Quelques chroniques de livres et BD qui méritent d'être lus et les critiques cinéma des dernières nouveautés. Par Michel et Fabienne Litout
vendredi 24 avril 2020
BD. Des gags bien huilés pour vieilles bagnoles rouillées
Bloz fait partie de ces dessinateurs qui au bout de longues années de travail peut désormais tout dessiner avec une étonnante maestria. Il a des dizaines d’albums à son actif, des centaines de gags (Les fonctionnaires, Les fondus de motos) et la possibilité de faire ce qu’il veut de ses pinceaux. Le voilà donc sur une nouvelle série qui visiblement lui tient à cœur. Ce passionné de belles mécaniques a une attirance pour les voitures de collection. Certains ont les vieilles revues ou les films du siècle dernier pour faire fonctionner leur nostalgie. Lui, cela semble être les vieilles guimbardes, celles remontant au début de l’automobile ainsi que celles qui rappellent sa jeunesse. Pour présenter ces légendes de l’asphalte, on retrouve les Fondus habituels, passionnés et parfois maniaques.
Les gags fonctionnent parfaitement, Cazenove et Richez n’ayant plus rien à prouver dans cette mécanique de précision. L’intérêt de l’album réside plutôt dans la représentation des différents modèles. Il y en a pour toutes les générations. Car on a tous une auto « rétro » qui nous parle plus spécialement. Les plus anciens auront leur Aronde (on apprend d’où vient ce nom si particulier) ou les 403, décapotables ou pas. Les quadras auront droit à leur DS et autres R16.
On voit même passer une GS, même si cette voiture reste une des plus laides produites par la firme aux deux chevrons. Il y a même des « deux chevaux », par ailleurs déjà héroïnes à part entière d’une autre série parue chez Bamboo. Preuve que les voitures anciennes n’ont pas encore terminées de nous faire rêver.
« Les fondus de voiture de collection », Bamboo, 10,95 €
De choses et d’autres - Du danger de se soigner avec des rumeurs
En situation sanitaire exceptionnelle, garder un peu de bon sens semble au-dessus des capacités de nombre de Français.
Je ne reviendrai pas sur ceux qui ont gobé le canular affirmant que le roquefort protégeait du coronavirus (lire en page 2 de notre édition d’hier). De même pas la peine de revenir sur les déclarations de Trump, toujours aussi à la pointe des innovations médicale qui envisage pour tuer le virus des injections de désinfectant ou un bombardement du corps aux ultraviolets…
Plus sérieusement, le gouvernement été obligé de prendre des mesures d’urgences pour contrer une autre rumeur sur un possible remède contre le covid-19. Une étude aurait démontré que les fumeurs sont moins atteints. Et des chercheurs amateurs de se demander si ce n’est pas tout simplement la nicotine qui protégerait l’organisme.
Conséquence des anxieux se sont précipités sur les substituts nicotiniques en vente libre pour arrêter de fumer. Patches et gommes à mâcher ont été victimes d’une véritable razzia malheureusement pas sans danger. Car trop de nicotine, surtout pour quelqu’un qui n’est pas dépendant, peut être très dangereux.
Résultat les ventes en pharmacie ont été limitées par l’État qui a de plus interdit la vente sur internet. La nicotine, comme la chloroquine, peut se révéler plus dangereuse que le coronavirus. Même si le plus grand danger pour la santé des Français reste leur incroyable naïveté pour ne pas dire bêtise.
Je ne reviendrai pas sur ceux qui ont gobé le canular affirmant que le roquefort protégeait du coronavirus (lire en page 2 de notre édition d’hier). De même pas la peine de revenir sur les déclarations de Trump, toujours aussi à la pointe des innovations médicale qui envisage pour tuer le virus des injections de désinfectant ou un bombardement du corps aux ultraviolets…
Plus sérieusement, le gouvernement été obligé de prendre des mesures d’urgences pour contrer une autre rumeur sur un possible remède contre le covid-19. Une étude aurait démontré que les fumeurs sont moins atteints. Et des chercheurs amateurs de se demander si ce n’est pas tout simplement la nicotine qui protégerait l’organisme.
