Qui en doute encore ? Autre Chinois mondialement connu : Ai Weiwei. L'artiste plasticien le plus novateur de ces dernières années rencontre de nouveaux problèmes. Pas avec la censure, mais avec un géant de l'industrie du... jouet. En prévision d'une nouvelle œuvre géante, Weiwei commande de nombreux Lego directement à la maison mère. Refus de cette dernière au motif que Lego "ne peut approuver l'utilisation de ses briques pour des œuvres politiques". Loin d'abandonner, Weiwei vient de lancer un appel sur les réseaux sociaux pour organiser des collectes dans différentes villes afin d'avoir suffisamment de 'matière'. Entre ses capitalistes triomphants et la création bouillonnante de ses artistes, Peyrefitte avait raison : la Chine s'est éveillée.
Quelques chroniques de livres et BD qui méritent d'être lus et les critiques cinéma des dernières nouveautés. Par Michel et Fabienne Litout
mercredi 28 octobre 2015
DE CHOSES ET D'AUTRES - Étonnants Chinois
Les plus anciens se souviennent certainement du livre événement 'Quand la Chine s'éveillera' d'Alain Peyrefitte. On était prévenus, mais on n'a rien vu venir. Non seulement la Chine s'est éveillée, mais nous nous sommes endormis sur nos lauriers. Fanés, les lauriers. Aux sceptiques, la preuve avec deux exemples pourtant diamétralement opposés. Selon le dernier classement Forbes, le Chinois le plus riche du pays a vu sa fortune plus que doubler en un an. Wang Jianlin, spécialisé dans l'immobilier et le divertissement, est passé de 13,2 à 30 milliards de dollars. Le capitalisme semble avoir trouvé son eldorado. Ses meilleurs publicitaires aussi, Jianlin se contentant de ce commentaire très sobre pour saluer sa première place : "C'est bon d'avoir de l'argent".
mardi 27 octobre 2015
Livre - L'Afrique relevée de « Petit Piment »
Abandonné
par ses parents dix jours après sa naissance, Petit Piment grandit
dans un orphelinat du Congo. De quoi gâcher une vie racontée dans
sa verve habituelle par Alain Mabanckou.
Bébé abandonné à
l'entrée d'un orphelinat, Moïse est baptisé par Papa Moupelo, le
prêtre qui vient chaque semaine faire chanter les gamins de
l'institution. Moïse n'est qu'une petite partie de son nom, long
comme un jour sans pain. Mais c'est sous le sobriquet de Petit Piment
que cet enfant va faire parler de lui.
Le roman d'Alain
Mabanckou, à la première personne, est construit à l'inverse d'une
vie. Au début, on galère, puis arrive le temps de l'épanouissement.
Avec Petit Piment, c'est l'inverse. Tant que Papa Moupelo venait
chaque semaine, la vie valait le coup. Mais du jour au lendemain il
disparaît. Encore gamin, notre héros ne comprend pas que le
religieux vient d'être victime de la révolution socialiste imposée
par le pouvoir. Terminés les chants liturgiques, place aux odes au
président. Sous la houlette du directeur, un certain Dieudonné
Ngoulmoumako, la vie change. Brimades, punitions, corrections :
c'est l'enfer. Les gardiens sont intransigeants, les autres
pensionnaire pires. Notamment des jumeaux qui font régner la terreur
dans les dortoirs. Quand ils s'en prennent à Bonaventure, le
meilleur ami de Moïse, ce dernier décide de le venger.
Subrepticement, il introduit une forte dose de piment dans la
nourriture des tyrans. Ils passent une nuit terrible. Les trois jours
suivants sont abominables. Voilà comment le gamin de Pointe-Noire
devient Petit Piment. Les deux caïds, flairant le gars dégourdi et
peu impressionnable, lui pardonnent et le nomment second de leur
bande.
La première partie du
roman, entièrement située dans l'orphelinat, est la plus émouvante.
Encore enfant, Petit Piment a un fond d'humanité, de gentillesse et
d'empathie. Malgré les coups durs, les injustices et un horizon
bouché, il croit encore en l'Homme, comme si l'enseignement de Papa
Moupelo persistait tel un phosphène au fond de la rétine. Le drame
de Petit Piment, c'est sa gentillesse. Et sa peur de décevoir. Quand
les jumeaux décident de s'évader, il n'ose pas refuser de
participer au plan. Et le voilà devenu petit voyou dans le grand
marché de Pointe-Noire.
