La conquête de l’Ouest américain et par extension toutes les histoires de cowboys a toujours fasciné les auteurs de BD. Beaucoup de séries réalistes de légende (Jerry Spring, Blueberry), des pastiches hilarants (Lucky Luke, Chick Bill) et depuis quelques années des hommages au troisième degré. On peut classer dans cette catégorie Les cowboys sont toujours à l’Ouest (Fluide Glacial, 56 pages, 15,90 €), anthologie d’histoires courtes signées Supiot (scénario) et Geffroy (dessin).
Des saynètes qui reprennent les grands mythes de l’Ouest, le vrai, de l’épopée du Pony Express à certaines légendes indiennes. Appréciez plus spécialement le récit complet sur Buffalo Yves. Des organisateurs de spectacles ont promis à la reine Victoria une rencontre avec Buffalo Bill, le célèbre chasseur de bisons. Mais indisposé, il est remplacé au dernier moment par Buffalo Yves, son équivalent… français. La reine va-t-elle s’apercevoir de la supercherie.
On rit aussi à la variation gore sur la vengeance de Nanabohzo, le dieu indien qui prend la forme d’un lapin. Un album qui n’est pas avare en jeux de mots comme « chasseur déprime » ou « Fort Bidden ».
Les romans graphiques aussi sont au rendez-vous de la rentrée littéraire française de 2023. Laurent Bonneau, dessinateur ayant longtemps résidé à Narbonne et qui est installé depuis quelques années dans les Albères dans les Pyrénées-Orientales, dessine "Ceux qui me touchent", un scénario de Damien Marie dans la collection Grand Angle. Les interrogations d'un jeune père sur son travail (tueur de cochons dans un abattoir) et ses rêves brisés d'artiste.
Depuis son premier album paru chez Dargaud en 2010, Laurent Bonneau n'a cessé de publier des titres chez divers éditeurs, de Futuropolis à Bamboo Grand Angle en passant par Des Ronds dans l'O. Les longs récits ne l'effraient pas. Il propose donc ce mercredi 23 août dans toutes les bonnes librairies françaises, un roman graphique de plus de 220 pages. Ceux qui me touchent est la suite indirecte de Ceux qui me touchent, paru en 2014.
Toujours sur un scénario de Damien Marie, Laurent Bonneau illustre ce passage de la vie d'une jeune famille française comme il en existe tant. Fabien, sa compagne Aude et leur petite fille, Elisa. Lui, diplômé des Beaux-arts, a remisé ses envies d'œuvre novatrice pour accepter un travail alimentaire. Triste travail, dans un abattoir. Il tue des cochons matin, midi et soir. Une semaine en journée, l'autre la nuit. Tuer mais aussi vider et découper. Du sang partout, tout le temps. Plus que n'en aura vu le moindre soldat des tranchées.
Le cochon tatoué
Aude est infirmière dans un hôpital public. Manque de personnel, moyens limités, elle tire sur la corde pour ne pas craquer. Par chance ils ont eu Elisa, adorable fillette, un peu trop remuante par moments, qui aime tant que son papa lui raconte, le soir avant de s'endormir, une histoire avec un chevalier armé d'un bâton magique, une princesse, un loup... et des cochons zombies, dont l'un d'entre eux a un cœur tatoué sur la fesse. Il y a aussi un grand cerf majestueux dans ces histoires imaginées à deux.
Alors que Fabien sombre de plus en plus dans la morosité et l'épuisement à cause de son boulot, il percute, un soir avec sa voiture, une biche. Quand il s'arrête, il voit au loin un grand cerf. Majestueux. Une première alerte sur son équilibre mental. Quand le lendemain, il découvre parmi les porcs à peine arrivés à l'abattoir, un mâle avec un beau tatouage, il décide de sortir des clous, de la norme, au risque de perdre son emploi. Et de sauver cet animal. Même si, selon l'adage, "rien ne ressort vivant de l'abattoir". Il achète donc le cochon et le met en pension complète chez l'éleveur. Il apprendra ainsi que le tatouage est l'œuvre de la fille du paysan, une jeune femme autiste, mutique mais très douée et aimant autant l'art que les cochons.
