Les réseaux sociaux ont montré depuis vendredi soir toute leur utilité. Avec le meilleur. Le pire aussi. Vendredi soir, alors que les forces de l'ordre prenaient le Bataclan d'assaut après avoir bouclé le quartier, le mot-dièse #PortesOuvertes s'est répandu comme une trainée de poudre. Des Parisiens signalaient qu'ils acceptaient d'héberger des "naufragés", bloqués dans la capitale. La solidarité, l'entraide immédiate : la meilleure réponse à la terreur.
Facebook a pris le relais. Une page permettait de dire que l'on est en sécurité, chez soi, des voisins ou des connaissances. Des milliers de notes succinctes pour rassurer encore plus d'amis, virtuels ou réels.
Samedi, d'autres messages ont commencé à émerger, largement repris par la communauté. Des avis de recherche. Notamment des jeunes qui étaient au Bataclan. Parfois la réponse arrivait rapidement. Sain et sauf, parfois blessés, mais en vie.
Le pire a commencé en milieu d'après-midi. 129 morts cela signifie 129 personnes, souvent jeunes, aimant la vie au point de prendre un verre en terrasse ou de dépenser quelques dizaines d'euros pour écouter et danser sur des rythmes rock. Et Twitter s'est transformé en immense page d'avis de décès, avec photo des morts, souvent prise sur leurs statuts des réseaux sociaux, souriants, heureux, du temps où ils croyaient au bonheur, à l'avenir...
Ces visages, d'anonymes, ce sont autant d'histoires brisées net par le fanatisme de ces assassins, abominables monstres osant se féliciter d'avoir tué des "idolâtres". Ces visages, ces sourires, ne les oublions jamais.
Quelques chroniques de livres et BD qui méritent d'être lus et les critiques cinéma des dernières nouveautés. Par Michel et Fabienne Litout
mardi 17 novembre 2015
lundi 16 novembre 2015
BD : Aux amis morts
Si Jim est longtemps passé
pour un dessinateur humoristique, spécialiste de la rigolade avec
des titres comme la série « 500 idées... », il s'est
finalement fait connaître comme un scénariste sensible et attentif
à la grande désespérance des hommes modernes. Les éditions Bamboo
lui ont fait confiance et il multiplie les récits réalistes
touchants et émouvants.
Après « Une nuit à Rome » en
solo, il a écrit les scénarios d'« Héléna » pour
Chabane et « Où sont passés les grands jours ? » pour
Alex Tefenkgi. Cette série voit sa conclusion dans un second tome
beaucoup plus optimiste que le premier. C'est le récit d'une amitié
terminée. Quatre copains, depuis des années, sont bouleversés par
la mort d'un des leurs. Il a préféré se tirer une balle dans la
tête après une rupture douloureuse. Ils restent donc trois, perdus,
à se poser des questions sur leur vie. Ils se comportent comme des
enfants mais sont pourtant adultes depuis longtemps. Personnages à
la psychologie complexe, bourrés de doutes et d'interrogations, ils
agissent comme des miroirs pour le lecteur qui se reconnaît
forcément un peu dans ces existences.
« Où
sont passés les grands jours ? » (tome 2), Bamboo Grand Angle,
16,90 €
dimanche 15 novembre 2015
BD - Requin pirate
Matthias Schulteiss est le
dessinateur allemand le plus connu en dehors de ses frontières.
Depuis le début des années 80 son univers violent est régulièrement
traduit en France. Il a pourtant cessé de publier durant de longues
années pour se consacrer à l'écriture de séries télé. On ne
peut donc que se réjouir de son retour devant sa planche à dessin
avec un second cycle de sa série emblématique, « Le rêve du
requin ».
Lambert, rescapé d'un long voyage en enfer, est
« secouru » par une mystérieuse organisation mafieuse.
Rien de philanthropique : il doit simplement prendre le commandement
d'un bateau pirate pour écumer la mer de Chine. Ce second volume se
consacre essentiellement à la formation de son équipage. Lambert,
hanté par des démons qui lui demandent sans cesse plus de sang et
de morts, fait régner la terreur pour s'imposer à l'équipage
asiatique. Lors de leur première sortie, en plus de tester vitesse
et résistance du bateau, il décide de passer à l'action et capture
un riche héritier du Golfe voguant sur son yacht de luxe.
Mauvaise
pioche : c'est un des clients de l'organisation.? Lambert n'a plus
qu'une solution : reprendre sa liberté.
