mardi 28 mai 2013

Billet - Le charme des RAM

Messieurs, j'ai trouvé le truc infaillible pour séduire les femmes, mieux que Dutronc ou Delon réunis. Un peu de termes techniques (mémoire RAM, disque SSD, balises HTML), beaucoup de bagout et vous voilà dans la peau d'un geek lover, ce que secrètement désire ramener à la maison toute demoiselle désespérée par la lenteur de son ordinateur. Et elles sont 74% à pester quand elles sont obligées d'attendre plus de trois secondes qu'une page internet s'affiche.
Ce sondage réalisé par Easy Panel pour la société Crucial.fr « les experts en mémoire informatique », montre l'importance prise par tout ce qui est numérique dans nos vies. Terminé le temps où il fallait exhiber ses muscles ou ses prouesses en mécanique pour les faire fondre. 33% des femmes admirent les hommes « ayant des connaissances en informatique ». Ce ne sont que des statistiques, mais mathématiquement, les geeks ont une chance sur trois de conclure juste en parlant de ce qui les passionne. Enfin attention, n'en faites pas trop, car les femmes ne sont pas dupes. Elles espèrent la perle rare mais foncièrement pensent que seulement 4% des hommes peuvent « ajouter de la mémoire à un ordinateur trop lent », le même pourcentage pour ceux qui « savent faire la vaisselle »... Et puis surtout, elles sont 43% à ne pas nous croire sur parole. Il leur faut des actes. Pas de chance, ce chiffre se retrouve dans le nombre d'hommes reconnaissant avoir « exagéré leurs connaissances en informatique ». Mais qui ne tente rien...
L'intégralité du sondage sous forme d'infographie :



Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce lundi en dernière page de l'Indépendant. 

lundi 27 mai 2013

Thriller - "La conjuration primitive" de Maxime Chattam, violent, forcément violent...

Maxime Chattam est obsédé par le mal. Et la violence qu'il engendre. Son thriller « La conjuration primitive » en est le parfait exemple.

Quand Maxime Chattam n'écrit pas des romans fantastiques (la série Autre-Monde), il signe des thrillers a vous filer des sueurs froides. Il semble passer beaucoup de temps à peaufiner les personnages de tueurs en série et leurs techniques. Parfois, on se demande s'il n'est pas lui-même un psychopathe devenu écrivain pour assouvir ses pulsions. D'autant que ses héros « positifs », face à l'innommable, basculent eux aussi parfois dans une forme de violence sauvage. Mais non, Maxime Chattam est juste un auteur plein d'imagination, parfaitement capable de s'immerger dans un milieu, le décrire, le comprendre, tout en ne se déconnectant pas de la réalité, de sa vie normale, forcément normale alors que le roman est violent, forcément violent.

Gendarmes en civils
Résolument français ce thriller, même si sa construction, son suspense, son dénouement, font penser aux meilleurs titres américains. Français dans le choix de la profession des « héros ». Alexis et Ludivine sont gendarmes. Mais pas des militaires à cheval sur la tenue réglementaire et habitués aux contrôles radars en bord de route. Non, ils font partie de la crème de la gendarmerie, la section de recherches de Paris. Et la plupart du temps, ils sont en civils.
Alexis est à la tête d'un petit groupe chargé d'enquêter sur des meurtres sauvages se multipliant en France. Deux tueurs sont identifiés. Le « Fantôme » car il ne laisse aucune trace dans les appartements de ses victimes. Les enquêteurs retrouvent même les portes fermées à clés. La « bête », surnommée ainsi en raison de l'état de ses victimes, dépecées, en partie mangées par leur bourreau. Deux tueurs mais une seule et unique signature, une marque, gravée à même la peau : « *e ».