Ami des prostituées
Heureusement il croisera
une nouvelle fois une bonne âme qui tentera de le sauver. Maman Fiat
500 est une mère maquerelle. Elle se prend d'amitié pour ce gentil
garçon, serviable et si prévenant pour ses dix filles. Surtout il
ne juge pas sa profession quand elle lui explique. « A-t-on
jamais cherché à savoir ce qu'il y a derrière chaque femme qui
marchande ses attributs ? On ne naît pas pute, on le devient.
(…) Et puis on franchit le pas, on propose à un passant son corps
avec un sourire de circonstance, parce qu'il faut aguicher comme dans
tout commerce. On se dit que ce corps, même si on le déprécie un
soir, on le lavera le lendemain afin de lui rendre sa pureté. Et on
le lave une fois à l'eau de javel, on le lave deux fois avec de
l'alcool, puis on ne le lave plus du tout, on assume désormais ses
actes parce que les eaux de la terre ne pourront jamais procurer de
la pureté à qui que ce soit. » Dans le giron de Maman Fiat
500, quelques douces années s'écoulent.
Mais la malédiction
frappe de nouveau. Et cette fois ce ne sont pas quelques pincées de
poudre de piment qui le sortiront d'affaire. Aussi tragique que
l'histoire de ce continent, le roman d'Alain Mabanckou raconte
surtout l'énorme gâchis de talent et d'intelligence causé par la
misère d'une majorité et l'ambition d'une minorité.
Michel
Litout
« Petit Piment »,
Alain Mabanckou, Seuil, 18,50 €
DE CHOSES ET D'AUTRES : L'heure de changer
Que vaut-il mieux : décider de changer d'heure ou constater qu'il est l'heure de changer ? Éternel débat de fin octobre, au moment où toute l'Europe dort une heure de plus un dimanche et se lève comme si de rien n'était.
Hier, sans doute pour la première fois de ma vie, j'ai oublié le passage à l'heure d'hiver. Il a fallu que j'allume mon ordinateur, la tasse de café fumante à côté du clavier, pour constater le décalage. Ma mémoire flanche. La sienne jamais. Quel programmateur génial a inventé le réglage de ces machines diaboliques ? Qui, lorsqu'on les éteint, continue à égrener les secondes, les minutes, les jours... Idem pour les smartphones, qui opèrent la bascule automatiquement.
J'imagine l'éleveur qui a jeté son vieux réveil à ressort pour se lever au doux tintement de l'alarme de son téléphone. Chaque matin il est debout à 6 heures pour aller traire les vaches. Hier matin, ce sont les meuglements désespérés de ses animaux qui l'ont réveillé. Le téléphone s'aligne sur l'heure d'hiver, pas les pis des mammifères.
Certains voudraient s'affranchir de l'heure d'hiver. Même de celle d'été. Didier Goux, blogueur, bientôt à la retraite, envisage de se retirer loin de tout avec sa femme et de revenir à « l'heure française », celle des « romans de Simenon ». « La nuit de décembre, pour nous, redescendra vers trois heures et demie de l'après-midi, et les splendeurs de la mi-juin n’excéderont pas neuf heures. » Mais pour y arriver, il devra abandonner tout objet connecté. Pas sûr qu'il y parvienne.
Hier, sans doute pour la première fois de ma vie, j'ai oublié le passage à l'heure d'hiver. Il a fallu que j'allume mon ordinateur, la tasse de café fumante à côté du clavier, pour constater le décalage. Ma mémoire flanche. La sienne jamais. Quel programmateur génial a inventé le réglage de ces machines diaboliques ? Qui, lorsqu'on les éteint, continue à égrener les secondes, les minutes, les jours... Idem pour les smartphones, qui opèrent la bascule automatiquement.
J'imagine l'éleveur qui a jeté son vieux réveil à ressort pour se lever au doux tintement de l'alarme de son téléphone. Chaque matin il est debout à 6 heures pour aller traire les vaches. Hier matin, ce sont les meuglements désespérés de ses animaux qui l'ont réveillé. Le téléphone s'aligne sur l'heure d'hiver, pas les pis des mammifères.
