dimanche 27 juin 2021

De choses et d’autres - Mince, le monde d’avant est de retour

Maintenant que je suis doublement vacciné (depuis samedi dernier, le même jour que le Premier ministre, Jean Castex) je sens bien qu’on est complètement revenu dans le monde d’avant. Car, il se confirme, jour après jour, que cette grave crise sanitaire n’aura en rien changé nos habitudes et défauts.

Par exemple, hier, c’était la fête de la musique. Certes, les amateurs n’avaient pas le droit de pousser la chansonnette (nous casser les oreilles exactement), à l’improviste, dans la rue, mais les petits concerts ont fleuri dans les cafés qui n’en demandaient pas tant pour augmenter encore plus leur chiffre d’affaires.

Des excès éthyliques qui devraient également animer les nuits estivales aux abords des discothèques. Après un été sans le moindre problème, je sens poindre quantité d’embrouilles entre 3 et 4 heures du matin, quand la vodka et autres alcools forts sont au summum de leurs conséquences néfastes.

Et, pour couronner le tout, hier matin, je suis retourné à la salle de sport (personne n’est parfait). Et là, quelle ne fut pas ma surprise en constatant que deux distributeurs sur trois d’essuie-tout étaient vides. Vous me direz, que représentent 40 pas de plus dans la salle alors que vous venez de manger du tapis de course durant 40 minutes ? Par chance, les produits de nettoyage et le gel étaient bien achalandés.

Mais, les deux jeunes, la vingtaine, qui sont arrivés et ont utilisé des vélos d’entraînement, sans passer par la case désinfection, ni avant ni après, s’en moquent éperdument qu’il n’y ait plus d’essuie-tout.

Quand je vous dis qu’on est en train de revenir au pas de course dans le monde d’avant.  

Humour - Peut-on se moquer des pigeons ?

Le dessin d’humour américain est d’une étonnante vitalité. Il est vrai que de l’autre côté de l’Atlantique c’est considéré comme un art majeur.

La preuve Steve Martin, célèbre comédien comique, lauréat d’un Oscar, par ailleurs romancier, a souhaité distiller son humour absurde dans des dessins. Il admire la concision et l’efficacité du média. Notamment quand c’est dessiné par Harry Bliss, autre célébrité de l’humour américain qui publie un dessin tous les jours dans des dizaines de journaux aux USA.

Dans ces 140 pages on retrouve pas mal de pigeons, des chiens, des chats et autres animaux parlants. S’ils sont parfois ridicules, souvent c’est l’inverse et ce sont les humains qui en prennent pour leur grade. Comme cet astronaute qui, au moment de planter pour la première fois le drapeau US sur le sol de Mars se dit : « J’espère seulement que je ne serai pas réduit à ça dans l’histoire. »

Et pour prouver que la dérision est la valeur sûre de ce recueil, les deux auteurs se moquent d’eux mêmes lorsqu’ils sont en plein travail de création. 

« Une abondance de pigeons »,  de Steve Martin et Harry Bliss, Baker Street, 20 € 

samedi 26 juin 2021

BD - Le film de Dali pour les Marx Brothers devient une bande dessinée


Durant les années 30, Salvador Dali a sillonné les USA. Alors que les bruits de bottes résonnent dans sa Catalogne, il va à la rencontre de ceux qu’il considère comme les plus grands surréalistes américains du moment : les Marx Brothers. Les humoristes sont des stars. Le courant passe particulièrement avec Harpo et Dali décide d’écrire le scénario d’un film pour le mettre en vedette.

Ce sera « La femme surréaliste », comédie longtemps tombée dans l’oubli. Car le film ne se fera pas et le manuscrit a longtemps été considéré comme perdu. Josh Frank, scénariste de BD, a retrouvé l’histoire originale et l’a confié à une dessinatrice espagnole.

