mardi 5 octobre 2021

DVD et BluRay - « The Father » à redécouvrir en vidéo


Florian Zeller a frappé un grand coup en signant « The Father » (Orange Studios). Deux oscars pour ce film tiré de sa pièce de théâtre dont un pour Anthony Hopkins qui interprète cet homme âgé qui perd la tête. Autoritaire et strict il tente d’imposer ses vues à sa fille (Olivia Colman), de plus en plus dépassée par les événements. Toute la force du film est de placer le spectateur dans la tête du malade. Il vit des moments évidents, contrariés quelques minutes plus tard. 

La réalité prend plusieurs formes quand on souffre d’Alzheimer. Ces moments que l’on croit réels se révèlent finalement n’être qu’une construction de notre esprit. Et quand un éclair de lucidité fait son apparition, c’est aussi toute notre déchéance qui s’impose à notre conscience. Par chance, cela ne dure jamais longtemps. La sortie en vidéo du film offre en bonus trois scènes coupées.


lundi 4 octobre 2021

BD - Alix explorateur


Si au début, imaginer les aventures d’un Alix vieux a laissé sceptiques nombre d’amateurs de la série historique de Jacques Martin, désormais il ne doit plus y avoir beaucoup de détracteurs. Alix Senator avec Valérie Mangin au scénario et Thierry Desmarez au dessin est devenu un classique du genre. 


Dans ce 12e tome, Alix doit aider Enak, son vieux compagnon, à se libérer du joug des adorateurs d’Osiris. Pour cela ils doivent remonter le Nil, presque jusqu’à sa source, pour découvrir la nécropole de ces Dieux géants. Les deux héros doivent ramener les ossements de ces géants qui les premiers ont construit les pyramides. La remontée du Nil et la rencontre avec les peuples locaux sont source de nombreux contretemps. Et à l’arrivée, c’est tout autre chose que les héros vont découvrir pouvant les conduire vers les portes de l’Atlantide

« Alix Senator » (tome 12), Casterman, 13,95 €

dimanche 3 octobre 2021

BD - D’un espace à l’autre grâce à "Téléportation inc."


Suite des aventures spatiales de Lubia et Anarchon. Tous les deux agents de la Téléportation Inc., ils sont sur la piste de transferts clandestins. Dans ce futur très lointain, se faire téléporter d’un astre à un autre n’est pas gratuit. Et très réglementé. Eux sont surtout des chasseurs de mauvais clients. 


Après une présentation de cet univers dans le 1er album, les auteurs, Latil au scénario et Sordet au dessin, développent l’intrigue principale. Une sombre histoire de complot avec traitre à la clé. On apprécie toujours autant les nombreuses trouvailles pour utiliser la queue peu docile d’Anarchon, un extraterrestre de la race Duagin, sorte de grand lézard humanoïde. 

« Téléportation inc. » (tome 2), Bamboo Drakoo, 14,50 €

samedi 2 octobre 2021

BD - Combattantes exemplaires


Si Daesh, en Syrie et en Irak, a perdu, c’est aussi en partie grâce à l’abnégation des Kurdes. Parmi eux, les femmes ont toujours tenu une place importante. Ces nouvelles Amazones sont au centre du roman graphique de Clément Baloup tiré des nombreux reportages ces dernières années de Mylène Sauloy


Elle y explique qu’en plus d’une guerre de libération territoriale, le combat des Ayalas va vers une société féministe et écologiste. Car dans cette région tiraillée par les appétits de religieux prônant avant tout le patriarcat, ces femmes qui ont pris les armes, veulent avant tout se libérer de ces carcans. Un album très instructif sur une cause qui est parfois oubliée aujourd’hui que la menace islamiste a fortement diminué dans la région.  

« Les filles du Kurdistan », Steinkis, 20 €

vendredi 1 octobre 2021

Témoignage - Gérard Haddad écrit à sa bien-aimée disparue

Témoignage exceptionnel de rigueur et de tendresse que celui de Gérard Haddad. Ce psychologue et psychanalyste, également écrivain, raconte la fin de vie de son épouse, Antonietta. Exactement il décide de lui écrire des lettres alors qu’elle n’est plus là. Elle n’est pas morte, mais la maladie d’Alzheimer lui a enlevé parole et sensations. Surtout, elle a tout oublié de leur vie commune de 50 ans. 