Certains voudraient s'affranchir de l'heure d'hiver. Même de celle d'été. Didier Goux, blogueur, bientôt à la retraite, envisage de se retirer loin de tout avec sa femme et de revenir à « l'heure française », celle des « romans de Simenon ». « La nuit de décembre, pour nous, redescendra vers trois heures et demie de l'après-midi, et les splendeurs de la mi-juin n’excéderont pas neuf heures. » Mais pour y arriver, il devra abandonner tout objet connecté. Pas sûr qu'il y parvienne.
lundi 26 octobre 2015
Polar nordique - "Le détroit du loup" disponible en format poche chez Points
Près de la mer de
Barents, où les nuits sont sans fin en hiver et les jours
interminables en été, Olivier Truc lance ses deux enquêteurs
atypiques sur la piste d'une nouvelle affaire. Klemet et Nina sont
affectés à la police des rennes.
Le roman débute au détroit du
Loup. Il sépare la toundra de l'île de la Baleine. Une zone très
prisée pour ses immenses prairies. Lors de la traversée, un jeune
éleveur meurt noyé. Les traditions des Sami, les tribus
autochtones, sont mises à mal par les autorités norvégiennes. Le
partage des terres pose problème, celui des richesses de la mer
aussi. Car ce polar, après cette mise en bouche naturaliste, se
déroule ensuite en grande partie dans le milieu de l'exploitation
pétrolière.
Des enjeux financiers considérables qui attisent les
appétits de certains. Les éleveurs de rennes sont parfois un
obstacle au développement. (Points, 8,60 €)
Série télé - Avengers, une suite très Shield
La première saison des « Marvel, les agents du Shield » vient de sortir en intégrale.
Le film « Avengers », tiré des BD de Stan Lee, cumulant plusieurs centaines de millions de dollars de recettes, il est logique que des producteurs aient eu l'idée de prolonger la recette sur petit écran. Ainsi est née en 2012 la série « Marvel, les agents du Shield », diffusée sur ABC puis Série Club et W9 en France. Josh Whedon, réalisateur des longs-métrage, est également à la création et la production de la série.
L'histoire débute après la guerre de New York. Fury, directeur du Shield, service secret qui protège la planète, monte une équipe autonome. A sa tête Coulson (Clark Gregg), un agent qui a la particularité d'avoir été laissé pour mort, dans le premier film, sur le champ de bataille. Après un long séjour à Tahiti, il est rétabli et officie dans un énorme avion furtif. Il recrute un agent spécial expert en mission d'infiltration Ward, une pilote adepte des arts martiaux, May et deux jeunes savants à peine sortis de l'académie, Leo et Jemma. La dernière recrue est beaucoup moins classique. Skye (Chloe Bennet) est une hacker membre d'une organisation anarchiste nommée « Marée montante ». Elle cherche à pénétrer les secrets du Shield. Capturée par Coulson, il détecte en elle un potentiel qui pourrait lui être fort utile. Sa façon de penser, tout sauf politiquement correcte, permet à l'équipe de prendre de vitesse des ennemis peu habitués à de telles méthodes.
La jeune femme devient rapidement un des personnages principaux de la série. Composée de 22 épisodes, elle alterne histoires autonomes avec l'intervention de quelques personnages des films comme la guerrière Sif ou l'agent Maria Hill, et le fil rouge autour des secrets des uns et des autres. Les principales interrogations tournent autour de l'origine de Skye, de la résurrection de Coulson et de savoir qui se cache derrière le mystérieux personnage du Clairvoyant. On se demande également qui est le traitre dans l'équipe. Car un des héros récurrent bascule en cours de saison dans le côté obscur, au service de Hydra.
Côté bonus en plus de quelques reportages sur les scènes clés (la chute libre ou l'explosion sur le pont), ne manquez pas le bêtisier. Si Coulson et May (Ming-na Wen) dans la série sont toujours très sérieux, avant et après les prises, ce sont de sacrés plaisantins... Et si vous devenez accro à la série, ne manquez pas ce dimanche soir la diffusion des trois premiers épisodes d la saison 2 sur Série Club à partir de 20 h 50.
