mardi 8 juin 2021

BD - Brève histoire de l’esclavage


Sujet très sérieux pour ce nouveau numéro de la série pédagogique Le fil de l’Histoire. Ariane et Nino racontent aux jeunes lecteurs comment l’esclavage a longtemps été la norme dans nos civilisations.


Aidé de Savoia au dessin, Fabrice Erre, le scénariste et par ailleurs prof, né à Perpignan, revient sur les grandes étapes de ce « crime contre l’humanité », des premiers marchés en Méditerranée à la traite vers les Amériques en passant par les différentes révoltes qui ont poussé quelques démocrates à militer pour l’abolition.    

« L’esclavage, un crime contre l’humanité », Dupuis, 5,90 €  

lundi 7 juin 2021

BD - Partition coréenne


Assez peu connue en France, la partition de la Corée dans les années 50 a durablement bouleversé la vie de millions de familles. Dans ce roman graphique en noir et blanc d’une exceptionnelle acuité, Keum Suk Gendry-Kim raconte une partie de l’histoire de sa mère. 

Lors de la fuite vers le Sud, elle a été séparée de son mari et de son fils.

Elle a refait sa vie mais n’a cessé d’attendre des nouvelles de sa première famille. L’album raconte la fuite, la séparation mais également l’admiration de l’autrice pour cette femme indestructible.      

Série télé - Des minorités rafraîchissantes


Non, Netflix ne se contente pas de produire des séries de superhéros ou d’horreur destinées à un public très large. La plateforme américaine ose a aussi investi sur des auteurs originaux, à la voix singulière. Master of None en est l’exemple parfait. Développé par le comédien d’origine indienne Aziz Ansari, la première saison ressemble à une sitcom presque classique. 

Dev (Aziz), tente de percer dans le cinéma. Il enchaîne les castings mais on ne lui propose que des rôles de chauffeur de taxi. Les quelques rôles dans des publicités lui permettent de payer son loyer. Dev-Aziz raconte les compromissions incessantes qu’un acteur typé indien doit subir au quotidien. Les dix épisodes de la saison 1 explorent aussi sa vie sentimentale assez compliquée.

Dolce vita italienne

Changement de ton avec la saison 2. La série gagne en profondeur et surtout en qualité cinématographique. Un premier épisode en noir et blanc, se déroulant en Italie, est un hommage au cinéma de la péninsule


Et les épisodes 9 et 10 clôturant la saison, mis bout à bout, forment un long-métrage de 90 minutes qui supporterait la diffusion en salles. 

Mais Aziz Ansari place la barre encore plus haut avec la saison 3. Il s’efface totalement pour ne raconter en cinq épisodes que les « moments d’amour » entre Denise (Lena Waithe, également coscénariste) et Alicia (Naomi Ackie). La première, écrivaine, a remporté un énorme succès avec son premier roman. Elle a acheté une vaste maison à la campagne et y a aménagé avec sa femme, ancienne chimiste qui veut se reconvertir dans la décoration d’intérieur. Elles sont toutes les deux noires et quand Alicia décide d’avoir un enfant, leur couple va lentement se désagréger. 

La réalisation, sobre, presque minimaliste, renforce cette impression d’immersion dans le quotidien de Denise et Alicia. L’ensemble des épisodes forme un tout qui fait plus penser à un film d’Ingmar Bergman qu’à une pantalonnade franchouillarde. Un petit chef-d’œuvre rafraîchissant qui nous ouvre les yeux que le quotidien des minorités aux USA

Cinéma en streaming - Mr Roosevelt de Noël Wells

Dans la première saison de Master of None, la petite amie de Dev est interprétée par Noël Wells. On retrouve la comique de service à l’écriture et à la réalisation de son premier film Mr Roosevelt, toujours sur Netflix. Emily (Noël Wells) est une humoriste qui galère en Californie. 

Elle doit rentrer en catastrophe à Austin au Texas car son cher Mr Roosevelt, est malade. Un félin qui est resté chez son ancien petit ami. Problème, ce dernier a trouvé une remplaçante à Emily. Son antithèse absolue. aussi sérieuse qu’Emiliy est désinvolte.  Une petite comédie enlevée, avec des reparties hilarantes tant dans la bouche d’Emily que de sa pire ennemie. 

