jeudi 4 juin 2020

Cinéma - Sept courts-métrages tournés en Occitanie à découvrir sur le net



L’initiative arrive un peu tard (pendant le confinement, les spectateurs avaient plus de temps disponible), mais elle est à saluer. France 3 Occitanie propose sur son site une sélection de sept courts-métrages sélectionnés par ses équipes en collaboration avec Occitanie films. Une sélection très éclectique, du film politique à la comédie en passant par l’aventure ou le quasi documentaire sur l’école de cirque de Toulouse. 

Parmi cette sélection « Majorité opprimée » d’Éléonore Pourriat a été entièrement tourné à Perpignan. Une parabole politique racontant la journée d’un homme victime du sexisme ordinaire dans un monde régi par les femmes. Enfin on découvre dans « Joyeux Noël Noël » de Xavier Franchomme, Cali en comédien. Un de ses premiers rôles au cinéma.

De choses et d’autres - La science de l’indécision



Ma grande foi dans la science vient d’en prendre un sacré coup. A se demander si tous ces chercheurs en infectiologie et autres sommités médicales n’étaient pas en fait de simples suppôts des créationnistes. Leur tactique pour tromper le peuple est simple : on dit blanc, puis noir, puis blanc pour finalement se mettre d’accord pour valider gris. La faute au docteur Raoult et sa pilule du bonheur, la chloroquine. 

La semaine dernière, une étude publiée par la prestigieuse revue The Lancet, démontrait que ce médicament ne servait pas à grand-chose dans le combat contre le covid-19. Immédiatement, la France décidait d’arrêter les essais. Et certains qui étaient pro-Raoult, mangeaient leur chapeau. Comme Ségolène Royal qui effaçait tous ses tweets réclamant au gouvernement de mieux distribuer la chloroquine.

Seul Raoult s’élevait contre une étude qu’il jugeait de « foireuse ». La chloroquine, jugée miraculeuse au début de la pandémie, puis dangereuse dans certains pays, semblait définitivement mise au banc des accusés. 

Jusqu’à hier... The Lancet émettait un « expression of concern » (de sérieuses réserves) à propos de cette étude qu’il a pourtant publié. En clair, le journal scientifique était beaucoup moins certain de la pertinence des résultats. Raoult en a profité pour s’offrir une petite vengeance en traitant The Lancet de « Pieds Nickelés ». 

Bref, on ne sait toujours pas si la chloroquine guérit du coronavirus. Et comme c’est parti, le virus aura complètement disparu de la surface de la planète sans qu’on n’ait de réponse claire et définitive. 

Quant à Ségolène Royal, elle cherche désespérément à réactiver les tweets quelle a placés dans sa poubelle numérique. 

Chronique parue en dernière page de l'Indépendant le 4 juin

mercredi 3 juin 2020

Série télé. Dans l’espace, personne ne vous entendra rire



Toujours à la pointe de l’actualité, Netflix propose depuis cette semaine une comédie sur l’espace. Exactement, cette série de 10 épisodes de 30 minutes s’attaque à la guerre dans l’espace. Dans un futur à peine caricaturé par Steve Carell et Greg Daniels, les créateurs de Space Force, le président des États-Unis, un matin au réveil, tweete que les USA installeront une colonie sur la Lune en 2024. Un projet mené par la toute nouvelle Space Force, jeune branche de l’armée, moins dotée que ses sœurs aînées et dirigée par le général Naird (Steve Carell). 

Ce dernier, après une carrière exemplaire, était persuadé de récupérer le commandement de l’US Air Force. Grosse déprime pour Naird de se retrouver à la tête d’une toute petite armée, composée d’adolescents et de scientifiques, cachés au fond du Colorado pour cause de secret-défense. Il n’a qu’un pouvoir très limité face au docteur Mallory (John Malkovich), éminent scientifique qui se désespère de la bêtise de son supérieur. 

Tout l’attrait de la série réside dans l’opposition (et parfois la complémentarité) entre ces deux caractères opposés. Naird essaie d’adapter ses recettes de militaire expérimenté pour mener à bien sa mission. Mais comme lui explique avec un calme olympien Mallory, conquérir la Lune est plus complexe que de bombarder l’Irak. 

Manquant parfois de rythme, Space Force est pourtant excellent quand il s’agit de se moquer d’une présidence US qui fonctionne uniquement sur la communication. 

D’ailleurs, le 3e homme le plus important de la Space Force est son community manager, jeune, inculte et menteur. Mais essentiel pour obtenir l’accord du président. 


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mardi 2 juin 2020

BD - Un album dessiné en direct sur le net



Le dessinateur chinois Jung-Gi Kim est un grand habitué des prestations publiques au cours desquelles il dessine des heures avec une maestria éblouissante et une rapidité stupéfiante sur d’immenses toiles blanches.

