fredric Wertham et William Moulton Marston. Le premier a constamment lutté contre les histoires trop violentes destinées aux plus jeunes alors que le second a imaginé les aventures très féministes et avant-garde de Wonder Woman. Deux visions de l’Amérique des années 30 à 50, entre imagination et puritanisme.
« Libraire jusqu’à l’os » (tome 1), Soleil Manga, 7,99 €
« Fredric, William et l’Amazone », Glénat Comix Buro, 19,95 €
Série Télé - Au Nord, à « Fortitude », on ne vous entendra pas crier…
Bienvenue à Fortitude, ville la plus sûre du monde. Peut-être aussi la plus hostile car cette bourgade de 700 âmes est située sur le cercle polaire, à l’extrême nord de l’Europe, sur une île cernée par la banquise et infestée d’ours polaires. Réalisée en 2015 par les Anglais de Sky Atlantic, cette série joue à fond la coproduction. Des Danois, des Américains, pas mal de Britanniques et même une jolie Espagnole composent le casting de Fortitude dont la première saison est disponible sur Amazon Prime. Cela débute comme un thriller typique de ces contrées gelées. Un chercheur, en conflit avec la gouverneur de la ville qui veut absolument construire un hôtel dans le glacier, est retrouvé mort chez lui. Il baigne dans une mare de sang, le torse déchiqueté. Si la police pense dans un premier temps à une attaque d’ours, en enquêtant a minima, les suspects sont légion. Le pilote d’hélicoptère, ancien marine américain ? Le jeune chercheur anglais récemment arrivé à la base ? La serveuse du café, brune espagnole piquante qui émoustille tous les blonds de Fortitude (il y en a un paquet) qui ne savent pas qu’elle a déjà fait de la prison pour meurtre ? Ou le responsable de la sécurité de la mine russe ?
Beaucoup de fausses pistes et finalement un basculement dans le fantastique, avec des relents de pandémie, comme pour nous rappeler que les virus, il y en a des milliers qui n’attendent que la fonte des glaces pour déferler sur l’Humanité. Les 11 épisodes de cette première saison sont un peu lents parfois, mais on reste scotchés face aux images tournées sur les glaciers et autres montagnes balayées par des vents violents alors qu’il fait - 30°. Et vu les stalactites accrochées aux barbes des comédiens, ce n’était pas du trucage.
Du cinéma à domicile… et gratuit
Pour ceux qui ont du temps à perdre (normalement c’est le cas de pas mal de monde en ce moment), vous devriez apprécier ces sites qui offrent nombre de films de cinéma pour rien. Certains existaient avant le confinement, d’autres sont des initiatives pour permettre aux enfermés de se distraire.
Ne manquez pas l’opération organisée par MK2 et TroisCouleurs. Chaque semaine, le mercredi, la société fondée par Marin Karmitz propose une sélection de films gratuits. Actuellement il y a deux pépites à ne pas manquer. Une très courte. Signée David Lynch. « En 1995, à l’occasion du centenaire du cinéma, explique le site, David Lynch se voit proposer de réaliser un film de 55 secondes, avec l’une des caméras des frères Lumière, en respectant les conditions de tournage de l’époque : trois plans-séquences, lumière naturelle, et pas de son synchronisé. » Une minute en noir et blanc, totalement hallucinée, entre reportage sur les violences policières, drame familial et cauchemar de Frankenstein. Du pur Lynch, mais en concentré.
On retrouve également dans les films sélectionnés « Sept jours ailleurs » de Marin Karmitz. Présenté en 1968 à la Mostra de Venise, le premier long-métrage de celui qui deviendra essentiellement producteur, met en vedette Jacques Higelin. Déjà musicien mais encore acteur, il est de presque toutes les scènes, promenant sa silhouette dégingandée dans le Paris et la province de la fin des années 60.
Documentaires et films érotiques
Un film rare et qui n’a rien obtenu au festival de Venise. pour la bonne et simple raison que Marin Karmitz a décidé de retirer son film de la compétition en soutien aux réalisateurs italiens qui appelaient au boycott de la manifestation se déroulant en cette année 68 où déjà le festival de Cannes avait fait les frais de la contestation étudiante.
On peut voir aussi sur la page de TroisCouleurs, rubrique MK2 Curiosity, un documentaire sur le réalisateur chinois Jia Zhang-ke et un autre sur les artistes anglais iconoclastes Gilbert & George. Et mercredi, une nouvelle sélection viendra remplacer celle de cette quatrième semaine de confinement.
