mardi 20 juillet 2021

BD - Le Texas, royaume de la violence


Être shérif dans une petite ville du Texas n’est pas une sinécure. Joe Bob Coates, qui va sur ses 70 ans, est pourtant toujours fidèle au poste. Il sillonne les environs d’Ambrose tout en discutant au téléphone avec sa femme qui prépare le repas d’anniversaire.

Après avoir neutralisé un serpent à sonnettes, il découvre le cadavre d’un délinquant local. Abattu. Et méchamment mutilé. Une enquête de plus dans sa longue carrière. Imaginée par Chris Condom et dessinée par Jacobs Philips, cette histoire caniculaire et violente voit le retour à Ambrose de Travis, le frère du mort.

Binoclard brimé dans son enfance, il est passé par la case drogue et alcool. En quittant le Texas il a retrouvé un équilibre dans l’écriture. Mais, le romancier a-t-il assez de résilience pour affronter son passé ?

Plus qu’un simple polar, Texas Blood est une œuvre sociologique et psychologique d’une étonnante évidence. 

«Texas Blood» (tome 1), Delcourt, 14,50 €

lundi 19 juillet 2021

Biographie - Marseillaise mélomane et humaniste

Sous-titré « La comtesse, la musique et la guerre », cette biographie de Lily Pastré sort de l’oubli la figure d’une femme qui a beaucoup fait pour les artistes, notamment durant la seconde guerre mondiale.

Cette riche héritière, vivant dans un château, pas loin de Marseille, a dilapidé sa fortune colossale en aidant musiciens, peintres, poètes et autres danseurs. Avant et pendant le seconde guerre mondiale. Mais, aussi et surtout, durant l’occupation allemande. Car, Lily Pastré a tout à fait conscience que ses amis, souvent juifs ou aux mœurs que les nazis réprouvent, n’ont plus de revenus. Elle organise des soirées, chez elle, dans cette Campagne Provençale devenu un des plus beaux parcs de Marseille.

Lily Pastré, alcoolique, obèse, mais définitivement amoureuse de la musique. Elle est à l’origine du festival international d’Aix-en-Provence. Cette biographie, signée Olivier Bellamy, nous entraîne dans un monde aujourd’hui révolu. Lily Pastré est morte, en 1974, à plus de 80 ans. 

« La folie Pastré », Grasset, 18 €

dimanche 18 juillet 2021

BD - Gil Saint-André en Ariège


Les bons héros ne meurent jamais. Gil Saint-André, imaginé par Jean-Charles Kraehn, en 1996 (il a assuré scénario et dessin des deux premiers tomes), a rapidement remporté un beau succès.

Cet entrepreneur, vivant de multiples aventures mouvementées, collait à l’air du temps. Par la suite, le filon feuilletonnesque s’est épuisé et une longue absence a donné l’occasion à Kraehn de multiplier les projets. Mais, visiblement, il n’en avait pas terminé avec son héros favori. Il lui fait reprendre du service en confiant le dessin à Chrys Millien. Ce 14e opus raconte comment Gil reçoit des menaces incompréhensibles.


On l’accuse d’un crime datant de 9 ans. A priori, il aurait sévi en Ariège. Mais, le tout nouveau patron de start-up n’a aucuns souvenirs.

Avec l’aide de sa petite amie policière, il se lance, à corps perdu, dans l’enquête qui passe par quelques cols mythiques des Pyrénées. Car, Gil, en plus d’être pilote d’avion, s’est mis au vélo. Un polar rondement mené au dessin réaliste irréprochable.

« Gil Saint-André » (tome 14), Glénat, 12,50 €

samedi 17 juillet 2021

Jeunesse - Bientôt les Jojolympiques

Les Jeux Olympiques de Tokyo ont débuté de vendredi. Avant d’être bombardés de questions par vos jeunes enfants, glissez leur dans les mains (pour ceux qui ont de 6 à 8 ans), ce nouveau roman de Chien Pourri.

