mardi 14 avril 2015

Roman d'anticipation - La chasse aux mutants trop "Brillants"

Entre thriller et roman fantastique, ce roman de Marcus Sakey décrit une Amérique aux prises avec un mouvement terroriste mené par des mutants.

Dans un présent très légèrement modifié, les USA sont aux prises avec une vague de terrorisme sans précédent. Nick Cooper, agent fédéral, a pour mission d'éliminer les poseurs de bombes. Par tous les moyens. Tout a commencé au début des années 80. De façon tout à fait invisible. 1 % des nouveaux nés sont différents. Dotés d'un don qui les rendent spéciaux, supérieurs aux autres humains. Au début des années 2000, ces « anormaux » commencent à se distinguer. Leurs formidables capacités les transforment en Brillants. Ils réussissent dans de nombreux domaines et font beaucoup d'envieux. De Brillants ils deviennent Monstres et tous les enfants sont testés à partir de 8 ans. Les Brillants sont retirés à leur famille et placés dans des académies qui ressemblent plus à des camps de concentration pour surdoués qu'à un cadre idéal pour une jeunesse épanouie. Les premiers terroristes sont tous issus de ces académies. Des Brillants qui n'admettent pas que la majorité dicte sa loi. Dénonciation politique d'abord, puis lutte armée. Alors le gouvernement créé une agence spéciale chargée de traquer et d'éliminer ces dangers pour la société.
Paradoxe, dans ses rangs se trouvent quelques Brillants qui ont choisi le camp de la légalité. C'est le cas de Nick Cooper, le personnage central de la première partie (c'est annoncé comme une trilogie) de ce thriller fantastique signé Marcus Sakey.

Devinette et invisibilité
Cooper a un don. Il parvient à deviner ce que va faire son interlocuteur dans les 10 à 15 secondes à venir. Il a ainsi toujours un coup d'avance. Très utile dans le métier de Cooper, agent spécial chargé d'éradiquer les terroristes. Cela fait des années qu'il est sur la piste de John Smith, le leader du mouvement. Ce dernier, après avoir tenté de faire avancer sa cause par le débat, s'est radicalisé. Un jour, avec trois hommes de main, il a pris d'assaut un restaurant, tué un sénateur et des dizaines d'innocents, dont des femmes et des enfants.
Cooper le hait. Il a vu des centaines de fois la vidéo surveillance de l'attentat et rêve d'avoir la tête de John Smith dans le viseur de son arme. La première partie du roman, en plus de planter le décor général de la série, montre la vie quotidienne de Cooper. Ses planques, ses poursuites, ses visites à ses enfants dont la garde a été confié à son ex-femme. Grosse montée d'adrénaline quand il découvre qu'une nouvelle attaque est imminente. Mais il arrive trop tard. Bilan plus de 1100 morts et une guerre encore plus implacable.
Pour enfin avoir une chance de s'approcher de Smith, Cooper va employer les grands moyens. Il endosse la responsabilité de l'attentat et attend que l'organisation le contacte. Cela arrive au bout de six mois de cavale, par l'intermédiaire de Shannon, une femme qui peut se rendre invisible en se glissant dans les endroits que personne ne regarde. Un drôle de couple se forme, traversant les USA pour rejoindre la cachette de Smith, au cœur du Wyoming.
Cooper ment en permanence pour garantir sa couverture. Mais peut-être en est-il de même de la part de Shannon ? « Elle cachait quelque chose, lui mentait au moins par omission. Mais quoi ? Difficile à dire. En outre, il ne pouvait pas l'en blâmer. Lui aussi, il lui mentait. » Toute la richesse du roman est dans ces mensonges permanents. En fait, les faux-semblants sont très trompeurs. Qui est du bon côté ? Qui joue véritablement de la terreur ? Il faudra plus de 350 pages pour que Cooper commence à entrevoir un embryon de vérité. Un coup de théâtre qui rend encore plus passionnant, ce roman sur l'acceptation de la différence.

« Les Brillants », Marcus Sakey, Série Noire, 19,90 €

lundi 13 avril 2015

DE CHOSES ET D'AUTRES - Le jeu du mot de passe

Les producteurs de télévision, toujours à l'affût de nouveaux concepts, devraient se pencher sur cette idée de jeu. Le but : trouver le mot de passe d'un média ou institution quelconque. La récompense : en plus d'une petite heure de gloire (possibilité de publier ou de diffuser les propos ce que l'on veut, hormis la propagande nauséabonde), l'intégration immédiate dans les services secrets français, qui recrutent à tour de bras tout bidouilleur tant soit peu habile en informatique.