Conséquence des anxieux se sont précipités sur les substituts nicotiniques en vente libre pour arrêter de fumer. Patches et gommes à mâcher ont été victimes d’une véritable razzia malheureusement pas sans danger. Car trop de nicotine, surtout pour quelqu’un qui n’est pas dépendant, peut être très dangereux.
Résultat les ventes en pharmacie ont été limitées par l’État qui a de plus interdit la vente sur internet. La nicotine, comme la chloroquine, peut se révéler plus dangereuse que le coronavirus. Même si le plus grand danger pour la santé des Français reste leur incroyable naïveté pour ne pas dire bêtise.
jeudi 23 avril 2020
Les « Rêveries » confinées de Ben Caillous
Quand il est dans sa petite cour à Sorède dans les Albères, le matin en buvant son café, Ben Caillous ne cesse d’admirer son oranger couvert de fruits. Des boules de couleur orange qu’il a affublées de deux pattes et d’un bec pour les transformer en petits oiseaux sur les toiles qu’il est en train de réaliser. Ils sont omniprésents dans une série commencée en plein confinement. « Ces petits oiseaux ce sont un peu toutes les pensées qu’on a durant ce confinement, confie le jeune artiste catalan. Ces toiles feront partie d’une série que j’ai intitulée « Rêveries ». Comme maintenant je passe plus de temps à la maison, j’ai davantage de dessins que prévus. » Ben Caillous, comme beaucoup dans le milieu de la culture, redoute les conséquences de ce confinement. « On devait prendre un atelier avec un ami à Céret cet été. On a abandonné. Tous les événements sont annulés. J’espère que le salon de Valmy, vers la fin septembre, sera maintenu. Cela me permettra de montrer les « Rêveries » au public. »
Autre conséquence de l’interdiction de sortir de chez soi et surtout des commerces fermés, l’impossibilité de se ravitailler en matériel. « J’ai ressorti mes vieilles toiles du garage et je fais beaucoup de croquis. Mais je n’ai rien pour encadrer. Si je montre ces travaux, ce sera du brut… » Il faut alors trouver des astuces. « J’ai fait beaucoup de dessin au lavis avec du café. Cela fait de jolis effets sur les carnets de croquis ».
En manque de visages
Le plus dur pour le peintre reste de ne plus pouvoir sortir et de voir des gens. Il aime dessiner des visages, en manque de cette matière première, il a l’impression de s’étioler. S’il lui tarde de ressortir et de dessiner d’après nature, il sait aussi que le confinement est essentiel puisque sa compagne est infirmière.
Et en éternel optimiste qui aime mettre des couleurs vives dans ses toiles, il espère qu’il ressortira du bon de cet enfermement. « La ville de Saint-Estève m’a contacté pour faire un dessin qui sera ensuite vendu aux enchères pour recueillir des fonds. Et puis au moins tout le monde se comprend et a ce confinement en commun. » Et qui sait, à force de rester face à un mur blanc et vide, un confiné va avoir envie d’accrocher une toile signée Ben Caillous pour égayer ce quotidien monotone.
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« Instants népalais », un livre reporté en juin
En 2015, Ben Caillous est allé en voyage humanitaire au Népal. Un périple au cours duquel il a réalisé de nombreuses aquarelles. De ce carnet de voyage, vu en partie au festival de la bande dessinée de Laroque-des-Albères dans les Pyrénées-Orientales, il en fait un livre, « Instants népalais ». 42 pages reprenant les aquarelles avec des légendes succinctes. La sortie du livre, aux Presses Littéraires, était prévue en mai. Là aussi le confinement a chamboulé la donne. Peut-être en juin…
BD. Fantômes et autres légendes de la fameuse « Clinton Road »
Terre de légendes, les USA regorgent d’endroits où toutes les folies sont imaginables. Des lieux magiques ou hantés, propices aux apparitions et autres enchantements. Clinton Road en fait partie. Une route de 16 km, dans les bois du New Jersey.
C’est là que Vincenzo Balzano, auteur italien ayant beaucoup travaillé pour les comics américains, place l’intrigue de son roman graphique.