De l'art ou du cochon ?
Fabien va avoir l'idée d'utiliser cette artiste cachée pour changer le destin de sa famille.
Le scénario de Damien Marie explore plusieurs thématiques. Celle des abattoirs, usine de la mort où des animaux vivants entrent sur leurs quatre pattes et en ressortent sous forme de barquettes prêtes à être cuisinées destinées aux rayons alimentaires des grandes surfaces.
L'autre problématique concerne l'art et sa perception. Un sujet qui tient à cœur à Laurent Bonneau qui peint également et réalise dans la structure éditoriale qu'il a créé (LauMa éditions) des livres à petit tirage reprenant des reproductions de ses œuvres comme le très beau "Lumières des Albères" ou "Corps". Pour Laurent Bonneau, "l'art est partout, lorsque nous sommes prêts à le voir. La beauté, la réflexion, l'art, existent dans le regard de celle ou celui qui y est sensible." En découvrant les planches de Ceux qui me restent, signées Laurent Bonneau, on ne peut qu'être ébloui par son trait vif et acéré, croquant des moments de la vie intime et familiale.
De grandes cases, au trait noir charbonneux, rehaussées d'une seule couleur en fonction de l'ambiance ou des lieux. Le vert symbolise l'abattoir, le rouge orangé la ferme, le jaune les moments complices avec sa fille. Un roman graphique d'une grande densité, exigeant, édifiant. Preuve que l'art peut se mettre au service d'une bonne histoire et que le récit permet aux meilleurs graphistes de s'exprimer.
Considéré à juste titre comme l'auteur le plus emblématique de l'underground américain actuel, Daniel Clowes a sa propre collection aux éditions Delcourt. Avec "Twentieth Century Eightball", ce sont ses œuvres de jeunesse que le lecteur français peut redécouvrir.
Des récits complets parus dans la revue Eightball à partir de 1989. 45 BD de jeunesse où on retrouvait déjà toute l'introspection et critique sociale qui marque l'oeuvre de l'auteur de Chicago. Premiers travaux réalisés alors qu'il était encore étudiant aux Beaux-Arts. Cela donne une vision très cynique d'un petit milieu où le grand n'importe quoi permettait de justifier toutes les expériences. Tel cet étudiant, constatant au petit matin qu'il n'a pas fait son projet, de se dire en se brossant les dents : "Je peux toujours remettre ma brosse à dents comme prise de position conceptuelle sur le consumérisme..."
Daniel Clowes se met en scène ou endosse les personnalités de losers absolus comme Lloyd Llewllyn, Zubrick ou Pogeybait. Ce qui est sûr, à chaque fois, c'est qu'il est sans pitié. Pour lui ou ses doubles de papier. Cela lui permet aussi de taper dur sur la société américaine et ses excès. C'est salutaire et des petites notes de la traductrice, Anne Capuron, permettent de mieux comprendre les allusions à des célébrités qui (parfois par chance), n'ont pas franchi l'Atlantique.
"Twentieth Century Eightball" de Daniel Clowes, Editions Delcourt, 104 pages, 19,99 €
Laissez-vous emporter par la prose puissante de Serge Joncour. Après le remarquable Nature humaine (Flammarion, prix Fémina 2020 et prix Midi 2021), l’auteur qui aime tant l’Occitanie et plus spécialement le Lot, reprend le récit des vies de la famille d’Alexandre Fabrier, ce paysan exemplaire de l’évolution d’un métier jusqu’à la fin du XXe siècle.
Chaleur humaine(Albin Michel, 348 pages, 21,90 €) se déroule 20 ans après. Nous sommes en janvier 2020. Seul sur sa ferme, Alexandre élève des vaches, les parents continuant de produire quelques légumes avec un ouvrier, Alexandre a prolongé son histoire d’amour à distance avec Constanze, l’Allemande protectrice de la nature. Ses sœurs sont des citadines. L’une professeur à Toulouse, l’autre tient un café à Rodez, la dernière travaille dans les nouvelles technologies à Paris.
