Quelques chroniques de livres et BD qui méritent d'être lus et les critiques cinéma des dernières nouveautés. Par Michel et Fabienne Litout
jeudi 16 avril 2020
VOD - « Les éblouis », famille à la dérive
Normalement, le film « Les éblouis » de Sarah Suco devait sortir en DVD la semaine dernière. Corinavirus oblige, on devra se contenter de la version numérique accessible sur l’ensemble des services de VOD. Dommage car le DVD de chez Pyramide devait regorger de bonus dont le court-métrage « Nos enfants » de la jeune réalisatrice.
Film militant contre l’emprise des sectes sur les familles trop croyantes (ou crédules), « Les éblouis » se garde pourtant de juger ces moutons égarés. Par contre les bergers sont clairement dénoncés. Endoctrinée par le Berger (Jean-Pierre Darroussin) de cette communauté, toute la famille de Camille (Céleste Brunnquell) va se couper du monde pour tout donner au Saint-Esprit. La mère, dépressive (Camille Cottin), comptable sans emploi, se sentant inutile en dehors de son rôle de maman de quatre enfants, va être la première à chercher du réconfort auprès de cette congrégation, mélange de prêtres, de sœurs et de familles.
En novembre dernier, lors de sa sortie en salles, nous avions écrit : « Le film est plus qu’une charge contre ces sectes agissant presque à visage découvert. Il nous permet de comprendre comment ces experts en manipulation parviennent non seulement à s’approprier l’âme de ces hommes et femmes, mais aussi de tous leurs biens matériels. Car à la base, ce ne sont que des escrocs pour qui le bien de leurs disciples compte peu face à leur désir de domination et d’appropriation. » Vous voilà averti.
mercredi 15 avril 2020
De choses et d’autres - La sirène aux fesses poilues
Il y a une semaine, Disney+ ouvrait les vannes de ses programmes familiaux et consensuels. Au menu, des centaines de classiques de cette maison de production américaine toujours très à cheval sur les bonnes manières.
Malheureusement pour les dirigeants actuels, les normes en ce qui concerne la pudeur ont légèrement été revues à la hausse ces dernières années. La preuve avec la version de Splash, film sorti en 1984, mise en ligne sur Disney+.
En début de diffusion, un message en petits caractères prévient : « Ce film a été modifié par rapport à sa version originale. Son contenu a été édité. » Seuls les grands fans de ce film (et de Daryl Hannah, l’interprète principale avec Tom Hanks), remarqueront les différences.
En fait, en 1984, il était tout à fait permis de montrer les fesses de la star à l’écran. Comme elle interprète le rôle d’une sirène, elle est presque tout le temps nue. De face ses longs cheveux cachent sa poitrine. De dos par contre, son popotin est régulièrement apparent. Lors d’une scène notamment, elle se précipite vers la mer et plonge dans les vagues.
Dans la version Disney+, ses cheveux, qu’elle porte déjà très longs, ont poussé de 15 cm. Juste ce qu’il faut pour cacher entièrement son anatomie rebondie. Mais comme le montage est réalisé à grands coups de palette graphique, on a l’impression que les fesses de la belle sont recouvertes d’une sorte de fourrure, vaguement de la même couleur que sa chevelure.
Conséquence, les deux scènes (la nue et la poilue) sont reprises sur les réseaux sociaux avec moult moqueries pour la pudibonderie de Disney+, justifiée en l’occurrence. L’arrière-train de Daryl Hannah ne mérite pas un tel traitement.
Malheureusement pour les dirigeants actuels, les normes en ce qui concerne la pudeur ont légèrement été revues à la hausse ces dernières années. La preuve avec la version de Splash, film sorti en 1984, mise en ligne sur Disney+.
En début de diffusion, un message en petits caractères prévient : « Ce film a été modifié par rapport à sa version originale. Son contenu a été édité. » Seuls les grands fans de ce film (et de Daryl Hannah, l’interprète principale avec Tom Hanks), remarqueront les différences.
En fait, en 1984, il était tout à fait permis de montrer les fesses de la star à l’écran. Comme elle interprète le rôle d’une sirène, elle est presque tout le temps nue. De face ses longs cheveux cachent sa poitrine. De dos par contre, son popotin est régulièrement apparent. Lors d’une scène notamment, elle se précipite vers la mer et plonge dans les vagues.
