samedi 4 juillet 2026

BD - Un petit boulot d'enfer !


Illustrateur allemand très connu dans son pays d'origine, Patrick Wirbeleit s'essaie avec bonheur à la BD pour adolescents. Son dessin, caricatural et expressif, donne sa pleine puissance à cette histoire aussi simple que absurde. A la base, le jeune Jonas craque pour la belle Annika. Mais cette dernière ne le remarque pas. Elle n'en a que pour un certain Tristan. Enfin surtout la Vespa…

Alors Jonas en déduit que pour séduire sa dulcinée, il lui suffit de se payer une Vespa. Facile à dire, plus compliqué à réaliser quand on est pauvre. Il se lance donc à la recherche d'un job. Les annonces ne sont pas nombreuses.

Alors pourquoi ne pas répondre à celle concernant un "balayeur de cendres" ? Même si la paye n'est pas terrible, il postule. Il aurait dû se méfier des termes utilisés : "Intéressé ? Appuyez trois fois sur le six avec un doigt ensanglanté et demandez Stan." Voilà comment Jonas se retrouve salarié de Satan (Stan, avec un a de plus) à balayer les immenses couloirs de l'enfer avec des démons d'une bêtise crasse.

Partie comme une BD actuelle sur les amours des jeunes d'aujourd'hui, "Un crush d'enfer" glisse rapidement vers le conte horrifique et comique. Car on rit beaucoup dans ce roman graphique très inventif. Les réactions de Jonas sont souvent désopilantes. Si l'on rajoute les gaffes des démons et la tentative d'évasion d'un diablotin plus téméraire, on se retrouve avec une des BD les plus marrantes de ces derniers mois. Alors ne boudez pas votre plaisir et découvrez cet auteur allemand à l'univers déconcertant et unique.

"Un crush d'enfer", Aventuriers d'ailleurs (Bamboo), 104 pages, 16,90 €


vendredi 3 juillet 2026

BD - Flânez dans le Port de la Lune avec François Ayroles


Si vous avez un jour acheté le journal Sud-Ouest à Bordeaux, vous aurez certainement remarqué une petite rubrique dans les pages locales joliment titrée "Le piéton…". Un petit écho sur la ville, entre billet d'humeur, réflexion sur le devenir de la cité ou anecdote sur un habitant.

Les éditions Glénat ont repris cette appellation pour une collection de BD signées des meilleurs auteurs. Deux premiers titres sont disponibles, Lyon par Didier Tronchet et Bordeaux, ville de résidence de François Ayroles. Dans ce titre, la longue balade dans le Port de la Lune débute gare Saint-Jean. Le point de départ des milliers de visiteurs de la capitale d'Aquitaine au riche passé. Ayroles se met en scène devant les monuments et autres originalités cachées de cette ville qu'il semble connaître (et aimer) parfaitement.


Une promenade savante qui a son côté loufoque grâce aux interventions de son compagnon : un brave chien aux réparties souvent cinglantes. Cela adoucit le côté didactique de l'ensemble. Notamment dans les premiers chapitres, très historiques et architecturaux, de Saint-Michel à Saint-Pierre, noms des quartiers du centre. Mais Bordeaux ce n'est pas que du passé glorieux, ce sont aussi des œuvres d'art en plein air (de la soucoupe volante à la Cité du vin) et des quartiers modernes comme Mériadeck. Des zones vertes aussi comme le superbe Jardin public ou l'aménagement de la Rive Droite avec l'ouverture du nouveau pont Chaban-Delmas.

On appréciera aussi les nombreuses références à l'origine de la fortune de plusieurs familles bordelaises : pas le vin mais la traite des esclaves. Il faut parfois explorer son passé et reconnaître certaines erreurs avant d'accepter son héritage.