Noël Wells porte de film de bout en bout, avec une vigueur étonnante, sur ses frêles épaules. 

dimanche 6 juin 2021

BD - Le bébé mystère de « Un avion sans elle »


Immense succès lors de sa sortie, le roman Un avion sans elle a consacré le talent de Michel Bussi. Le roman est désormais adapté en BD avec Fred Duval au scénario et Nicolaï Pinheiro au dessin. Un très gros album de 176 pages pour une intrigue addictive. Un détective privé a enquêté durant 18 ans sur un bébé, unique rescapé du crash d’un avion.


La fillette était revendiquée par deux familles : l’une très riche et parisienne et l’autre simple et de province. Le jour de la majorité de Lylie, le détective a enfin découvert la vérité. L’histoire sera passionnante pour ceux qui n’ont pas lu le roman original.

Les autres pourront replonger dans cette quête d’identité avec multiples coups de théâtre et sublimée par le dessin très abouti de Pïnheiro qui a mis près de deux ans pour réaliser cet album.  

 « Un avion sans elle », Glénat, 25 €

DVD - Un grand blanc dans la grande bleue

Tourné en Australie dans des décors à couper le souffle, le film « Great White » (en DVD et blu-ray chez Wild Side) affiche clairement ses intentions. Un énorme requin va boulotter quelques naufragés. Le réalisateur Martin Wilson n’a pas investi son budget dans le scénario. Il est basique. 

Deux touristes japonais décident de se rendre sur une île déserte. Ils sollicitent une petite société d’aviation qui loue son hydravion. Le patron est aussi le pilote par ailleurs petit ami de l’infirmière accompagnante. 

Arrivés sur place, ça ressemble au paradis. Mais une découverte va les pousser à se poser en pleine mer et voir leur avion être coulé après l’attaque du méchant « Great White ». La suite se déroule sur un radeau de fortune puis dans l’océan. Avec du sang pour colorer les eaux turquoise. Beaucoup de sang…

samedi 5 juin 2021

Thriller - Le policier, l’ami et les soupçons

Certains policiers prennent leurs enquêtes tellement à cœur qu’ils ne peuvent s’empêcher d’y penser sans cesse. Et quand elle n’est pas résolue, cela devient un long cauchemar qui vous accompagne mois après mois, années après années. William Wisting, inspecteur dans le sud de la Norvège, était jeune flic quand il a été mobilisé sur la disparition de Katharina Haugen. Une jeune femme qui a quitté le domicile, laissant derrière elle une valise pleine de linge propre et un papier rempli de chiffres. 24 ans plus tard, Wisting tente une nouvelle fois de déchiffrer ce code qui, il en est persuadé, lui donnera le fin mot de l’histoire. Fugue, enlèvement, meurtre ? Personne n’a la réponse. Mais il est pourtant sûr et certain que Katharina est morte et c’est lui qui s’était chargé, cinq années après le début des recherches, d’expliquer au mari, Martin, que l’administration la considérait désormais comme décédée. Et chaque année, au jour anniversaire de la disparition de Katharina, le policier rendait visite au mari. Ils étaient devenus amis. Discutaient de tout et n’importe quoi. Partaient pêcher dans un lac près d’un chalet que possédait Martin. 

Enquête peu orthodoxe

Quand Adrian Stiller, un jeune inspecteur d’Oslo chargé des affaires non résolues débarque dans le commissariat de Wisting pour relancer une autre enquête restée sans réponse, l’affaire Katharina refait surface. Il y a 24 ans, une autre disparition inexpliquée avait fait les gros titres des journaux. Une adolescente, fille d’un riche industriel, avait été enlevée contre une rançon. L’argent a été réuni, mais personne n’est allé le chercher et la jeune kidnappée n’a jamais réapparu. Or, sur la lettre demandant la rançon, les services de Stiller en reprenant l’affaire ont retrouvé les empreintes digitales de Martin Haugen. L’idée de Stiller est simple : demander à Wisting de profiter de son statut d’ami du suspect pour le pousser à se confesser. Car Stiller soupçonne Martin Haugen d’avoir également assassiné son épouse, malgré un alibi à l’époque en béton. 