« Le rêve du
requin » (tome 2), Glénat, 13,90 €
samedi 14 novembre 2015
DE CHOSES ET D'AUTRES - Votez pour eux
Le 6 décembre, vous aurez le choix entre 11 listes dans notre nouvelle grande région. Ailleurs aussi les candidats se bousculent au portillon. Et parfois l'intitulé des listes laisse songeur. Comme s'il fallait se cacher, ou au contraire tout miser sur un parti ou une tête de liste un peu célèbre. Ainsi difficile de compartimenter entre la gauche ou la droite à propos des listes « Ça va changer », « La Guyane en prospective », « Faisons ensemble » ou « Nous, c'est la région ! ».
Plus problématique, celle de l'UPR d'un certain François Asselineau. Son slogan use de pirouette : « Le parti qui monte malgré le silence des médias ».
Quant au Front national, il joue à fond la carte Marine Le Pen. La présidente apparaît dans l'intitulé de toutes les listes, excepté celle qu'elle mène dans le Nord nommée « Une région fière et enracinée ». Serait-elle sa meilleure ennemie ? Il reste heureusement quelques listes atypiques comme ces « Citoyens tirés au sort ».
A la Réunion, les candidats ont simplement utilisé un système de loterie pour nommer leur liste. 19 chanceux ont accepté, des volontaires ont complété les 47 noms nécessaires. Question renouvellement des politiciens, difficile de trouver mieux.
La palme enfin à la liste F.L.U.O. (Fédération Libertaire Unitaire Ouverte) en Ile de France : elle se présente comme celles « des drogués, des putes et des exclus ». On retrouve dans ses rangs des membres du Parti Pirate, de Cannabis sans frontières, d'Act-Up et des organisateurs de raves. La liste a failli s'appeler « Bougeons-nous le cul ! ». Élégant.
Plus problématique, celle de l'UPR d'un certain François Asselineau. Son slogan use de pirouette : « Le parti qui monte malgré le silence des médias ».
Quant au Front national, il joue à fond la carte Marine Le Pen. La présidente apparaît dans l'intitulé de toutes les listes, excepté celle qu'elle mène dans le Nord nommée « Une région fière et enracinée ». Serait-elle sa meilleure ennemie ? Il reste heureusement quelques listes atypiques comme ces « Citoyens tirés au sort ».
A la Réunion, les candidats ont simplement utilisé un système de loterie pour nommer leur liste. 19 chanceux ont accepté, des volontaires ont complété les 47 noms nécessaires. Question renouvellement des politiciens, difficile de trouver mieux.
La palme enfin à la liste F.L.U.O. (Fédération Libertaire Unitaire Ouverte) en Ile de France : elle se présente comme celles « des drogués, des putes et des exclus ». On retrouve dans ses rangs des membres du Parti Pirate, de Cannabis sans frontières, d'Act-Up et des organisateurs de raves. La liste a failli s'appeler « Bougeons-nous le cul ! ». Élégant.
vendredi 13 novembre 2015
BD - Clarke, version noire et pessimiste
Quatre cases carrées par
planches, quatre planches en noir et blanc cauchemardesque par
histoire : Clarke pour son nouvel album ne choisit pas la facilité
des récits humoristiques qui l'ont fait connaître à un large
public (Mélusine, Cosa Nostra). Au contraire, il ne cherche pas à
faire sourire mais à nous filer les chocottes dans ces histoires
courtes sans espoir. Les psychanalystes en herbe adoreront ces 150
pages toutes plus pessimistes les unes que les autres. Il y est
souvent question de double, comme un reflet dans un miroir mais animé
d'une propre existence. Et généralement, il ne veut pas du bien à
l'original.
Des histoires de subconscient, de dédoublement de la
personnalité, voire de folie pure et simple. On se demande où
l'auteur va chercher toutes ces idées macabres et terrifiantes. Mais
plus on se plonge dans la lecture de ce bel objet carré, on se
reconnaît dans ces cauchemars. Ils ne sont que la retranscription de
nos nuits agitées. Trop souvent, au réveil, ils disparaissent et se
perdent dans les méandres de nos esprits. Clarke a de la mémoire et
semble particulièrement sensible à ces rêveries obliques.
« Réalités
obliques », Le Lombard, 16,45 €
Cinéma - L’amour n’a pas droit de cité chez “Les anarchistes”
Le policier infiltré tombe amoureux d’une belle révolutionnaire.
