vendredi 3 janvier 2014

DE CHOSES ET D'AUTRES - De l'importance du sens du coq tricolore...

Superstitieux, les footeux ? Pas plus que le commun des mortels. En revanche, les observateurs du monde du ballon rond (et des comptes en banque bien remplis) le sont, eux. A la limite du pathétique, en découvrant le dernier billet du blog "Panthéon Foot" hébergé par l'Express. "Le coq tricolore est-il une girouette ?", s'interroge le rédacteur.

Et de remarquer, sur le maillot des Bleus, l'orientation changeante du coq. Parfois, il regarde vers l'extérieur. D'autres vers l'intérieur. Une recherche dans les archives photos et tous les spécialistes respirent : le nouveau maillot de l'équipe de France - celui du prochain Mondial au Brésil n arbore un "coq intérieur". C'était le cas en 1998 et en 2000, années victorieuses. Raymond Kopa en 1958 portait lui aussi un coq tourné vers l'intérieur.
Le cas inverse augure une grosse catastrophe. Genre Afrique du Sud et sortie d'Anelka contre l'entraîneur Domenech. Ou fiasco complet en 2008 et élimination dès le 1er tour.
Certains footballeurs ne jouent pas sans leur gri-gri fétiche, comme ces vieilles paires de chaussettes repérables à 10 mètres pour cause d'odeur soutenue, mais le coup du sens du coq, c'est vraiment faire une croix sur le beau jeu et le travail en amont. Si l'affaire s'annonçait aussi simple, les Bleus afficheraient une dizaine d'étoiles à côté de leur coq, tourné dans le bon sens.
A moins que toute cette démonstration ne serve au rédacteur qu'à placer cette savoureuse sortie (de jeu) : "Souhaitons qu'au Brésil, avec un coq bien orienté, nous puissions au moins sortir des poules."

jeudi 2 janvier 2014

DE CHOSES ET D'AUTRES - Savourez le moment, ça va pas durer...

L'avantage des fêtes de fin d'année, comme de la gueule de bois, c'est que cela dure toujours un peu plus longtemps qu'espéré. Une fois Noël passé, youpi, on remet ça pour le Nouvel an. Et arrivé au premier jour de la nouvelle année, on est comme aspiré dans un trou spatio-temporel qui ralentit le temps.

Déjà, impossible de se lever tôt. Un peu en raison des excès de la veille. Beaucoup car dehors le calme règne, pas de voiture, aucune agitation. Un silence inhabituel, mais typique du jour férié le mieux suivi dans le monde. Pour les repas, inutile de se casser la tête : les restes feront largement l'affaire. Les enfants, toujours en vacances, s'échinent à franchir un niveau supérieur du nouveau jeu vidéo.

A la télé, en sourdine, de vieilles rediffusions sont proposées. On zappe sans conviction de Cléopâtre à un vieux James Bond. Sans oublier le fameux Bêtisier rediffusé pour la 10e fois en deux semaines. Les deux ou trois coups de fil à des parents proches pour les traditionnels vœux constitueront l'effort le plus violent de la journée, du moins celui exigeant le plus de volonté.

Le 1er janvier par son immobilisme chronique semble bien mal choisi pour se lancer dans des résolutions révolutionnaires. Il est si bon de laisser couler les heures sans se soucier du lendemain.

J'espère de tout mon cœur que vous avez savouré ce moment hors du temps où l'on se contente de si peu. Je ne veux pas jouer les oiseaux de mauvais augure, mais j'ai comme l'impression que le retour à la réalité lundi prochain sera particulièrement rude.

Billet paru en dernière page de l'Indépendant le 2 janvier 2014 

Roman - Secrets d'alchimistes à la sauce Loevenbruck

Mais qui se cache sous le pseudonyme de Fulcanelli ? La question lancinante est en filigrane de ce polar d'Henri Loevenbruck.