Beaucoup plus de films à découvrir sur des adresses qui ont fait de l’exploitation des œuvres tombées dans le domaine public un petit commerce fructueux. Là, la qualité n’est pas forcément au rendez-vous.
Et ça part parfois un peu dans tous les sens.
Exemple avec cinetimes.org faisant se côtoyer les œuvres de Jean Vigo avec les Don Camillo et des comédies érotiques des années 70.
Difficile de s’y retrouver, mais ne manquez pas « L’Atalante », dernier film de Jean Vigo avec Michel Simon en vedette. Une histoire sociale sur la vie à bord d’une péniche. Cependant si le cinéma engagé et en noir et blanc vous rebute, pourquoi ne pas retomber dans l’ambiance libertine des années 70. Sur Cinetimes.org vous bénéficiez d’un vaste choix. Pour l’étrangeté du film (et du seul comédien homme de la distribution), on vous conseille « Morgane et ses nymphes » de Bruno Gantillon sorti en 1971.
vendredi 10 avril 2020
De choses et d’autres - A complot, complot et demi
Peut-être est-ce une des conséquences indirectes du confinement : on est de plus en plus enclin à croire tout et n’importe quoi. Alors sur ce terreau fait de craintes pas toujours justifiées et de paranoïa latente, les complotistes s’en donnent à cœur joie et sèment leurs petites graines.
Sur l’origine du covid-19, même si tous les spécialistes s’accordent à relier ça à la consommation de viande animale en Chine, pour d’autres, qui n’ont qu’un brevet élémentaire en ragots et rumeurs non vérifiées, c’est la faute à la 5G. Et d’expliquer que c’est à Wuhan, berceau du virus, que les première antennes pour la 5G ont été déployées. 5G essentiellement développées par les Chinois et qui devait être l’arme fatale de leurs constructeurs face aux Américains d’Apple et aux Coréens de Samsung.
En martelant sans cesse, malgré les démentis de scientifiques, que ces nouvelles ondes favorisent le virus et amplifient l’épidémie, cela a poussé certains à passer à l’action. Voilà comment, cette semaine en Angleterre, plusieurs antennes de téléphonie mobile ont été incendiées.
Une association complotiste a même mis en vente des clés USB (350 euros l’exemplaire, quand même), qui annihilent les mauvaises ondes de la 5G et protègent du coronavirus. Pas mal de gogos se sont fait attraper.
Mais, dans le monde des complots, il y a toujours pire. Quelqu’un, par plaisanterie, a fait un montage photo montrant une antenne 5G, volant et répandant le virus derrière elle dans des traînées blanches, les fameux chemtrails. C’est énorme, totalement invraisemblable, mais il y a fort à parier que certains vont prendre ce canular pour argent comptant.
Cinéma - Laissez-vous entraîner dans le monde tout fou de Timmy Failure
Si vous hésitez encore à vous abonner à Disney +, rien que pour ce film, franchissez le pas. En plus de proposer les classiques de la maison presque centenaire et les incontournables de Pixar, Star Wars ou Marvel, Disney + propose comme ses concurrents des longs-métrages réalisés directement pour la plateforme. Premier exemple avec « Timmy Failure, des erreurs ont été commises » de Tom McCarthy.
Un film par excellence tout public, même si les plus jeunes ne comprendront pas toutes les allusions et situations complexes des enquêtes de ce détective privé en culottes courtes. Mais ils devraient malgré tout se reconnaître un peu dans ce gamin loin de la normalité. Timmy vit à Portland dans l’Oregon avec sa maman Patty (Ophelia Lovibond). Il est en CM2 et ses résultats scolaires sont catastrophiques. Normal car Timmy, qui a décidé de ne jamais aller au collège, est déjà à la tête de sa propre entreprise : la Total Failure Inc. Une agence de détective privé qu’il gère avec son associé, Total. Dans ce monde un peu fou, Total est un ours polaire de plus de 600 kg.
On comprend rapidement qu’entre notre réalité et celle de Timmy, il y a un gouffre. Total est un ami imaginaire, son histoire de détective privé un prétexte pour ne pas jouer avec les garçons de son âge. L’ours est une source inépuisable de gags et les seconds rôles (le professeur ou le conseiller d’orientation) apportent une vision très décalée sur la fausse réalité de Timmy.
