dimanche 23 mai 2021

Polar – Le jeune Sharko deviendra grand

Certains héros de polars prennent de l’épaisseur au fil des romans. Quand Franck Thilliez a lancé Franck Sharko dans le grand bain en 2004 avec Train d’enfer pour Ange rouge, il ne s’imaginait sans doute pas l’ampleur que prendrait ce flic rude et taiseux dans son œuvre. Notamment quand il rencontre Lucie Hennebelle dans Le syndrome E. Cette ancienne gendarme avait déjà été l’héroïne de plusieurs romans dont La chambre des morts. 

Dès lors un couple se forme et leurs histoires deviennent des best-sellers. Loin de se reposer sur la facilité, Franck Thilliez ne se consacre pas à 100 % à ses deux héros fétiches. Il alterne avec d’autres thrillers tout aussi ambitieux comme Le manuscrit inachevé et sa fausse suite Il était deux fois (sorti dernièrement chez Pocket). 

Pour son retour en 2021, Franck Thilliez relance Sharko dans le bain. Mais pas là où l’avait laissé. Il fait un saut dans le temps pour raconter les débuts de ce flic d’élite, en 1991 au 36 du quai des Orfèvres. Nous sommes donc en 1991, Sharko à 30 ans, il vient de sortir de l’école d’inspecteurs et il n’y a ni téléphone portable, ni internet. Il faut se contenter du papier et du Minitel. Totalement inexpérimenté, Sharko a tout à apprendre. Mais déjà il fait preuve d’initiative. Ainsi il est à l’entrée du 36 quai des Orfèvres quand un homme s’y présente paniqué. Il vient de recevoir dans une lettre la photo d’une femme attachée sur un lit. Au dos du cliché, une adresse. 

■ Première autopsie 

Sharko s’y précipite et découvre sa première scène de crime. Une mise en scène macabre et une femme massacrée, au corps en pleine décomposition. Quand vient le moment de l’autopsie, le chef de Sharko exige qu’il soit présent. Une première qui ne se passe pas bien « Le teint cireux, Franck s’excusa et sortit. Il se per dit dans les couloirs, plein de rage, de colère, avec l’envie de fracasser toutes les portes devant lui. Quel humain était pré paré à voir un semblable se faire désosser comme une voiture dans une casse ? Il s’était attendu à ce que ce soit difficile, mais pas à ce point-là. » Le lecteur dé couvre un Sharko encore un peu tendre, mais déjà redoutablement intelligent. 

Cette première enquête, il va s’y investir à fond, encouragé par son chef, malgré l’hostilité de certains de ses collègues. 1991 est aussi l’occasion pour l’auteur de raconter la vie d’avant, quand il fallait chercher une cabine téléphonique pour prévenir ses supérieurs qu’on vient de découvrir un cadavre. Quand les archives se trouvaient dans des sous-sols sombres et qu’il fallait plusieurs minutes de re cherche pour dégotter un dossier oublié. 

On apprend enfin que Sharko avait une fiancée. Une certaine Suzanne qui n’est pas policière. Une gentille Nordiste qui n’a pas suivi son homme à la capitale mais qui lui envoie tous les soirs une lettre par fax. Car oui, à une époque, le fax était le summum de la modernité pour les gens pressés. 

 ➤ « 1991, la première enquête de Sharko », Franck Thilliez, Fleuve Noir, 22,90 € 

Jeunesse - Amour et voisinage

Suite des péripéties de Hina, la petite fille, personnage central de la série « Les voisins mode d’emploi » écrite par Agnès Mathieu-Daudé avec des illustrations de Charles Berberian. Hina est inquiète. Sa maman, pilote de ligne, s’absente de plus en souvent les semaines où elle est là pour de mystérieux rendez vous. La fillette redoute qu’elle n’ait succombé à la mode des sites de rencontres en ligne. Car Hina, fille de divorcés, ne veut pas avoir un beau-père et contre moins d’un beau-père qui a des « enfants atroces ». 

Publié dans la collection Neuf (comme l’âge à partir duquel le lecteur peut se passionner et se reconnaître dans Hina), ce roman aborde avec humour et empathie les craintes des enfants tiraillés entre deux familles, incapables de choisir, redoutant tout nouveau bouleversement. 

Par chance, Hina peut compter sur ses voisins, notamment Antoine, un écrivain raté, très bon philosophe. Mais pas insensible au charme de la maman de Hina. 

« Les voisins mode d’emploi » (tome 2) d’Agnès Mathieu-Daudé, illustrations de Charles Berberian, l’école des loisirs, 10 € 

De choses et d’autres - La star du moment  

Elle est sur toutes les lèvres, hante tous les esprits, participe aux rêves les plus fous, est associée à ces plaisirs qui se sont raréfiés. C’est la star absolue et indétrônable de ce 19 mai. Vous avez bien évidemment reconnu la terrasse.