"Le piéton de Bordeaux", Glénat, 152 pages, 20 €


jeudi 2 juillet 2026

BD - La Belgique de la jeunesse d'Annie Cordy


Impossible de faire plus belge ! Cet album écrit par Bernard Swysen et dessiné par Christophe Alvès est le summum de la belgitude. Le cadre : Bruxelles. L'héroïne : Annie Cordy. L'époque : la fin de la seconde guerre, quand l'Europe commençait à espérer un avenir de paix et de progrès. A cela se rajoutent le média : la BD et le style : franco-belge, tendance Jacobs et Jacques Martin, parfaitement maîtrisé par Christophe Alvès qui a déjà signé plusieurs albums des aventures de Guy Lefranc sur des scénarios de Corteggiani.

En 1949, Annie Cordy est encore totalement inconnue en France. Par contre dans son pays de naissance, c'est déjà une vedette, même si elle n'a que 20 ans. Il faut dire qu'elle a débuté très jeune. Issue d'un milieu modeste, (mère épicière, père ébéniste), elle aime chanter et amuser la galerie. Adolescente elle remporte un radio crochet et découvre le music-hall. En 1949, le petite Léonie Cooreman est connue sous le nom de Nini Cordy. Elle est meneuse de revue au Bœuf sur le toit

C'est dans les coulisses de ce célèbre cabaret bruxellois que l'intrigue débute. Un des musiciens de l'orchestre est poursuivi par deux hommes parlant russe. Ils l'abattent mais ne trouvent pas le document qu'ils cherchent. La suite, entre polar et roman d'espionnage en pleine guerre froide, fait la part belle à Nini, dépositaire du dernier message, codé, du musicien. Il y est question d’œuvre à protéger, d'un musicien en danger… 

Les péripéties sont multiples, permettant à Bernard Swysen de s'amuser à placer la future vedette dans des situations qui rappellent aux plus anciens ses grands succès populaires comme la trépidante et pittoresque la bonne du curé. Nini qui recevra l'aide de son amoureux du moment, un dompteur de fauves et croisera la route de ceux qui l'aideront à faire carrière à Paris, de Francis Lopez à Maurice Chevalier en passant par Pierre-Louis Guérin, le patron du Lido. Un album qui passionnera les amateurs d'Histoire, de chansons populaires et de biographie. 

Un dossier de huit pages en fin de volume permet de mieux comprendre l'époque (la guerre froide), la ville (Bruxelles en plein bouleversement architectural) et découvrir la suite de la carrière de Nini, transformée en Annie Cordy, artiste protéiforme excellant tant sur les planches que devant un micro ou une caméra.

"Nini Cordy 1949", Éditions Anspach, 56 pages, 16,50 €

mercredi 1 juillet 2026

BD - Dada bouge encore dans cet album racontant l'histoire du Cabaret Voltaire


Alors que l'Europe se déchire dans une guerre de tranchées particulièrement meurtrière, quelques poètes, artistes et autres hurluberlus ne pensant pas comme la majorité tentent d'inventer une nouvelle façon de vivre l'art. Ainsi naît le mouvement Dada, sublime pied de nez aux psycho-rigides. Hugo Ball, Tristan Tzara, Emmy Hennings, Hans Arp ou Sophie Taeuber composent en partie l'avant-garde de cette avant-garde artistique. D'origine diverses, incompris chez eux, souvent réfractaires à l'armée et déclarés déserteurs, ils sont réfugiés dans cette Suisse neutre. Guindée mais tolérante. A Zurich, sans le sou, ils tentent de gagner quelques sous en se produisant sur les scènes des cabarets. Ils décident finalement de créer leur propre établissement, le Cabaret Voltaire. Nous sommes en décembre 1915, la première représentation a lieu le 5 février 1916. Le succès est au rendez-vous. mais cela ne durera que quatre mois.

Ce bouillonnement culturel, donnant naissance à une des plus étranges modes artistiques, est au centre de ce roman graphique écrit par José-Louis Bocquet et dessiné par Kent. Découpé par tranches relativement courtes, cet album présente dans un premier temps les protagonistes. Hugo Ball et sa compagne chanteuse, Emmy Henning, le poète Tristan Tzara, encore connu sous son véritable nom, Samuel Rosenstock, Hans Arp, sculpteur en devenir et sa future femme, Sophie Taeuber, danseuse maniant aussi les pinceaux et révolutionnant la broderie.

