Les journaux people sont sans pitié. Dernier exemple en date avec Valérie Trierweiler. L'ancienne première dame de France, abandonnée par un François Hollande charmé par une jeune actrice, incarnait l'archétype d'une victime de la goujaterie.
Mais il faut se méfier de ces apitoiements de circonstance, ils ne durent jamais longtemps. D'autant que Valérie Trierweiler a eu la mauvaise idée de gagner beaucoup d'argent avec son livre-brûlot. Ce qui en France équivaut à une marque d'infamie. Vous êtes riche ? On vous déteste. La preuve avec cette histoire qui fait jaser dans toutes les chaumières de France et de Navarre. La semaine dernière, Jean-Luc Roméro, élu de Paris, célèbre son premier anniversaire de mariage dans un bar branché. La fête bat son plein, l'alcool coule à flot. Valérie Trierweiller, amie de longue date (ne pas oublier qu'elle est journaliste politique) fait partie des invités.
La suite alimente les gros titres de France-Dimanche : "et soudain, la soirée bascule dans l'impensable... » Valérie T. reconnaît Valérie S., son ancienne meilleure amie. L'autre Valérie, journaliste elle aussi, vient de se séparer d'un ministre de la République. Brouillées depuis la sortie du livre, elles ne se parlent plus. Selon France Dimanche, Valérie Trierweiler, très remontée et totalement "désinhibée", se serait jettée sur elle et l'aurait giflée tout en l'insultant. L'intervention de plusieurs personnes aurait été nécessaire pour les séparer.
Voilà comment, un simple éclat de voix rapporté par des témoins peu dignes de confiance transforme la pauvre femme victime en riche harpie vindicative...
Quelques chroniques de livres et BD qui méritent d'être lus et les critiques cinéma des dernières nouveautés. Par Michel et Fabienne Litout
mardi 14 octobre 2014
lundi 13 octobre 2014
« Trafik » de BD chez Fluide Glacial
Fluide Glacial, après avoir tenté de s'imposer sur le marché de la BD glamour pour fille délurée (le défunt label Fluide G), change radicalement de cible et tente une percée sur le segment de « la brute épaisse qui rêve de poser avec une kalach en fronçant les sourcils ». La collection Trafik est lancée avec trois albums où toutes les limites sont explosées par des auteurs qui n'ont peur de rien.
Même pas de poser en fronçant les sourcils pour faire la promotion des albums...
Trois titres assez inégaux. « Les caniveaux de la gloire » de Pixel Vengeur et Monsieur le Chien est de loin le plus original. Les histoires courtes abordent quantité de sujets (de l'invasion extraterrestre aux pratiques SM en passant par les difficultés sociales des artistes de cirque sur le retour) avec une constante : l'exagération. Le « FIST » (Fonds interministériel pour la sauvegarde des traditions) ne fait pas dans la dentelle. Ce service, issu de la IVe République, brocarde toute la ringardise de l'administration française toujours en fonction au XXIe siècle. Bernstein (scénario) et Terreur Graphique (dessin) ont trouvé le ton juste entre ironie et désespérance.
« Les caniveaux de la gloire », « Le FIST » et « Vaudevilles », Fluide Glacial, 8 €
dimanche 12 octobre 2014
BD - La folie du front racontée dans "La patrouille des invisibles"
Centenaire oblige, quantité de publications portent sur la première guerre mondiale. La BD n'est pas en reste. Même si il est difficile de faire mieux que Tardi dans le genre, plusieurs auteurs ont plongé dans l'enfer des tranchées pour raconter des pans de cette incroyable boucherie. « La patrouille des invisibles » d'Olivier Supiot est un roman graphique sombre malgré des couleurs éclatantes.
Un aviateur français abattu au dessus du front, est récupéré, blessé, par une patrouille. Il va falloir le ramener à l'arrière pour le soigner. Mais ces quelques kilomètres sont très risqués. Les francs-tireurs allemands sont partout. Un obus ou une balle peut vous exploser la tête à tout moment. Heureusement la petite troupe compte dans ses rangs Titouan Kerzadec une montagne de muscles surnommée Titan. Il se fond dans la boue et le sang pour surprendre les ennemis. Un tueur né qui s'accommode de cet enfer. Avant, sa vie était pire. Il était à Cayenne au bagne. S'engager c'est l'assurance de retrouver la liberté à la fin de la guerre. A condition de survivre et ne pas devenir complètement fou.
« La patrouille des invisibles », Glénat, 12,90 €
DE CHOSES ET D'AUTRES - Mères envahissantes
Les réseaux sociaux permettent de partager nos petits bonheurs avec le maximum d'amis. Une aubaine pour les mamans. Avant l'avènement de Facebook, quand bébé devenait propre, marchait pour la première fois ou prononçait ses premiers mots, seuls les proches étaient au courant. Aujourd'hui, nombre de mamans s'empressent de publier un statut circonstancié accompagné de photos voire de vidéos. Emportées par leur enthousiasme, elles livrent certains détails dont on se serait passé.
