lundi 16 juin 2008

BD - Long et mystérieux coma


Dix années de coma. Dix années de perdues pour Zack Kosinski. De 10 à 20 ans, il est resté dans un lit médicalisé. Son père, un chercheur, a été quelques temps à son chevet. Puis il a disparu. A 20 ans, Zack se réveille. Le jeune garçon émerge de sa longue absence dans un corps d'adulte, en partie amnésique. Son retour à la vie se déroule sous la férule de son infirmière, la jeune et très belle Tia Brown.

 Zack se pose beaucoup de questions et lentement va découvrir les nombreux mystères existant autour de son cas. Première interrogation, d'où vient la fortune que lui lègue ses parents. Son père a disparu, mais sa mère s'est suicidée. Instalé dans le vaste duplex newyorkais, Zack embauche Tia pour qu'elle s'occupe de lui à plein temps. Et entre les deux jeunes gens, l'amour va compliquer les choses. Au moment où Zack apprend qu'il a des pouvoirs psychiques surnaturels, Tia découvre des micros dans l'appartement. Ils sont espionnés par la CIA... 

Ce troisième volet de la série « Uchronies » de Corbeyran se déroule à New York et est dessiné par Defali avec qui il a déjà travaillé sur « Asphodèle ».

« New York » (tome 1), Glénat, 12,50 € 

dimanche 15 juin 2008

BD - Casterman offre de nouveaux « Rivages » au polar en BD

Nouvelle collection présentant des adaptations en BD de romans policiers. Première fournée avec Jim Thompson, Donald Westlake, Miles Hyman, Lax...


Lancée en 1986, la collection Rivages/Noirs est devenue une référence en matière de littérature policière, détrônant la Série Noire. Une collection de poche dirigée par François Guérif qui va maintenant se décliner en bande dessinée grâce à un partenariat avec les éditions Casterman. Les quatre premiers titres (il devrait ne pas y en avoir une demi-douzaine par an) permettent à quatre dessinateurs confirmés de s'approprier l'univers d'auteurs français et américains. Et logiquement c'est par un roman de Jim Thompson que tout débute.

 Nuit de fureur. Peardale, années 40, quelque part dans l’Amérique profonde. Un homme à l’allure juvénile débarque dans cette petite ville tranquille, pour y suivre de sages études, dit-il à Mme Winroy, la séduisante logeuse qui l’accueille dans sa pension de famille. Mais évidemment, la réalité est tout autre. Carl Bigelow, alias Charlie “Little” Bigger, tueur à gages officiellement reconnu coupable d’au moins seize assassinats, est en repérage pour le compte d’un ponte de la pègre new-yorkaise, afin de préparer la liquidation en douceur d’un escroc repenti. Miles Hyman peint cette Amérique profonde des années 40 avec talent. Il déshabile les quelques femmes de l'histoire avec un brio étonnant. Le héros, froid et sinistre, se bat avec son absence totale de moralité. Il se sait condamné, par la maladie et son employeur, mais honore son contrat quand même. Une désespérance typide des romans de Jim Thompson adapté par Rodolphe.


 Pierre qui roule.
New York, juin 1969. Fraîchement sorti de prison, John Dortmunder se voit proposer un “coup” par l’un de ses anciens complices, Kelp, spécialiste du vol de voitures : profiter d’une exposition d’art africain à New York pour dérober le clou de la manifestation – une émeraude d’une valeur d’un demi-million de dollars – au bénéfice d’un obscur état africain dont la pierre précieuse constitue le totem. L'adaptation de Lax (auteur du Choucas) est aussi délirante que le récit original. Elle souligne à la perfection la démesure progressive des plans imaginés par le sympathique mais très malchanceux cambrioleur. Les dessinateur, plus habitué aux décors parisiens ou exotiques (le dernier Choucas se déroule au Mali après une aventure népalaise), est très à l'aise avec les décors très verticaux de Big Apple.

« Nuit de Fureur » de Jim Thompson (adaptation Matz, dessin Miles Hyman), 16,95 €

« Pierre qui roule » de Donald Westlake (adaptation et dessin Lax), 16,95 € 

samedi 14 juin 2008

BD - Le plus grand, le plus fort et le plus remarquable de tous les héros tricolores !

Tremblez adeptes du langage SMS et du franglais, Superdupont est de retour et il sera sans pitié pour ces massacreurs du français. Le super héros 100 % français, imaginé par Lob et Gotlib et qui a débuté ses aventures sous le pinceau d'Alexis, est de retour après une trop longue absence. 

