vendredi 19 juin 2020

Castillet et Méga Castillet prêts pour la reprise

 


Trois mois de fermeture. Qui aurait imaginé que cette formidable machine à rêver qu’est le cinéma s’interrompe complètement, partout sur la planète, durant trois mois ? « La pandémie est derrière nous » se veut rassurant Jacques Font, le patron de Ciné Movida qui exploite Castillet et Méga Castillet à Perpignan. Le gouvernement a annoncé la réouverture des salles le 22 juin et naturellement les deux complexes seront au rendez-vous.  Malgré la contrainte des mesures sanitaires. Même si ce dossier a été largement anticipé par Antoine Font qui épaule son père dans la société. Seulement 50 % des fauteuils de chaque salle seront mis en vente. Un siège de libre séparera chaque spectateur ou groupe de spectateurs, à droite, gauche, devant et derrière. Les distanciations physiques seront ainsi respectées. 

Le Méga Castillet ne proposera que quatre séances par jour pour permettre au personnel de parfaitement nettoyer les salles. Au Castillet, jusqu’au 14 juillet, il n’y aura que deux séances par jour, à 16 h et 20 h 30. Tous les employés auront un masque, spécialement fabriqué par Shop Création et Payote pour Ciné Movida. Des distributeurs de gel hydroalcoolique seront disponibles à l’entrée des salles. Mais surtout, les exploitants perpignanais veulent développer la vente des billets par internet. Jusqu’au 7 juillet, si vous achetez vos places sur le site de Ciné Movida, vous ne paierez que 5 € le film. Un tarif très attractif qui devrait permettre à beaucoup de convertir cette envie d’aller au cinéma en action d’aller au cinéma. 

Peu de blockbusters

Pourtant l’offre de films n’est pas folichonne pour cette reprise. En fait, 80 % des titres seront des œuvres sorties en mars et qui n’ont pas pu rencontrer leur public. Pas de blockbuster pour remplir les salles (même à 50 %). L’épidémie touche durement les USA. Là-bas aussi les salles ont fermé et surtout les tournages ont été interrompus. Résultat, à part Mulan de Disney fin juillet, il n’y a que peu de films susceptibles de dépasser le million d’entrées. Un pessimisme tempéré par Jonathan Salas, directeur du Castillet, énumérant les très bons films de l’été que sont Les Parfums (le 1er juillet), Tout simplement noir (8 juillet), Divorce Club (le 14 juillet), ou Tenet le dernier Christopher Nolan, sans doute courant août. Par contre Wonder Woman a été décalé en fin d’année, comme le nouveau James Bond.

En réalité les exploitants ne savent pas du tout ce que sera la fréquentation ce lundi. D’ordinaire, on va au cinéma pour voir un film. Mais durant cette première semaine de reprise, beaucoup vont aller au cinéma juste pour retrouver cette magie, ce charme et atmosphère uniques de voir un film sur grand écran, confortablement installé et dans des conditions techniques optimales.

Une salle enfants en projet

De confort, il en est justement question avec l’aménagement, sans doute pour la fin d’année, d’une salle en MX-4D. En clair, les fauteuils bougent ou vibrent en fonction de l’action sur l’écran. Ces effets associés à Bass-Me, toujours en location sur certains films, rendront l’immersion dans le film encore plus totale. En projet aussi une salle réservée aux enfants comme elle existe au 7 Batignoles, le complexe parisien de Ciné Movida. Poufs et méridiennes permettent aux plus petits de profiter pleinement des productions qui leur sont destinées. 

Des projets repoussés mais pas abandonnés. La fermeture des cinémas durant trois mois, malgré la mesure bienvenue de chômage partiel pris en charge par l’État, est un rude coup à la société Ciné Movida. Les pertes sont importantes et le retour des spectateurs encore hypothétique. Antoine Font estime qu’il faudra « entre six mois et un an » pour que l’affluence redevienne normale. 

Mais l’optimisme est cependant de mise. Même du côté de la dernière entité de Ciné Movida, le distributeur Bodega, où ce 22 juin marque aussi la reprise de La communion, le film polonais coup de poing nommé aux Oscars. Il sera projeté dans 230 salles dans toute la France. La plus grosse sortie pour Bodega depuis longtemps et peut-être que finalement, ce triste confinement aura été la chance de cette œuvre qui sera diffusée tous les jours au Castillet. 