La BD est avant tout pédagogique. La rigueur historique est sans faille. Bosquet connaît parfaitement son sujet et on sent qu'il est en admiration, depuis ses jeunes années, face à la folie et la démesure et ces grands anciens qui n'avaient peur de rien, surtout pas de froisser les bourgeois. Pour illustrer cette tranche de vie artistique, il a choisi Kent. Un dessinateur qui connaît parfaitement la scène et la provocation. A la fin des années 70, jeune rocker tendance punk, il a créé Starshooter. Son dessin, parfois rigide, sa mise en page, déstructurée, participent à amplifier cette immersion dans un monde entre étrange, mystère et profonde déprime. Un gros dossier termine cette BD avec le programme de la quarantaine de soirées zurichoises et les biographies des intervenants, permettant au lecteur de savoir ce qu'ils sont devenus une fois le cabaret fermé pour cause de couvre-feu imposé à la ville fin juin 1916

"Le Cabaret Voltaire", Delcourt, 224 pages, 26,99 €

mardi 16 juin 2026

Autobiographie – Le fils du diable parle

Les thrillers de Jean-Christophe Grangé ont fait frémir des millions d'amateurs de sensations fortes. Des situations parfois extrêmes, de véritables cauchemars éveillés. En décidant de raconter son enfance dans « Je suis né du diable », l'auteur des Rivières pourpres donne plusieurs clés sur les origines de son inspiration. Il résume cela dans ces quelques mots : « Mon père n'était ni au mauvais père ni un mari violent. Il était, purement et simplement, le diable. » Ce père honni, cette mère qui l'a sauvé et cette certitude qu'il devait devenir un artiste célèbre ont rythmé les jeunes années de Jean-Christophe Grangé. 

Après des études très poussives et une longue période au cours de laquelle il tente de devenir riche en composant de la musique, le jeune Grangé se découvre des facilités d'écriture. Il fera beaucoup de publicités et des textes alimentaires écrits au kilomètre. Puis ce seront des reportages partout dans le monde. Des récits pour accompagner le travail de grands photo-reporters

Jusqu'à la parution de son premier roman et le succès phénoménal de son second. On découvre un écrivain parfois très dépressif, rongé par le doute, obligé de s'abîmer dans des routines. Un simple humain, fragile, finalement très loin du fameux diable paternel.

« Je suis né du diable », Jean-Christophe Grangé, Albin Michel, 336 pages, 21,90 €

lundi 15 juin 2026

Roman – Psychanalyse tartinable

Le roman de J.-M. Erre s'ouvre sur une véritable scène d'apocalypse. Rassurez-vous, pas de guerre avec des drones ou d'incendie incontrôlable, juste de lendemain de fête. Jean-Luc Godart (avec un T!) et son épouse Anna viennent d'aménager dans leur nouvel appartement. La veille ils ont pendu la crémaillère. Cela a rapidement dégénéré. Jean-Luc se réveille au fond du canapé (il est psychologue clinicien) l'esprit barbouillé et vêtu d'« un soutien-gorge bonnet D, rouge à dentelles ». On sonne à la porte. C'est un plombier pour déboucher les toilettes. Commence alors une conversation hallucinante à trois, le lecteur se retrouvant immergé dans une histoire abracadabrantesque dont le plus étrange reste cette tartine beurrée collée au plafond.

L'auteur, originaire des Pyrénées-Orientales, n'en oublie pas ses racines quand il précise que « le plombier pose sa boite à outils sur le sol avec l'assurance de l'estivant qui prend possession de son territoire sur la plage d'Argelès-sur-Mer en plantant sa glacière dans le sable comme on plante un drapeau américain sur la Lune. » Et forcément, à la fin, la tartine tombe. Une chute aux lourdes conséquences.