Frère et sœurs sont fâchés. La faute à des éoliennes géantes implantées sur les terres des exilées. Mais quand le confinement à cause de la pandémie Covid est décrété, elles décident de revenir se mettre au vert. Un roman puissant sur la réconciliation familiale, l’attachement à la terre, sa préservation et l’amour des animaux. Des simples vaches en passant par d’adorables chiots, vedettes indirectes de cette Chaleur humaine.
Deux jeunes ruraux découvrent les vertus de la distillation dans une comédie fleurant bon le terroir. Quand les prunes ouvrent les chemins des paradis artificiels.
Biberonné très jeune aux séries anglaises irrévérencieuses, Bastien Milheau, Toulousain, fait partie de cette jeune génération de réalisateurs français capables de signer un scénario désopilant et de le mettre en scène avec brio. Même si Super Bourrés est sa première réalisation, on devine derrière cette histoire d’amitié sur les routes ensoleillées du Gers, un film abouti, où tous les détails ont leur importance. « J’ai une culture de l’arrière-plan, avoue-t-il lors de sa venue à Perpignan afin de présenter son film en avant-première. J’aime ces seconds niveaux de lecture comme la BD en offre des quantités, notamment chez Gotlib. »
Soyez attentifs, les gags visuels sont légion tout au long de ce film court mais dense. Dans cette Occitanie qui aime la convivialité et le partage, si possible autour d’un apéro, les lycéens se préparent à fêter la fête de fin d’année. Janus (Pierre Gommé) et sa meilleure amie Sam (Nina Poletto) sont missionnés pour ramener l’alcool à la grosse fiesta du soir. Mais un quiproquo les voit revenir bredouilles de l’épicerie. Ils vont tenter de trouver une solution. En cherchant des bouteilles dans la cave de son grand-père, Janus découvre une machine quasi magique qui pourrait résoudre ses problèmes. Il lui faut juste quelques kilos de prunes fermentées.
Par chance, le père de Sam, paysan à l’accent rocailleux interprété par un Vincent Moscato étincelant, cultive ces fruits pour les transformer en pruneaux. Avec le renfort de Paulette, un âne adorable même s’il a son caractère, ils vont acheminer les précieux fruits à travers la campagne magnifiquement filmée par Bastien Milheau qui a su sublimer les paysages de son enfance.
Message à destination des jeunes
Pure comédie, avec son lot de gags qui fonctionnent à merveille (longue tirade de Sam sur l’effet des pruneaux sur ses intestins, Jean Lassalle en papy à moitié sénile vénérant l’eau-de-vie…) Super Bourrés est aussi un film avec l’accent. Devenues plus rares, ces réalisations ancrées dans leur terroir, permettent à toute une partie de la France, généralement oubliée par le monde du cinéma, de se reconnaître dans ces situations rocambolesques.
Un film sur un alcool de vieux, mais qui s’adresse aux jeunes. Janus, plus lettres que rugby, veut quitter cette province dans laquelle il a l’impression d’étouffer. Même sentiment pour Sam, mais car elle craint cet avenir tout tracé qui consiste à reprendre l’exploitation familiale. À moins que…
Enfin les purs cinéphiles remarqueront dans un petit rôle (la prof de SVT) une des dernières apparitions de Sophie Fillières, réalisatrice et comédienne morte en juillet dernier, issue de la première promotion de la Femis, école de cinéma qui a également formé Bastien Milheau. Sophie Fillières à l’affiche aussi dans un des meilleurs films français de l’année, Anatomie d’une chute de Justine Triet, sorti une semaine avant Super Bourrés et récompensé de la Palme d’or à Cannes.