À la fin du XIXe siècle en France, le pouvoir bourgeois se retrouve face à une menace incontrôlable : le mouvement anarchiste. Très actifs dans le milieu ouvrier, ces idéalistes, férocement individualistes, sont parfois de doux rêveurs. D’autres envisagent de passer à l’action armée. Une période historique passionnante reconstituée fidèlement par Elie Wajeman, le réalisateur de ce film qui mélange allègrement les genres. Entre policier, romance et histoire, “Les anarchistes” est avant tout le portrait croisé d’une bande d’amis, une communauté du genre post-mai 68 avant l’heure.
Voler pour vivre
Dans un grand appartement bourgeois, ils vivent tous les uns avec les autres, partageant repas, discussions, sorties et amour. Des hommes et des femmes libres, qui ont fait le choix de voler. Travailler ils ne veulent plus, pas question de cautionner l’emprise des patrons. Mendier n’est pas dans leur mentalité. Ils cambriolent les bourgeois ou volent dans les banques. Prendre l’argent là où il se trouve... La police, pour démanteler ces groupes, a l’idée de les infiltrer. Jean (Tahar Rahim), jeune agent de police sans famille ni attache, est sélectionné par sa hiérarchie pour infiltrer le groupe d’Elisée Mayer (Swann Arlaud). Ouvrier dans une clouterie, il se lie d’amitié avec Biscuit, un des membres de la troupe. Il sauve Elisée d’une rafle et peut ainsi découvrir leur cache puis s’installer avec eux. Jean va rapidement être écartelé entre travail et amour naissant pour la fougueuse Judith (Adèle Exarchopoulos). “Les anarchistes” pèche un peu par son manque de moyens. Reconstituer le Paris d’il y a un siècle n’est pas toujours aisé.
Mais l’ensemble est rattrapé par les excellentes performances d’acteurs. Tahar Rahim est très convaincant dans son rôle de traître. Motivé par l’envie de progresser socialement, il se découvre une famille, des amis et une femme qui l’aime. Adèle Exarchopoulos, après «La vie d’Adèle », cherche des rôles dans la lignée de son personnage de révoltée. Judith, froide et déterminée, s’abandonne dans les bras de Jean autant par dépit que par amour.
Les autres anarchistes sont tout aussi convaincants, avec une mention spéciale pour Guillaume Gouix, déjà vu dans la série « Les revenants ».
À la fin du XIXe siècle en France, le pouvoir bourgeois se retrouve face à une menace incontrôlable : le mouvement anarchiste. Très actifs dans le milieu ouvrier, ces idéalistes, férocement individualistes, sont parfois de doux rêveurs. D’autres envisagent de passer à l’action armée. Une période historique passionnante reconstituée fidèlement par Elie Wajeman, le réalisateur de ce film qui mélange allègrement les genres. Entre policier, romance et histoire, “Les anarchistes” est avant tout le portrait croisé d’une bande d’amis, une communauté du genre post-mai 68 avant l’heure.
Voler pour vivre
Dans un grand appartement bourgeois, ils vivent tous les uns avec les autres, partageant repas, discussions, sorties et amour. Des hommes et des femmes libres, qui ont fait le choix de voler. Travailler ils ne veulent plus, pas question de cautionner l’emprise des patrons. Mendier n’est pas dans leur mentalité. Ils cambriolent les bourgeois ou volent dans les banques. Prendre l’argent là où il se trouve... La police, pour démanteler ces groupes, a l’idée de les infiltrer. Jean (Tahar Rahim), jeune agent de police sans famille ni attache, est sélectionné par sa hiérarchie pour infiltrer le groupe d’Elisée Mayer (Swann Arlaud). Ouvrier dans une clouterie, il se lie d’amitié avec Biscuit, un des membres de la troupe. Il sauve Elisée d’une rafle et peut ainsi découvrir leur cache puis s’installer avec eux. Jean va rapidement être écartelé entre travail et amour naissant pour la fougueuse Judith (Adèle Exarchopoulos). “Les anarchistes” pèche un peu par son manque de moyens. Reconstituer le Paris d’il y a un siècle n’est pas toujours aisé.
Mais l’ensemble est rattrapé par les excellentes performances d’acteurs. Tahar Rahim est très convaincant dans son rôle de traître. Motivé par l’envie de progresser socialement, il se découvre une famille, des amis et une femme qui l’aime. Adèle Exarchopoulos, après «La vie d’Adèle », cherche des rôles dans la lignée de son personnage de révoltée. Judith, froide et déterminée, s’abandonne dans les bras de Jean autant par dépit que par amour.