« La loi de la tartine beurrée », J.-M. Erre, Pocket, 144 pages, 7,70 €



vendredi 12 juin 2026

Science-fiction – Faites escale à Central Station


La littérature de science-fiction, quand elle ose s'affranchir de combats spatiaux et autre guerre intergalactique, est idéale pour faire passer quelques messages à ses lecteurs contemporains. Lavie Tidhar, auteur israélien vivant à Londres, en est l'exemple avec ce roman, « Central Station », se déroulant dans un lointain futur. Central Station c'est le nom de cette gigantesque ville-base spatiale qui permet à des centaines de navettes de quitter la Terre pour s'élancer vers les nouveaux mondes que sont la Lune, Mars ou la Ceinture. 

Une ville autonome, coincée entre Tel Aviv la juive et Jaffa l'arabe. Une zone foisonnante de vie. De toute sorte. Humains basiques ou augmentés, robots déclassés, aliens égarés... La religion est omniprésente et ce ne sont plus deux confessions qui s'affrontent mais des dizaines qui tentent d'exister. « Chaque saison, un nouveau dieu apparaissait dans les rues et les ruelles de Central Station. Ils apparaissaient sans tambour ni trompette. Presque en catimini. » Le jeune Kranki en est-il un ? A vous de le découvrir en dévorant ce texte ambitieux et sans doute un peu visionnaire.

« Central Station » de Lavie Tidhar, Pocket, 288 pages,8,90 €


jeudi 11 juin 2026

Espionnage – Espions en cavale



Le roman d'espionnage a longtemps été un genre synonyme de succès de librairie. Les nouvelles technologies ont cassé le mythe. Mais il est des auteurs qui osent se lancer dans de grandes sagas entre Histoire et guerre secrète. Ainsi Robert Goddard propose le second tome de la Trilogie du monde

La première guerre mondiale à peine terminée, toutes les nations se retrouvent en 1919 à Paris pour procéder à un redécoupage de la planète. Paris, ville lumière, qui accueille les premières missions de James Maxted, ancien pilote de la Royal Air Force britannique. Il va devenir espion pour découvrir pourquoi son père, diplomate, a été assassiné. Dans ce tome 2, « Aux quatre coins du globe», l'action va de Paris à Londres en passant par l’Écosse et le sud de la France. 

C'est sacrément alambiqué, chaque nation ayant quantité d'agents double voire triple. Et les fans seront impatients de lire le tome trois... l'été prochain.

« Aux quatre coins du globe», Robert Goddard, Sonatine, 526 pages, 24,90 €


vendredi 29 mai 2026

Roman policier - Hommage japonais aux maîtres du polar

Sur une île isolée, sept amis, amateurs de polar, se réunissent. Six futures victimes et un assassin.

Très joli casting au sommaire du polar « Les crimes de la maison bleue », roman de Yukito Ayatsuji paru en 1987 au Japon et considéré par les spécialistes comme le texte culte qui a permis aux auteurs japonais de jouer dans la cour des grands. Sur cette petite île située à quelques encablures de la côte japonaise, sept amis décident de passer une semaine en totale autarcie. Au menu : écriture d'histoires policières et tentative de résoudre le mystère des quatre crimes commis quelques mois plus tôt sur place. Et rayon spécialistes des intrigues bien tordues, ce sont des pointures qui sont sollicitées. Agatha (comme Christie), Ellery (Queen), (Gaston) Leroux, (Edgar Allan) Poe, Van (Dine), (John Dixon) Carr et (la baronne) Orczy. Ce ne sont pas les écrivains en personne qui débarquent un matin mais des étudiants, membres du Club des amateurs de roman policier. Certains sont en lettres, d'autres médecine ou pharmacie. Chacun a pris l'habitude de se faire appeler par le nom d'une célébrité littéraire. 

Une fois ces présentations faites, l'auteur, multipliant les références savantes, peut dérouler son intrigue. Sur plusieurs niveau. Il y a les sept jeunes reclus, vivant dans une maison particulière, composée de dix pièces de grandeur identique, le décagone. En flashback on découvre les circonstances du premier drame de l'île : le propriétaire a été retrouvé mort, assassiné, ainsi que sa femme et le couple qui servait de domestiques dans la grande maison bleue incendiée. Manque à l'appel le jardinier, principal suspect. 