« Super bourrés », film de Bastien Milheau avec Pierre Gommé, Nina Poletto, Barbara Schulz, Vincent Moscato et Jean Lassalle
La guerre froide a beaucoup compliqué la vie politique en Europe. Mais la guerre d’influence entre USA et Union soviétique a également agité quelques pays africains. Le troisième tome de la série Liberty Bessie(Vents d’Ouest, 56 pages, 14,95 €) raconte un de ces épisodes.
Le lecteur retrouve avec plaisir l’héroïne, Bessie, une jeune afro-américaine, fille d’un pilote qui a participé à la libération de l’Europe. Elle-même excellente aviatrice, elle transporte du fret dans son vieux coucou entre Kenya et Éthiopie. C’est là qu’elle va être mise en relation avec des officiers russes chargés de former les futurs pilotes kenyans. Mais en réalité, Natalia, blonde et experte du manche à balai, a pour mission secrète de retourner Bessie et de la pousser à devenir une espionne.
Mais si Bessie a de la rancœur envers son pays où les Noirs sont toujours stigmatisés, elle est avant tout attachée à sa liberté et à retrouver ses ancêtres. Une histoire de Buendia et Djian basée sur des faits historiques réels mais qui vaut surtout pour la personnalité de Bessie. Quant à Vincent, ai dessin, il signe des planches remarquables de la nature africaine et de combats aériens.
Un couple se retrouve dans une boîte de nuit tous les samedis soirs. La vie s’écoule, ils observent et espèrent durant de longues années.
Sous des aspects parfois expérimentaux, le film La bête dans la jungle de Patric Chiha reste le prototype de l’histoire d’amour triste. Elle, May, le remarque alors qu’elle n’a que 15 ans. Lui, John, est seul dans les gradins d’une fête locale estivale dans les Landes. Ils ont 15 ans. Elle voudrait danser. Pas lui. Il va lui confier un secret. Et ne plus se voir de l’été.
Des années plus tard, May est devenue une jeune femme aimant faire la fête en compagnie de sa petite bande d’amis. Nous sommes en 1979, les tenues sont extravagantes et le groupe va participer à l’inauguration d’une nouvelle boîte de nuit parisienne. Encore faut-il passer l’obstacle de la physionomiste (Béatrice Dalle dans un rôle de narratrice tragique). May, son sourire, son effronterie, sa joie de vivre, font céder toutes les difficultés. Le film débute véritablement quand elle entre dans cette vaste fosse peuplée de toutes les minorités sexuelles de l’époque, transpirant sur du disco, fumant, se droguant, dansant et plus si affinités. C’est là qu’elle le remarque. Il est comme absent, déconnecté de la folie ambiante. Elle va s’approcher de lui, lui rappeler ce secret qu’il lui a confié et le retrouver tous les samedis durant de longues années.
Entre amour platonique ou amitié fusionnelle, la relation entre May et John va évoluer. Il lui demandera de lui faire confiance. Il sait qu’un jour, son secret deviendra réalité. Le film, tout en suivant cette relation unique et parfois un peu hypnotique tant elle est pleine et fusionnelle, raconte aussi la France de la fin du XXe siècle. Espoir de l’élection de Mitterrand, angoisse face aux ravages du sida, gentrification de la capitale…
Deux rôles aux antipodes
Avec de longs morceaux musicaux pour illustrer ce temps qui passe mais n’a pas de prise sur May et John, comme s’ils étaient encore et toujours adolescents dans ce bal landais. Si May danse beaucoup, John, jamais, ne mettra les pieds sur la piste. Leur relation si particulière, incompréhensible par certains de leurs amis, ne les empêche pas d’avoir des amants ou maîtresses, de vivre presque normalement le reste de la semaine. Un film étrange (comme son titre), unique, magnifié par deux comédiens aux antipodes (Tom Mercier taciturne et mystérieux, Anaïs Demoustier joyeuse et extravertie) et véritable master class pour les cinéastes désireux de filmer des foules en train de danser.