Après, c'est bébé la vedette. Du moins le contenu de ses entrailles. Une Milk aime partager ces moments si agréables : première diarrhée, premier caca au pot, vomi, pets, glaires... rien ne nous est épargné.
Enfin la Milk s'adresse souvent à son enfant dans ses textes. Morceaux choisis : "Il y a 7 mois je venais d'inonder notre lit... Aujourd'hui tu adores manger à la cuillère. Le temps passe trop vite ma fille chérie." "Le 15 décembre la date de ta conception. Le 17 décembre la date où ton papa est parti. Tu est née le 10 septembre à 6 h 16".
samedi 11 octobre 2014
BD - Achille Talon online
Véritable monument de la bande dessinée, Achille Talon n'en finit plus de renaître de ses cendres. Imaginé par Greg pour animer les pages de Pilote (la version hebdomadaire), son embonpoint et son verbe prolixe a rapidement séduit les lecteurs. Une des rares séries dont Greg a conservé la maîtrise de bout en bout. Archétype du personnage à gros nez, Talon tente régulièrement de faire des come-back sous diverses plumes.
Cette fois cela semble la bonne. Si le dessin est confié à Serge Carrère, Toulousain talentueux et efficace, les textes incombent à un « jeune » scénariste, surtout connu pour ses histoires caustiques dans Fluide Glacial. Fabcaro, de Montpellier, a simplement décidé de prendre ce personnage, déjà démodé à son époque, et de le plonger dans notre XXIe siècle gangrené par les nouvelles technologies. Notre Chichille national, encore réticent au minitel, va dont se décider à acquérir un smartphone et un ordinateur. L'album débute sur les chapeaux de roues avec ce dialogue surréaliste. Le vendeur d'ordinateur : « Mac ou PC ? » Achille : « Makoupessé... Puisons dans nos souvenirs de voyages pour identifier ce dialecte... Bonjour en aborigène oriental ? » La suite est l'avenant : hilarante.
« Les impétueuses tribulations d'Achille Talon » (tome1), Dargaud, 10,60 €
DE CHOSES ET D'AUTRES - Fleurs fanées
René Dosière, député de gauche spécialisé dans la chasse au gaspi s'agissant des budgets de l'État, affirme à l'issue de savants calculs qu'un déplacement de François Hollande coûte trois fois moins cher que ceux effectués par Nicolas Sarkozy. Dans cette étude exhaustive, tous les postes de dépenses sont passés au crible. Même ceux qui paraissent anodins.
On apprend ainsi que le budget "fleurs" de l'Élysée atteint 100 000 euros. Une sacrée montagne de bouquets. Pourtant, là aussi le président socialiste réalise de sérieuses économies. Du temps de Sarkozy, l'addition était double. Mais ces sommes, déjà conséquentes, paraissent ridicules en comparaison des années Chirac. René Dosière estime qu'à cette époque, les fleurs coûtaient entre 400 000 et 500 000 euros par an. Quel galant homme ce Jacques. Mais il est vrai que l'homme, même si l'affaire est restée longtemps secrète, avait une réputation de grand séducteur. Le montant astronomique s'explique peut-être par le fait qu'à chaque conquête, en plus de la couvrir de fleurs, il ne pouvait s'empêcher d'en offrir autant à Bernadette.Pure spéculation de ma part. En réalité, les bouquets sont essentiellement destinés aux épouses des hôtes du président, ainsi qu'à la décoration de l'Élysée lors des réceptions. Et Bernadette adorait recevoir.
Quant à François Hollande, il se peut aussi que les économies résultent de son moyen de locomotion de prédilection. Circulant moi-même en scooter, je n'ai ramené qu'une seule fois des fleurs à ma femme et j'ai failli tomber à trois reprises. Selon elle, mon argument ne tient pas la route...
vendredi 10 octobre 2014
DE CHOSES ET D'AUTRES - Scène de ménage posthume
L'amour, comme le vin, peut parfois tourner à l'aigre. Dans le petit village de Camblanes-et-Meynac au cœur de l'Entre-deux-Mers, région viticole de Gironde, une brouille entre mari et femme s'est prolongée au-delà de leur mort.
En 1977, le couple achète une concession dans le cimetière du village et y fait construire un caveau. Le temps passe, ils se lassent. Une fois divorcés, monsieur précise dans plusieurs lettres adressées au maire qu'il est hors de question que sa femme soit inhumée dans ledit caveau.Au décès de madame, en 2008, le fils organise les obsèques et demande aux pompes funèbres d'amener le cercueil dans le caveau familial. Le maire de la commune, chargé de la "police des cimetières" s'y oppose. La dépouille de l'épouse rejoint donc le dépositoire commun. Elle y restera jusqu'en 2010. Entre-temps, monsieur passe l'arme à gauche. Il est enterré dans le caveau, facilement reconnaissable à la plaque de marbre orné de sa photo et de cette phrase qui en dit long sur sa détermination : "Pour moi seul".