Tout simplement intitulée « Clinton Road », cette BD de 144 pages, entre thriller et fantastique, suit les pas de John, un ranger de la région. Il roule tous les jours sur cette route et rencontre souvent des gens qui sont à la recherche de ces phénomènes de l’étrange. Il partage ces rencontres avec Sam, le patron du bar situé au bout de Clinton Road. Il rencontre aussi un ermite, vivant dans une cabane au bord d’un lac.
Il piège des ours et fait peur aux jeunes gens en recherche de sensations fortes. L’univers de John bascule quand il découvre que son fils est lui aussi directement relié aux mystères de Clinton Road.
Long cauchemar éveillé, ce roman graphique, entièrement réalisé à l’aquarelle, est d’une beauté spectrale.
« Clinton Road », Ankama Editions, 17,90 €
Série Télé - « Outer Banks », de l’or en barre sur Netflix
La mode est aux séries d’ados rebelles. Netflix n’échappe pas au phénomène et propose depuis quelques jours une création originale tournée dans les « Outer Banks », des îles de la Caroline du Nord. Face à l’Atlantique, c’est le paradis des surfeurs. Ça combe bien, les quatre personnages principaux de la série, les membres de la bande des Pogues, adorent taquiner les vagues.
Lancée comme un publi-reportage pour ce coin béni des dieux, considéré par beaucoup comme un paradis, la série bascule dans la critique sociale et le polar. Critique sociale car dans ces îles, comme partout aux USA, les différences de richesse sont énormes. Les Pogues ce sont les pauvres. Ils ont deux boulots pour s’en sortir. En face, les privilégiés ne travaillent pas et ont deux maisons, deux voitures et deux bateaux…
John B. (Chase Stokes), est le narrateur. Son père a disparu depuis près d’un an. Âgé de 17 ans, il risque le placement en foyer. Il va entraîner ses potes dans une chasse au trésor commencée par son père. 400 millions de dollars sous forme d’or en barres dormant au fond de la mer dans les entrailles d’un navire. La chasse au trésor, le fil rouge, n’empêche pas de déployer plusieurs arcs romantiques. Car « Outer Banks », destinée aux ados, parle beaucoup de grand amour. Qui aura les préférences de Kie (Madison Bailey) la fille de la bande ? John va-t-il craquer pour Sarah (Madelyn Cline), la fille gâtée de son riche patron ?
Ce n’est pas le meilleur de l’histoire. Non, le plus appréciable dans ces 10 épisodes, ce sont les paysages sauvages et préservés de ces plages et marais uniques au monde. Bonne nouvelle, la saison 1, loin de boucler l’intrigue, nous promet encore plein de belles images ensoleillées.
De choses et d’autres - Le virus leur monte à la tête
En plus de faire tousser et d’empêcher de respirer, le covid-19 aurait des effets dévastateurs sur le système nerveux. Des séquelles ont été observées au niveau des neurones de certains malades.
Sans avoir fait autant d’études scientifiques que le professeur Raoult, je pense pouvoir affirmer que certaines personnalités ont visiblement attrapé le virus sans s’en apercevoir. Avec pour seul désagrément de ne plus pouvoir réfléchir correctement.
Prenez Clémentine Autain. Elle tousse pas, elle fume pas, elle est de gauche et pourtant elle ne semble plus avoir toute sa tête en résumant le propos de sa tribune libre publiée dans Libération par cette formule énigmatique : « L’heure est venue d’accélérer le processus de maturation d’une issue émancipatrice aux crises contemporaines. » On vous le dit, ce virus est redoutable pour la matière grise.
Autre exemple avec Matthieu Delormeau, un des chroniqueurs des émissions de Cyril Hanouna. Celui qui est devenu célèbre après que son patron lui ait mis des nouilles dans le slip, a l’intention de se reconvertir et de devenir commissaire de police dès l’année prochaine. Il ne veut plus faire de télévision, a déjà tout envisagé, mais ne se voit pas « directement ministre, un peu relou, ou préfet, mais c’est chiant… » Donc, la police. Cher M. Delormeau, si vous trouvez un test, faites-le. Et vite.