Meurtres simultanés
La première partie du roman, entre les scènes de crimes abondamment décrites, détaille les recherches des enquêteurs sur la signification du symbole. Le torturé Alexis et la blonde sportive Ludivine recevront l'aide d'un profileur, Mikelis, capable de se mettre dans la tête des assassins. Tout se complique quand des cadavres sont retrouvés en Pologne et en Espagne, qu'un jeune drogué tue trois personnes au hasard dans une gare et que le Fantôme et la Bête tuent, à des centaines de kilomètres de distance l'un de l'autre, mais exactement au même moment. Plus de doute, tout est lié : les tueurs en série sévissent de concert.
Cette idée de conjuration du mal permet à Maxime Chattam de prolonger ses précédents titres (notamment « La théorie Gaïa ») sans s'affranchir des rebondissements typiques de ses œuvres. D'un petit village du Lot-et-Garonne en passant par l'Écosse et la région parisienne le lecteur sera ravi des voyages. Même si souvent c'est pour admirer des cadavres éviscérés ou des montagnes de squelettes...
Michel LITOUT

« La conjuration primitive », Maxime Chattam, Albin Michel, 22,50 €

dimanche 26 mai 2013

BD - Soldat et père "Pour un peu de bonheur"


En quelques albums et notamment « L'envolée sauvage », Laurent Galandon s'est imposé comme un des meilleurs raconteurs d'histoires du moment. Ce jeune scénariste, passionné de cinéma, a trouvé sa voie et sa voix. Des récits entre l'éclairage historique et la force des sentiments. 
« Pour un peu de bonheur » se déroule en 1919 dans un petit village des Pyrénées. Un soldat est de retour dans sa famille. Mais il n'est pas revenu indemne. Il a laissé la moitié de son visage dans les tranchées. Une gueule cassée qui intrigue dans cette petite communauté alors qu'un mystérieux tireur fait de gros dégâts dans le cheptel. Il y a plusieurs thèmes dans cette BD, de l'amour du père pour son enfant à la possibilité d'avoir une seconde chance dans la vie. 
Un album dessiné par A. Dan, un illustrateur connu pour ses travaux sur la nature. Ses cases pyrénéennes n'en ont que plus de puissance.

« Pour un peu de bonheur » (tome2), Bamboo Grand Angle, 13,70 €

samedi 25 mai 2013

Billet - Deux euros, siouplaît... je me suis fait pirater !

Se faire pirater son compte Facebook n'arrive pas qu'aux plus célèbres. Les escrocs sont peu regardants quand il s'agit de ponctionner quelques euros, mais en masse. J'en ai fait la triste expérience cette semaine. 
Heureusement j'ai limité les dégâts car les alertes Facebook ont parfaitement fonctionné. Je reçois à 18 heures, un email me signalant que l'adresse chantal563lola@... vient d'être ajoutée à mon compte Facebook. Et de me prévenir : « Si vous ne l'avez pas fait, veuillez sécuriser votre compte. » 
Naïf, je me persuade que ce n'est qu'une erreur. Je panique quand, 10 minutes plus tard, Facebook m'annonce que l'adresse litout@... vient d'être retirée de mon compte. Je tente immédiatement de me connecter. Impossible. Mon profil Facebook vient de passer aux mains de l'ennemi. Et Chantal (sans doute un vilain robot russe) ne chôme pas. 
Elle envoie à une trentaine de mes relations Facebook un message hameçon : « Coucou, comment ça va ? » A ceux qui répondent, elle explique que j'ai un problème de carte bleue. Un paiement de deux euros, « et si tu veux je te rembourse, ok ? ». A ce stade, la plupart de mes amis se doutent de quelque chose et cessent sur le champ le dialogue. Moi je m'active et récupère le contrôle de mon profil. Dans un statut public, j'explique la carambouille et m'excuse platement. Personne ne m'en a voulu. 
Morale de l'histoire : il faut se méfier des Chantal et mes amis sont formidables.

Chronique "çA BRUISSE SUR LE NET" parue ce samedi en dernière page de l'Indépendant. 