Les autres anarchistes sont tout aussi convaincants, avec une mention spéciale pour Guillaume Gouix, déjà vu dans la série « Les revenants ».
DE CHOSES ET D'AUTRES - Identité régionale
Dans moins d'un mois toute la France votera pour désigner les conseillers régionaux. Les listes sont connues, mais dans six des nouvelles régions, le nom définitif du territoire n'est toujours pas arrêté.
Un beau débat en perspective. Chaque terroir veut éviter d'être fondu dans une appellation générique trop large. Si Occitanie semble en bonne voie chez nous et Aquitaine chez les voisins basques, béarnais, limousins et charentais, cela n'empêche pas certains plaisantins (auxquels j'avoue appartenir) d'imaginer des solutions plus biscornues. En choisissant la piste de l'acronyme comme PACA, certaines trouvailles se révèlent carrément hilarantes. Ainsi Aquitaine - POitou - Limousin donne la région APOIL.
Dans le même ordre d'idée Roussillon n Occitanie n Midi se transforme en région ROM ce qui, si elle était dirigée par l'extrême-droite, ne manquerait pas de faire jaser. Plus littéraire, Pyrénées - Occitanie - Languedoc - Aveyron - Roussillon nous conduit direct au pays du POLAR. En voulant faire plaisir à trop de monde on pourrait même devenir Pyrénées - Occitanie - Roussillon - Catalan soit un assez peu engageant PORC. Se méfier également des acronymes qui une fois prononcés deviennent moins aguicheurs comme Causses - Languedoc - Occitanie - Aveyron - Catalan, soit CLOAC...
A choisir, la région qui procurerait du rêve à l'envi reste Pyrénées - Ariège - Roussillon - Aveyron (DIte) Septimanie. Mais soyons lucides, ce n'est pas demain la veille que je me retrouverai au PARADIS.
Un beau débat en perspective. Chaque terroir veut éviter d'être fondu dans une appellation générique trop large. Si Occitanie semble en bonne voie chez nous et Aquitaine chez les voisins basques, béarnais, limousins et charentais, cela n'empêche pas certains plaisantins (auxquels j'avoue appartenir) d'imaginer des solutions plus biscornues. En choisissant la piste de l'acronyme comme PACA, certaines trouvailles se révèlent carrément hilarantes. Ainsi Aquitaine - POitou - Limousin donne la région APOIL.
Dans le même ordre d'idée Roussillon n Occitanie n Midi se transforme en région ROM ce qui, si elle était dirigée par l'extrême-droite, ne manquerait pas de faire jaser. Plus littéraire, Pyrénées - Occitanie - Languedoc - Aveyron - Roussillon nous conduit direct au pays du POLAR. En voulant faire plaisir à trop de monde on pourrait même devenir Pyrénées - Occitanie - Roussillon - Catalan soit un assez peu engageant PORC. Se méfier également des acronymes qui une fois prononcés deviennent moins aguicheurs comme Causses - Languedoc - Occitanie - Aveyron - Catalan, soit CLOAC...
A choisir, la région qui procurerait du rêve à l'envi reste Pyrénées - Ariège - Roussillon - Aveyron (DIte) Septimanie. Mais soyons lucides, ce n'est pas demain la veille que je me retrouverai au PARADIS.
jeudi 12 novembre 2015
Cinéma - Arménie, du génocide à la folie
Robert Guédiguian boucle sa trilogie sur le génocide arménien avec « Une histoire de fou ». Récit de la dérive violente d'une génération enragée.
Robert Guédiguian personnifie Marseille. La diaspora arménienne aussi. Le cinéaste engagé à gauche, a plus de mal avec cette notion de racines, de terre natale. Il a pourtant consacré plusieurs films à cette tragédie que constitue le génocide du peuple arménien par la Turquie en 1915. Dans "Une histoire de fou", il semble vouloir refermer la plaie avec ce film débutant en Allemagne en 1921 et se terminant deux générations plus tard, dans le jardin d'une église en ruines dans cette Arménie encore soviétique mais plus pour longtemps. Le film est né d'un constat. Pour les fils de ces réfugiés, ayant échappé par miracle au massacre, la notion d'Arménie "n'existe que grâce au génocide. Nous sommes nés sur une montagne de cadavres." Ce paradoxe, Robert Guédiguian en a fait le cœur du film, avec notamment l'explication de la lutte armée de toute une génération d'exilés.