Le héros, imaginé par Colas Gutman (illustrations de Marc Boutavant), est entraîné bien malgré lui aux Jojolympiques, organisés entre poubelles et terrain vague. A la base, c’est pour remonter le moral de leurs amis, Josette et Jojo, que Chien Pourri et Chaplapla se lancent dans cette compétition inédite. Mais, les deux chenapans sont loin de l’esprit originel de la compétition. Ce qu’ils veulent, avant tout, c’est l’emporter, écraser l’adversaire, triompher sous les acclamations.

Une histoire très originale, qui permet de remettre en avant cette si belle citation de Pierre de Coubertin : « L’important, c’est de participer ». Même si une médaille ne fait pas de mal, une fois autour du cou. 

« Chien Pourri aux Jeux Olympiques », L’École des loisirs, 8 €

vendredi 16 juillet 2021

BD - Des héroïnes très colorées


Ancienne institutrice en maternelle, Carbone sait parfaitement trouver les mots pour toucher les plus jeunes. Avec sa nouvelle série dessinée par Hélène Canac, elle se lance dans l’histoire de super-héros. De super-héroïnes exactement.

Trois copines de classe tout ce qu’il y a de plus banal : Gwen, Mel et Lisa. Elles doivent rendre un exposé ensemble. Elles se rendent chez Gwen mais cette dernière oublie vite ses devoirs en découvrant que sa grande sœur, Lulu, a disparu. Cette jeune chimiste pleine d’avenir a été enlevée par un savant fou.


Le trio, avec l’aide de Razmote, le rat de Lulu, va découvrir la base secrète et se trouver au contact d’une matière dangereuse. Conséquence, elles développent des pouvoirs et deviennent de véritables justicières, les Rainbow Girls.

Une BD simple et rythmée, avec un dessin favorisant la lisibilité. Une série destinée aux plus jeunes et qui pourrait parfaitement se décliner sous forme de dessin animé si le succès est au rendez-vous.

« Rainbow Girls » (tome 1), Dupuis, 9,90 €

jeudi 15 juillet 2021

Cahier de vacances - Révisez votre Histoire sans pression

Très présent à l’antenne cet été, Stéphane Bern est aussi dans les kiosques et librairies avec la seconde livraison de son « Cahier de vacances Secrets d’Histoire ».

L’animateur et son équipe ont décliné le concept de l’émission sous forme de quizz amusant destinés à s’instruire pour la majorité, confirmer qu’on est un as de l’Histoire de France pour quelques grosses têtes. Cela va de l’époque romaine avec des expressions latines courantes que l’on doit relier à leur bonne signification, à la Révolution en rébus en passant par la seconde guerre mondiale avec un Appel du 18 juin du général de Gaulle à compléter.

Et entre les exercices ou jeux, détendez-vous avec de courtes anecdotes racontées par Stéphane Bern. Vous y apprendrez tout sur les animaux royaux d’Angleterre ou les raisons du scandale des décorations en 1887 qui a provoqué la démission du président Grévy.

« Mon cahier de vacances Secrets d’Histoire » (2), Stéphane Bern, Albin Michel, 9,90 €

mercredi 14 juillet 2021

Guide - Tourisme pour agoraphobes

En ces temps de gestes barrière et de distanciation sociale, voilà le guide touristique idéal. Il propose aux vacanciers de Voir la France loin de la foule. Car si l’on est amateur de vieilles pierres et de remparts, se frayer un chemin dans les ruelles de la Cité de Carcassonne est une véritable épreuve.

A la place, le livre vous propose de découvrir Sainte-Eulalie-de-Cernon dans le Larzac, village médiéval où l’on peut visiter les commanderies de Templiers les mieux préservées de France.

