samedi 13 mars 2021

Album jeunesse - Le petit cow-boy et son courageux Desperado


La parution de « Desperado », album à partir de 3 ans, marque le retour d’Ole Könnecke au catalogue de l’École des loisirs. On apprécie toujours autant son trait simple et lumineux, tout en grâce et efficacité ». L’histoire est en réalité une adaptation, pour les plus petits, du film « La prisonnière du désert », de John Ford. 

Roy est un petit garçon vivant dans un ranch dans le désert. Tous les matins il va à l’école en chevauchant son cheval, Desperado. Un matin, alors qu’il est en retard, il trouve l’école déserte. Des brigands ont enlevé sa maîtresse, la très gentille Heidi. N’écoutant que son courage, aidé par le brave Desperado, il se lance sur les traces des méchants kidnappeurs. 

« Desperado » d’Ole Könnecke, L’École des loisirs, 13 €

De choses et d’autres - Du goût et du coût de la fraise Tagada

Rien de tel qu’une gaffe de la police pour détendre l’atmosphère. Mercredi, la Préfecture de police, sur son compte Twitter, se réjouissait d’avoir démantelé un atelier de conditionnement de produits stupéfiants. Et pas n’importe lesquels puisque les photos montraient des pilules roses et de la poudre. De la MDMA et de l’ecstasy selon le communiqué officiel.

Mais hier, deux jours plus tard, soit le temps nécessaire pour analyser le plus précisément possible les produits saisis, un autre communiqué du parquet de Bobigny indiquait que finalement, la poudre était « neutre ». Un terme vague pour dire qu’il ne s’agit en aucun cas de stupéfiant.

Finalement, une indiscrétion a donné le véritable résultat des tests. Ce que les policiers ont saisi dans cet appartement de Saint-Ouen était en réalité des fraises Tagada concassées.

La préfecture de police indiquait que la saisie représentait une valeur de 1 million d’euros. Cela ferait un excellent exercice de Nation apprenante, l’opération de l’Éducation nationale durant le premier confinement.

Premier énoncé « Si la police saisit 5,47 kg de fraises Tagada représentant une valeur marchande de 1 million d’euros, combien coûte chaque bonbon pesant environ, 3,5 grammes ? » (réponse : un peu plus de 639 € la fraise Tagada, ça fait cher la carie…)

Second énoncé. « Si la police saisit pour un million d’euros de fraises Tagada, combien de camions faudra-t-il pour transporter toute la marchandise si le prix au kilo de cette confiserie est de 5,77 € ? » (réponse : 4 semi-remorques de 44 tonnes…) 

Enfin, je lance le débat : le sucre est-il une drogue ? Pour quelques enfants, oui. Mais pas au point de mettre en place un laboratoire de conditionnement clandestin. De toute manière, qui préférerait avaler des comprimés au lieu de faire fondre les goûteuses et moelleuses fraises Tagada dont on s’est forcément régalé à un moment de notre enfance.

(Chronique parue en dernière page de l'Indépendant le samedi 20 mars) 

vendredi 12 mars 2021

Polar - Les rennes se moquent des frontières

La frontière entre la Norvège et la Russie a toujours été très surveillée. Elle est moins hermétique depuis la chute de l’URSS mais reste sensible. Par contre, dans cette zone de Laponie, les troupeaux de rennes eux ne font pas la différence entre pâturage norvégien ou russe. Quand une cinquantaine de bêtes passent à l’Est, c’est le début des ennuis pour le propriétaire mais surtout Klemet, éminent membre de la police des rennes. 

Dans cette quatrième aventure du héros récurrent imaginé par Olivier Truc, la politique se mêle à l’enquête. Une nouvelle épreuve pour Klemet, d’autant qu’il retrouve son ancienne coéquipière Nina. Leurs relations sont toujours aussi tendues, même si on devine que ces deux luttent contre une attirance réciproque. 