La mort de Lob a beaucoup nuit à la poursuite des aventures, les lenteurs légendaires de Gotlib et Solé (le dessinateur repreneur) y sont aussi pour beaucoup. Il aura fallu l'arrivée d'un jeune et dynamique scénariste pour relancer les histoires courtes de l'homme au béret. Lefred-Thouron a donc pris le risque de s'associer à deux monstres sacrés de la BD pour animer un personnage de légende. Pas évident, mais à l'arrivée l'ensemble est fidèle à l'esprit d'origine. Superdupont, qui coûte plus cher à l'état en réparation de fenêtres qu'en salaire brut, affronte divers adversaires composant l'axe du mal. 

Du camembert fabriqué avec du lait de chamelle, aux faux académicien français qui dénature notre belle langue, il a fort à faire. Il s'autorise une incursion sur la toile dans un épisode très chaud où il retrouve la belle Georgette qui vend ses charmes par webcam interposée. 

L'occasion pour Solé de dessiner quelques images psychédéliques et des femmes aux rondeurs provocantes. Un régal pour les yeux.

« Superdupont » (tome 6), 9,95 € 

vendredi 13 juin 2008

BD - Ils sont "Seuls" face au clan du requin


« Seuls » fait partie des quelques séries qui marqueront la BD de ces dix dernières années. Dessin léché et efficace de Gazzotti au service d'un scénario particulièrement original de Fabien Vehlmann. Un matin, cinq enfants se réveillent seuls dans une grande ville totalement déserte. Tous les adultes ont disparu. Ils vont devoir apprendre à vivre dans un monde retourné à l'état sauvage. Au volant d'un bus à l'impériale transformé en camping car, ils sillonnent le pays à le recherche d'autres survivants. Ce troisième épisode débute par l'attaque d'une meute de chiens affamés. 

Presque à bout de carburant, les enfants trouveront refuge dans un parc d'attraction à thème (la piraterie) transformé en camp retranché par une vingtaine de survivants commandé par Saul, un adolescent blond, un peu trop fasciné par l'ordre imposé par Hitler en son temps. Saul, après avoir emprisonné Dodji, trop rebelle, tente de retourner les autres membres du groupe. Sa solidarité est mise à mal mais les exactions du chef tyrranique facilite grandement les choses. 

Un épisode au suspense haletant jouant avec nos peurs les plus profondes. Avec une dernière planche donnant enfin une toute petite clé pour comprendre ce qui s'est passé durant la nuit de la disparition.

« Seuls » (tome 3), Dupuis, 9,20 € 

jeudi 12 juin 2008

BD - IR$ : La loge des assassins


Larry B. Max, agent de l'Internal Revenue Service (I. R. S.), les services fiscaux américains, s'attaque à un très gros gibier. Un cardinal placé à la tête de la banque du Vatican semble couvrir des opérations de blanchiment d'argent d'une autre banque italienne liée à la mafia. Une enquête qui mène Larry en Jamaïque, sur les traces d'un ancien officier nazi protégé par l'Eglise. Le vieillard, qui vient de mourir de sa belle mort, aurait des documents compromettants prouvant la collaboration du pape avec le pouvoir d'Hitler. La seconde partie de ce diptyque se passe logiquement en Italie. Larry, un tueur à ses trousses, tente de mettre la main sur des preuves impliquant le cardinal Marcus Scailes. Il devra faire un détour par le Kenya pour découvrir les véritables agissements de cette partie de l'Eglise catholique. Desberg signe un scénario très réaliste et qui fait froid dans le dos. Il y dénonce l'aveuglement religieux, expliquant que les croisades, tout en étant plus modernes, n'ont jamais cessé de faire s'entretuer les fanatiques des différentes confessions. Vrancken au dessin assombrit de plus en plus ses ambiances. Il est vrai que le monde qu'il doit représenté est tout sauf réjouissant.

« I.R.S. » (tome 10), Le Lombard, 10,40 € 

mercredi 11 juin 2008

BD - Zorn, Dirna et des Zombis dans la brume


Des multiples séries imaginées par Jean-David Morvan, Zorn et Dirna n'est peut-être pas la plus connue mais indéniablement une des plus originales. Le scénariste a conçu un monde fantastique où la mort n'a plus la parole. C'est le roi qui a chassé la grande faucheuse, effrayé de sa fin prochaine. Problème, ses sujets sont devenus immortels, mais leurs corps continuent à vieillir. Et quand ils tombent complètement en lambeaux, les âmes se glissent dans le corps d'un bien portant. 

Dans ce monde rempli de charogne où plusieurs esprits cohabitent dans une même enveloppe charnelle, Zorn et Dirna, deux enfants jumeaux, sont les seuls à avoir le pouvoir de donner la mort. Une menace pour certains, la délivrance pour d'autres. Les deux enfants poursuivent leur fuite dans ce 5e tome, escorté par leur père et leur mère qui ont changé d'enveloppe charnelle et de ce fait de sexe. Cela donne une scène d'amour torride où tout est inversé... Un petit groupe qui se retrouvera aux mains d'une communauté de zombis cachés dans la brume. Une bande cruelle et terrifiante poursuivant une impossible vengeance. 