Alchimie, spiritisme, ésotérisme... Autant de pratiques aujourd'hui désuètes mais qui étaient très à la mode il y a un siècle. Dans ce polar mené tambour battant, Henri Loevenbruck emmène ses lecteurs sur les traces du mystérieux Fulcanelli. Si pour le commun des mortels Fulcanelli ne dit absolument rien, par contre les spécialistes et passionnés de transmutation de plomb en or s'étripent encore (par publications interposées) pour savoir qui se cachait derrière ce pseudonyme. Il a publié deux livres, régulièrement réédités. La légende veut qu'il a également laissé un carnet manuscrit avec le début de sa dernière grande œuvre, contenant des révélations si tonitruantes qu'il a préféré les cacher aux profanes.
Un siècle plus tard, ce mystérieux carnet refait surface dans une enquête policière. Radenac, flic de base, est contacté par la fille d'un riche collectionneur. Elle a retrouvé son père mort dans son fauteuil. A priori une crise cardiaque (il allait sur ses 92 ans). Mais l'héritière remarque qu'un titre manque dans sa collection de livres anciens. Le fameux carnet signé Fulcanelli.
Radenac, cartésien mais surtout séduit par la belle orpheline, demande l'aide de son copain Ari Mackenzie, le héros récurrent des romans de Henri Loevenbruck. Ari, ancien des services secrets français, est une pointure du sujet. Mais il a une théorie : Fulcanelli n'existe pas, c'est l'invention du préfacier et de l'illustrateur des deux livres parus dans les années 20. Donc cet hypothétique carnet, s'il existe, est lui aussi un faux.
Il faudra une succession de meurtres pour que Ari revienne sur ses certitudes. Un homme retrouvé poignardé devant une toile symbolique de l'œuvre de Fulcanelli, dans une vieille église de Séville. Et un autre membre d'une société secrète d'alchimistes, découvert mort dans sa maison de campagne au centre d'une savante et macabre mise en scène. En creusant un peu, Ari parvient même à prouver que le nonagénaire n'a pas cassé sa pipe tout seul. Une accumulation de cadavres pour une enquête entre chasse au trésor et course poursuite pétaradante.

Carnet de moleskine
Tout l'attrait de ce roman est dans l'enquête minutieuse menée par l'auteur sur les multiples hypothèses autour de la véritable identité de Fulcanelli. Et plutôt que de voir l'ensemble avec le regard expert de Mackenzie, il fait intervenir Radenac, totalement néophyte et donc ouvert à toutes les suppositions. Une bonne partie de ces 400 pages est constituée des notes de Radenac sur son carnet de moleskine. Il y passe en revue les différents « fulcanisables », de Eugène Canseliet, le préfacier à Pierre Dujols, libraire en passant par Julien Champagne, l'illustrateur ou Camille Flammarion, célèbre astrologue, ami des précédents et intime avec la famille de Lesseps, les « protecteurs » de Fulcanelli.
Et pour couronner le tout, Henri Loevenbruck n'oublie pas de faire progresser l'histoire d'amour entre le héros et une jolie libraire, Lola, fil rouge des aventures de Mackenzie. Ces deux-là s'aiment trop pour être heureux. A moins que l'adversité ne les rapproche et leur ouvre enfin les yeux...
Michel LITOUT
« Le mystère Fulcanelli », Henri Loevenbruck, Flammarion, 21 €

mercredi 1 janvier 2014

DE CHOSES ET D'AUTRES - 2014, année paire



Les superstitieux ne regretteront pas l'année 2013. Certains, notamment les responsables marketing des jeux de hasard, tentent à tout bout de champ de nous faire croire que 13 est le numéro de la chance.
Désolé, c'est l'inverse. Ce n'est pas pour rien s'il n'y a pas de 13e étage dans les buildings américains, ni de place 13 dans les avions ou que quelques magazines n'ont pas de page 13 entre la 12 et la 14 mais une 12bis.
Cette année 2014, je sens qu'elle va être très bénéfique. Mais pour bien la commencer et contrairement à 88% de mes compatriotes, je n'ai pas l'intention de boire une seule goutte d'alcool. Je prévois même de me rendre dans le Var. Avec le secret espoir de me faire contrôler par les gendarmes. Et le maximum de fois. Vous feriez comme moi si vous saviez que pour combattre les fléaux de l'alcool au volant, le préfet du Var a décidé de récompenser tous les automobilistes sobres. Un bon pour 20 euros de carburant d'un côté, une prune et quelques points en moins de l'autre. Le choix est vite fait. D'autant que conduire ivre est réellement dangereux.

A moins de faire comme ce trentenaire charentais intercepté par la maréchaussée au petit matin. Totalement saoul, pour ne pas devoir rentrer chez lui à pied, il décide de voler un véhicule. Notre poivrot prend ce qui lui tombe sous la main : un rouleau-compresseur. A très faible allure (8km/h en vitesse de pointe), il parcours 10 kilomètres avant d'être intercepté. Un périple zigzaguant mais en toute sécurité car même un gros 4x4 ne fait pas le poids face aux cylindres de béton...