« Les agents du Shield », Marvel, intégrale de 6 DVD, 40 euros.
dimanche 25 octobre 2015
BD - Astérix, retour parfait
Les Pictes
étaient corrects, le Papyrus est génial. Plus de doute, le choix de
Ferri et Conrad pour prolonger les aventures de l'irréductible
Gaulois est excellent. Uderzo peut être rassuré, son personnage est
entre de bonnes mains et Goscinny pleinement profiter de son séjour
au paradis bien mérité après nous avoir tant fait rire. En
réalité, on a l'étrange impression de retrouver ce petit monde
exactement là où on l'avait laissé juste avant la mort du
scénariste survenue en plein test d'effort pour vérifier qu'il
était en bonne santé... Au niveau du dessin, Conrad s'est
parfaitement coulé dans le style d'Uderzo. Bien difficile désormais
de faire la différence entre l'original et le repreneur. Mais la
très bonne surprise réside dans l'histoire. Toute l'intrigue n'est
qu'un prétexte pour brocarder les mauvaises habitudes
contemporaines, sport dans lequel Goscinny excellait. Dans la cible
des auteurs, les circuits de l'information, notamment les rumeurs
propagées par les réseaux sociaux. César vient de mettre un point
final à son manuscrit « La Guerre des Gaules ». Mais
dans un chapitre, il reconnaît sa défaite face au village dirigé
par Abraracourcix. Une tâche sur son parcours qu'un conseiller en
communication, Promoplus, lui suggère d'occulter. C'est cette partie
du texte censurée qu'un activiste de la vérité dérobe et tente de
rendre public. Intelligent, hilarant et bourré de clins d'œil, cet
album sera le livre le plus vendu cette année. Mérité car c'est
peut-être aussi le meilleur de toute la production de BD en 2015.
samedi 24 octobre 2015
DE CHOSES ET D'AUTRES - Terreur absolue
La proximité d'Halloween génère toujours quelques phénomènes de société inquiétants. Comme l'envie d'avoir peur collectivement. En 2014, le film Annabelle décrochait la palme, cette année le cinquième opus de la série Paranormal Activity semble sur le point de l'emporter. Au point de provoquer de véritables émeutes dans certaines salles comme avant-hier à Perpignan.
Les amateurs de fin du monde, quant à eux, (souvenez-vous, Bugarach), sont persuadés que l'astéroïde géant qui frôlera la Terre le 31 octobre provoquera séismes et autres raz-de-marée. Alors qu'en réalité, le caillou de 470 mètres de diamètre passera à 500 000 km de notre planète bleue.
Par contre, un petit film en noir et blanc de 2 minutes sur YouTube est en passe de devenir un phénomène capable de peupler durablement vos nuits de cauchemars. Dans une maison en ruines, un homme vêtu de la tenue des médecins pendant les épidémies de peste, avec le fameux masque en forme de bec d'oiseau, fait des signes à la caméra. Les images sont saccadées et la bande son constituée d'une sorte de grincement incessant, genre Canal+ sans décodeur. En analysant ces bruits, certains y ont découvert le message « Vous êtes déjà mort », d'autres la phrase « Tuez le président » agrémentée des coordonnées GPS de la Maison Blanche. Bref, c'est particulièrement flippant.
Mais après réflexion, tout cela n'est que broutilles comparé aux deux heures de terreur absolue que nous avons failli subir jeudi soir sur France 2.
Les amateurs de fin du monde, quant à eux, (souvenez-vous, Bugarach), sont persuadés que l'astéroïde géant qui frôlera la Terre le 31 octobre provoquera séismes et autres raz-de-marée. Alors qu'en réalité, le caillou de 470 mètres de diamètre passera à 500 000 km de notre planète bleue.
Par contre, un petit film en noir et blanc de 2 minutes sur YouTube est en passe de devenir un phénomène capable de peupler durablement vos nuits de cauchemars. Dans une maison en ruines, un homme vêtu de la tenue des médecins pendant les épidémies de peste, avec le fameux masque en forme de bec d'oiseau, fait des signes à la caméra. Les images sont saccadées et la bande son constituée d'une sorte de grincement incessant, genre Canal+ sans décodeur. En analysant ces bruits, certains y ont découvert le message « Vous êtes déjà mort », d'autres la phrase « Tuez le président » agrémentée des coordonnées GPS de la Maison Blanche. Bref, c'est particulièrement flippant.
Mais après réflexion, tout cela n'est que broutilles comparé aux deux heures de terreur absolue que nous avons failli subir jeudi soir sur France 2.
vendredi 23 octobre 2015
BD - Chevalier aux visions
Guillermo
G. Escalada ne va se faire des amis dans le milieu de la bande
dessinée. Cet Espagnol a un talent tel, qu'il devrait
automatiquement provoquer le suicide des deux-tiers de la profession.