« Les chiens de Pasvik » d’Olivier Truc, Métailié, 21 €


De choses et d’autres - Identité renforcée

À partir de cet été, nous aurons la possibilité d’avoir des cartes d’identité dernier cri. Biométriques, dotées d’une puce, au format d’une carte bancaire, elles sont à la pointe de la technique si l’on en croit les cocoricos des responsables gouvernementaux.

Enfin c’est le discours officiel mais qui tombe comme un château de cartes dès que l’on passe les frontières. Ces cartes nouvelle génération aux capacités renforcées sont en circulation aux Pays-Bas depuis 2004. La Belgique a fait la bascule en 2009 et l’Allemagne en 2010.

En réalité, rien de glorieux dans cette nouvelle carte d’identité française car nous avons dix ans de retard par rapport à nos voisins.

Sur ces nouvelles cartes, il est toujours interdit de sourire quand on fait la photo. Une spécificité tricolore car sur la carte spécimen allemande trouvée sur le net, une certaine Erika Mustermann, blonde aux yeux bleus, arbore un sourire très jocondien.

Cartes allemandes qui sont en trois langues. L’Allemand bien évidemment, mais aussi l’anglais et le français. On ne leur a pas rendu la politesse, rajoutant simplement par rapport aux précédentes cartes en circulation, l’anglais.

Dernière petite particularité de cette innovation administrative, la carte d’identité française spécimen publiée dans certains journaux est celle de Gisèle Chevallier, 26 ans de Bordeaux. Il est précisé dans la rubrique nom d’usage « veuve Dubois ». Si jeune et déjà veuve, ça ne transpire pas la joie et la bonne humeur chez les fonctionnaires de l’état-civil.

(Chronique parue le vendredi 19 mars en dernière page de l'Indépendant)

jeudi 11 mars 2021

Série Télé - Avec les caïds des cités de Marseille


La grammaire des séries télé en est encore à ses balbutiements. Il n’existe pas de format ultime. L’effervescence de la catégorie, notamment depuis l’arrivée en masse de nouveaux acteurs comme Netflix, permet toutes les expérimentations. C’est le cas de Caïd, série française se déroulant entièrement dans une cité chaude de Marseille. Nicolas Lopez et Ange Basterga, les deux jeunes cinéastes à l’origine du projet testent un format court et percutant. Dix épisodes de 10 minutes pour, selon leurs déclarations sur la radio Le Mouv’, «tendre encore plus le récit, d’avoir une immersion encore plus forte que dans le film. En fait ce format de 10 minutes sert à ne pas respirer. » 

Tout va effectivement très vite dans le premier épisode. Franck (Sébastien Houdami) est envoyé par un label de musique dans la cité pour tourner le clip d’un rappeur prometteur, Tony (Abdraman Diakité). Problème, Tony est également le boss et caïd du trafic de drogue de ce quartier. Franck et son cameraman vont devoir filmer l’artiste en plein travail. Et comme ils arrivent en pleine guerre des gangs, ils vont avoir leur dose d’action, de fusillade et de course-poursuite. 

Filmé caméra à l’épaule, Caïd a parfois des airs de reportage sur le trafic de drogue. Notamment sur l’organisation minutieuse de l’accueil des clients et de la vente au plus vite des doses. Une infrastructure performante qui pourrait faire envie à nombre de managers rêvant d’équipes aussi efficaces pour leur business. Courte et percutante, la série se voit en une soirée. Seul bémol, une fin pas totalement assumée. Mais c’est de plus en plus la loi des séries qui espèrent une suite sans oser le dire trop fort. 

De choses et d’autres - La supplique de la chenille

Vendredi dernier, pendant que sur Canal + Corinne Masiero se déshabillait en direct à la cérémonie des César, sur TF1, une autre séquence sujette à polémique était diffusée. Pas de problème de nudité cette fois, mais de bien-être animal.