Mais le pire effet présumé du Covid-19 sur les neurones est suspecté chez ces chercheurs australiens qui se sont lancés dans une savante étude sur un moyen de transmission peut-être sous estimé. Leur mémoire s’intitulera « Le coronavirus peut-il se transmettre par les pets ? »
Sans avoir fait autant d’études scientifiques que le professeur Raoult, je pense pouvoir affirmer que certaines personnalités ont visiblement attrapé le virus sans s’en apercevoir. Avec pour seul désagrément de ne plus pouvoir réfléchir correctement.
Prenez Clémentine Autain. Elle tousse pas, elle fume pas, elle est de gauche et pourtant elle ne semble plus avoir toute sa tête en résumant le propos de sa tribune libre publiée dans Libération par cette formule énigmatique : « L’heure est venue d’accélérer le processus de maturation d’une issue émancipatrice aux crises contemporaines. » On vous le dit, ce virus est redoutable pour la matière grise.
Autre exemple avec Matthieu Delormeau, un des chroniqueurs des émissions de Cyril Hanouna. Celui qui est devenu célèbre après que son patron lui ait mis des nouilles dans le slip, a l’intention de se reconvertir et de devenir commissaire de police dès l’année prochaine. Il ne veut plus faire de télévision, a déjà tout envisagé, mais ne se voit pas « directement ministre, un peu relou, ou préfet, mais c’est chiant… » Donc, la police. Cher M. Delormeau, si vous trouvez un test, faites-le. Et vite.
Mais le pire effet présumé du Covid-19 sur les neurones est suspecté chez ces chercheurs australiens qui se sont lancés dans une savante étude sur un moyen de transmission peut-être sous estimé. Leur mémoire s’intitulera « Le coronavirus peut-il se transmettre par les pets ? »
mardi 21 avril 2020
BD - Questionnements d’artistes
À quoi servent les artistes ? Lucrèce Andreae se pose la question dans ce gros roman graphique en partie autobiographique alors que Basquiat n’a jamais su y répondre dans sa courte vie brûlée par tous les bouts.
Clara est artiste. Photographe exactement. Elle se pose beaucoup de questions sur sa démarche après le vernissage de sa nouvelle expo dans cette ville de province. Pile au moment où elle apprend que sa petite sœur, Axelle, est à l’hôpital, immobilisée avec une jambe cassée provoquée par un accident de scooter.
Clara, à la demande de sa mère, va donc à Paris aider Axelle, bien que cette dernière ne lui ait plus parlé depuis des années. Clara, peureuse et indécise c’est Flipette. Axelle, révoltée et entreprenante c’est Vénère. Des personnalités opposées, incapables de se comprendre. Le roman graphique de plus de 330 pages raconte le long chemin que les deux sœurs vont devoir parcourir pour trouver un semblant de terrain d’entente. Et ainsi s’améliorer. Comme s’il fallait qu’une partie de l’une vienne diluer le caractère principal de l’autre. Avec quelques passages très bien sentis sur l’utilité de l’art dans l’évolution du monde.
Artiste, il l’a toujours été. Jean-Michel Basquiat, fils d’immigrés haïtiens, a fait des rues de New York sa première galerie. La biographie dessinée signée Julien Voloj et Soren Mosdal raconte son enfance et ses premières performances, juste des tags sauvages signés de l’énigmatique SAMO qui signifierait « Same old shit », expression ordurière pour désigner la routine.
Basquiat luttant sans cesse contre ses démons, ses fantômes, incapables de garder une petite amie, de rester sobre ou clean. Quand l’argent coule à flots, ses œuvres s’arrachant dans le milieu de l’art contemporain, il en profite pour passer à la vitesse supérieure. Plus de drogue, plus de cauchemars et finalement la mort en août 1988. Superbement dessinée, cette biographie voit intervenir quelques-uns des plus grands influenceurs de la fin du XXe siècle de Debbie Harry aux Talking Heads en passant par Klaus Nomi et l’incontournable Andy Warhol.
« Flipette et Vénère », Delcourt, 27,95 €
« Basquiat », Soleil, 18,95 €
Clara est artiste. Photographe exactement. Elle se pose beaucoup de questions sur sa démarche après le vernissage de sa nouvelle expo dans cette ville de province. Pile au moment où elle apprend que sa petite sœur, Axelle, est à l’hôpital, immobilisée avec une jambe cassée provoquée par un accident de scooter.