Dans la version Disney+, ses cheveux, qu’elle porte déjà très longs, ont poussé de 15 cm. Juste ce qu’il faut pour cacher entièrement son anatomie rebondie. Mais comme le montage est réalisé à grands coups de palette graphique, on a l’impression que les fesses de la belle sont recouvertes d’une sorte de fourrure, vaguement de la même couleur que sa chevelure.
Conséquence, les deux scènes (la nue et la poilue) sont reprises sur les réseaux sociaux avec moult moqueries pour la pudibonderie de Disney+, justifiée en l’occurrence. L’arrière-train de Daryl Hannah ne mérite pas un tel traitement.
BD - Retour de guerre compliqué
Titre énigmatique, Puisqu’il faut des hommes, pour un album de BD inclassable abordant un sujet souvent tabou dans la création française : la guerre d’Algérie. Dans une campagne française au début des années 60, un homme revient au pays. Joseph, après deux années en Algérie est démobilisé. Il est accueilli avec chaleur par sa mère, beaucoup moins par son père et son frère. Ils lui reprochent d’avoir abandonné la ferme. Surtout d’avoir passé ces longs mois planqué, loin des combats. Le frère a encore plus de ressentiment contre Joseph. Lui qui normalement allait devenir cycliste professionnel, a dû abandonner ses projets pour aider le père aux travaux de saison. Double punition car un accident de tracteur lui a brisé la colonne vertébrale. Privé de vélo, cloué dans un fauteuil et inutile dans les champs.
Pour rendre ce retour encore plus dépressogène, les auteurs, Philippe Pelaez et Victor L. Pinel, ajoutent à la peine de Joseph une histoire d’amour qui finit mal. Sa fiancée n’a pas répondu à ses lettres. Elle va se marier avec le fils du boucher du village… Cet accueil glacial rend Joseph encore plus taciturne. Car on devine que ce qu’il a vécu en Algérie est plus compliqué que l’histoire banale du planqué. Toute guerre, même quand elle n’en porte pas le nom, laisse des traces indélébiles chez ses participants. Ce récit implacable risque de remuer certains souvenirs parmi les appelés de l’époque.
« Puisqu’il faut des hommes », Bamboo Grand Angle, 15,90 €
Série Télé - « Undone » sur Amazon, plongée dans les limbes du temps
Undone est la série à côté de laquelle on serait passé si on n’avait pas été en période de confinement. Obligé de chercher de nouvelles ambiances pour se renouveler, le confiné abonné à Amazon Prime va, pour la première fois, aller sur la page des dessins animés. Et découvrir ce Undone de Raphael Bob-Waksberg et Kate Purdy qui n’a absolument rien à voir avec une série pour enfants. Huit épisodes de 25 minutes, aux dessins basés sur de véritables prises de vues, et une intrigue qui nous entraîne dans les limbes du temps et les méandres de l’esprit d’Alma. Cette jeune femme, interprétée par Rosa Salazar déjà vue dans ce genre de production avec Alita Battle Angel, se pose de plus en plus de questions sur sa vie morne et sans surprise.
Un fiancé trop gentil, une mère secrète, une petite sœur qui va se marier et elle qui travaille dans une crèche avec l’impression de répéter tous les jours les mêmes gestes. Et puis un jour, après une dispute avec ladite sœur, elle a un accident de la route. En sortant du coma, elle découvre son père assis à son chevet. Père décédé depuis une quinzaine d’années. Il lui explique qu’elle a un grand pouvoir, qu’elle peut voyager dans le temps et découvrir qui a assassiné son papa ce soir d’Halloween. La forme étonne au début, et se justifie dès qu’Alma commence à perdre la notion de la réalité. Elle passe d’un monde à un autre avec fluidité grâce aux décors dessinés. Surtout, Undone nous interpelle sur notre notion de la réalité.
Vous verrez, en période de confinement, c’est idéal pour s’évader juste par l’esprit.