vendredi 24 mai 2013

Billet - Le Twitter du paillasson


Les laudateurs de Twitter ont la mémoire courte. Le micro réseau social, basé sur la brièveté des messages, n'a rien inventé. Le concepteurr du Post-it était un précurseur et les brèves, de comptoir ou d'ailleurs, sont de la même veine. Dans « L'élégance du paillasson », petit livre d'aphorismes recueillis par Jean-Marc Lebert et publié aux éditions Chiflet & Cie, les mots entre voisins dressent un étonnant portrait de notre société. Gardien d'immeuble ou concierge, Jean-Marc Lebert a collecté ces bribes de conversations, pensées et autres fulgurances. Du brut de décoffrage, parfois poétique, souvent horrible voire carrément idiot. Mais vrai, authentique. 
Pas de grande philosophie dans l'histoire, mais tout sonne juste comme cette réflexion sur la promiscuité : « La solitude dans les HLM qu'ils disent les médias... Tu parles d'une solitude ! Tu es chez toi peinard et tu entends tout le monde ». « C'est plus calme quand y a plus de bruit » remarque un autre. Chacun pour soi : « Moi, les problèmes du hall ? Je suis au-dessus de tout ça, j'habite au 9e. » Ce livre pourrait parfaitement se décliner sur un compte Twitter. 

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce vendredi en dernière page de l'Indépendant. 


Livre - "La muraille de lave", Indridason sans Erlendur...


Quand un de ses amis d'enfance lui demande d'intervenir discrètement dans une affaire de chantage, Sigurdur, policier, ne sait pas dire non. Il se rend au domicile d'une femme, une échangiste, bien décidée à rembourser ses dettes en faisant chanter la belle-sœur de l'ami de Sigurdur adepte de ces parties fines. Sur place, le policier découvre la femme le crâne fracassé. Visiblement, il a été précédé par quelqu'un qui a trouvé une solution plus expéditive.
Nature hostile, hommes refermés sur eux-mêmes... Ce polar islandais d'Arnaldur Indridason, au cours sinueux et multiple, débute avec la violence d'un torrent pour s'achever avec la force d'un immense fleuve emportant tout sur son passage. Notamment le secteur bancaire du pays. (Points, 7,90 €)

jeudi 23 mai 2013

Billet - Les çonneries du brouhaha du multimédia

Bienvenue dans le monde du multimédia. La rédaction de l'Indépendant n'échappe pas à cette évolution du métier de journaliste. En ce moment, tous les journalistes sont en formation. Apprendre à écrire pour le net, faire des tweets, des vidéos... Et pour motiver les troupes, chaque reporter a reçu un superbe smartphone dernière génération. Le nouveau couteau suisse de l'aventurier de l'information locale.
Comme toujours avec un jouet neuf, il faut du temps pour en saisir toutes les subtilités. Par exemple, côté sonnerie, c'est un peu la cacophonie à la rédaction. Car ces smartphones, en plus de permettre de recevoir des appels, font également du bruit quand un SMS arrive et même un email (enfin, pour les utilisateurs les plus futés).
Conséquence la salle de rédaction (un open space sans aucune séparation, même pas d'armoires...) se transforme en auditorium ouvert à tous les sons préenregistrés dans ces machines de l'enfer. Les machos, et ils sont nombreux, ont choisi majoritairement le sifflement. Toutes les deux minutes on lève la tête en se demandant qu'elle est la jolie fille qui suscite une telle admiration. Perdu, c'est un simple SMS, certainement moins affriolant que la beauté espérée. Le « toc toc » à la porte retentit aussi souvent que le dring dring du facteur. Chez les sportifs, le bruit caractéristique du décapsulage d'une bouteille de bière aura certainement un beau succès. Et puis il y a les poétiques, ceux et celles qui se démarquent. Un refrain de Joe Cooker ou de Barry White, le « cuicui » d'un moineau ou les cris de ces mouettes, parfaitement reproduits. On se croirait dans une BD de Franquin. Vivement l'été et le bord de mer... 

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce jeudi en dernière page de l'Indépendant. 

BD - Amour de filles dans la BD qui a inspiré "La vie d'Adèle"

La présentation en compétition officielle à Cannes du film d'Abdellatif KECHICHE "La vie d'Adèle" est l'occasion de ressortir cette critique (publiée en 2010) de la BD "Le bleu est une couleur chaude" de Julie Maroh, la BD originale dont est librement inspiré le scénario. 