Dans ce récit Gérard Haddad se dévoile. Comment il est tombé amoureux de cette jeune étudiante, vive et hyperactive. Comment ils ont décidé de vivre ensemble, partageant tout. L’équilibre qu’ils ont trouvé dans leur vie d’intellectuels, entre France, Italie et Israël. Une trop belle histoire que la maladie vient briser. « Je pensais que nous vieillirons du même pas, c’était la belle promesse du soir que j’espérais, et que la mort nous saisirait ensemble. Le sort, dans sa méchanceté, ne l’a pas voulu. » Les premiers signes sont diffus. Et le mari, souvent, refuse de les voir. 

Comme ces dernières vacances passés en Italie, dans le petit village de Monterosso dans les Cinque Terre. Antonietta, d’ordinaire si joyeuse et active, refuse de se baigner, rechigne aux découvertes. C’est après cet été qu’en plus de l’esprit, son corps lâche. Gérard Haddad raconte sans fard ces mois au cours desquels il doit être présent en permanence, s’occuper de cette femme d’ordinaire totalement indépendante comme un enfant. Jusqu’à la changer et la préparer pour la nuit. C’est pourtant dans cette épreuve que Gérard Haddad se découvre et signe les plus belles pages de cet amour infini : « Cette horrible maladie me faisait accéder au pur amour que tu voulus m’enseigner depuis le premier jour et que je ne sus recevoir qu’au moment de ce désastre. […] Notre amour que je croyais fané avait ressurgi, triomphant, vainqueur, infini. » Quelques mois de répit. 

La fin du livre est très dure, comme la lente extinction d’une femme qui a toujours été une lumière dans la vie de l’auteur. 

« Antonietta, lettres à ma disparue » de Gérard Haddad, Éditions du Rocher, 16,90 €

jeudi 30 septembre 2021

BD - Monde éternel


La fin du monde ? Pure spéculation de colapsologues mal embouchés selon l’homme du couple de cet album de gags imaginés par Tronchet. La femme par contre est persuadée qu’il faut se préparer. 

Cette dualité permet des confrontations aussi ubuesques que tragicomiques entre M. et Mme. Lui, ce qui lui importe c’est que la connexion internet soit bonne. Et qu’il y a toujours que papier toilette. Elle sait qu’il faudra vivre à la campagne en autosuffisance. Alors si la fin du monde est inéluctable, êtes-vous prêt pour en rire ? 

« Les catastrophobes », Fluide Glacial, 12,90 €

Série Télé - Cobayes de luxe dans « Nine perfect strangers »


Les centres de remise en forme ont le vent en poupe. Parfois très efficaces, ils permettent aussi à quelques escrocs de faire de substantiels bénéfices avec quelques artifices. Et puis il y a Tranquillum, lieu à l’écart de tout, imaginé et dirigé par la très intrigante Masha (Nicole Kidman). Nine Perfect strangers, série, diffusée actuellement sur Amazon Prime Vidéo au rythme d’un épisode par semaine, raconte le séjour à Tranquillum de neuf personnes venues de différents horizons. Un couple, une famille (parents et fille) et des individus, souvent mal dans leur peau, cachant des secrets inavouables. 

Neuf « cobayes » sélectionnés par Masha qui est persuadée que c’est l’alchimie du groupe qui va permettre à chacun d’aller mieux. Mais rapidement l’ambiance se dégrade, les accrochages entre patients se multiplient et seuls les smoothies servis au petit-déjeuner (et bourrés de drogues psychotropes), permettent de poursuivre l’expérience. Si Nicole Kidman en grande prêtresse est moyennement convaincante, par contre tous les autres participants de la série sont formidables dans leurs interprétations de ces grands écorchés vifs. 