Chronique "De choses et d'autres" parue ce mercredi 1er janvier 2014 en dernière page de l'Indépendant. 

mardi 31 décembre 2013

DE CHOSES ET D'AUTRES - Bon appétit, sauf s'il y a des quenelles au menu du réveillon

Ce soir, on baffre ! Les menus de la Saint-Sylvestre sont réputés pour leur consistance. Le genre de repas qui débute en 2013 et se termine en 2014. Du recherché, avec titres ronflants et poétiques. Mais attention à ne pas vous faire avoir, parfois le contenu de l'assiette n'a qu'un lointain cousinage avec le met annoncé.
Genre « La Rissole Feuilletée de Tendre Pigeonneau au Foie Gras Grillé et Farce Fine Embeurrée de Chou Vert à la Truffe », soit une sorte de friand goût poulet avec du vert autour... Chez certains cela frise même l'escroquerie quand on recycle du surgelé. Les mini-brochettes de légumes confits (4,60 euros la boîte de 12) risquent de se transformer, une fois dégelées, en « Sarabande multicolore de légumes ensoleillés cuits lentement dans leur suc »
. Il y aura également des dindes au menu. Autour de la table aussi. Et forcément quelques dindons de la farce.
Méfiez-vous si dans le réveillon où vous êtes invité on propose en entrée des « boudins blancs au poisson carnassier roulé dans la farine ». En clair, vous allez devoir avaler des quenelles de brochet. La quenelle, pas forcément mauvaise, mais à l'arrière-goût particulièrement écœurant depuis quelques temps. Je sens qu'on va en manger des tonnes de cette quenelle en 2014.
Il se pourrait même que son zélateur se présente aux Européennes sous l'étiquette du Parti Quenellien. Quand je recevrai le matériel électoral du fameux parti, je saurai quoi en faire puisque c'est marqué dessus : aux toilettes le PQ !

Chronique "De choses et d'autres" parue en dernière page de l'Indépendant ce 31 décembre.

BD - Trolls hilarants


Si Arleston est omniprésent en cette fin d'année 2013 dans les bacs des libraires, il y a un album à ne pas manquer dans le lot : le tome 17 des Trolls de Troy. Il y donne libre cours à son humour dévastateur. 
Un yacht vogue près du village des Trolls. A bord la famille De Noyelle. Le petit dernier, Shapin, est à la recherche de son pouvoir magique. Il le fait fonctionner sans en mesurer les conséquences. Il échange ainsi les esprits de sa sœur, Kyrlande, avec celui de Waha. A partir de là, tout roule. 
Comment une noble snob va-t-elle s'adapter dans son corps de quasi trolle. A l'opposé, Waha résistera-t-elle dans cette enveloppe molle et grasse, sentant bon le savon fleuri ? Mourier anime l'ensemble avec une vigueur sans égale. Il prend de plus en plus de plaisir à dessiner les formes généreuses de ces femmes émancipées. Et de regretter une fois de plus que ce duo de génie n'ait pas été retenu pour reprendre Astérix...

« Trolls de Troy » (tome 17), Soleil, 13,95 €


lundi 30 décembre 2013

DE CHOSES ET D'AUTRES - Rétr'horoscope de l'année 2014

Exercices obligés de la presse en fin d'année : la rétro et l'horoscope. Dans un souci d'économiser le papier voici une tentative de mélange de genres : la rétro de l'année 2014 en fonction des prévisions des meilleurs astrologues.
Niveau météo, au début ça caille, puis ça se réchauffe et même ça brûle un peu. Rassurez-vous, tous les prévisionnistes annoncent une nouvelle chute des températures pour la fin d'année. Comme dans les sondages, il y a une marge d'erreur de plus ou moins 10° (là, sûr que j'ai tout juste).
Fin mars, le problème du travail le dimanche revient sur le tapis. Et pour une fois ce ne sont pas les salariés du privé qui trinquent mais les fonctionnaires préfectoraux et municipaux. Dans la foulée, le cours des communiqués saluant une « victoire électorale majeure » va exploser. Logique, pour les municipales, les frais de campagne sont remboursés dès que l'on obtient 5% des suffrages exprimés.
En cours d'année un « grand de la culture française » nous quitte. Statistiquement, ils seront même une dizaine. Non, je ne dévoilerai pas leur identité. La dernière fois que je me suis risqué à parler avec humour de la mort d'une célébrité, il était vivant quand j'écrivais les lignes et mort quand vous les lisiez le lendemain. Depuis, le fantôme de Jean-Luc Delarue me hante certaines nuits.
Enfin 2014 sera marqué par plusieurs retours. Dans le désordre : Nicolas Sarkozy, l'inversion de la courbe du chômage (saison 2), Nicolas Sarkozy, Guy Bedos et Nicolas Sarkozy.