Article paru le 19 juin dans l'Indépendant, édition Catalan

De choses et d’autres - Une idée fumeuse pour l’après Covid-19


Non, il ne faut surtout pas reprendre la vie exactement comme avant le grand confinement. Il y aura bien un après. Pour l’instant, il ressemble beaucoup à l’avant, en pire. 

Mais certains veulent profiter de la séquence pour changer la donne. Certains politiques remettent sur le tapis le problème de la légalisation du cannabis. Une soixantaine d’élus de tous bords, de La France insoumise aux Républicains en passant par quelques La République en Marche viennent de publier une tribune dans l’Obs réclamant une nouvelle fois la légalisation de cette drogue très consommée en France. 

Pourquoi maintenant ? Pas pour des raisons thérapeutiques. Le cannabis a des vertus médicales, personne ne le nie. Mais n’a pas spécialement d’effet contre le coronavirus. Même si le look de Didier Raoult pourrait laisser penser que ses fulgurances sur la chloroquine est l’effet retard d’une descente mal gérée. La tribune intervient maintenant car, selon les élus, « pour beaucoup de Français, le confinement est resté une douloureuse épreuve que le cannabis est parvenu à soulager.

 Un argument en béton !

 Quand on a terminé toutes les bouteilles d’alcool et qu’il ne reste plus qu’une clope dans le dernier paquet en provenance d’Espagne, il n’y a plus que le bon gros pétard pour supporter les heures d’angoisse distillées par BFM. Au moins, quand on plane, on n’a plus la tentation de sortir se défouler en courant 10 km autour du pâté de maison et se prendre une amende à 135 €. 

Alors, si par malheur, un nouveau confinement était décrété pour contrer la seconde vague toujours menaçante, pensez à faire des provisions. Mais attention, pour l’instant la légalisation n’en est qu’à l’étape de tribune. 

Chronique parue en dernière page de l'Indépendant le 19 juin

jeudi 18 juin 2020

Cinéma - Une seconde chance pour ces films


La bonne épouse, Une sirène à Paris, Radioactive… Qu’ont en commun ces trois films ? Tout simplement d’être sortis le 11 mars dernier, soit quatre jours avant le confinement et la fermeture de tous les cinémas français. Trois œuvres fauchées en plein décollage, qui n’ont pas réussi à, ou eu le temps de trouver leur public. 

Salles obscures et grand écran

La réouverture ce lundi 22 juin des salles leur donne une seconde chance. Certes, le contexte est peu favorable, mais il y aura certainement quantité de cinéphiles qui auront envie de retrouver l’ambiance des salles obscures et des grands écrans, frustrés de se contenter de l’écran de la télévision, même en HD et aussi large que le bras d’un basketteur. Le 11 mars, c’est La bonne épouse de Martin Provost qui avait remporté le plus de succès. 

Très mérité pour cette comédie menée par trois comédiennes formidables (Juliette Binoche, Yolande Moreau et Noémie Lvovsky) se déroulant dans une école privée de la parfaite ménagère, en plein mai 68, symbole de libération de la femme. Comique et intelligent, le film devrait être la locomotive de cette reprise anticipée d’après confinement.

Lancement plus compliqué pour Une sirène à Paris, le conte romantico-fantasque de Mathias Malzieu avec Nicolas Duvauchelle. Peu de public, mais cette seconde chance pourrait permettre à ce film très original de mieux se faire connaître. Tout comme Radioactive, biopic de Marie Curie par une autre femme remarquable, Marjane Satrapi.



De choses et d’autres - Ces publicités d’avant confinement

La France entière a été saisie par le confinement brutal, décidé en moins de trois jours. Deux mois où tout s’est arrêté, un peu comme le château de la Belle au bois dormant. 

Quand on est ressorti, tout étonné du calme de la ville, si les voitures étaient beaucoup moins nombreuses, les panneaux publicitaires eux n’avaient pas bougé. Au contraire, ils étaient comme figés à faire la réclame d’événements ou de produits devenus obsolètes ou dérisoires, comme des vacances à l’autre bout du monde. Plus étonnant, une fois le déconfinement acté, le 11 mai, certains panneaux n’ont pas du tout changé. On a par exemple vu, durant de longues semaines, passer les bus de ville de Perpignan avec les publicités pour le film Papy Sitter. 