BD - Bienvenue dans l’atelier des auteurs Rue de Sèvres
La fin du confinement, ce n’est pas pour demain. Alors les éditions Rue de Sèvres, privées de nouveautés, offrent une visite virtuelle hebdomadaire des ateliers de leurs auteurs.
Si dans certaines régions d’Italie, les librairies ont le droit de rouvrir leurs portes aux clients, il n’en va pas de même en France. Confinement strict renouvelé jusqu’au 11 mai, ces temples de la culture sont inaccessibles à leurs fidèles lettrés. Toutes les maisons d’éditions ont donc suspendu leur programme de parution. Pas une seule nouveauté en avril, excepté quelques livres uniquement en versions numériques. Mais cela n’empêche pas ces sociétés de maintenir le contact avec les lecteurs, habituels ou occasionnels. Le secteur de la bande dessinée, florissant et dynamique, multiplie les opérations pour distraire les confinés à petit prix. Cette fois ce sont les éditions Rue de Sèvres qui lancent une opération originale. Rue de Sèvres vous invite dans son atelier ! Comme si on pouvait s’affranchir de l’interdiction de se déplacer et de se réunir.
Sur son site internet, la branche BD des éditions de l’École des Loisirs, explique que « pour animer les prochaines semaines d’isolement et garder le lien avec l’actualité de la bande dessinée, les éditions Rue de Sèvres proposent un nouveau rendez-vous. Avec la complicité des auteurs, seront proposés deux fois par semaine : des previews des albums qui auraient dû paraître en avril ; des coulisses des albums en cours de création pour l’automne et chaque semaine la lecture d’un album entier du catalogue en streaming. »
Pour cette première semaine, l’atelier s’ouvre sur les previews du déjà remarqué album sans texte Beatrice de Joris Mertens (lire notre édition du 2 avril, l’album figure dans la liste de conseils de la librairie Torcatis de Perpignan), du réjouissant C’était mieux avant de Soledad Bravi et Hervé Éparvier, idéal pour partager des souvenirs en famille confinée. Et c’est Grégory Charlet qui dévoile son album en cours de dessin pour le mois d’août, Exfiltré.e.s, un haletant roman graphique au dessin gracieux.
Et si quelques pages ne vous suffisent pas, vous aurez toute la semaine pour lire en version numérique le premier tome de la saga Bjorn le Morphir de Thomas Lavachery (scénario tiré de ses romans) et Thomas Gilbert (dessin). L’histoire d’un garçon timide obligé de se transformer en valeureux Viking pour protéger les siens.
L’atelier Rue de Sèvres est actualisé avec des previews et des bonus les mardis et vendredis et un nouvel album en intégralité est à découvrir tous les mardis. Jusqu’à la fin du confinement et la réouverture des librairies.
Si dans certaines régions d’Italie, les librairies ont le droit de rouvrir leurs portes aux clients, il n’en va pas de même en France. Confinement strict renouvelé jusqu’au 11 mai, ces temples de la culture sont inaccessibles à leurs fidèles lettrés. Toutes les maisons d’éditions ont donc suspendu leur programme de parution. Pas une seule nouveauté en avril, excepté quelques livres uniquement en versions numériques. Mais cela n’empêche pas ces sociétés de maintenir le contact avec les lecteurs, habituels ou occasionnels. Le secteur de la bande dessinée, florissant et dynamique, multiplie les opérations pour distraire les confinés à petit prix. Cette fois ce sont les éditions Rue de Sèvres qui lancent une opération originale. Rue de Sèvres vous invite dans son atelier ! Comme si on pouvait s’affranchir de l’interdiction de se déplacer et de se réunir.