Mais pour corser le tout, l'enquête se mène également en ville quand un autre membre du club reçoit une lettre annonçant plusieurs meurtres dans l'île. Comme une vengeance après le décès accidentel quelques mois auparavant d'une jeune fille, timide et réservée, membre elle aussi du club. Alors que les morts commencent à se ramasser à la pelle dans le décagone (étranglement, empoisonnement...), les détectives à distance rencontrent les protagonistes de la première affaire mais sont impuissants pour démasquer le meurtrier et l'arrêter. Le lecteur, lui, doit sans cesse remettre ses soupçons au rebut, l'auteur parvenant à multiplier les pistes, scénarios et possibilités. Plus qu'un polar, c'est une équation à multiples inconnues qui est proposé dans ce roman brillant, largement au niveau des grands textes des auteurs convoqués indirectement sur cette mystérieuse et maudite île.

« Les crimes de la maison bleue », Yukito Ayatsuji, Verso, 356 pages, 20,90 €

vendredi 22 mai 2026

Thriller - Le "Bureau 26" d'Interpol face à la violence de l'intelligence artificielle

Un agent d'Interpol cherche un lien après une série d'attentats contre des politiciens européens.


Comment fonctionne Interpol et quelle est son utilité ? La lecture de « Bureau 26 », roman noir d'Elie Maucourant apporte en partie des réponses. En partie seulement car l'auteur centre son intrigue autour du Bureau 26. Le seul de la structure qui est opérationnel. En clair, Interpol n'est qu'une « agence centralisant le renseignement ». Le bureau 26 est « un corps dédié à la mise en lien des affaires, autorisé à repasser au peigne fin les dossiers ouverts à Interpol. Ce nouveau bureau a plus de prérogatives que le reste de l'administration. » Le seul problème c'est l'effectif du Bureau 26. Une chef et un seul agent de terrain : Gabriel d'Amore, titularisé essentiellement pour sa parfaite maîtrise d'une dizaine de langues.

Un franc-tireur toujours sur la corde raide. Car s'il a le droit d'aller où il veut, armé, en renfort des policiers locaux, il ne doit pas intervenir directement. Alors qu'il rentre de Barcelone après une mission où il a plus qu'aidé les Mossos d'Esquadra à interpeller un suspect, il est sollicité par le Vatican. Un homme a tenté d'assassiner le Pape ? Ce dernier est dans le coma. Qui en veut à sa Sainteté ? Et y a-t-il un lien avec la mort d'un homme politique français retrouvé dans la Seine et le suicide d'un leader indépendantiste écossais ?

Avec ténacité et souvent sans l'aval de sa hiérarchie, d'Amore plonge dans ce fatras de rapports de police et décide de se faire une meilleure idée de la situation en se rendant sur place. D'abord en banlieue parisienne pour le passage le plus sordide, réveillant de sombres souvenirs au flic d'Interpol, passé par la case famille d'accueil et sévices à tous les étages.

Ensuite c'est l'Irlande avant de devoir tout arrêter pour se rendre au Liban en tant que superviseur d'une grosse opération de démantèlement d'un réseau fournissant du Captagon, médicament interdit devenu drogue très recherchée dans tous les pays en guerre. C'est la partie la plus musclée du roman. On continuera de voyager avec Gabriel, en Allemagne, en Suisse et en Écosse.

Ce roman, très actuel, aborde frontalement les questions d'éthique autour de l'utilisation de l'intelligence artificielle pour manipuler l'opinion et prévoir l'avenir. Dépaysant, technologique et malgré tout profondément humain, ce premier roman noir d'Elie Maucourant (il a déjà signé une saga d'anticipation) est une excellente surprise.


« Bureau 26 », Elie Maucourant, Métailié, 256 pages, 20 €