Oui, une simple terrasse de bar ou de restaurant qui accapare la moitié de la presse française et les deux-tiers des conversations. Il y a quelques semaines, on a vu sur les réseaux sociaux des images de ces jeunes qui faisaient la fête, buvant, chantant, s’embrassant, sur les terrasses des bars de Tel-Aviv.

Ensuite, les mêmes scènes se sont reproduites, mais sous une pluie froide et drue. Normal, c’était la Grande-Bretagne qui permettait à ses pubs de servir les clients en extérieur.

La terrasse de bistrot ou de restaurant va permettre à tout Français en mal de relation sociale d’avoir un peu l’impression de vivre de nouveau, comme avant. Tout le monde sait parfaitement que cet assouplissement n’est pas sans risque. Il faudra encore et toujours respecter les gestes barrières.

Mais le temps d’un café, le matin, ou d’un verre de rosé, à l’apéro, voire de tout un repas pour ceux qui n’en peuvent plus des boites de conserve, on pourra, enfin, parler avec des gens sans masque. échanger, plaisanter. Tout simplement montrer son sourire. Voir ceux des autres. Car ces masques, s’ils nous protègent, occultent aussi une partie de ce fameux art de vivre à la française, caractérisé par sa convivialité et sa jovialité.

C’est tout cela que l’ouverture des terrasses permet, ce mercredi 19 mai. Profitons-en.  


CINÉMA - Quand une femme se cache derrière une fenêtre


Tiré d’un roman signé A. J. Finn (paru en France aux Presses de la Cité et chez Pocket), le film La femme à la fenêtre est disponible depuis une semaine sur Netflix, plateforme de streaming qui a coproduit le long-métrage réalisé par le britannique Joe Wright. 

Le thriller, déjà bien angoissant, a donné un rôle en or à Amy Adams  qui endosse la personnalité très perturbée d’Anna Fox. Cette femme, psychiatre pour enfants, vit recluse dans son appartement depuis des mois. Elle ne peut plus sortir hors de ces murs depuis un choc émotionnel. Bourrée de médicaments, buvant sans doute un peu trop de vin, elle reçoit son psy chez elle deux fois par semaine et passe le reste de ses journées à regarder dans la rue. Quand une nouvelle famille s’installe dans l’immeuble en face, les Russell, elle ne peut s’empêcher de les surveiller. Et de se faire des films. Sur le père, la mère et le fils, un jeune adulte qui vient sonner chez elle. Mais quand elle assiste à un crime chez les Russell, elle décide de prévenir la police. 

Un véritable cauchemar va alors commencer pour cette femme à la fenêtre qui doute de plus en plus de sa santé mentale. Car il n’y a pas de cadavre, et la personne qu’elle a cru voir mourir n’est pas celle qu’elle croyait. Le téléspectateur est lui aussi ballotté entre doute et certitude, ne maîtrisant plus la limite entre réalité et fantasme. 

Pour interpréter cette femme au bord de la folie, Amy Adams a puisé dans ses ressources. Une performance incroyable qui aurait largement pu lui permettre de postuler à un prix d’interprétation si le film avait été sélectionné dans des festivals. 

Série télé - Hippocrate, retour gagnant


Après plus de deux ans d’attente, la saison 2 de la série hospitalière française Hippocrate débarque en coffret DVD chez Studiocanal. Une suite très attendue et qui n’a pas déçu les très nombreux fans de la série créée par Thomas Lilti, lui-même médecin en plus d’être cinéaste. 

À la base Hippocrate a pris la forme d’un film avec Vincent Lacoste et Reda Khateb. Puis l’univers s’est enrichi pour devenir une série. Quatre personnages principaux pour raconter le quotidien d’un hôpital. Trois internes Chloé (Louise Bourgoin), Hugo (Zacharie Chasseriaud) et Alyson (Alice Belaïdi) ainsi que d’Arben (Karim Leklou), médecin légiste. Le quatuor revient alors que l’hôpital est en pleine effervescence. Une vague de froid s’abat sur la ville et une canalisation explose provoquant l’inondation du service des urgences dirigé par le docteur Olivier Brun (Bouli Lanners). Ce dernier décide d’investir le service de médecine interne et de réquisitionner les trois internes. 

Un changement radical pour les trois jeunes toubibs. Si Alyson adore, vivant intensément cette course effrénée, Hugo est plus mitigé car cantonné au rôle de médecin chargé du tri à l’arrivée des patients. 