Sur son site internet, la branche BD des éditions de l’École des Loisirs, explique que « pour animer les prochaines semaines d’isolement et garder le lien avec l’actualité de la bande dessinée, les éditions Rue de Sèvres proposent un nouveau rendez-vous. Avec la complicité des auteurs, seront proposés deux fois par semaine : des previews des albums qui auraient dû paraître en avril ; des coulisses des albums en cours de création pour l’automne et chaque semaine la lecture d’un album entier du catalogue en streaming. »
Pour cette première semaine, l’atelier s’ouvre sur les previews du déjà remarqué album sans texte Beatrice de Joris Mertens (lire notre édition du 2 avril, l’album figure dans la liste de conseils de la librairie Torcatis de Perpignan), du réjouissant C’était mieux avant de Soledad Bravi et Hervé Éparvier, idéal pour partager des souvenirs en famille confinée. Et c’est Grégory Charlet qui dévoile son album en cours de dessin pour le mois d’août, Exfiltré.e.s, un haletant roman graphique au dessin gracieux.Et si quelques pages ne vous suffisent pas, vous aurez toute la semaine pour lire en version numérique le premier tome de la saga Bjorn le Morphir de Thomas Lavachery (scénario tiré de ses romans) et Thomas Gilbert (dessin). L’histoire d’un garçon timide obligé de se transformer en valeureux Viking pour protéger les siens.
L’atelier Rue de Sèvres est actualisé avec des previews et des bonus les mardis et vendredis et un nouvel album en intégralité est à découvrir tous les mardis. Jusqu’à la fin du confinement et la réouverture des librairies.
mardi 14 avril 2020
De choses et d’autres - Démasqué !
Hier dans l’Indépendant, vous avez pu retrouver sur une pleine page un patron pour fabriquer votre propre masque de protection. Moi qui vais toujours faire les courses le visage découvert, depuis quelques jours je me sens nu comme un ver face à toutes les ménagères qui arborent des masques maison.
Mon épouse, pleine de bonne volonté, se concentre. Reste à décrypter le patron. Pas gagné d’avance car il faut bien le reconnaître, elle et la couture cela fait deux. Face à son air circonspect, je jette un œil aussi sur la page. Et là, l’affaire se complique encore.
Si au début les explications semblent assez compréhensibles, mon cerveau bloque quand il faut « coudre suivant les axes de pliure (piqueuse plate, point droit) en pliant A1 sur A2 puis B1 sur B2 ».
J’ignorais que la couture exigeait un doctorat de physique quantique. Enfin c’est l’impression que j’ai en découvrant les directives.
Malgré l’impression de me trouver face à une tâche insurmontable, je décide d’aider. Dans un premier temps je cherche du tissu. À carreaux (me souffle mon épouse aussi manche que moi), quand même plus facile à découper pour quelqu’un qui a deux mains gauches.
Quant aux élastiques, introuvables dans le commerce actuellement selon notre voisine, reine de la machine à coudre personnifiée, celui d’un vieux slip fera l’affaire. Mais se balader avec un morceau de slip sur la tête ne va-t-il pas m’attirer d’ennuis ?
Finalement, le masque maison sera pour plus tard. Je me contenterai d’un grand mouchoir sur le visage. Comme les bandits dans les films de cowboys. J’ai toujours rêvé d’être un cowboy. Et pour épouse Calamity Jane.
Cinéma - « Guns Akimbo » sur Amazon, des flingues et de l’humour très noir
Sans doute lassé d’être associé au personnage d’Harry Potter, Daniel Radcliffe donne un tour assez étrange à sa carrière. Il aurait pu sélectionner soigneusement ses rôles, se contenter d’interpréter les jeunes premiers dont rêvent toutes les jeunes filles en fleur. Au contraire, il semble avoir décidé de régulièrement jouer des tordus de l’extrême, humiliés et demandeurs de performances physiques hors normes. Il débute ce genre de prestation dans Horns, tiré du roman d’horreur de Joe Hill.
Affublé de cornes durant toute l’histoire, il est le méchant qui essaie de se racheter. Le pire reste sa composition dans Swiss Army Man. Il joue le rôle d’un cadavre péteur. Compagnon de galère d’un naufragé, il se fait transporter comme un sac de pommes de terre dans une nature hostile. Tout en pétant…
Dans Guns Akimbo de Jason Lei Howden, sorti directement sur Amazon Prime, il incarne Miles, geek pleutre et effacé. Ce n’est que la nuit qu’il combat les trolls sur internet. Exactement, il essaie d’être pire qu’eux. Mais cela ne plaît pas à Riktor (Ned Dennehy) qui le piège. Il envoie ses sbires lui greffer deux pistolets aux deux mains et l’inscrit à un jeu de téléréalité extrême. Il a 24 heures pour tuer Nix (Samara Weaving). À moins que ce ne soit cette redoutable tueuse qui ne remporte la partie retransmise en direct sur le dark net et ne plombe le pauvre Miles. 90 minutes de bastons bien glauques, de combats et de dizaines de morts violentes et spectaculaires.