Les aventuriers de Koh-Lanta, pour se nourrir, doivent pêcher. Un certain Arnaud, maraîcher dans le civil, a tout tenté pour rapporter un peu de protéines aux membres de sa tribu. Simplement armé d’une machette et d’un bâton, il s’est attaqué à des raies qui nageaient près du rivage, puis à une murène repérée dans des rochers.

Espérons qu’Arnaud est meilleur avec ses légumes qu’avec les poissons, car il est rentré bredouille. De peu, puisqu’il a touché une raie avec la machette et la murène, avant de s’enfuir dans l’océan, a été un peu écrabouillée à coups de talon.

Un scandale pour l’association de protection des animaux PETA qui a solennellement protesté contre « ces scènes d’une telle barbarie ». Mais quel méchant cet Arnaud. Et la prochaine fois, il va écorcher vif un chaton et le cuire au barbecue ?

Non, il faut raison garder, mais au vu des images diffusées pour annoncer l’épisode suivant, il rentre fièrement au camp avec des crabes plantés sur la fameuse machette. De quoi encore plus énerver les militants de PETA.

Et je ne vous raconte pas leur indignation quand arrivera l’épreuve dite des chenilles. La seule où j’aurais peut-être pu briller : on ne doit pas courir, sauter, nager ou soulever, pour l’emporter, juste avaler vivante une grosse chenille se tortillant dans tous les sens. Il faut cependant être sourd à la supplique de la chenille.  


mercredi 10 mars 2021

Série télé - Les trois renardes de "Sky Rojo"


Alex Pina et Esther Martínez Lobato reviennent frapper un grand coup sur Netflix. Les géniaux créateurs de La Casa de Papel proposent depuis vendredi Sky Rojo, série trépidante se déroulant aux Canaries près de Ténérife. Un décor quasi désertique de western pour ce thriller hyperviolent que Tarantino ne renierait pas.

En huit épisodes de 30 minutes chacun, Sky Rojo se propose de raconter comment trois jeunes femmes vont prendre leur destin en main. Trois héroïnes nommées Coral (Veronica Sanchez), Wendy (Lali Esposito) et Gina (Yani Prado). Une Espagnole, une Argentine et une Cubaine. Elles ont en commun de travailler pour le même patron, Roméo (Astier Etxeandia vu dans quelques films de Pedro Almodovar). Le pire patron possible puisque Roméo, contrairement au romantisme de son nom, est proxénète. 

Les trois belles sont donc prostituées dans ce bordel isolé en bord de route. Au cours du premier épisode, l’établissement est fermé pour cause de décès. Un premier mort qui va en appeler d’autres. Car Gina, en voulant racheter sa liberté, va provoquer un enchaînement de contrariétés susceptible de rendre Roméo très méchant. Sky Rojo raconte cette fuite en avant, laissant une grosse traînée de sang derrière elle. Les trois amies sont chassées comme de vulgaires lièvres. Mais arrivées à un point de non-retour, elles changent d’attitude et endossent le rôle du prédateur en devenant des renardes enragées. 

Si les premières images font un peu mal aux yeux en raison de l’esthétique très vulgaire et clinquant avec corps féminins dénudés à foison, la suite permet à ces femmes de quitter vêtements riquiquis et maquillage à paillettes pour redevenir des humaines à part entière. Car le message principal de la série, en dehors d’une volonté de distraire avec actions et gags, est de dénoncer la prostitution. Les souteneurs mais aussi, et surtout, les clients. 

Cette première saison trépidante se termine avec son lot d’incertitudes (signature d’Alex Pina, expert en suspense et retournement de situation), donnant encore plus envie de retrouver ces trois femmes.

De choses et d'autres - Encore une « semaine décisive »

Selon plusieurs spécialistes, experts et autres personnalités références en la matière, nous nous trouvons face à « une semaine décisive » dans la gestion de la crise sanitaire. N’avez-vous pas, comme moi,  une impression de déjà-vu en entendant ces deux mots : « semaine décisive ».

Depuis le mois de février de l’an dernier, on a bien eu droit à une quarantaine de « semaines décisives ». Démontrant, par l’absurde, que les précédentes ne l’étaient pas tant que ça, de décisives.