Un film qui n’a pu rencontrer ses spectateurs que durant une semaine. Ensuite, on a dû se contenter des affiches. Si, comme moi, vous avez  été alléché par cette histoire de deux grands-pères que tout oppose, obligés de collaborer pour faire réviser leur petite fille, vous pourrez enfin le découvrir, dès ce lundi, dans tous les cinémas de la région. 

Toujours dans le domaine du cinéma, certains affichages dépendant de la mairie de Perpignan annoncent toujours le 56e festival Confrontation de l’Institut Jean Vigo, du 24 au 29 mars. Là aussi, bonne nouvelle, le thème retenu sur l’Histoire du temps présent est conservé et se déroulera du 13 au 18 avril… 2021. Si les affiches, toujours en place, résistent encore une dizaine de mois, il n’y aura quasiment rien à changer, si ce n’est la date.  

Chronique parue en dernière page de l'Indépendant le 18 juin 2020


mercredi 17 juin 2020

BD - Jean-Luc Garréra creuse pour trouver des gags aériens


Deux nouvelles séries sinon rien! Jean-Luc Garréra, loin de se laisser gagner par le spleen après l’arrêt de sa série vedette «Les Vélomaniacs», a relancé la machine à gags. Le scénariste audois, fidèle à la ville de Coursan depuis sa naissance, lance en ce mois de juin deux nouvelles bandes dessinées, toujours aux éditions Bamboo.

 Deux séries qui lui permettent de faire rire les lecteurs et lectrices intéressés par l’archéologie et les oiseaux. Le tomeI des Arkéos est dans les bacs des libraires, depuis le 10 juin. Une des premières nouveautés de l’après confinement s’intègre dans la collection «Apprendre en s’amusant». Car on rit en découvrant ces scènes mettant en scène des archéologues, professionnels ou amateurs, mais on découvre aussi la réalité du terrain d’un métier trop souvent assimilé à Indiana Jones. 

Avec l’aide d’un véritable archéologue, pour certaines anecdotes véridiques, il déroule son humour bon enfant dessiné par Cédric Ghorbani. Jean-Luc Garréra ne s’est pas forcé pour aborder ce sujet, car, depuis toujours, il est passionné par l’archéologie et l’idée de la série est venue d’un ami aux Rencontres d’archéologie de la Narbonnaise. Jean-Luc Garréra sera de nouveau présent pour l’édition 2020, du 3 au 7 novembre, mais derrière un stand pour dédicacer sa BD. 

L’autre nouveauté issue du cerveau en ébullition de Jean-Luc Garréra ne sera en librairie que le 24 juin. Il s’attaque cette fois aux oiseaux, une autre de ses passions. Avec Alain Sirvent au dessin, il fera découvrir les histoires étonnantes de certains oiseaux, comme le casoar à casque qui serait l’oiseau le plus dangereux du monde. Le plus marrant, s’il devait exister, serait sans doute un hybride imaginé par Garréra, fin observateur de la faune avicole du pourtour méditerranéen. Des albums en librairies pour le Coursannais, mais d’autres sont en pleine préparation.

 Avant la fin de l’année, il retrouve sa casquette de dessinateur pour une nouvelle aventure de Nino, le héros de OM Droit au But. 

Et en janvier 2021, si tout se passe bien, il proposera le premier tome des aventures comiques des Fatals Picards. Un premier album de trois histoires courtes, dessiné par Juan, et qui ne raconte pas la vie des Fatals Picards, groupe de chanson française déjantée, mais fait d’eux de véritables personnages de BD. De l’humour total pour découvrir une nouvelle facette de Garréra, le comique. 


mardi 16 juin 2020

BD - Le robot sauveur est le Dernier Atlas

 


Un pavé de 230 pages aussi lourd qu’un boulon en titane. Le second tome de la série futuriste « Le dernier atlas » ne décevra pas le lecteur qui aime les longues histoires à tendance feuilletonesque. Deux scénaristes, Fabien Vehlmann et Gwen de Bonneval, un dessinateur, Hervé Tanquerelle, un désigner des engins, Fred Blanchard et une coloriste, Laurence Croix : il n’en fallait pas moins pour assurer une parution régulière de cette saga, sans doute la plus réussie et aboutie en matière de SF française. Dans une uchronie très légère, la France a mis au point des robots géants permettant de construire des villes en quelques semaines. 

