
«L'apache et la cocotte» (tome 1), Glénat, 14,50 €
Quelques chroniques de livres et BD qui méritent d'être lus et les critiques cinéma des dernières nouveautés. Par Michel et Fabienne Litout





L'enfant terrible du cinéma canadien semble avoir franchi un cap dans sa carrière. Le formidable succès planétaire de "Mommy" ne lui a pas coupé l'envie de filmer. On sent cependant une moindre appétence à la nouveauté, à l'expérimentation. "Juste la fin du monde" est selon lui "Mon premier film en tant qu'homme". Cette pièce de théâtre lui a été conseillée par son actrice fétiche Anne Dorval en 2010. Mais il n'a pas accroché. "J'avais à l'égard de l'histoire et des personnages un blocage intellectuel qui m'empêchait d'aimer la pièce tant vantée par mon amie, explique-t-il dans des notes de productions. J'étais sans doute trop pris par l'impatience d'un projet ou l'élaboration de ma prochaine coiffure pour ressentir la profondeur de cette première lecture diagonale." Ce n'est que quelques années plus tard qu'il est parvenu à rentrer dans l'univers du dramaturge français, mort du sida en 1995 à l'âge de 38 ans. Pour l'adaptation, il a décidé d'être le plus fidèle possible aux textes de Lagarce : "Que l'on 'sente' où non le théâtre dans un film m'importe peu. Que le théâtre nourrisse le cinéma… N'ont-ils pas besoin l'un de l'autre de toute façon ?" Le résultat est remarquable, les deux mondes de Lagarce et de Dolan semblant se répondre à travers les années.
Étrange pays que cette France qui n'ose plus afficher son patriotisme. Le 9 septembre dernier, un couple de retraités niçois reçoit une lettre du syndic de leur copropriété. Il leur est instamment demandé de retirer le drapeau tricolore planté dans leur jardin. Motif invoqué : "Les activités sportives estivales sont terminées". Cela empêchera ainsi "d'éviter tout débordement". Refus sec et net des propriétaires qui médiatisent illico l'affaire.
Mais elles dérapent aussi parfois. Une fois proches, elles se délectent à imaginer une mort violente pour ce Geoffrey qui, au final, les aura toujours un peu déçu. On comprend alors le titre du roman, « Cannibales », quand Noémie s'imagine cuisiner son cadavre. « Après avoir salé et poivré sa dépouille, tenant chacune une extrémité du manche sur lequel nous l'aurons empalé, nous le ferons griller à la broche au-dessus d'un feu de sarments de vigne et de bois d'olivier. Nous pilerons ses os dans un mortier afin de pouvoir nous repaître de sa moelle montée en mousseline avec un kilo de bon beurre. » Moins glamour cette obsession, qui s'achèvera en un étrange barbecue.