Ponctuées de scènes d’un humour noir absolu. C’est d’ailleurs dans ces dialogues, comiques par leur décalage, que réside l’intérêt du film, coproduction entre l’Allemagne et la Nouvelle-Zélande.
BD - Le Dom Juan de la photo face aux conséquences de son inconséquence
La collection Aire Libre de Dupuis permet de grandes rencontres. Avec pour résultat une grande œuvre quand un scénariste exigeant, Denis Lapière, écrit pour un dessinateur surdoué, Dany. Histoire spécialement écrite par Lapière, « Un homme qui passe » est rempli de jolies femmes. Logique, Dany, après avoir connu le succès et la reconnaissance avec les aventures poétiques d’Olivier Rameau, s’est consacré à ce qu’il apprécie le plus : le corps de jeunes femmes.
Ses albums de gags salaces ne resteront pas dans les mémoires, par contre les amateurs de beauté garderont longtemps au fond de leurs rétines les courbes de belles dévêtues peuplant ces pages . Dany a donné ses lettres de noblesse à l’art de la pin-up.
Attention cependant, le scénario de Lapière est futé et machiavélique. Sur une île anglo-normande, en pleine tempête, Paul Berthier, célèbre photographe, sort de sa petite maison frappée par les embruns pour se tirer une balle dans la tête. Mais au moment d’appuyer sur la détente, il voit une fusée de détresse. Mourir attendra. Il saute sur son bateau et sauve une plaisancière en perdition. Kristen, jeune et jolie éditrice, venait lui demander des nouvelles de l’avancement de son prochain livre quand elle se fait surprendre par la furie de l’océan.
Paul explique qu’il a décidé de rendre hommage à toutes les femmes qu’il a aimées et photographiées. Et il raconte ces aventures exaltantes, romantiques, sensuelles et sexuelles. Des passages au cours desquels Dany croque ces conquêtes dans leur plus simple appareil. Mais « Un homme qui passe » n’est pas qu’une succession de clichés, c’est aussi un réquisitoire contre ces hommes Dom Juan, laissant derrière eux les anciennes conquêtes éplorées car tout à coup attirés par une nouvelle fille gironde.
Une BD sensuelle. Puis cruelle. Très cruelle.
« L’homme qui passe », Dupuis, 16 €
Shadowz, le Netflix de l’horreur
Netflix c’est bien, Disney+ aussi, mais on ne trouve pas tout sur ces plateformes de streaming. Si Netflix fait quelques efforts dans le cinéma de genre, rien de ce style sur la dernière née des plateformes. Alors des fans absolus de fantastique, horreur, SF, gore et autres joyeusetés réservées aux amateurs de sensations fortes et à l’estomac bien accroché, ont décidé d’inventer ce qu’ils rêvaient dans leurs pires cauchemars : une plateforme de streaming ne proposant que du cinéma de genre. Ainsi est née « Shadowz, la première plateforme de screaming ».
Officiellement lancée début mars quelques jours avant le grand confinement, Shadowz offre une semaine d’essai gratuit et reste accessible au plus grand nombre puisque l’abonnement mensuel est fixé à 4,99 €. Et sans engagement comme les concurrents. La société à la tête du projet entend ainsi « proposer ce qu’aucune plateforme de VOD ne propose aujourd’hui : une offre 100 % frisson façonnée par des passionnés et pour des passionnés ! » Dans un premier temps on peut faire son choix dans quelques centaines de titres, certains de légende, d’autres très rares et particulièrement étranges. D’un fonctionnement assez simple, Shadowz permet à l’abonné de choisir parmi l’ensemble de son catalogue ou dans des rubriques crées spécialement en fonction des sous-genres proposés.