Dessinée par Bessadi, cette série regorge de monstres en tout genre tous plus effrayants les uns que les autres.

« Zorn & Dirna » (tome 5), Soleil, 12,90 € 

mardi 10 juin 2008

BD - Le code sacré du Messager de Richez et Mig


"Le Messager" série politico-mystique de Richez (scénario) et Mig (dessin) revient après une éclipse de trois années. Pour un nouveau cycle en trois tomes avec toujours le père Gabriel en héros involontaire. Le curé américain s'est retiré dans un monastère allemand, faisant vœu de silence. Ailleurs, le destin est en marche. Des savants veulent utiliser le premier ordinateur quantique opérationnel pour décoder les messages secrets de la Torah. Des révélations terrifiantes au moment même où un nouveau pape est nommé et des attentats préparés contre le monde libre. Remarquablement dessiné, très rythmé, cet album devrait relancer l'intérêt des amateurs de la théorie du complot.

"Le Messager" (tome 4), Bamboo, 12,90 euros 

lundi 9 juin 2008

BD - Garrigue et magouilles du Sud


Corbeyran et Berlion se retrouvent et signent une nouvelle BD réaliste (après "Lie-de-vin" et "Rosangella), mais cette fois en deux tomes. La première partie vient de paraître, la seconde est annoncée en septembre. Une mise en place toute en ambiance. 

Dans une petite ville du sud de la France, un homme se retrouve au mauvais endroit au mauvais moment. Meurtre dans la garrigue très énigmatique. Ensuite, les auteurs prennent tout leur temps pour développer les caractères des différents protagonistes, notamment, Martial, gendarme depuis peu à la retraite, et qui a longtemps couvert les magouilles d'amis d'enfance. Mais jusqu'où peut-il aller ? Un polar sombre dans l'esprit, lumineux par ses dessins.

"Garrigue" (tome 1), Dargaud, 13 euros 



dimanche 8 juin 2008

BD - Anciens dieux dans "Le céleste noir"


Les Anciens Dieux sont en colère. Chassés de la Terre, ils se sont longtemps déchirés entre eux. Mais ils viennent de se réconcilier et ont bien l'intention de reprendre possession de leur bien mettant ainsi une fin abrupte au règne humain. 

La trame de cette série, écrite par Cordurié et dessinée par Laci, puise dans les classiques de Lovecraft. Dans ce premier tome, un sorcier fou, une chercheuse américaine et le fameux Céleste Noir sont en vedette. Avec en toile de fond l'armée américaine qui rêve encore de récupérer les formidables possibilités de la magie pour affermir la suprématie de la première démocratie du monde.

"Le céleste noir" (tome 1), Delcourt, 12,90 euros 

samedi 7 juin 2008

BD - Le retour (en petit format) de Ludo

Ludo avait disparu depuis quelques années des pages de Spirou et du catalogue Dupuis. Cette série, écrite par Lapière et dessinée par le duo composé de Bailly et Mathy était pourtant originale, réussie et d'une très grande qualité. Un succès critique qui n'a pas empêché un relatif échec commercial qui a mis entre parenthèse les aventures de Ludo, petit garçon d'une dizaine d'années, confrontés à la réalité tout en étant très influencé par les aventures de son héros de BD préféré, l'inspecteur Castar. Bailly dessine les planches de Ludo, Mathy celles de Castar. 

Deux styles dans un même album avec des histoires croisées souvent interdépendantes. Les nostalgiques salueront donc le retour de Ludo avec une histoire inédite, « Qu'as-tu, Kim ? » dans la collection Punaise. Ils regretteront simplement ce petit format, mais les auteurs en ont tenu compte en simplifiant un peu leur dessin. Une nouveauté sortant en même temps que la réédition du premier tome dans cette même collection, les autres volumes suivront dans l'année.

La classe de Ludo accueille Kim, une jeune Birmane réfugiée car une guerre vient d'éclater dans son pays. Ils partent en classe verte et découvrent que la jeune Asiatique, très tourmentée, est sans pitié pour ses nouveaux amis. Pourquoi une telle méchanceté ? Un autre méchant sévit dans ces pages, un savant qui veut faire fondre le glacier surplombant la ville pour l'engloutir. Une nouvelle mission pour l'inspecteur Castar. Les thèmes sont modernes et actuels, le propos humaniste, avec cette petite touche de poésie qui fait toute la différence.

« Ludo » (tome 7), Dupuis, 9,50 €