À partir du 3 juin, il se lance un nouveau type de défi : dessiner en direct sur Facebook et Youtube le deuxième album de la série SpyGames scénarisée par Jean-David Morvan, qui sera également présent lors de certaines prestations live dont la première aujourd’hui.

Pendant 16 semaines, tous les mercredis et jeudis à partir de 10 heures en France, suivez le processus créatif de cet artiste hors du commun pendant des sessions de 3 à 4 heures. Chacune de ces sessions verra naître une planche entièrement finalisée. L’occasion de se laisser ébahir, mais aussi d’échanger avec Jung-Gi Kim grâce à une interprète présente, en attendant la sortie du nouveau tome de cette sensationnelle série d’action et d’espionnage, à paraître en janvier 2021 aux éditions Glénat.


Série Télé. Les plus grands du Big Bang de l’humour



Si certains rient des pitreries pitoyables de Bozo le clown, d’autres s’esclaffent aux aventures du boson de Higgs. Dans la seconde catégorie se reconnaîtront tous les fans de la série The Big Bang Theory. Une sitcom due au génie de Bill Prady et Chuck Lorre, lancée sans grand tapage sur CBS en 2007 et devenue au fil des saisons un véritable phénomène, devenant le programme le plus regardé aux USA plusieurs années d’affilée. 

Pourtant l’histoire n’avait rien qui permettait au plus grand nombre de s’identifier. L’action se déroule essentiellement dans l’appartement de Leonard (John Galecki) et Sheldon (Jim Parsons), deux universitaires chercheurs très geeks. Malgré leur doctorat et le fait qu’ils postulent au prix Nobel, ils jouent aux jeux vidéo, connaissent Star Trek par cœur et font des descentes régulières au magasin de BD. Un duo complété par Howard (Simon Helberg) et Raj (Kunal Nayyar), très intelligents eux aussi mais totalement incapables de parler à une femme.

a femme qui bien entendu va venir bousculer les petites habitudes de ce groupe aux habitudes bine ancrées. C’est Penny (Kaley Cuoco), serveuse se rêvant actrice, emménageant dans l’appartement en face. Les cinq premières saisons sont un feu d’artifice de gags et de trouvailles.

 Par la suite, les scénaristes ont mis en avant les vies sentimentales des uns et des autres, enlevant un peu de saveur à l’ensemble. Mais ils sont tous si sympathiques, qu’au final, on est presque heureux que tout finisse par des mariages et des naissances.


De choses et d’autres - Retour aux affaires

À peine trois semaines depuis la fin du confinement et on a clairement l’impression que tout est en train de redevenir exactement comme avant. Oublié le calme du confinement, quand la peur diffuse du virus muselait tous les importuns. Par exemple, durant le week-end prolongé de Pentecôte, dans mon village, les nuits ont été perturbées par des motos passant à pleine vitesse et moteur ronflant dans la rue principale, des voisins au balcon, discutant bruyamment avec des connaissances qui restaient sur le trottoir avec la musique à fond sortant de leurs smartphones. 

Le pire étant cette voisine qui décide d’appeler sa famille à l’autre bout du globe à 2 h 40 du matin. Rien de répréhensible, si ce n’est qu’elle fait ça du balcon, en parlant tellement fort (comme si elle voulait qu’on l’entende en direct à 10 000 km) que toute la rue profite de ses retrouvailles. Bref, le monde d’après ressemble à celui d’avant, en pire…  

Mais le véritable signal du retour aux affaires reste l’arrivée dans la boîte aux lettres d’une profusion de prospectus publicitaires. Ceux, copieux, débordant de promotions, des grandes enseignes généralistes (l’une d’entre elles nous propose pas moins de « 50 variétés de saumon »…) mais aussi des autres magasins, moins chanceux et qui, comme les coiffeurs ou les libraires, ont du rester portes closes durant ces deux très longs mois. Le consumérisme de masse a survécu. Bonne ou mauvaise chose, chacun a son opinion. Aussi tranchée que l’utilisation de la chloroquine. 

Cela ne va pas m’empêcher de changer de canapé et de télé, deux des ustensiles qui ont le plus été sollicités dans la maison durant le confinement.

Chronique parue en dernière page de l'Indépendant le 2 juin 2020

lundi 1 juin 2020

Roman - Justice loufoque



Extravagant et jubilatoire. Ce nouveau petit roman de François Mosset, se distingue par sa verve et son imagination débordante. Intitulé « Plaidoirie pour un fainéant », il se dévoile véritablement dans son sous-titre : « Les loges de la paresse ». Au début, maître François Mosset, avocat, a décidé, pour raison de santé, de se mettre au vert quelque temps dans le Sud de la France, à Perpignan exactement, région que connaît bien l’auteur pour y résider. 