Enfermés
On trouve les incontournables telles les histoires de zombies ou de fantômes, mais quelques catégories se veulent un peu plus pointues et imagées. Ainsi dans la rubrique « Enfermés », tout à fait de circonstance en ce moment (on l’est tous, enfermé, depuis le 17 mars), ne passez pas à côté de Génération Proteus sorti en 1977. Dans la zone « Pourquoi voir ce film ? », Shadowz explique « Terriblement en avance sur son temps, le film de Donald Cammell anticipe l’ère moderne des objets connectés et nous plonge dans un récit claustrophobique et sadique qui fait réfléchir tout en éveillant un plaisir sournoisement malsain. »
Un véritable poème…
Autre classification qui donne à réfléchir (et rire) : « Pas vegan ». Sous ce vocable on retrouve quelques-uns des pires films mettant en scène des animaux, ou des humains, dévorant les pauvres seconds rôles qui ne passent que rarement la première heure. Accrochez-vous pour supporter les scènes criantes de vérité de Cannibal Holocaust de Ruggero Deodato ou The Breed, film de 2007 avec Michelle Rodriguez (Fast & Furious) en vedette dans cette histoire de chiens génétiquement modifiés et affamés.
Vous pourrez redécouvrir (ou découvrir tout court pour les plus jeunes) ces références que sont La nuit des morts vivants de Georges Romero (le 1er film de zombies), Halloween de John Carpenter avec Jamie Lee Curtis, plus célèbre film de slasher (tueur au couteau) ou les papis du genre, les films italiens dit de Giallo comme Phenoména de Dario Argento ou Six femmes pour l’assassin de Mario Bava. Bref, Shadowz couvre l’ensemble du spectre de l’horreur, de quoi passer de nombreuses nuits blanches à regarder ces horreurs absolues.
Avec cependant un regret, l’impossibilité de les regarder en bande, avec amis autour d’une pizza, pour rire et se faire peur en groupe. Le confinement interdit ce genre de regroupement. Mais dans trois mois (voyons large), le confinement sera levé et Shadowz toujours là.
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Horrible financement participatif
Screaming a vu le jour d’abord sur Ulule. Les instigateurs du projet ont lancé cette campagne de financement participatif. Ils espéraient 10 000 € pour se lancer, ils en ont récolté plus de 36 500. Des centaines de contributeurs qui, en fonction du montant engagé étaient affublés de gentils surnoms. Cela débutait par le Clown tueur (10 €) et se terminait par le Démon déchaîné (500 €). On a une préférence marquée pour l’Alien infecté et le si imagé Cannibale gangrené.
lundi 13 avril 2020
De choses et d’autres - Par où t’es rentré… on t’a pas vu sortir
Le titre de la chronique de ce lundi de Pâques est emprunté à un film de Philippe Clair, sans doute un des pires du cinéma français, avec pourtant Jerry Lewis en vedette. Il m’intéresse surtout sur la seconde partie de l’expression que beaucoup de personne voudraient en ce moment faire sienne : « On t’a pas vu sortir ».
Le confinement généralisé a provoqué un regain de vieilles pratiques ancestrales, essentiellement prisées par les vieilles dames désœuvrées. Ma mère la première, quand elle s’est retrouvée à la retraite, installait sa chaise de cuisine au niveau de la fenêtre donnant sur la route et passait ses journées à regarder qui se promenait, quand et si possible pourquoi.
Jeune, je me suis toujours dit que jamais ô grand jamais je ne ferai pareil. Et puis depuis un mois, me voilà confiné. Et comme j’ai installé mon bureau de télétravail près d’une fenêtre, je regarde régulièrement dehors, observant les rares gens marcher dans la rue.
Et de chercher les raisons de leur déconfinement. Celui-là est en jogging, mais il ne court pas. C’est louche. Elle, c’est la troisième fois qu’elle promène son chien durant la matinée. Elle abuse quand même. Lui, il a fait le déplacement juste pour sa baguette de pain. Et tout à l’heure il ressortira pour le journal ?
On ne peut pas s’empêcher de se questionner. Mais je ne vais pas aussi loin que certains. Un article du Monde de ce week-end nous apprend que la police est submergée d’appels de particuliers désirant dénoncer tel voisin qui ne respecterait pas le confinement.
Alors oui, en ce moment, mieux vaut appliquer avec prudence le « On t’a pas vu sortir ».
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