Les deux époux décédés, le maire prend la décision de les réunir dans leur dernière demeure. Même si le mari lui avait écrit dans une autre lettre : "Je serai à l'intérieur de mon caveau et je repousserai mon ex-femme avec les pieds s'il le faut."
Décidément cette brouille familiale semble durer, même après la mort des belligérants. Mais si ça se trouve, parfois, la nuit, dans le cimetière de Camblanes-et-Meynac, des cris d'outre-tombe sortent de terre. Et les voisins, en mal de repos éternel, de pester, "qu'ils nous fichent la paix avec leurs scènes de ménage, ces deux-là... »
BD - Infirmière familiale
L'album débute par une randonnée dans les Pyrénées espagnoles. La femme est prise de violents maux de tête. Elle explique à son compagnon qu'elle fait une rupture d'anévrisme. Les secours interviennent elle est évacuée vers l'hôpital de Perpignan puis héliportée à Montpellier pour une longue opération de huit heures. Au réveil, elle se souvient de ses frères et sœurs, de ses parents et de cette vie si dense mais aussi si compliquée. La femme, c'est Marianne Duvivier, la dessinatrice de cet album de la série « Secrets ». L'idée de cette autobiographie dessinée, scénarisée par Denis Lapière, est venue d'une discussion avec le scénariste Frank Giroud. Giroud et Duvivier ont raconté en plusieurs albums des secrets de familles imaginaires.
Cet album, qui clôt la collection (une vingtaine d'albums au total), s'articule aussi autour d'un secret. Comme si la réalité rejoignait la fiction. Marianne Duvivier se remémore sa jeunesse, son père absent accaparé par ses activités de militant politique de gauche impliqué dans l'indépendance du Congo, ses sœurs, malades la transformant en infirmière familiale, et mortes tragiquement, sa mère si malheureuse, victime consentante. Et puis aussi sa découverte de la bande dessinée, l'opportunité d'en faire un métier épanouissant. Jusqu'à ce gros pépin de santé et la réalisation de ce roman graphique de 100 pages, noir sur le fond, lumineux par ses couleurs et le message final d'une famille réunie et apaisée.
« Secrets, heureuse vie, heureux combats », Dupuis, 19 €
jeudi 9 octobre 2014
BD - Superhéros enfantin
Qui n'a pas essayé, en étant enfant, de se lancer dans la réalisation d'une bande dessinée. Marcus, l'animateur d'émissions sur les jeux vidéo diffusées sur plusieurs chaînes de télé, a imaginé le personnage de l'Intrépide du haut de ses dix ans. Un super héros aux prises avec un super méchant, le Voleur Vert. Quatre pages inachevées qu'il a osé ressortir du grenier pour en parler à ses fans. Résultat l'Intrépide a une seconde chance près de 30 ans plus tard. Toujours sous la supervision de papy Marcus, Rémi Guérin écrit un nouveau scénario et confie le dessin à son complice de toujours Guillaume Lapeyre (ils ont déjà City Hall à leur actif). Le héros va traverser le temps, quittant dans un premier temps ses années 70 pour l'époque actuelle. Un combat avec le Voleur Vert et le voilà propulsé à l'époque des dinosaures. Cela ne vole pas très haut (contrairement à l'Intrépide...), mais l'humour très présent sauve l'entreprise encore un peu enfantine.
« L'intrépide » (tome 1), Ankama, 13,90 €
BD - La vengeance du cocu
Pascal Rabaté aime les petites gens. Il n'a pas son pareil pour raconter des histoires anodines et pourtant passionnantes. Il écrit dessine, réalise... Un homme à tout faire qui regorge de projet, de récits, d'épopées. Le scénario du « Linge sale » il aurait pu le dessiner mais il a préféré confier la création graphique de ce cocu magnifique à Gnaedig. Le cocu c'est Pierre Martino. Ce gentil mari, quand il découvre sa Lucette dans les bras de Verron, pète les plombs. Il va chercher un fusil, s'engouffre dans la chambre d'hôtel adultère et tire sur le couple enlacé. Pas de chance, il s'est trompé de porte.
Dans sa fuite il blesse un gendarme. 20 ans plus tard, il sort de la Santé et reprend son histoire là où il l'avait laissé. Mais entre temps Lucette s'est mariée avec Verron, a eu des enfants, qui eux même sont en couple... Pas grave pour Martino, il dégommera tout le monde ! Excellent de la première à la dernière page.
« Le linge sale », Vents d'Ouest, 19,50 €
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