À force de vouloir scénariser la catastrophe sanitaire qui nous tombe sur la tête depuis plus de 50 semaines, gouvernement, instances scientifiques et médias se sont parfois senti obligés de dire tout et son contraire en fonction de l’apparition d’un cluster, d’effets secondaires ou d’un variant plus ou moins exotique.

S’il avait eu le malheur de vivre cette période, mon père, expert mais uniquement en bon sens paysan, aurait souligné avec un poil d’ironie qu’ils « gouvernement au doigt mouillé ». Une vieille technique qui, parfois, donne de bons résultats. D’autres fois, les initiatives dictées par ce doigt mouillé sont beaucoup moins évidentes. Notamment quand le vent est tournoyant et que les doigts appartiennent à différentes personnes.

Dimanche, Jean Castex répète sa confiance dans le vaccin AstraZeneca ; lundi, Emmanuel Macron suspend la vaccination avec ce même AstraZeneca.

Qu’en sera-t-il ce mercredi ? Personne ne peut encore le dire au moment où j’écris ces lignes, Eole n’a toujours pas rendu son verdict. 


mardi 9 mars 2021

VOD et DVD - "30 jours max", pitrerie rigolote de Tarek Boudali

Gros succès de l’été dernier au cinéma, « 30 jours max » de Tarek Boudali débarque en VOD et DVD le 31 mars. Mais vous pouvez le voir en exclusivité dur Canal VOD, plateforme amie de Studiocanal, la maison de production de cette très sympathique comédie survitaminée aux gags et situations rocambolesques.  Peut-on faire pire que l’Inspecteur la Bavure ou les Ripoux ? Oui, il s’appelle Rayane et est interprété par un Tarek Boudali de plus en plus à l’aise dans sa réalisation, ses cascades et ses gags. Rayane est sans doute le plus mauvais policier de tous les temps. Maladroit, distrait, timide et trouillard, il cumule les erreurs.

On vous conseille le passage sur la table d’opération de Philippe Lacheau. Jamais plus vous ne le regarderez de la même façon quand il lui arrive de dévoiler sa musculature d’éphèbe.

De choses et d’autres - Capitaine Barjot

Et le capitaine Marleau tomba l’uniforme… Vendredi soir lors de la cérémonie de la remise des César du cinéma français sur Canal +, Corinne Masiero, en signe de soutien aux intermittents a tenu à monter sur scène totalement « à poil », comme la culture réduite à peau de chagrin depuis le début de la pandémie.

Avec son outrance caractéristique, la « barjot » de service a fait passer un message clair et net. Un peu trop clair pour quelques pudibonds revendiqués. Ils auraient préféré sans doute que certaines parties de son anatomie restent en crypté. Nous sommes en 2021 et l’esprit libertaire des années 70 est mort et enterré. « Des tétons, des poils ! Mais que c’est vulgaire » glapissent en chœur ces nouveaux censeurs pour qui la nudité s’apparente à de la pornographie.

Une levée de boucliers qui en dit long sur l’évolution de notre société. Facebook, le plus radical en matière d’interdiction de nudité, a de beaux jours devant lui…

Autre nudité dans l’actualité, celle du supporter de l’OM et youtubeur ayant perdu un pari. Il a promis de faire le tour de Canet-en-Roussillon en courant dans le plus simple appareil si son équipe était éliminée par les amateurs en coupe de France. Dimanche, il était dans les Pyrénées-Orientales pour s’exécuter.

Des centaines de jeunes se sont agglutinés en bord de mer pour profiter du « spectacle ». Et là, personne pour s’offusquer d’une nudité annoncée. De toute manière, le peu courageux fan de l’OM s’est dégonflé, se contentant de poser torse nu devant un panneau de la ville catalane.

Toute la différence entre un affabulateur et une grande comédienne. Mais au final c’est cette dernière qu’on fustige dans ce triste et injuste monde d’après.