Comment oser tracer le moindre trait après avoir vu une seule des
cases de l'album « Le chevalier à la licorne » ? Je
caricature mais c'est pourtant l'impression qui domine après avoir
refermé cette BD écrite par Stéphane Piatzszek.
Que cela soit dans
les scènes de bataille comme dans celles plus oniriques, la
puissance du trait d'Escalada saute aux yeux. Certaines planches
muettes méritent d'être exposées dans les plus grands musées.
Bon, arrêtons de glorifier le graphisme et penchons nous sur
l'histoire. Bingo, c'est aussi du très bon. Le chevalier Hospitalier
Juan de la Heredia, lors de la bataille de Crécy, pour sauver le roi
de France, lui donne son cheval. Il se retrouve seul, à pied,
entouré de dizaines de soldats ennemis. Un carnage. Il en sortira
pourtant vivant, tué puis ressuscité par une licorne blanche. Il
sombre dans la folie et part à la recherche de cet animal
légendaire. Attention, chef-d'oeuvre.
« Le
chevalier à la licorne », Soleil Quadrants
DE CHOSES ET D'AUTRES - Pâtes al dente
Le scandale est énorme, la mobilisation forte et spontanée. Pas question de laisser passer cette abomination. Non, je ne parle pas de la Jungle de Calais ni du blocage des routes par les gens du voyage. En fait ce qui agite quelques intellos actifs sur internet concerne plus prosaïquement la question de la cuisson des pâtes. La révolte semble partir d'un article d'une certaine Floriana sur le site Slate.fr. Un papier rageur dans lequel elle démontre que le "one-pot-pasta" n'est pas du tout une recette italienne.
Imaginée par des Américains, cette hérésie est d'une simplicité aberrante. On met des légumes et des pâtes dans de l'eau froide, on fait cuire trente à quarante-cinq minutes... L'eau froide ne passe pas du tout. Pour Floriana, les pâtes italiennes se dégustent exclusivement al dente. Et pour obtenir cette texture une seule solution : plonger les pâtes dans de l'eau bouillante. Cette aberration totale a le don de lui libérer la plume : "Vous cuisez trop les pâtes et ensuite vous vous étonnez d'être allergiques au gluten, à l'air, à la joie, à la vie. Si vous avez mal au bide en mangeant des pâtes, ce n'est pas à cause du gluten, c'est parce que vous bouffez vos pâtes trop cuites". La suite est encore plus violente.
Une indignation crescendo et pas une seule voix ne s'est élevée pour contredire la chroniqueuse de "cuisine rital" de Slate. Au contraire, la 'pâtosphère' (terme inventé à l'instant pour désigner les amateurs de pâtes connectés) surenchérit pour se moquer de ces ignares de bouffeurs de nouilles molles, dénués du moindre goût. Le débat est clos, les nouilles cuites !
En bonus, la vidéo de la recette maudite :
Imaginée par des Américains, cette hérésie est d'une simplicité aberrante. On met des légumes et des pâtes dans de l'eau froide, on fait cuire trente à quarante-cinq minutes... L'eau froide ne passe pas du tout. Pour Floriana, les pâtes italiennes se dégustent exclusivement al dente. Et pour obtenir cette texture une seule solution : plonger les pâtes dans de l'eau bouillante. Cette aberration totale a le don de lui libérer la plume : "Vous cuisez trop les pâtes et ensuite vous vous étonnez d'être allergiques au gluten, à l'air, à la joie, à la vie. Si vous avez mal au bide en mangeant des pâtes, ce n'est pas à cause du gluten, c'est parce que vous bouffez vos pâtes trop cuites". La suite est encore plus violente.
Une indignation crescendo et pas une seule voix ne s'est élevée pour contredire la chroniqueuse de "cuisine rital" de Slate. Au contraire, la 'pâtosphère' (terme inventé à l'instant pour désigner les amateurs de pâtes connectés) surenchérit pour se moquer de ces ignares de bouffeurs de nouilles molles, dénués du moindre goût. Le débat est clos, les nouilles cuites !
En bonus, la vidéo de la recette maudite :
jeudi 22 octobre 2015
Cinéma - Précis de la solitude absolue avec "Seul sur Mars" de Ridley Scott
Naufragé sur une planète hostile. Impossible de faire plus solitaire pour l'astronaute qui se retrouve "Seul sur Mars", film de Ridley Scott.