Melissa McCarthy, comique de service, sait jouer la romancière désespérée. Bobby Cannavale, en ancienne gloire du foot tombée dans l’oubli après une blessure, est très convaincant. Regina Hall, l’enthousiaste de service, toujours partante pour les activités et résolument optimiste cache au fond d’elle une violence sans limite. Reste le cas de Lars (Luke Evans). Ce journaliste d’investigation tente de découvrir qui se cache derrière Tranquillum. Mais lui non plus n’est pas forcément équilibré dans sa tête. Au fil des épisodes, cela devient de plus en plus extrême. Une tension savamment orchestrée par le concepteur de la série, David E. Kelley

mercredi 29 septembre 2021

BD - Les monstres de la brume


Suite de "Créatures", cette très réussie série fantastique écrite par Betbeder et dessinée par le très doué Canadien Djief. Entre Seuls et Stranger Things, découvrez le New York d’après l’apocalypse


Une brume transforme les adultes en zombies en quête de sucre. Les enfants sont parfois épargnés. La petite bande menée par Chief tente de survivre. Mais l’origine de la brume, une sorte de créature alien, semble très attirée par Minus, un gamin aux pouvoirs encore insoupçonnés. C’est passionnant, plein de rebondissements et chaque album court sur 72 pages. 

« Créatures » (tome 2), Dupuis, 12,50 €

BD - Poésie postale des "Lettres perdues" de Jim Bishop


On oublie parfois combien la bande dessinée est adaptée aux récits poétiques. Lettres perdues de Jim Bishop est un long poème surréaliste sur l’enfance. Iode, jeune adolescent, vit seul en bord de mer. Il attend une lettre de sa mère. 

Mais comme tous les jours, le facteur (un poisson clown), n’a rien pour lui. Iode, persuadé que la lettre s’est égarée, va aller tenter de la retrouver à la Poste. Ce périple, étonnant, nous raconte aussi le futur de la planète. Les Humains ayant pollué les mers, les poissons ont été obligés de muter pour vivre sur la terre. Il y est aussi question de policières infiltrée dans la mafia locale, dirigée, littéralement, par une pieuvre.

« Lettres perdues », Glénat, 22 €

Netflix - Horreur, une série avec des chatons !


Défenseurs des animaux, ne vous risquez pas à jeter un œil sur la dernière mini-série horrifique mise en ligne par Netflix. Dans Brand new cherry flavor, vous pourrez voir la naissance de quelques chatons. Le miracle de la vie ? Non, une sorte d’enfantement dans la douleur de boules de poils synonymes de malheur et de drames à venir.

Mais avant que ces chatons horrifiques n’entrent en scène, on fait la connaissance de Lisa Nova, le personnage principal de cette histoire tirée d’un roman de Todd Grimson et adaptée par Nick Antosca et Lenore Zion. Dans les années 90, cette apprentie cinéaste arrive à Hollywood avec dans ses valises les bobines de son court-métrage tourné en noir et blanc. Le petit film d’horreur a tapé dans l’œil de Lou Burke (Eric Lange), célèbre producteur. Lou est dans une mauvaise passe. Il n’a pas produit le moindre succès depuis quelques années. Il flaire dans cette histoire une opportunité d’exploser le box-office. Lisa signe un contrat avec lui. Mais qui finalement s’avère un piège pour la jeune fille. Le filou récupère les droits du film et demande à un de ses protégés de le réaliser. 

Lisa, désespérée et très énervée décide de se venger. Vengeance qui prend forme quand elle croise la route de Boro (Catherine Keener), une sorcière qui va deviner dans Lisa un potentiel magique insoupçonné. C’est à ce moment que les chatons font leur apparition. Chatons qui sortent de la bouche de Lisa et servent de monnaie d’échange dans la vengeance mise en place par Boro.

Cette simple mise en bouche plante le décor d’une série qui flirte avec l’ambiance des films de David Lynch. Mais les créateurs ont fait le choix de ne pas occulter les parties résolument gore et de pimenter le tout avec quelques scènes de sexe soft. Bref, Brand new cherry flavour va vous surprendre de bout en bout, à l’opposé de tout formatage vu et revu dans des productions plus ternes et consensuelles qui prolifèrent sur les plateformes de streaming par abonnement.