Des Atlas, pilotés par des équipages d’ingénieurs et fonctionnant à l’énergie nucléaire. Un projet abandonné après une rébellion en Algérie en pleine guerre d’indépendance. Depuis le dernier Atlas rouille en Inde. Mais il va être réactivé par Tayeb et quelques anciens membres d’équipage (devenus depuis des retraités aigris) pour tenter de contrer l’apparition d’une machine extraterrestre en plein Sahara. Le tome 2 voit la traversée de l’océan indien du robot, la lutte entre services secrets et mafias pour profiter de cette situation exceptionnelle. 

On en apprend un peu plus sur l’objet extraterrestre et le danger qu’il représente pour l’humanité. Bien rythmés, habilement découpés, sans longueurs, ces dix chapitres font suffisamment avancer l’histoire pour espérer lire au plus vite le tome 3.

 Seul regret, pas de rappel des faits en début de volume. C’est pourtant un principe essentiel du feuilleton que de résumer en trois phrases les événements précédents…

« Le dernier Atlas » (tome 2), Dupuis, 24,95 €


De choses et d’autres - Une chronique consacrée à une femme

 


Je ne sais pas si elle est à marier, mais cette femme semble d’un très bon parti. Car si l’on en croit sa page Wikipédia basée sur les très nombreux articles qui lui sont consacrés, elle multiplie les activités et métiers, souvent très cotés. Non seulement elle a remporté plusieurs prix Nobel, mais elle a exercé les métiers de physicienne, journaliste, diplomate ou astronaute et occupé des postes de présidente de la République, chef de gouvernement ou tout simplement de PDG d’une multinationale. Cette femme est tout cela à la fois, si l’on en croit les titres de la presse qui débutent tous par « Une femme… » Ses dernières attributions font rêver : le 5 juin, elle prend la tête des pompiers de la Creuse et le 12 juin, elle devient directrice des Vols habités à la NASA.

La page Wikipédia est un pastiche pour se moquer de la propension des journalistes français à ne pas nommer les femmes qui accèdent à de hautes responsabilités. Comme si ce qui importait, c’était leur sexe et uniquement leur sexe. Leurs compétences ? Pas un mot. Mais c’est « une femme » ! Le pire, ce sont ces titres qui annoncent en plus qu’une femme vient de prendre la place d’un homme. Dans la majorité des cas, comme s’il s’agissait d’un dernier acte de soutien au malheureux remplacé par une femme, il a droit à son nom. Pas elle. Il me tarde de lire dans la presse française ce titre (qui ne sera jamais publié, rassurez-vous messieurs) : « Un homme nommé chancelier à la place d’Angela Merkel. »

lundi 15 juin 2020

BD - Chat comestible



Avez-vous déjà mangé du chat ? Non répond dégoûté toute personne sensible. Pourtant, si vous habitiez dans ce petit village entre Castres et Mazamet à une certaine époque, le pâté que vous achetiez chez le boucher charcutier et aussi maire, était fait à base de chats. Personne ne le savait à part lui, qui éprouvait un réel plaisir à chasser les animaux et les dépecer dans son atelier secret sur une île au milieu d’un lac. 


Personne excepté le petit Jacques Pujol qui l’a surpris un soir de piégeage. Jacques, le héros-narrateur de ce récit très noir signé Pelaez et dessiné par Francis Porcel, battu par son père, est placé en apprentissage chez le tueur de chats. Ce dernier a deviné qu’il connaît son secret. Il tente de l’éliminer, mais Jacques ne se laisse pas faire. 

Voilà comment à 13 ans, pour se défendre, on se retrouve petit criminel. Jacques tuera aussi le paternel et sera finalement placé dans une institution pour jeunes délinquants. Il y rencontrera d’autres enfants à problème, sa future bande de jeunes voyous prêts à tout pour conquérir Toulouse, la grande ville. Une histoire digne de la Série Noire.   

« Dans mon village, on mangeait des chats », Bamboo Grand Angle, 15,90 €


dimanche 14 juin 2020

Thriller fantastique - Charlie Parker contre la fraternité fantomatique



S’il est détective privé et tire l’essentiel de ses revenus de filatures de maris infidèles ou d’épouses nymphomanes, Charlie Parker est trop souvent à son goût plongé dans des histoires de spectres, fantômes et autres entités venues de l’au-delà. Rarement pour faire le bien sur la terre et apporter du bonheur aux vivants. Des situations dangereuses, cauchemardesques, dont le principal coupable est John Connolly, le créateur de Charlie Parker. 