Mathias Enard a déjà remporté le Goncourt en 2015 pour son roman Boussole. C’est regrettable car il aurait mérité aussi le prix suprême de la littérature française avec son nouveau roman, Déserter (Actes Sud, 254 pages, 21,80 €). Mais on ne peut pas remporter deux fois le Goncourt ! Une règle immuable…
Composé de deux récits parallèles, le roman explore deux facettes de l’âme humaine. L’intelligence et la bestialité. L’intelligence avec la vie de Paul Heudeber, mathématicien allemand, rescapé des camps de la mort (Buchenwald exactement). Sa vie est racontée par sa fille qui se souvient de l’hommage avorté au génie de son père le 11 septembre 2001 à Berlin. La bestialité c’est celle qui a longtemps habité ce soldat déserteur. Il erre, sale, puant, fourbu dans la montagne. Il se dirige vers le nord, la frontière, pour fuir son passé, ses exactions. Sans que cela soit dit explicitement, on comprend que le soldat était un Franquiste. Qu’il a tué et violé.
Quand il croise le chemin d’une jeune femme, elle aussi en fuite accompagnée d’un âne, il va enfin renaître et résister à sa violence intrinsèque. Sans doute la meilleure partir du roman, offrant les plus belles descriptions de la nature sauvage méditerranéenne de la littérature française. Sans oublier l’âne, symbole de cette bestialité que le déserteur veut effacer de sa nouvelle humanité.
Non, la rentrée littéraire française n’est pas forcément synonyme de prise de tête de scribouillards nombrilistes. Certes il y a plus de textes qui nous tombent des mains que de romans franchement marrants. Si vous recherchez la seconde catégorie d’ouvrage, précipitez-vous sur le Journal d’un scénario (Gallimard Sygne, 190 pages, 19,50 €). On retrouve Fabrice Caro à la manœuvre.
Le comique de service, plus habitué à signer de la BD sous le pseudo de FabCaro (il sortira le 40e Astérix, L’iris blanc, le 26 octobre prochain) se penche cette fois sur le monde du cinéma. Boris, le héros, partage avec le lecteur le journal du scénario de son projet de film romantique, en noir et blanc, intitulé Les servitudes silencieuses. Un producteur est intéressé. Il se lance à la recherche de partenaires financiers. L’exaltation de Boris va vite dégringoler car il devra renoncer à certaines de ses idées.
On rit à ses reculades : passage à la couleur, changement de titre, modification du casting (Louis Garrel remplacé par Kad Merad)… Mais ce n’est que le début du carnage. C’est au bord du suicide qu’il termine, deux mois après la signature, la version définitive de De l’eau dans le gaz, nouveau titre du projet. Une satire réjouissante d’un milieu gangrené par la médiocratie.
L’amitié, l’amour du cinéma de série Z et la mort nous poussent parfois à faire de bien étranges choses. Anne et Fred par exemple, pour rendre hommage à leur meilleur ami Henri, récemment décédé, ont décidé de réaliser le scénario de film qu’il venait de finaliser.
C’est ce tournage qui sert de fil conducteur au roman graphique d’Antoine Bréda. Les boules (6 pieds sous terre, 96 pages, 16 €) fait toute la lumière sur « Les aventures d’Adrix le Destructeur, l’empereur des 9 galaxies ». Clairement un nanar, avec décors en carton-pâte, costumes bricolés, dialogues idiots et, pour couronner le tout, truffé de scènes pornographiques complètement gratuites. Un film de boules, quoi !
Si Anne endosse le statut de réalisatrice, Fred accepte de jouer le rôle d’Adrix. Problème, il doit régulièrement « honorer » la sorcière bleue dont l’urine est magique. Des scènes qui offusquent (pour être gentil) sa petite amie. On rit beaucoup de ce tournage foutraque et clandestin, perturbé par des chasseurs libidineux ou des policiers tatillons.
Mais in fine, cette BD, en plus de renseigner sur la passion de certains cinéastes, nous apprend beaucoup sur l’amitié et les différentes façons de ne pas oublier les morts.