Clara, à la demande de sa mère, va donc à Paris aider Axelle, bien que cette dernière ne lui ait plus parlé depuis des années. Clara, peureuse et indécise c’est Flipette. Axelle, révoltée et entreprenante c’est Vénère. Des personnalités opposées, incapables de se comprendre. Le roman graphique de plus de 330 pages raconte le long chemin que les deux sœurs vont devoir parcourir pour trouver un semblant de terrain d’entente. Et ainsi s’améliorer. Comme s’il fallait qu’une partie de l’une vienne diluer le caractère principal de l’autre. Avec quelques passages très bien sentis sur l’utilité de l’art dans l’évolution du monde.
Artiste, il l’a toujours été. Jean-Michel Basquiat, fils d’immigrés haïtiens, a fait des rues de New York sa première galerie. La biographie dessinée signée Julien Voloj et Soren Mosdal raconte son enfance et ses premières performances, juste des tags sauvages signés de l’énigmatique SAMO qui signifierait « Same old shit », expression ordurière pour désigner la routine.
Basquiat luttant sans cesse contre ses démons, ses fantômes, incapables de garder une petite amie, de rester sobre ou clean. Quand l’argent coule à flots, ses œuvres s’arrachant dans le milieu de l’art contemporain, il en profite pour passer à la vitesse supérieure. Plus de drogue, plus de cauchemars et finalement la mort en août 1988. Superbement dessinée, cette biographie voit intervenir quelques-uns des plus grands influenceurs de la fin du XXe siècle de Debbie Harry aux Talking Heads en passant par Klaus Nomi et l’incontournable Andy Warhol.
« Flipette et Vénère », Delcourt, 27,95 €
« Basquiat », Soleil, 18,95 €
Série Télé - « Unorthodox » raconte la fuite d’Esther, mariée de force
Mini-série coup de poing en ce moment sur Netflix. Unorthodox raconte la fuite d’une jeune fille de sa communauté juive orthodoxe de New York pour le Berlin libre et créatif. Quatre parties de 55 minutes pour comprendre ce qui a poussé la frêle jeune femme de 19 ans à prendre tous les risques et partir du jour au lendemain, sans le moindre bagage. Esther Shapiro (Shira Haas), Esty pour toutes ses connaissances, est mariée à Yanky. Un mariage arrangé. Elle ne le connaissait pas avant de vivre avec lui. Ils sont tous les deux membres de la communauté juive ultra orthodoxe de Williamburg à New York. La religion, le Talmud, régit toutes actions des uns et des autres. Si les hommes travaillent, les femmes ne peuvent que rester au foyer, avec l’espoir de donner une nombreuse descendance à leur famille. Esther, dont le père est alcoolique et la mère a fui, vivant avec une femme à Berlin, est en quête de reconnaissance. Sa tante arrange le mariage. Elle va enfin être reconnue. Mais à quel prix. Car une fois l’union prononcée, les époux doivent sans délai procréer. Or, la frêle jeune femme, totalement ignorante des choses du sexe, doit subir les assauts de son mari. Elle résiste. Des mois. Au point qu’il décide de divorcer. Pile au moment où elle apprend qu’elle est enceinte, après un rapport abouti, plus du domaine du viol que du plaisir partagé.
Cette série allemande est tirée de l’histoire véritable de Deborah Feldmann.
Si le trait est parfois violent sur les traditions rétrogrades des juifs orthodoxes, il n’est jamais dans le jugement. Car il y a quand même une volonté de comprendre les femmes, de leur permettre de s’émanciper. Même si cela les place immédiatement en dehors de la communauté.
De choses et d’autres - Drone de drame
Un cauchemar à l’état pur. Les drones ont pris le pouvoir. Dans de nombreuses villes françaises comme Nice ou Metz, ils tournent au-dessus de nos têtes, nous regardent et même nous apostrophent.
Leur message est clair : « Les déplacements sont interdits sauf dérogation » et « Respectez les distances de sécurité s’il vous plaît ». Un bon point pour eux, ils sont polis. Mais le « s’il vous plaît » n’autorise pas toutes les dérives sécuritaires.