On découvre dans ce film-BD l’histoire d’un homme trop sérieux, amoureux d’une beauté fatale, la femme surréaliste, qui va parvenir à le faire basculer dans le monde fou de Dali et du surréalisme

« La femme surréaliste », Nouveau Monde Graphic, 22 € 

vendredi 25 juin 2021

BD - Arno, premières aventures


Napoléon est à la mode. Voilà une excellente raison de redécouvrir les aventures d’Arno, Vénitien au service de l’empereur, imaginé par Jacques Martin et dessiné par Juillard. Cette intégrale propose les trois premières aventures.

Arno y rencontre Bonaparte, encore général de la République et le sauve de plusieurs complots. Les deux autres tomes se déroulent en Égypte puis en Angleterre.

On retrouve toute la dextérité de Jacques Martin pour mêler la petite histoire à la grande. Quant au dessin de Juillard, c’est déjà du grand art. 

« Arno » (intégrale), Casterman, 35 € 

jeudi 24 juin 2021

BD - Récits courts de Jean-Claude Denis


Jean-Claude Denis a toujours aimé les récits courts destinés à la presse. Il a débuté comme ça et plusieurs de ces nouvelles graphiques bénéficient enfin d’une publication en album dans Reliefs de l’ancien monde.

La première, Frère humain, de 11 pages, est même inédite puisque le journal qui l’a commandée ne l’a jamais publiée… Elle date de 1999, parle d’humanitaire et de puissantes filles au pair allemandes. Un régal.

On retrouve aussi des récits plus anciens comme ce Petit mur de l’Atlantique datant de 1988 paru dans un Pilote sur l’enfance.  

« Reliefs de l’ancien monde », Futuropolis, 20 € 

mercredi 23 juin 2021

BD - La jeunesse d'Arsène Lupin


Il est partout. Le retour d’Arsène Lupin, héros de roman à la base, est multiple. En plus de la série Netflix, redécouvrez dans cette intégrale les trois tomes racontant la jeunesse du roi des voleurs.

Deux scénaristes (Deschodt et Abtey) ont imaginé ce récit pour Gaultier. Arsène, pas encore Lupin, est prisonnier d’un bagne pour enfant. Il va être sauvé par un noble qui lui fournit éducation et droiture morale. Mais sur sa route se dressent des intérêts puissants décidés à éliminer son protecteur et le jeune homme trop brillant.

On apprécie le côté feuilleton de cette intégrale de plus de 170 pages.

mardi 22 juin 2021

BD - Solitude, nom féminin


La BD s’adresse de plus en plus aux filles. Et pas toujours sous forme de trucs roses et sirupeux. Le premier tome de Filles uniques de Beka et Camille Méhu en est le parfait exemple. Paloma est une fille de l’assistance. Depuis son plus jeune âge elle va de famille en famille. Paloma n’a pas d’amies. Paloma est difficile.

Cela n’empêche pas quatre autres filles de tenter de l’intégrer dans leur club des « mal-barrées ».

Pour la convaincre, le mieux est d’en savoir un peu plus sur son enfance. L’émotion vous guette derrière chaque page d’un album abordant nombre de problèmes de la jeunesse actuelle

« Filles uniques » (tome 1), Dargaud, 12 € 

lundi 21 juin 2021

De choses et d’autres - Les Français deviendraient-ils obéissants ?


Qui peut désormais oser prétendre que les Français font toujours l’inverse que ce que leur demande le gouvernement ?

Mercredi Jean Castex, après avoir endossé son maillot de champion du monde des bonnes nouvelles, annonçait qu’il n’était désormais plus obligatoire de porter le masque en extérieur. Le lendemain, comme par enchantement, tout le monde respecte scrupuleusement et à la lettre la directive du Premier ministre.

Moi le premier en sortant au petit matin pour ma promenade au frais dans les rues du village. Je croise les habituels voisins qui vont chercher leur pain ou rejoignent leur jardin au bord de la rivière. Ils sourient et cela se voit. Pas un passant avec le masque. Très obéissants les Français quand ils le veulent.