"Craquer" des mots de passe est quasi élevé au rang de sport national. La mésaventure arrivée en début de semaine à TV5 Monde, piratée durant quelques heures par le groupe État islamique, est restée heureusement sans conséquence. A TV5, ils ne semblent pas avoir retenu la leçon. Dans un reportage tourné dans la rédaction et diffusé sur France 2 le lendemain de l'attaque, on pouvait nettement lire sur une feuille accrochée au mur, le mot de passe de la chaîne francophone pour se connecter sur Youtube... Trop facile !
Si j'étais bon en informatique, je n'hésiterais pas une minute à pirater certains sites. Sur le blog de Morandini je glisserais un article sans faute d'orthographe, le Monde ferait enfin l'apologie de Nabilla, le Figaro dirait du mal du Rafale, Libération expliquerait pourquoi les hipsters barbus ne sont plus nécessairement dans le coup, L'Élysée diffuserait gratuitement les films de Julie Gayet et toutes les photos de Nicolas Sarkozy sur le site de l'UMP seraient remplacées par des portraits en pied de François Fillon.
Mais là je rêve. Les hackers ne possèdent pas la moindre once d'humour.

BD - La passion éternelle de Simon pour Héléna


Simon est amoureux fou d'Héléna. Depuis son enfance. Dans le premier tome, Jim et Lounis Chabane (scénario et dessin) racontaient comment Simon, le jour de son mariage, a dit non car sur le parvis de la mairie il a retrouvé la belle Héléna. Il a foutu sa vie, son avenir, en l'air ? Non car il retrouve Héléna et lui déclare son amour fou. 
Elle a déjà fait sa vie, a une petite fille, un amant marié par ailleurs, mais accepte de revoir Simon. Ce dernier, riche d'un héritage paternel, lui propose une forte somme contre quelques heures d'intimité. Des mois de rencontre et de discussions, de partage mais pas d'amour. Simon devient accro à ces jeudis, mais un jour, Héléna ne vient pas. 

A la place elle envoie Héloïse, sa meilleure amie, qui elle accepte d'entrée de coucher avec Simon. Alors que l'on croit que la suite de l'histoire va se résumer à un chassé-croisé à trois, les auteurs parviennent à nous étonner dans ce tome deux tout aussi passionnant. Héléna revient voir Simon. Ils passent de longues heures couchés l'un contre l'autre. 
Simon se dit que son rêve se réalise. Et d'espérer que cela ne s'arrête jamais. Son vœu se réalisera. Mais une nouvelle fois, cette belle histoire d'amour finira mal.
« Héléna » (tome 2), Bamboo Grand Angle, 16,90 €

dimanche 12 avril 2015

BD - Jeunesse déboussolée

Vous ne comprenez rien à la jeunesse actuelle ? Rassurez-vous, elle non plus. Les adolescents des années 2010 fonctionnent essentiellement à l'instinct. Il n'y a jamais grand chose de programmé, de pensé, de voulu dans leurs actions. La preuve avec ce roman graphique écrit par Hervé Bourhis et dessiné par Halfbob. Chloé organise une fête chez elle. Tous ses amis sont là. Même ceux qu'elle n'apprécie pas vraiment et qui s'invitent, un paquet de chips à la moutarde en guise de ticket d'entrée. Sarah est gothique. Elle hait tout le monde et répète sans cesse qu'elle va se suicider. Victoire, blonde binoclarde un peu ronde, attend son « mec » qu'elle n'a pas vu depuis quelques semaines. Elle le découvre en pleine copulation avec une inconnue dans la chambre des parents. Pas de souci, elle le largue illico presto par Twitter et va vomir dans la rue. A la soirée il y a aussi Maxime, le plus perturbé de tous. Il est déguisé en officier SS et bombarde son mal-être à la tête de toute personne qui ose lui parler. Maxime va embrasser Sarah. Sarah va effectivement se suicider. Victoire accepte de coucher avec Maxime et ils fuguent pour assister à un concert rock à Paris. Étonnant et désabusé, ce récit est un instantané réussi de notre époque. 