Quant à Chloé, c’est la plus en difficulté. Gravement malade, une main quasiment paralysée, elle ne peut se charger que des petits bobos. Elle sent sa motivation l’abandonner. La vie dans les urgences permet de découvrir d’autres personnages comme Igor (Théo Navarro-Mussy), un jeune urgentiste à peine entrevu dans la saison 1 et qui tente de rassurer les internes. Quant au chef, interprété par un Bouli Lanners d’une incroyable véracité, il tente de maintenir le bateau à flot. Malgré le changement de local, l’absence de lits et de médecins. Une force de la nature, toujours sur la brèche, qui sait être compréhensif mais qui fait peur quand il pique une gueulante. 

C’est tout le malaise de l’hôpital français actuel qui est raconté dans cette seconde saison, avec des hommes et des femmes dévoués, qui font le maximum mais qui ne peuvent pas faire de miracles quand on est obligé de pratiquer la médecine dans des services en « mode dégradé ».

samedi 22 mai 2021

Cinéma - Au pays des fous, la mouche est reine

Grâce à deux idiots et une mouche géante, Quentin Dupieux signe une fable absurde réjouissante.


Aller voir un film de Quentin Dupieux, c’est accepter de s’extraire de la réalité, d’être constamment étonné, de prendre le parti de ne pas tout comprendre et avoir la certitude de passer un moment unique. Mandibules, son nouveau film est la quintessence de ce cinéma de l’absurde à la française.

Il s’appuie cette fois sur le duo du Palmashow, David Marsais et Grégoire Ludig, pour concocter un petit bijou bizarre et inclassable. Jean-Gab et Manu sont deux paumés survivant sur la côte d’Azur. Le premier est pompiste dans la station essence de sa mère, le second quasi clochard puisqu’il dort sur la plage. Manu vole une vieille Mercedes et part en vadrouille avec Jean-Gab. En route, ils remarquent du bruit en provenance du coffre. Ils ouvrent et découvrent, totalement espantés, une mouche géante.

C’est Jean-Gab qui a l’idée de génie. Il faut l’apprivoiser puis la dresser pour la transformer en drone. Elle pourra alors voler ce qu’ils veulent tout en restant tranquilles à ne rien faire. Et en plus, il n’y a pas de piles à changer… 

Les hurlements d’Adèle 

Déjà, le raisonnement du duo montre combien ces paumés sont largués. Après quelques péripéties, ils se retrouvent en panne et sont secourus par une jeune femme persuadée que Manu est un ami d’enfance.

La suite du film se déroule dans une belle villa sur les hauteurs, entre cuisine et piscine, en compagnie de Cécile (India Hair), son frère Serge (Roméo Elvis) et Agnès interprétée par Adèle Exarchopoulos. On retrouve tout le génie de Quentin Dupieux dans ce casting car la comédienne révélée par La vie d’Adèle est utilisée à contre-emploi complet. Exit le côté sexy, Adèle joue la dérangée mentale qui ne parle pas mais hurle. Même pour dire bon appétit. La confrontation entre les deux idiots toujours persuadés que la mouche géante (baptisée Dominique entre-temps) va les rendre riche et cette folle qui plus est complètement paranoïaque est un grand moment de rigolade.

Ce n’est pas le seul car le réalisateur a voulu conserver la complicité entre les deux membres du Palmashow.  Ils s’en donnent à cœur joie dans les habits de ces deux débiles finis, dignes de Dumb and Dumber. 
Finalement, ce film à mille lieues de tout formatage, est la meilleure façon de se réhabituer au cinéma, un art libre inventif.

Comédie française de Quentin Dupieux avec David Marsais, Grégoire Ludig, Adèle Exarchopoulos, India Hair

 

vendredi 21 mai 2021

Cinéma - Les dérapages de « Slalom »


Dans le ski de haut niveau, il ne faut surtout pas sortir de la piste ou rater une porte en slalom au risque d’être disqualifié. Ce n’est pas Lyz (Noée Abita) qui dans ce film fait un écart malheureux, mais Fred (Jérémie Renier) son entraîneur. Ce premier film de Charlène Favier puise beaucoup dans ses souvenirs de sportive.
Sans être une pure autobiographie, le scénario utilise certains événements vécus par la réalisatrice quand elle était adolescente. 

Dans Slalom, on découvre le quotidien de Lyz, jeune skieuse prometteuse. Elle intègre un lycée sport-études ou la compétition entre jeunes est féroce, poussée par un entraîneur dur et exigeant. Entre Lyz et Fred, rapidement la tension est forte. Il menace de la virer si elle n’obtient pas de bons résultats.

Elle va alors tout faire pour le satisfaire et poursuivre ses propres rêves de podium. Fred, constatant qu’elle progresse, va s’occuper d’elle de plus en plus, la coachant personnellement. La proximité totale et permanente de Fred et de Lyz va faire basculer la situation. Comme le souligne Charlène Favier, « Peu à peu, Lyz perd la propriété de son corps, d’abord outil de performance puis objet de désir. »
Cette histoire d’emprise puis d’abus sexuel dans le milieu du sport de haut niveau vient à point nommé. Comme en écho aux nombreuses affaires actuelles. Le film, sans être trop grave, permet aux deux comédiens de briller dans des rôles compliqués, de filmer les compétitions de ski avec brio et de montrer aussi toute l’immensité et beauté de la montagne en hiver. 