Réalisé par Tom McCarthy, qui s’est illustré dans le film politique avec Spotlight sur l’enquête ayant révélé le scandale des abus sexuels de l’église américaine, ce film adorable de poésie est l’adaptation des romans de Stephan Pastis dont deux tomes sont parus chez Hachette sous le titre de Timmy Lalouse.
BD - Partez à l’aventure avec les feuilletons BD de la revue Robinson
Et si ce confinement était la renaissance d’une certaine presse BD boostée par le numérique ? Après Astérix, c’est Robinson, édité par Hachette, qui arrive gratuitement dans toutes les boîtes mails des amateurs d’aventures dessinées ou directement sur le site hachette.fr. Chaque vendredi, sur une centaine de pages, vous pourrez lire les BD parus dans la collection Robinson, mettant en scène aventuriers et héros de gags.

Robinson, ce nom n’est pas inconnu aux plus anciens et surtout aux amateurs de vieux papiers. Robinson fait partie de l’âge d’or de la BD en France. Lancé en 1936, cet hebdomadaire édité par Opera Mundi et hachette, offrait 16 pages dont la moitié en couleurs. Au sommaire essentiellement des reprises de BD américaines comme Guy l’Éclair, Mandrake, La Famille Illico ou Popeye. Quatre années et des tirages à plus de 200 000 exemplaires. Mais au début des hostilités en juin 1940, Robinson a cessé de paraître pour ne jamais renaître à la Libération. 80 ans plus tard, le même logo orne les couvertures des deux premiers numéros parus. Le 1 la semaine dernière et le 2, ce vendredi. En couverture on retrouve les membres du Club des Cinq d’Enid Blyton. Une adaptation de très grande qualité signée de Béja et Nataël. En deux gros épisodes, vous pouvez découvrir l’intégralité du premier album, « Le club des Cinq et le trésor de l’île », qui voit la formation de ce groupe d’adolescents dont les enquêtes ont traversé les décennies.
Parmi les séries à suivre dans Robinson, ne manquez pas « Clivages » de Runberg et Urgell. Un récit futuriste criant de vérité racontant comment un village fait face à l’arrivée de soldats en pleine guerre civile meurtrière. Côté grandes sagas, l’Histoire a la part belle avec « Rhum Héritage » sur la culture de la canne à sucre en Martinique alors que « La maison des fragrances » plonge dans les coulisses de l’impitoyable industrie du parfum.
jeudi 9 avril 2020
De choses et d’autres - Ils ont craqué ! Et vous ?
Il ne se passe pas un jour sans qu’il ne nous vienne aux oreilles une histoire folle de confinement. Comme si la pandémie et l’enfermement qui en découle faisaient perdre la tête et toute raison aux plus fragiles.
Dans le top 3 de l’absurde, au pied du podium, ce malfaiteur qui a profité de la généralisation du port du masque pour braquer une pharmacie sans que personne ne s’inquiète avant qu’il ne sorte son couteau. A la 3e position, ce post de Bruno Lemaire, ministre de l’Économie, montrant… son cochon d’Inde sur la table de sa cuisine. Presque gagnant, le fou ou amateur de surréalisme arrêté dans la rue pour avoir écrit le texte de l’attestation de sortie sur sa main. Avec ce motif qui justifie tout : « Je vais acheter du papier A4 pour l’imprimante »…
Enfin vainqueur toute catégorie ce Polonais qui s’est volontairement fait confiner de nuit dans un hypermarché. Il a été retrouvé le lendemain matin ivre mort après avoir vidé plusieurs bouteilles de whisky et de champagne tout en regardant des films pornos sur les télévisions en démonstration.
Ces craquages ont peut-être donné l’idée à trois geeks dotés d’un bon sens de l’humour de lancer tuvascraquer.fr, une petite application sous forme de quizz à choix multiples. On répond à une quinzaine de questions (comme « Quelle est ta situation actuelle » à laquelle on peut répondre « En télétravail, du moins c’est ce que croit mon employeur ») et au final vous saurez quand vous allez craquer. Personnellement j’explose le 12 avril. Et vous, quand c’est que vous craquez ?