« Juniors », Futuropolis, 17 €

Cinéma - "Jamais de la vie", le film noir de notre époque

Dans « Jamais de la vie », Pierre Jolivet entraîne le spectateur dans les affres de la survie en milieu économique sinistré. Avec Olivier Gourmet en justicier désespéré.


La banlieue. Un centre commercial. La nuit. Le parking est vide. Il ne reste qu’une voiture, celle du vigile. Il fait ses rondes, inlassablement. Comme un animal en cage. Franck (Olivier Gourmet) inspecte toutes les ouvertures, fume une clope, retourne à l’intérieur, passe par la salle de vidéo surveillance. Puis retourne dehors. Refaire sa ronde. Bis repetita ad vitam aeternam...


Pierre Jolivet, après le thriller ou la reconstitution historique, signe un film social sur la désespérance de notre époque en crise. Franck ne s’épanouit pas dans ce travail. Seule satisfaction, il est seul. Personne pour lui chercher des noises ou le commander. Il y sacrifie toutes ses nuits. Au petit matin, de retour dans son appartement dans une cité impersonnelle, il ingurgite une bonne quantité d’alcool pour sombrer dans un sommeil profond, sans rêve. Pas réparateur, mais comme un “reset” qui permet de recommencer le soir venu sans trop d’hésitation.
Cette non-vie il la subit, Franck n’a pas le choix. Longtemps au chômage, il a accepté ce CDD payé au minimum, malgré son expérience professionnelle d’ouvrier. La cinquantaine passée, en fin de droits, tout est bon pour payer le loyer.
Le réalisateur montre la vie de ces petites gens, prises à la gorge, incapables de s’en sortir, un quart-monde qui ne se soigne plus car c’est trop cher, qui n’a plus de projet pour la retraite si ce n’est de trouver un petit boulot d’appoint pour compléter une pension ridicule. Rarement la crise aura été filmée au plus près, sans fioriture. Sans le moindre signe positif aussi. Tout pousse au désespoir dans ce monde injuste qui offre tout aux plus riches et prend tout aux plus pauvres.

La crise, partout
Franck a coupé les ponts avec la société, les autres. Il se contente simplement d’aller régulièrement faire le point avec Mylène (Valérie Bonneton), l’assistante sociale qui lui a trouvé ce job peu reluisant. Elle lui demande de s’accrocher. Qu’un CDI, tel le Graal, est possible. Avec la possibilité, d’ici quelques années, de passer au service de jour.
Il s’en contente en ruminant ses luttes passées. Franck, avant de pointer au chômage, était responsable syndical dans une usine. Un bon ouvrier, investi, fier de son travail. Quand il a été question de fermer, il est allé au front, se battre pour sauver la boîte. Il a pris tous les coups, pour rien. Et c’est comme ça qu’il s’est retrouvé blacklisté un peu partout.
En retrait, mais pas complètement indifférent. Il remarque le manège d’une voiture aux vitres teintées. Il va se passer quelque chose. Mais peut-il jouer les balances, lui qui ne supporte pas les flics ? Et s’il tentait d’en profiter. Après tout, perdu pour perdu...
Pierre Jolivet a construit son film autour du personnage de Franck, un rôle extrêmement fort, omniprésent, compliqué. Une personnification de ces millions d’hommes et femmes humiliés dans leur quotidien car incapables de s’en sortir financièrement et intellectuellement. Notre époque. Noire et désespérante.


Olivier Gourmet : la gueule de l’emploi

Fracassé par la vie. Olivier Gourmet, la voix grave et cassée, la calvitie avancée, a la gueule de l’emploi. Il endosse la personnalité de Franck, syndicaliste déçu et blasé, avec une présence rare. Cet acteur belge originaire de Namur est l’acteur fétiche des frères Dardenne. Son rôle dans Un fils lui a même rapporté un prix d’interprétation au festival de Cannes en 2002. Logiquement, il a franchi la frontière et perdu son accent pour devenir un des piliers des films français exigeants. Loin de surfer sur son succès, il n’a pas modifié ses exigences quant aux rôles qu’il accepte. Il est cependant de plus en plus présent alternant les réalisations où il occupe le premier rôle comme Jamais de la vie ou Terre battue avec des participations moins importantes comme L’affaire SK1 ou Grand Central.
Dans le film de Pierre Jolivet, il a la chance d’interpréter le genre de personnage qui habituellement est réservé aux grandes actrices : un être fragile et écorché vif au masculin, c’est trop rare dans le cinéma français. Un défi qu’il relève avec brio, comme ses prochains rôles à l’affiche en 2015, du film fantastique japonais à la reconstitution historique (guerre 14/18) à l’adaptation de Madame Bovary.