Cette nouvelle enquête écrite par Jorn Lier Horst met en opposition deux écoles dans la police. Si Wisting est persuadé que le travail et le respect du droit permettent toujours d’arrêter les coupables, Stiller préfère flirter avec l’illégalité, profiter de toutes les techniques d’écoutes et d’infiltration pour piéger et faire avouer les coupables. Cela ne plaît pas à Wisting qui se retrouve bombardé comme taupe. Qui plus es auprès de celui qu’il considère comme un ami. Pour corser le tout, la fille de Wisting, journaliste, va elle aussi être manipulée par Stiller pour augmenter les chances de confession.

Ce roman, aussi sombre que le ciel de cette Norvège glaciale et humide, donne aussi l’occasion au lecteur de réfléchir sur la culpabilité, les secrets du passé et la façon de vivre avec.     

« Le code de Katharina » de Jorn Lier Horst, Série Noire Gallimard, 20 €


BD - "Le spectateur", une vie de côté


Mais qui est Samuel, le spectateur de cet album ? Théo Grosjean ne donne pas la réponse car Samuel est toujours sans réaction face aux événements. Muet, il s’exprime par le dessin. On le suit de sa naissance à l’apogée de sa gloire médiatique, quand ses œuvres s’arrachent à prix d’or. Entre ce sont des années de brimades, de rejet et d’incompréhension.


Un album totalement atypique, parfois dérangeant, au graphisme un peu déroutant mais une fois qu’on est dans cet univers, on se passionne pour un homme qui a fait le choix de n’exister qu’après avoir fait un pas de côté. 

« Le spectateur », Noctambule Soleil, 18,95 € 

vendredi 4 juin 2021

Cinéma - « Chacun chez soi » et la famille au milieu


Après de longs mois d’attente pour cause de crise sanitaire, Chacun pour soi, second long-métrage réalisé par Michèle Laroque, arrive enfin sur grand écran. La comédienne était venue dans la région il y a pile un an pour présenter en avant-première cette comédie familiale. Finalement, les fermetures successives ont poussé le distributeur à caler la sortie du film ce 2 juin, soit près de deux ans après son bouclage. 

Les fans de la comique ne seront pas dépaysés. Elle interprète une grande bourgeoise vivant dans une belle villa avec son mari (Stéphane De Groodt), un patron mis sur la touche et qui tente de passer le temps en s’occupant de bonsaïs. Quand leur fille revient temporairement à la maison avec son petit ami, les relations vont se tendre. Entre la mère qui veut conserver son confort et la fille qui  tente de rebondir après une passe difficile, cela fait des étincelles et de nombreux gags. 

Rien de bien novateur, mais le tout est fait avec application et filmé de la façon la plus jolie possible. Clinquant et frais, mais manquant dramatiquement de provocation et de critique sociale. 

"Chacun chez soi", film français de Michèle Laroque avec Michèle Laroque, Stéphane De Groodt, Alice de Lencquesaing et Olivier Rosemberg


De choses et d’autres - Carnaval belge

En France, quand les policiers décident de manifester, ils vont devant l’Assemblée nationale avec des banderoles et reçoivent le soutien de quasiment toute la classe politique. Même leur ministre de tutelle a participé au rassemblement.


En Belgique, autre ambiance. Le mercredi 2 juin au matin, les syndicats policiers ont rendez-vous au ministère de l’Intérieur à Bruxelles. Une vingtaine de délégués sont conviés. Pas de banderole en vue, mais une tenue très symbolique qu’on ne peut que remarquer et qui offre des images télés inoubliables. Ils sont tous arrivés déguisés en Saint-Nicolas, l’équivalent du Père Noël.

Grande barbe, mitre d’évêque, aube blanche, long manteau rouge et crosse, cette procession a défilé sous les caméras des journalistes avant le rendez-vous. L’entrevue s’est aussi déroulée costumée, dans une cour, en plein air, Covid-19 oblige.

Cette «mascarade» (tous étaient en plus masqués) car les négociations portent sur les revalorisations salariales. Les syndicats refusent les augmentations proposées, car ils ne veulent pas de «cacahuètes en guise de cadeau». Un autre participant a fait remarquer qu’ils ne s’étaient pas déguisés pour  «dire que la ministre a été vilaine, mais...» La tradition veut que Saint-Nicolas ne donne pas de cadeaux aux enfants qui n’ont pas été sages.

Heureusement qu’ils n’ont pas débarqué en pères Fouettards