Un peu tête en l’air aussi. Près de la boulangerie, je vois une cliente marcher avec entrain vers la bonne odeur du pain frais. Et freiner d’un coup d’un seul. Elle réalise qu’elle n’a pas de masque, toujours obligatoire pour pénétrer dans la boutique. Et comme elle n’en a plus dans son sac, elle rebrousse chemin et revient quelques minutes plus tard avec l’accessoire qui a failli totalement disparaître de notre vie.

Plus de masque dans la rue cela décuple mon autre plaisir du matin. En ce moment, en trois endroits de la commune (chez un particulier et sur deux parterres municipaux), le faux jasmin étoilé est en fleur. Passer sous les treilles c’est respirer à plein poumons ce doux parfum, un de mes préférés avec le frangipanier.

Je l’avoue aujourd’hui : avant l’autorisation de Jean Castex, arrivé sous les fleurs odorantes, je retirais mon masque durant quelques secondes pour profiter pleinement de ce petit bonheur enfin redevenu légal. 

dimanche 20 juin 2021

De choses et d’autres - Le foot et ses à-côtés

On va en manger du foot les prochaines semaines. Un peu de jeu et beaucoup de commentaires chauvins, de polémiques stériles et d’à-côtés pas toujours reluisants. Je frise déjà l’indigestion. Car, l’entrée victorieuse de la France dans la compétition va décupler les angles d’attaques.

Normalement, le match gagné contre l’Allemagne aurait suffi à tous les amateurs de ballon rond. Mais, en fait, on parle de tout, sauf du match. D’entrée, un ULM de Greenpeace s’est crashé dans les tribunes.

Ensuite les Bleus n’ont pas posé un genou à terre pour montrer leur soutien au mouvement antiraciste Live Black Matter.

Durant la rencontre, une sorte de Batman allemand a carrément mordu Pogba. Après le match, lors de la conférence de presse, le même Pogba a dédramatisé l’incident, mais a ostensiblement enlevé une bouteille de bière (sans alcool) de la table où il était installé.

Un peu plus tôt, Ronaldo avait fait de même, mais avec des bouteilles de soda. Le placement produit liquide ne plaît pas à certains joueurs.

La dernière polémique en cours concerne le titre de Une de l’Équipe. Pour saluer la victoire 1 à 0 contre les Allemands, le quotidien a inscrit en gros « Comme en 18 ». Les supporters pensent forcément à 2018, l’année du second titre mondial tricolore, ceux qui ont un peu de culture historique y voient plutôt une référence maladroite à la fin du grand massacre de 14-18 dans les tranchées.

ULM, genou à terre, morsure, bière ou référence historique : bref on est loin, très loin du foot. 

samedi 19 juin 2021

De choses et d’autres – Mandryka c'était un concombre masqué et de sacrés délires

Des trois maîtres qui ont révolutionné la BD adultes, c’est le dernier à avoir tiré sa révérence. Mandryka est mort, ce lundi, chez lui, en Suisse. Mandryka, avec Gotlib et Bretécher, dessinaient dans le Pilote de Goscinny. Mais, ils se sentaient bridés, empêchés de raconter et dessiner sans tabou. Le public, plutôt jeune de Pilote ne leur suffisait plus. Ils ont osé lancer une nouvelle revue, sans pub, mais surtout, sans contrainte.

L’Écho des Savanes a ouvert une brèche, la BD s’émancipait et Mandryka y apportait sa marque. Auteur complet, ayant débuté dans Vaillant, l’ancêtre de Pif Gadget, Mandryka était surtout connu pour le Concombre masqué, légume philosophe de l’absurde.

Personnellement, il fait partie de ces auteurs qui m’ont ouvert les yeux sur la psychanalyse et la sexualité. Dans l’Écho des Savanes, on se perdait dans les méandres de Horde, puis on riait sans retenue aux aventures génitales de Bitoniot, personnage principal du Retour du refoulé. 

Mandryka n’a jamais cessé de dessiner. Les dernières aventures du Concombre ont été publiées dans Spirou, puis sur le site internet créé par Mandryka. Sa disparition est passée inaperçue dans le grand public, mais le monde de la BD pleure un de ses plus grands dynamiteurs.