Clémentine est une adolescente qui se cherche. Elle découvre le lycée, une certaine indépendance, les garçons, la drague. Et un jour, en marchant dans la rue, c'est le coup de foudre. Pour Emma, une fille aux cheveux bleus. Ce long récit de Julie Maroh est une étude tendre et sensible sur la difficulté d'aimer et d'accepter ses différences. Car Clémentine, va longtemps garder en elle cet amour immense. L'éducation stricte de ses parents, notamment son père, fait qu'elle se sent coupable, comme anormale, amorale. Elle tentera même d'avoir des relations avec des garçons. Mais le fantôme d'Emma revient sans cesse dans ses rêves. 
Emma qui fera le premier pas. Mais elle aussi mettra du temps avant de laisser libre cours à ses sentiments. 
Témoignage sur la jeunesse des années 90, ce roman graphique nous permet de découvrir une dessinatrice talentueuse maîtrisant parfaitement la narration de cette histoire d'amour qui finit mal.
« Le bleu est une couleur chaude », Glénat, 14,99 €

mercredi 22 mai 2013

Billet - Achats compulsifs, du plus petit au plus gros

C’est plus fort qu’elles : les femmes ne peuvent pas résister quand elles sont sous l’emprise du démon de l’achat compulsif. Et sur internet rien ne les arrête. Produits de beauté, biens culturels... elles craquent dès que le compte en banque affiche un montant confortable.
Vous êtes sceptique? Prenez Yahoo! Ce géant de l’internet américain a mis à sa tête Marissa Mayer. Intelligente, compétente, mais femme avant tout. Quand elle apprend qu’elle dispose de quelques milliards de dollars sur le compte de la société, elle craque. Et cherche à acheter coûte que coûte une grosse babiole inutile et surestimée. Elle jette son dévolu sur Dailymotion. Mais Arnaud Montebourg, juste pour la contrarier (il sort d’une rupture sentimentale douloureuse), fait capoter l’affaire.
Déprimée, Marissa retrouve le sourire en surfant sur les Tumblr, tous plus hilarants les uns que les autres. Elle dépose un peu plus d’un milliard de dollars sur la table et rachète cette plateforme de blogs. Sa pulsion assouvie, elle ose même l’annoncer en publiant un Gif!

P. S.: Cette chronique, écrite au second degré, ne pourra en aucun cas être utilisée par une avocate sans scrupule engagée par mon épouse dans le cadre d’une procédure de divorce pour cause de misogynie avérée. Le budget du foyer est parfaitement géré par ma tendre moitié. Les seuls achats compulsifs existants sont à mettre à mon crédit (découvert plus exactement...) comme l’achat de l’intégrale de San Antonio chez Bouquins (11 tomes) alors que j’ai déjà la collection complète en poche...

Billet - Mauvais points sur Twitter pour Hollande, créateur de bashing

T
out le monde pratique le Hollande bashing. Une invention de l'ère numérique. Ce terme désigne le fait que l'action du président de la République soit dénigrée en permanence sur les réseaux sociaux. Tant par la presse que les anonymes. Difficile de savoir s'il s'agit d'une impression ou de la réalité. Evident par contre, la cote du « président normal » a sérieusement chuté chez les twittos depuis sa conférence de presse. Paul Larrouturou, journaliste au site internet d'Europe1, ose cette question : « Pourquoi avez-vous choisi de ne pas vous exprimer personnellement sur Twitter ? » François Hollande, sourire en coin, retrouve sa répartie d'antan pour moquer cette interrogation et fait pouffer le gouvernement et les confrères journalistes : « Serait-ce là la preuve de mes mauvais sondages ? Je n'aurais pas twitté comme il convenait ? » Bon, d'accord, il faut savoir détendre l'atmosphère dans ce genre de rendez-vous. Et Twitter est souvent drôle. Mais là on a senti comme un mépris, un profond dédain pour les habitués des réseaux sociaux. Pourtant, Twitter est un outil très utilisé par les services de communication du président. La preuve ? Sur le pupitre de François Hollande figure d'un côté l'adresse Twitter de la présidence (@elysee) et de l'autre le hashtag-référence à l'événement (#ConfPR). Donc si sa sortie contre Twitter amplifie le Hollande bashing, qu'il ne s'en prenne qu'à lui-même. Et s'il n'a pas saisi le principe de Twitter, il peut toujours mettre @valtrier à contribution. 

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce mardi en dernière page de l'Indépendant.