On ne peut plus visiter Notre-Dame à Paris ? Pas de problème, mettez le cap sur Laon en Picardie où la cathédrale ressemble étrangement au chef-d’œuvre de l’art gothique de la capitale. Enfin, amateurs d’étangs salés, au lieu de vous bousculer autour de l’étang de Thau près de Sète, ce guide vous conseille l’étang de Leucate où « l’on déguste les meilleurs coquillages de la région ».

Au total c’est une cinquantaine de destinations qui sont détaillées dont le fameux trou de Bozouls dans l’Aveyron.

« Voir la France loin de la foule », Hachette, 19,90 €

mardi 13 juillet 2021

BD - La vie à la campagne version US


Dans la veine autobiographique, Lucy Knisley, autrice américaine au dessin doux et lumineux, raconte comment, alors qu’elle n’a que 10 ans, sa mère a divorcé et est allée vivre dans une ferme à la campagne.

Un changement radical pour cette petite fille qui passait ses journées dans ses livres ou son carnet à dessin et adorait traîner dans les boutiques de comics. Car, à la ferme Petit pois, il y a toujours quelque chose à faire : nourrir les poules, nettoyer leur enclos, arroser le potager, entretenir les sentiers. Sans parler du stand au marché hebdomadaire.

Ce roman graphique de 224 pages décrit ce quotidien harassant, les relations tendues avec le beau-père et ses filles d’un premier mariage ; la grande, très donneuse de leçons et la petite, chouineuse. Mais, paradoxalement, Gen (la Lucy de fiction), va découvrir de nombreux aspects positifs à cette nouvelle vie qu’elle n’aurait jamais envisagée.

« La nouvelle vie de Gen » de Lucy Knisley, Gallimard, 18,40 €

lundi 12 juillet 2021

Thriller - Fantôme d’amour de jeunesse

Premier roman et thriller d’exception pour Stéphane Galas. Ce documentariste qui vit aux USA raconte, dans Un signe d’elle, la lente plongée dans la folie d’un homme cruellement marqué dans son adolescence. Niels a 15 ans, n’est pas la vedette du lycée mais a le bonheur d’être aimé par Stella. La plus belle fille de la petite ville de New London. Mais, Stella, derrière une façade rieuse et resplendissante, cache de lourds traumatismes.

Quand elle demande à Niels de mettre fin à leurs jours ensemble par défenestration, il accepte. Mais, au dernier moment ne saute pas. 15 années plus tard, Niels est devenu un médecin respecté, marié, père d’un petit Oscar. Mais, à la date anniversaire de cette nuit fatale, le fantôme de Stella vient le hanter.

Entre roman fantastique et enquête policière rigoureuse, ce roman virtuose explore les tréfonds du subconscient de l’âme humaine. Et, méfiez-vous, les fantômes ne sont pas toujours ceux que l’on croit.

« Un signe d’elle » de Stéphane Galas, Ed. Michel Lafon, 17,95 €

dimanche 11 juillet 2021

BD - L’absurde, médicament salutaire


On doit bien l’admettre, encore plus depuis la crise sanitaire, les gens sont de plus en plus sans limites. Les réseaux sociaux se sont transformés en vaste caisse de résonance pour les plus idiots. Et maintenant que le confinement n’est plus qu’un souvenir, ils ont conservé ces pratiques dans la vraie vie. Si vous en doutez, plongez dans cette série de gags de Germain Huby, où tous les personnages vivent décomplexés.

Comme cette maman qui raconte à sa meilleure amie comment sa gosse lui tape sur les nerfs quand elle lui raconte les dessins animés qu’elle ingurgite presque 24 heures sur 24. Réponse de sa fille (7 ans) : « Je saurai m’en souvenir quand tu seras sénile ! »

En réalité, tout le monde est affreux dans cette BD très rigolote. Et, comme les dessins font penser à des photos décalquées, on a tendance à se reconnaître plus que de raison. Oui, nous sommes décomplexés, mais est-ce une bonne chose ? 

« Vivons décomplexés », Delcourt, 12,50 €