samedi 11 avril 2015

BD - "Undertaker" ou l’or du croque-mort


Pas facile de s’imposer dans l’univers du western. Passer après des génies comme Jijé, Gir ou Hermann pourrait en décourager beaucoup. Visiblement cela n’a pas arrêté Ralph Meyer qui a relevé le défi. Avec brio. Il anime cette nouvelle série écrite par Xavier Dorison avec qui il a déjà conté les aventures du Viking Asgard. Jonas Crow n’a pas d’ami. Il voyage seul dans le désert de l’Ouest américain à la recherche de travail. Il en trouve souvent car son domaine de prédilection est en pleine expansion : la mort. Jonas est croque-mort. 
Il vient d’adopter un vautour et se rend dans une petite ville minière à la demande d’un certain Joe Cusco. Ce dernier est le propriétaire de l’exploitation qui fait vivre toute la communauté. Malade, il n’entend pas souffrir longtemps. Il engage Jonas pour qu’il l’enterre dès le lendemain dans sa première mine, celle où il a trouvé le plus de pépites d’or. Pour ce qui est de mourir, il a une fiole de poison qui agrémentera parfaitement l’énorme gâteau aux amandes qu’il entend déguster à la fin de son ultime repas. Mais Joe, avant de quitter ce monde si dur, va également ingurgiter toute sa fortune en or pour être enterré avec elle... L’histoire se déroule sur plusieurs plans. Il y a l’intrigue principale sur la convoitise de l’or du mort, les questions autour du passé de Jonas, une critique sociale de la condition des mineurs et pour couronner le tout une jolie Anglaise pour échauffer les esprits de tous les mâles. 
Passionnant et plein de suspense, cet album vaut aussi (et surtout) pour le dessin de Ralph Meyer. Son nom peut sans problème être ajouté aux trois “maîtres” cités en début de chronique.
« Undertaker » (tome 1), Dargaud, 13,99 euros

DE CHOSES ET D'AUTRES - Que sont-elles devenues ?

Stars un jour, elles ont mal vécu la suite de leur carrière. Alors qu'hier soir Nabilla était de retour sur les écrans après ses déboires judiciaires (une vieille émission sur D8, enregistrée avant son incarcération), d'autres moins chanceuses ont complètement disparu des écrans radars de la presse people. Il s'agit parfois d'exil volontaire. Ainsi Davina (du duo "Véronique et Davina") a renié sa frénésie gymnique et la séquence du générique sous la douche au profit d'une retraite spirituelle et religieuse. Devenue moine bouddhiste, elle officie dans le Poitou. La brune aux cheveux courts semble particulièrement épanouie. Comme quoi il y a une vie après la célébrité. 
La religion, Diam's aussi y a succombé. Moins évident pour cette chanteuse de rap aux textes revendicatifs. Elle a troqué sa casquette et ses pantalons baggy pour la tenue sobre, impersonnelle et voilée des musulmanes pratiquantes. Depuis ses explications sur sa conversion en 2012, elle a totalement disparu. Mais rassurez-vous, elle annonce son retour sous les projecteurs en mai prochain, pour la sortie d'un nouveau livre intitulé "Mélanie, Française et musulmane". 
Et puis il y a le cas Loana. Sex-symbol des années 2000, elle représente l'exemple concret des effets indésirables de la prise prolongée d'antidépresseurs. Après avoir doublé de volume, elle ose à nouveau sortir en public. On l'a vue début avril dans une soirée. Un retour remarqué car elle a coloré ses cheveux d'un rose très voyant... Le premier qui se risque à glisser une allusion à Peggy du Muppet Show sera noyé dans la piscine de Loft Story !