Film français de Charlène Favier avec Noée Abita et Jérémie Renier

 

mercredi 19 mai 2021

De choses et d’autres - Travailler (trop) tue

Va-t-il bientôt falloir, comme sur les paquets de cigarettes, marquer en gros dans des cadres noirs sur les bulletins de salaire : « Travailler tue ». Le message de santé publique serait plus exactement « Travailler trop tue ».

Selon une étude publiée lundi 16 mai par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Organisation internationale du travail (OIT), si vous travaillez plus de 55 heures par semaine vous augmentez de façon exponentielle vos risques de faire un AVC (accident vasculaire cérébral) ou une crise cardiaque. Des chiffres qui feraient peur s’ils étaient un tant soit peu réalistes. Car franchement, qui, en France travaille plus de 55 heures par semaine ?

Étonnamment, ils sont sans doute beaucoup plus nombreux qu’on ne le croit. Car 55 heures hebdomadaires cela ne représente que 11 heures quotidiennes sur 5 jours ouvrables. Contrairement aux idées reçues qui prétendent que les Français et leurs fameuses 35 heures ne se tuent pas à la tache, les exemples sont légion des professions qui dépassent allègrement la limite dangereuse.

Les agriculteurs, par exemple, travaillent en trois jours autant qu’un fonctionnaire en une semaine (en un mois disent les plus médisants). Actuellement, tout métier dans le secteur de la santé explose sa durée de travail. Les policiers aussi sont sur la brèche, sans oublier les politiciens, surtout en période d’élection. Dans cette catégorie, plaignons ceux qui incapables de se positionner avec clarté, soutiennent deux listes et doivent faire le double de travail de persuasion.

Dans le bâtiment, la foire aux heures sup va être de mise pour rattraper les retards et même dans l’enseignement tout le monde va devoir travailler plus, toujours pour rattraper le retard dans les programmes causés par les confinements successifs.

En fait, il ne reste plus qu’une catégorie de métier qui n’a aucune chance de faire un AVC pour cause de surmenage : les patrons et employés de boîtes de nuit. Eux, cela fait plus de 18 mois qu’ils ne font plus rien. Mais pas sûr que cela leur procure la moindre satisfaction. 


mardi 18 mai 2021

De choses et d'autres - Étrange pénurie de boissons sucrées

Parfois, je m’imagine être dans la tête d’un complotiste, conspirationniste ou autre énergumène qui doute de tout et reste persuadé « qu’on nous ment ». Hier matin, en faisant mes courses dominicales, je constate, comme tous les autres jours de la semaine passée, que le rayon du Coca Zéro est désespérément vide. Même le cola sans sucre de la marque du supermarché est désert.

C’est là que je me transforme en paranoïaque de première. Quel est l’ingrédient qui manque à ce point pour provoquer la paralysie des chaînes de production ? Je pense, évidemment, à l’édulcorant.

Et dans ma tête de complotiste temporaire, par cette mécanique étrange et complexe, mêlant bêtise et ignorance, je me dis que cela a forcément un rapport avec la pandémie. Première hypothèse, celle du gravement atteint : l’édulcorant permet de soigner le Covid-19. Et comme on est persuadé, dans notre délire de persécution, que cette maladie a été inventée par les puissants qui dirigent le monde en secret, logique qu’ils retirent du marché ce médicament si bon marché.

Dans ce cas, vu les litres qu’on a ingurgité, mon épouse et moi, depuis l’apparition du virus, on est immunisé pour deux siècles.

Les cerveaux moins dérangés se demandent si l’édulcorant n’est pas un des ingrédients nécessaire à la fabrication des vaccins. D’où la rupture de stock de Coca, moins « essentiel » que le vaccin.

À moins que, plus prosaïquement, mais les complotistes détestent cet adverbe, l’absence de Coca Zéro dans mon supermarché découle d’un vieux conflit commercial, en cours de règlement, par chance, entre le fabricant et le distributeur. 

(Chronique parue en dernière page de l'Indépendant)


lundi 17 mai 2021

BD - Tatouages magiques


La magie a besoin d’un support. Dans Marqués, série de comics de David Hine et Brian Haberlin, ce sont les tatouages. Les jeunes qui ont un potentiel, sont marqués d’un glyphe leur donnant un pouvoir particulier.

On découvre cette école particulière grâce à Saskia. Elle vient d’être marquée, mais a fait confiance à Liza, une Marquée dissidente. Liza qui doit fuir et offrir ses services au gouvernement qui voit dans les glyphes des armes redoutables. 

«Marqués» (tome 1), Delcourt, 15,95 €