Cet écrivain, d’origine écossaise mais qui vit depuis de longues années aux USA, a lentement mais sûrement transformé les enquêtes de Parker en dédale monstrueux dans les bas-fonds des pires déviances humaines. Souvent, fantômes et perversion sont liés. Les psychopathes finissent rarement au Paradis. Et avant de brûler en enfer, ils restent quelques siècles sur terre pour continuer à hanter les vivants et expier leurs fautes. La mission de Charlie est simple : « Nous ne pouvons pas laisser ces gens se balader dans le monde sans que quiconque s’oppose à eux. […] Nous aurons beau cacher nos enfants, fermer nos portes à double tour, ils s’en prendront simplement à des proies plus faciles. »


Dans cette nouvelle aventure intitulée « Le pacte de l’étrange », Charlie Parker est chargé par son nouvel employeur (un ponte du FBI) de retrouver un détective privé qui travaillait lui aussi dans le plus grand secret pour l’organisme fédéral. 

Au gré des investigations menées avec ses deux complices de toujours, Angel et Louis, il va se trouver sur le chemin d’un être particulièrement malfaisant, « un homme maigre à la barbe et aux cheveux roux, au visage aplati à l’extrême, comme s’il n’y avait pas assez de lui pour occuper pleinement trois dimensions. » Mais surtout il devra faire face aux Frères, une association familiale qui ne vit que par et pour le mal. Avec un pacte au final : se transformer en fantômes qui surveillent les descendants. 

Cette fraternité fantomatique devrait vous faire cauchemarder durant quelques nuits tant la description de leurs actes par John Connolly est criante de vérité. Tout comme les « hommes creux, restes sans âmes des morts. » Eux aussi, parfois visibles dans le sillage du Collectionneur (autre psychopathe de première), ont toutes les chances de vous hanter quand vous aurez refermé ce thriller fantastique. Mais mieux vaut se faire peur avec de pures inventions imaginaires que de craindre la vraie violence, celle qui débarque dans notre quotidien sans crier gare. 

« Le pacte de l'étrange » de John Connolly, Presses de la Cité 


samedi 13 juin 2020

BD - Cee Cee Mia, la scénariste reine des danses urbaines


Quartier de l’Étoile de nos jours. Après les cours au lycée Varsovie, Eli, Marwa, Sami, Kub, Finley et Synapse, le dernier arrivé, se retrouvent pour répéter les mouvements de hip-hop que leur enseigne Kam, le prof. 

Cette nouvelle BD, intitulée «Au-delà des étoiles», est le premier scénario de Cee Cee Mia, autrice jeunesse qui se lance dans le 9e art. Elle réside à Carcassonne depuis des années et s’est directement inspirée de sa ville pour planter le décor. Le quartier de l’Étoile, elle y a vécu des années. Varsovie est devenu un lycée, mais sa façade est identique au collège si connu de la préfecture audoise. Pour les personnages, elle a puisé aussi dans sa vie de tous les jours et ses souvenirs. 

Eli, qui affirme que «la danse, c’est toute ma vie», est le portrait arrangé de sa fille. «La naissance d’un crew» est le titre de la première partie de cette série dessinée par deux jeunes illustratrices canadiennes (lesdeuxpareilles) et publiée par les éditions belges Dupuis. 

Les thèmes développés vont des premières amours à la petite délinquance en passant par la mixité sociale ou la difficile vie des réfugiés de guerre. Une histoire universelle pour une scénariste qui explique que «l’écriture a longtemps été une passion silencieuse. J’écrivais pour moi, dans des journaux intimes.» Puis une amie illustratrice lui a demandé de lui écrire une histoire. Quelques années dans la littérature jeunesse et enfin le lancement dans le grand bain avec cette première série. Mais d’autres sont déjà signées dont «La brigade des souvenirs», coécrite avec Carbone, la copine catalane et dessiné par Marko. 

En 2021 devrait également sortir Génération Z «un Frankenstein moderne avec des zombies sur une île paradisiaque» et «New Hope» qui se déroule aux USA, pays qui est cher à Cee Cee Mia qui y a été jeune fille au pair durant une année. 

 « Au-delà des étoiles » (tome 1), Dupuis, 72 pages, 12,50 €