Thelirian, l'exemple
Le film débute comme un documentaire. En 1921, Soghomon Thelirian, un jeune idéaliste arménien, abat froidement dans la rue Talaat Pacha, principal responsable du génocide. Le procès permet de mettre en lumière ce crime contre l'humanité perpétré en toute impunité en 1915 en pleine guerre mondiale. A la surprise générale, Thelirian est acquitté. La suite se déroule à Marseille durant les années 70. Aram (Syrus Shahidi), étudiant, se revendique de Thelirian. Il accuse ses parents Hovannes et Anouch (Simon Abkarian et Ariane Ascaride) d'avoir abandonné le combat. Avec d'autres jeunes il rejoint l'armée de libération de l'Arménie. Il participe à un attentant en plein Paris. Une bombe tue l'ambassadeur de Turquie. Elle blesse aussi grièvement un cycliste qui passait par hasard. Pendant qu'Aram prend la fuite pour intégrer un camp au Liban, sa mère va tenter de présenter ses excuses au blessé, Gilles Tessier (Grégoire Leprince-Ringuet). Le film raconte la dérive d'Aram et la rage de Gilles. Jusqu'à leur rencontre dans une petite cour d'un hôtel à Beyrouth. "J'essaie d'être tous les personnages à la fois", confie Robert Guédiguian qui endosse à tour de rôle le point de vue des deux protagonistes de l'histoire. Avec pour lien le rôle de la mère, tenu par une émouvante Ariane Ascaride. Sans porter le moindre jugement sur l'action violente des années 70, avec pose de bombes tuant des innocents, Robert Guédiguian reconnaît simplement que c'est depuis cette période que le génocide arménien a commencé à occuper les premières pages des journaux. Si aujourd'hui de nombreux pays ont condamné la Turquie, cette dernière campe sur sa position. "Cette histoire c'est la folie de l'Humanité", considère Robert Guédiguian. D'où le nom de ce film qui replace la tragédie arménienne dans une globalité mondiale.
mercredi 11 novembre 2015
Cinéma - James Bond, 007 à jamais
L'espion le plus célèbre de la planète est de retour dans "Spectre", superproduction avec Sam Mendès derrière la caméra, Léa Seydoux et Monica Bellucci dans les rôles des femmes fatales et Daniel Craig, pour la quatrième fois dans le costume de James Bond. Retour sur un phénomène.
De Londres à Tanger en passant par Mexico, le nouveau James Bond permet au héros interprété par Daniel Craig de beaucoup voyager. Il y affronte le chef de "Spectre", une organisation mondiale, le mal incarné par un homme froid et calculateur qui a les traits de Christoph Waltz. Pour adoucir ce face-à-face mouvementé, rythmé par des explosions, des combats et des courses-poursuites (dans les rues de Rome cette fois), deux femmes sont en vedette. Une veuve, rapidement consolée par le bel anglais, Monica Bellucci, et une orpheline, tout aussi rapidement réconfortée par Bond qui n'a pas l'empathie sélective, Léa Seydoux. Le film de plus de 2 h 20, le 24e de la série, ne souffre pas du moindre temps mort. Passée la scène d'ouverture (plan séquence virtuose dans des rues de Mexico noires de monde), on retrouve tout l'univers créé par Ian Fleming dans les années 50 et perpétué depuis sur grand écran.
Modernes contre anciens
_________________
"Spectre", paroles des comédiens
Lors d'une conférence de presse récemment à Paris, les principaux acteurs de ce 24e James Bond se sont confiés.
Daniel Craig : "Je suis prêt à tourner de nouveau avec Sam Mendès"
"Quand j'ai accepté d'interpréter James Bond, je savais que c'était un rôle difficile à jouer. J'ai demandé aux producteurs si je pouvais participer au processus, à donner mon avis et à être vraiment présent. Ils ont accepté et très généreusement ils m'ont également crédité du titre de coproducteur de ce dernier Bond. Tourner un James Bond est un immense défi, c'est quand même huit mois de tournage. Mais je suis entouré de gens extrêmement talentueux et je ne suis qu'une toute petite partie de cette équipe. Je suis un grand fan de Léa Seydoux et dès que je l'ai vue, j'ai voulu jouer avec elle. Nous avons eu beaucoup de chance car quand on prépare un James Bond, on fait des listes d'acteurs et ils ont tous accepté. Je suis évidemment prêt à retourner avec Sam Mendès. Mais actuellement, ce n'est pas d'actualité. En ce moment, tous, nous n'avons qu'une envie : ne plus penser à James Bond".