Bien mal lui en a pris : le bâtonnier Théophraste lui confie l’affaire « Marcel Serdan », un homme considéré comme fainéant notoire, accusé d’homicides hors du commun. 

On croise dans ce texte bourré de gags, jeux de mots et de mises en abimes sidérantes nombre de localités de l’Aude et des Pyrénées-Orientales. On va de Saint-Papoul à Collioure en passant par Villerouge-Termenès et bien évidemment Mosset qui fournit fort opportunément son pseudonyme à l’auteur… Les personnages campés par l’auteur valent eux aussi le détour, d’un curé pollestrencq « hypermétrope comme une huître astigmate » ou une « jeune et jolie journaliste de l’Indépendant » qui va reprendre toute l’enquête bâclée de la police.

« Plaidoirie pour un fainéant » de François Mosset, disponible sur Amazon en numérique (3,10 €) ou en version reliée, 10,44 €


dimanche 31 mai 2020

BD - Plongez dans la justice des affaires familiales



Adapté d’un essai du Collectif Onze paru en 2013 chez Odile Jacob, Au tribunal des couples raconte le quotidien d’une greffière assistante d’une juge aux affaires familiales. Malika, mariée à un gendarme mobile, mère d’une petite fille, voit défiler dans son bureau des couples qui se déchirent. 

Elle prépare les dossiers en prévision des audiences qui s’enchaînent dans le bureau de la juge. Montant de la pension alimentaire, décision sur la garde des enfants : derrière ces considérations bassement matérielles il y a des vies que Baptiste Virot, le dessinateur, raconte avec son trait simple et expressif. 


Un long récit sur 160 pages, au cours duquel Malika change de juge (un homme, jeune, moins impliqué à son grand désespoir) et voit sa propre vie de couple mise en péril par l’éloignement du père de sa fille (d’abord à Perpignan puis pour une mission longue durée en Guyane). Une justice humaine, qui n’a pas pu fonctionner durant le confinement. On préfère ne pas imaginer l’état d’engorgement actuel de ces services pourtant essentiels à l’équilibre des enfants pris dans ces divorces compliqués.

« Au tribunal des couples », collection Sociorama, Casterman, 12 €


BD - Savourez le chocolat made in Belgium



La gastronomie, les arts de la table et d’une façon générale tout ce qui met en jeu le goût inspire de nombreux scénaristes de bande dessinée. Mais le spécialiste de ce secteur, le plus prolifique et expert, reste Corbeyran. 

Après les vins, il s’attaque au chocolat dans cette série sur les grands chocolatiers belges. Alexis Carret, jeune et talentueux maître chocolatier vient d’ouvrir sa boutique. Il sublime les papilles de ses clients avec ses créations originales. 


Il semble filer le parait amour avec son apprentie Manon et prépare les premières fêtes de fin d’année, le moment où il réalise l’essentiel de son chiffre d’affaires. Mais un fournisseur fait défaut (il est en fait corrompu par des concurrents d’Alexis), le jeune artisan est obligé de tout arrêter. Dessinée par Chetville (qui signait dans les années 80 Mézerette), cette série entre saga industrielle, romance et apprentissage de la gastronomie, permet au lecteur d’apprendre une foule de secrets sur la fabrication des chocolats ou tout simplement l’origine du mot ganache. 

« Le maître chocolatier » (tome 2), Le Lombard, 14,99 €

BD - Dégustez Barcelone avec Pepe Carvalho



Les grands personnages de fiction ne meurent jamais. Pepe Carvalho (comme Maigret ou San Antonio en France), survit à son créateur Manuel Vazquez Montalban. 

On peut toujours se plonger dans les romans (réédités en poche chez Points) ou redécouvrir cette série policière atypique grâce à une adaptation en bande dessinée fidèle et de qualité. 


Hernan Migoya et Bartolome Segui ont osé s’attaquer à ce monument de Catalogne pour en livrer des albums qui se savourent comme les multiples plats qui rythment les enquêtes de ce fin gourmet. Pour rappel, Pepe Carvalho est un privé barcelonais dans l’Espagne qui vient juste de sortir du franquisme. Dans « La solitude du manager » (3e roman de la série, seconde adaptation en BD), il est chargé par une veuve d’enquêter sur le meurtre d’un haut responsable d’une multinationale espagnole. L’occasion pour Pepe de remuer le passé de quelques gauchistes reconvertis dans le grand capital. 

Une enquête sombre et désespérante. Heureusement il reste quelques encas savoureux (une butifarra en pleine nuit) ou repas succulents à base de filet de cabillaud à la plancha, confit d’oie, pieds d’agneau aux artichauts et petits pois et le meilleur pour la fin : « se mijoter un salmis de canard à une heure du matin fait partie des plus belles folies capables de saisir un être humain qui ne serait pas fou. »

« Pepe Carvalho » (tome 2), Dargaud, 15 €