Car ces drones omniprésents sont pilotés par des policiers. En plus de haut-parleurs, les engins bénéficient de caméras capables de vous filmer. Pour ce qui est de la reconnaissance faciale, rien n’est encore précisé, mais à la vitesse où les choses évoluent, il y a fort à parier que ce sera une option plausible après le 11 mai.
Il y a un mois, le Français moyen en bon défenseur des Droits de l’Homme, s’offusquait des pratiques du gouvernement chinois dans l’utilisation de drones ou de logiciel espion. Aujourd’hui, après quatre semaines de confinement, comme si l’absence d’air frais avait nécrosé une partie de notre cerveau, celle justement dédiée aux libertés individuelles, on ne trouve plus grand-chose à redire. Et les rares qui osent encore alerter sur le sujet, se retrouvent immédiatement associés à ceux qui ne feraient pas l’effort personnel nécessaire pour stopper le virus.
Ces drones, que l’on imaginait dans l’avenir taxis, pollinisateurs ou livreurs, ne seront que les oiseaux de mauvais augure annonciateurs de la fin de notre mode de vie, libre et insouciant.
Clap Ciné passe au e-cinéma
Clap Ciné de Leucate et de Canet-en-roussillon proposent ce mercredi leur seconde séance de e-cinéma. Les salles étant fermées depuis plus d’un mois, il fallait trouver une solution pour permettre de garder le lien avec les spectateurs. C’est la société « La vingt-cinquième heure » qui a trouvé la solution en proposant des séances de e-cinéma géolocalisées. Un principe tout nouveau, imaginé pour contrer le confinement dû à la pandémie de covid-19.
Cette salle de cinéma virtuelle est un service de diffusion de films mis en place le 18 mars dernier joignable à l’adresse https://www.25eheure.com/e-cinema. L’accès à la salle de cinéma virtuelle est géolocalisé, seules les personnes situées dans un périmètre variant de 5 à 50 km peuvent y accéder.
La programmation est faite par les exploitants de cinéma et les recettes sont partagées entre exploitant, distributeur et le site hébergeant la salle virtuelle.
Comme pour un film dans une salle physique, les séances sont retransmises en direct, et ne sont plus accessibles à l’issue de la retransmission. À l’issue de la séance, les spectateurs peuvent poser des questions aux intervenants liés au film diffusé grâce à un dispositif de chat vidéo intégré.
Ce mercredi, à 20 h 15, les cinémas de Leucate et de Canet proposent de réfléchir sur la notion du « vivre ensemble » avec la diffusion du documentaire « Le temps de quelques jours » de Nicolas Gayraud (photo ci-dessus). Sorti en 2014, ce long reportage plonge le spectateur dans le monde confiné de l’abbaye de Bonneval à Espalion dans l’Aveyron. Les sœurs se confient et surprennent par leurs réflexions sur la société, la consommation, le rapport au temps. Première et unique caméra à entrer au sein de l’ordre cistercien de la Stricte Observance, elle nous fait découvrir des femmes à la philosophie étonnamment moderne en plein cœur d’une abbaye séculaire.
Confinement choisi et conscient
Un film totalement d’actualité en cette période si particulière car les habitantes de Bonneval vivent au quotidien un confinement choisi et conscient. À l’issue du film qui dure 1 h 17, le réalisateur sera en ligne pour répondre aux questions des spectateurs.
Enfin, ces séances de cinéma à la maison sont aussi bonnes pour la planète puisque chaque ticket fait l’objet du reversement d’une contribution carbone dont le montant a été évalué par la société Secoya à 10 centimes.
Cette initiative intervient au moment où le Clap Ciné de Canet-en-Roussillon soufflait sa première bougie le 19 avril dernier.
Les promoteurs de ce beau projet espéraient sans doute des conditions plus favorable pour célébrer cet anniversaire. L’équipe du cinéma espère un retour à la normale et tient à prévenir son fidèle public que la validité des Tickets CE et des cartes d’abonnement sera prolongée d’autant de temps que le cinéma aura été fermé.
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