Léa Seydoux : "Loin du cliché de la femme objet"
"Lorsqu'on a un appel pour passer un casting pour James Bond, on n'y croit pas, on se dit que ça ne marchera jamais, c'est comme le loto, on joue mais on sait qu'on ne gagnera jamais. D'ailleurs, j'ai totalement raté mon premier essai. Mais ensuite, mon agent m'a dit que Sam Mendès m'avait beaucoup appréciée et au rendez-vous suivant, il m'a accueillie les bras ouverts en me disant 'bienvenue dans la famille'. En lisant le scénario j'ai constaté que c'était une James Bond's girl plus moderne, qu'ils voulaient s'éloigner du cliché de la femme objet. Madeleine est un vrai personnage, qui a un trajet émotionnel et qui va devoir affronter son passé. Et finalement, elle a beaucoup de points communs avec le James Bond actuel". La suite ? Je n'ai pas de projet en ce moment, mais j'adorerais interpréter une super-héroïne !".
Monica Bellucci : "Une femme mûre et féminine"
"J'ai été très surprise de l'appel de Sam Mendès car je me suis dit : 'Qu'est ce que je fais à 50 ans dans un James Bond ?'. Mais lui cherchait une femme mûre à mettre à côté de James Bond. Lucia, la veuve, n'a plus la jeunesse mais elle a une féminité encore vivante qui lui sauve la vie. Que l'on fasse les méchantes ou les gentilles, il y a toujours quelque chose de magique à interpréter une James Bond's girl. Ce sont des rôles objet, mais peu importe... Je ne suis restée qu'un mois sur le plateau de "Spectre", ce qui est peu quand on pense que je tourne depuis trois ans dans le prochain Kusturica".
___________________
Encyclopédie et roman
"James Bond, l'encyclopédie 007", Hugo Image, 24,95 €.
En roman aussi....
Avant de s'animer sur grand écran, James Bond est un héros de romans. Ian Fleming a signé une quinzaine de titres avant de mourir en plein succès au milieu des années 60. Depuis, l'espion a déserté les librairies. Mais fort du succès des derniers films, notamment depuis que Daniel Craig a repris le rôle, l'idée de nouveaux romans a titillé les héritiers.
Une nouvelle fois, Anthony Horowitz s'est mis derrière la machine à écrire. Après avoir ressuscité Sherlock Holmes, l'écrivain anglais a plongé dans l'univers de Ian Fleming. Pour être le plus fidèle possible, il s'est appuyé sur des notes originales censées être le support d'un épisode des aventures de 007 dans le milieu de la course automobile. Un roman qui file à toute vitesse, avec cette pointe de nostalgie si agréable.
"Déclic Mortel", Anthony Horowitz, Calmann-Lévy, 18 €.
"Déclic Mortel", Anthony Horowitz, Calmann-Lévy, 18 €.
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Cinéma - Singes charmeurs
Documentaire réalisé par Mark Linfield et Alastair Fothergill (USA, 1 h 21), narratrice : Claire Keim.
Pour son sixième long-métrage, la société de production Disneynature emmène petits et grands 'Au royaume des singes'. Durant 1 000 jours, les équipes de Mark Linfield ont suivi une tribu de macaques à toque dans la forêt du Sri Lanka. Un documentaire animalier scénarisé, avec de véritables 'acteurs' tant ces singes ont des bouilles et des personnalités facilement reconnaissables. L'héroïne, Maya, une femelle de 8 ans, a un enfant, Kip, qu'elle doit défendre face aux velléités du mâle dominant. Chercher de la nourriture, défendre son territoire, fuir face aux attaques de prédateurs : le quotidien de la petite troupe n'est pas de tout repos.
Parmi les seconds rôles, le chef d'une tribu ennemie a une gueule impossible à oublier : balafré de partout, il respire la méchanceté. Le moment de l'éclosion des termites ailés est également à mettre dans l'anthologie des scènes cultes du cinéma animalier.
Au final, le spectacle proposé est éblouissant. Précision des cadrages, beauté des décors, péripéties entre rire et larmes, l'histoire de Maya est contée avec beaucoup de sensibilité par Claire Keim, très impliquée dans la protection de la nature.
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