BD - Une sorcière marrante et un parasite qui l’est beaucoup moins
Wolcano, sorcière de son état, est aussi obsédée sexuelle. Oliver Page, aventurier du XIXe siècle, est aussi sauveteur de l’Humanité dans un futur fluctuant. Le rire magique contre l’action scientifique.
Wolcano a un petit problème. Elle a sans cesse le feu aux fesses. Voilà pourquoi dans la ville de Whitetown elle est affublée du surnom peu glorieux de « Sorcière du cul ». Vous me direz il y a pire ? Elle aurait pu hériter du sobriquet « sorcière aux verrues » ou « sorcière Corona » si elle buvait beaucoup de bière.
D’un autre côté elle assume tout à fait sa frénésie sexuelle. Ce soir justement, elle ramène dans sa petite maison un jeune et joli menuisier. Une fois son affaire terminée, elle est convoquée par Ox, cyclope taciturne envoyé par les Grands mages pour annoncer à Wolcano qu’elle vient de perdre ses pouvoirs de sorcière après avoir usé de 666 partenaires différents. Cette succession de gags qui forment en fait une histoire cohérente et complète est issue de l’esprit de Shyle Zalewski qui comme son héroïne, préfère conserver le mystère sur son genre et ses inclinaisons sexuelles. Le dessin simple et presque enfantin ne doit cependant pas tromper les parents : attention les scènes décrites dans cette BD ne sont absolument pas pour les petits. Wolcano, toutes les trois pages, utilise sa langue de dragon, très longue, très tactile et pleine de vice pour réaliser ce qu’elle fait de mieux. Et non, ce n’est pas parler.
Il y a aussi de la magie dans le second tome des aventures d’Oliver Page, mais surtout des voyages dans le temps. La magie c’est par l’intermédiaire d’un parasite qui colonise les corps des Humains.
Heureusement Oliver découvre un trône lui permettant de faire des allers-retours entre le Londres de la fin du XIXe siècle et celui actuel. Avec l’aide de la belle Wynn, Amazone venue de l’an 2544, il va tout faire pour sauver la civilisation humaine. Une excellente variation de Desberg (scénario) et Griffo (dessin) sur les paradoxes temporels.
« Wolcano, la sorcière du cul », Delcourt, 14,95 €
« Oliver Page » (tome 2), Glénat, 14,50 €
Wolcano a un petit problème. Elle a sans cesse le feu aux fesses. Voilà pourquoi dans la ville de Whitetown elle est affublée du surnom peu glorieux de « Sorcière du cul ». Vous me direz il y a pire ? Elle aurait pu hériter du sobriquet « sorcière aux verrues » ou « sorcière Corona » si elle buvait beaucoup de bière.
D’un autre côté elle assume tout à fait sa frénésie sexuelle. Ce soir justement, elle ramène dans sa petite maison un jeune et joli menuisier. Une fois son affaire terminée, elle est convoquée par Ox, cyclope taciturne envoyé par les Grands mages pour annoncer à Wolcano qu’elle vient de perdre ses pouvoirs de sorcière après avoir usé de 666 partenaires différents. Cette succession de gags qui forment en fait une histoire cohérente et complète est issue de l’esprit de Shyle Zalewski qui comme son héroïne, préfère conserver le mystère sur son genre et ses inclinaisons sexuelles. Le dessin simple et presque enfantin ne doit cependant pas tromper les parents : attention les scènes décrites dans cette BD ne sont absolument pas pour les petits. Wolcano, toutes les trois pages, utilise sa langue de dragon, très longue, très tactile et pleine de vice pour réaliser ce qu’elle fait de mieux. Et non, ce n’est pas parler.
Il y a aussi de la magie dans le second tome des aventures d’Oliver Page, mais surtout des voyages dans le temps. La magie c’est par l’intermédiaire d’un parasite qui colonise les corps des Humains.
Heureusement Oliver découvre un trône lui permettant de faire des allers-retours entre le Londres de la fin du XIXe siècle et celui actuel. Avec l’aide de la belle Wynn, Amazone venue de l’an 2544, il va tout faire pour sauver la civilisation humaine. Une excellente variation de Desberg (scénario) et Griffo (dessin) sur les paradoxes temporels.
« Wolcano, la sorcière du cul », Delcourt, 14,95 €
« Oliver Page » (tome 2), Glénat, 14,50 €
Inscription à :
Commentaires (Atom)