vendredi 10 avril 2015

BD - Cap sur une Terre nouvelle avec Centaurus


Pionniers et colons sans même le savoir, les habitants d’un vaste “vaisseau spatial monde” touchent enfin au but. Partis il y a plusieurs siècles de la Terre, planète exsangue après des millénaires de surexploitation, les ancêtres sont tous morts. Ce sont les descendants qui continuent le voyage vers Vera, satellite de l’étoile Proxima Centaurus
La majorité des habitants de ce monde miniature ne savent pas qu’ils sont en train de voyager dans l’espace. Seuls quelques responsables sont dans la confidence et surveillent la bonne marche du vaisseau. Quand il arrive enfin à proximité de Véra, une petite équipe est montée pour aller explorer ce monde inconnu regorgeant de dangers. 
Le premier tome de Centaurus, écrit par le duo Léo - Rodolphe (Kenya et Namibia chez Dargaud), se focalise sur les personnages. Il y a un chasseur et son chien, une force de la nature, pas très futé mais très serviable, un pilote prétentieux, un chef de la sécurité légèrement paranoïaque et deux jumelles à peine sorties de l’adolescence. Ce sont elles les véritables héroïnes de cette nouvelle série dessinée par Janjetov, le “repreneur” de l’Incal et des Technopères. Elles amènent la touche de fantastique et de merveilleux qui rend les séries de SF de Léo et Rodolphe si séduisantes. Centaurus ne déroge pas à la règle.

« Centaurus » (tome 1), Delcourt, 12 euros

DE CHOSES ET D'AUTRES - Les aliens aiment le luxe

21 chambres, une piscine, un parc de 4 km² dans un pays plaisant et chaud. Les caractéristiques de ce bâtiment de 132 mètres de long sur 49 de large ressemblent à celles d'une villa commandée par l'un de ces milliardaires qui ne savent plus quoi faire de leur argent. Un détail cependant les différencie : le cahier des charges spécifie que "le toit de la résidence doit avoir une terrasse sur laquelle une soucoupe de douze mètres de diamètre peut atterrir." Soucoupe volante bien évidemment puisqu'il s'agit de la description de ce qui deviendra dans quelques années "l'ambassade terrestre de nos créateurs de l'espace".

Derrière ce projet pharaonique estimé à 37 millions de dollars, on retrouve Claude Vorilhon né fin septembre 1946 à Vichy, plus connu sous le nom de Raël depuis 1973. Cet ancien journaliste sportif affirme avoir été contacté par les extraterrestres Elohim. Depuis, il porte leur message partout dans le monde et développe sa philosophie raélienne, assimilée à une secte. Raël tente donc de bâtir cette ambassade et a lancé plusieurs souscriptions pour récolter les fonds.
Si le choix du terrain n'est pas encore effectué (il attend les propositions des pays intéressés), le désir de tranquillité est impératif. Il est clairement notifié que le bâtiment "doit être construit au milieu d'un parc assurant ainsi le respect de la vie privée tant dans la résidence qu'à la piscine." Les visiteurs aliens sont certainement pudiques. À moins que Raël ne veuille pas être surpris en compagnie de jeunes et jolies disciples par les paparazzis en pleine séance de bronzage intégral...

jeudi 9 avril 2015

BD - Poésie et transports en commun dans "Magic Bus"


Un endroit clos propice aux rencontres. Les transports en commun sont souvent subis par les voyageurs. Sauf dans le cas des habitués du « Magic Bus », nouvelle série humoristique, fortement teintée de poésie, signée Thiriet (scénario) et Bercovici (dessin). Ce bus de ville, que le scénariste pratique certainement avec assiduité, est une mine de situations cocasses. 
Il y a le conducteur, sympa parfois, de mauvaise humeur d'autres jours, partagé entre l'exaspération contre les impolis et la joie d'un sourire ou d'un mot gentil. On croise de tout dans ce bus. 

Un folle qui profite du moindre arrêt pour tenter de faire bisquer ses pauvres victimes : du chien qu'elle fait aboyer, au épiciers bio à qui elle proclame son amour des OGM. Les dragueurs sont légion. Mais attention, la frontière est ténue entre la déclaration d'amour impromptue et le harcèlement odieux. 
Les anciens sont de grands utilisateurs du bus. Ils sont bavards, regrettent le « bon vieux temps » et ne comprennent rien aux addicts des smartphones et autres tablettes. Entre simple sourire et franc fou rire il y en a pour tous les goûts. Découpé à la façon d'un programme court de télévision, le rythme est soutenu. Impossible de s'ennuyer dans ce « Magic Bus » qui malheureusement ne passe pas tous les jours dans nos rues.
« Magic Bus » (tome 1), Fluide Glacial, 10,95 €