Ridley Scott est un des plus grands cinéastes encore en activité. Selon sa fiche "AlloCiné", il cumule plus de 53 millions d'entrées sur ses différentes réalisations. Et à chaque fois ce sont des films marquants. Tout le monde se souvient de "Thelma et Louise", qui n'a pas frémi en découvrant la gueule gluante d'Alien ? Les nouvelles technologies ne lui font pas peur. Bien au contraire, il sait les exploiter à bon escient. Comme James Cameron dans "Avatar", il utilise au mieux la 3D. Premier essai concluant avec "Exodus" l'an dernier. C'est encore mieux pour "Seul sur Mars", à l'affiche cette semaine. Que cela soit sur la planète rouge ou dans l'espace, les scènes sont criantes de vérité. On se sent véritablement au cœur des événements. Rien que pour cette sensation, le film mérite d'être vu. Cerise sur le gâteau, le scénario tiré du roman d'Andy Weir (voir ci-contre) est excellent. Dans un proche futur, un équipage de six astronautes est sur Mars pour une mission de quelques jours. Collecter des échantillons, faire des analyses... Presque un travail routinier entre deux longs voyages à des millions de kilomètres de la terre.
Quand une violente tempête de sable arrive sur la base, l'ordre est donné d'évacuer immédiatement. Dans de violentes bourrasques, ils rejoignent le module de décollage. Frappé par une antenne parabolique, le botaniste Mark Watney (Matt Damon) est emporté à des dizaines de mètres. Le reste de l'équipage le croit mort. Ils décollent avec un siège vide. Sur Terre, les dirigeants de la Nasa font une conférence de presse pour annoncer la mort de Mark.
Un problème : une solution
Seulement blessé, Mark parvient à rejoindre la base, l'habitat en jargon martien. Abandonné, seul, un peu désemparé, il ne va pas sombrer dans la folie. Au contraire, en réglant les problèmes les uns après les autres, il va mettre en place un plan de survie.Priorité l'alimentation. Il va réussir à faire pousser des pommes de terre, devenant le premier cultivateur de Mars. Puis il va devoir trouver une solution pour l'eau. Puis les communications avec la Terre. Une fois sa survie assurée, il ne lui reste plus qu'à trouver une solution pour rejoindre la terre. Un sacré enjeu. Ce rôle en or permet à
Matt Damon de s'affirmer comme un excellent acteur. Il n'en fait pas trop dans le genre "rien ne me résiste, j'ai solution à tout". Parfois il a des doutes. Des envies de tout abandonner. Mais à chaque fois il trouve l'étincelle qui lui permet de repartir, de tenter autre chose, de trouver une solution différente. Mark fonctionne aussi sur l'originalité. En plus d'être le premier agriculteur sur Mars, il va également être celui qui a le plus exploré la planète, y est resté le plus longtemps et pourrait devenir, si tout se passe bien, l'homme qui est allé le plus vite dans l'espace.
Du grand spectacle, une des sorties de cette fin d'année à ne pas manquer.
____________________
Tiré d'un roman d'Andy Weir
Le film est adapté du roman éponyme d'Andy Weir. Cet auteur californien est programmateur en informatique. Du moins c'est en encodant des pages et des pages pour des jeux vidéo qu'il gagne sa vie. A côté, il se passionne pour la science-fiction. Quelques nouvelles et un premier roman qu'il propose à plusieurs éditeurs. Refus poli. Il met alors le texte en vente sur la plateforme d'Amazon. « Seul sur Mars » devient rapidement un best-seller... numérique. Un éditeur classique décide d'acheter le roman et l'imprime. Nouveau bingo ! En France, Bragelonne a publié le roman l'an dernier et vient de sortir une édition poche à petit prix. Une fois les droits ciné achetés, Andy Weir peut enfin se consacrer à plein temps à l'écriture. Il est en train de mettre le point final à un nouveau livre, plus classique dans ce genre assez spécial. En clair il y aura moins d'explications scientifiques et plus d'imagination comme des aliens ou des déplacements à la vitesse de la lumière...
« Seul sur Mars » d'Andy Weir, grand format chez Bragelonne, 20 euros, poche chez Milady, 7,90 euros
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