Chronique "De choses et d'autres" parue ce lundi en dernière page de l'Indépendant. 

dimanche 29 décembre 2013

BD - "La brigade juive" ou quand un peuple prend les armes


Pour vaincre les Nazis, les Alliés ont mobilisé toutes leurs forces. Même les Juifs, pourtant sans pays à l'époque, ont participé à la victoire finale. En découvrant les horreurs des camps, Churchill a donné l'autorisation de former une brigade juive venue de Palestine. C'est l'histoire de ces hommes dévorés par un inouï désir de vengeance que raconte Marvano dans le premier tome intitulé « Vigilante ». 
On retrouve, durant l'été 45, au volant d'une jeep, Leslie Toliver, le pilote automobile de la série « Grand Prix » du même Marvano. Il a quitté l'écurie Mercedes et sillonne l'Europe de l'Est en compagnie d'Ari, un autre soldat de la brigade. Ils ne sont plus en service. Ils ont abandonné le drapeau britannique pour l'étoile de David et traquent les anciens SS tentant de se dissimuler dans la population. Ils sauvent également quelques Juifs, rescapés des camps de la mort mais rejetés par la population locale. 
Une BD très instructive sur une partie assez méconnue de la guerre et les prémices de la création de l'état hébreu et de son armée dont la brigade juive est l'ancêtre.

« La brigade juive » (tome 1), Dargaud, 13,99 €

samedi 28 décembre 2013

DE CHOSES ET D'AUTRES - Stagiaires d'avenir

En politique, tout est bon pour faire parler de soi. Edouard Josse, 22 ans, jeune loup UMP de Lyon, en fait un peu trop. Les rédactions locales reçoivent un communiqué annonçant sa nomination au cabinet de Jean-François Copé, président du parti d'opposition. Belle promotion pour ce fer de lance de la Manif pour tous en Rhône-Alpes. Certains journalistes ont quand même la mauvaise idée de vérifier l'information. Et découvrent que cette « nomination » n'est en fait qu'un stage à partir du 1er juin... Certes, c'est tout à l'honneur d'Edouard Josse d'accepter de débuter au plus bas. Encore faut-il le reconnaître...
Il est d'autres stagiaires plus prometteurs. Joey Hudy, jeune Américain maniant les mathématiques comme d'autres leurs manettes de jeux vidéo, vient d'être recruté par Intel, le leader mondial des microprocesseurs, l'intelligence des ordinateurs. Simple stagiaire car il n'a que 16 ans. Mais si la loi américaine autorisait Intel à faire travailler des enfants, Joey aurait certainement bénéficié d'un CDI avec salaire annuel à cinq zéros. Le PDG d'Intel a découvert Joey à la Maison Blanche au cours de la présentation au président Barack Obama de son canon à air comprimé en PVC... On y voit le président US pomper frénétiquement, tel un Shadok, pour propulser une guimauve sur un mur de la Maison Blanche.
Joey a décroché un premier stage à Intel, mais il risque de céder aux appels des sirènes des fabricants d'armes dans peu de temps. Et là, on ne parlera plus de guimauve !


Chronique "De choses et d'autres" parue ce samedi en dernière page de l'Indépendant

vendredi 27 décembre 2013

DE CHOSES ET D'AUTRES - Ô, temps, Au temps, Autant... pour moi

Capture écran Le Gorafi
Le site parodique « Le Gorafi » regorge d'informations loufoques mais totalement crédibles. En lisant l'article sur la polémique autour de l'orthographe de l'expression « Au temps pour moi/Autant pour moi », non seulement je ris, mais il me remet en mémoire une violente algarade familiale.
Selon un sondage (totalement bidon), « au travail, les Français perdent entre 2 heures et demie et 3 heures à se chamailler pour savoir qui a raison sur l'orthographe de l'expression autant pour moi/au temps pour moi. »
Il y a quelques mois, mon épouse, fine lettrée et respectueuse des directives de l'Académie française, dans une lettre à ses parents, ponctue une de ses phrases par « Au temps pour moi. » Courroux de sa mère au téléphone : « Il faut écrire autant pour moi. Ton professeur de français a dû se retourner dans sa tombe ! » Sûre de son fait, ma tendre et chère, vigilante relectrice de ces chroniques avant parution, explique les origines militaires et musicales de l'expression et n'en démord pas.
L'altercation s'envenime et frôle le « Defcon 2 » (soit à dix secondes du déclenchement du feu nucléaire). La fin des hostilités intervient quand mon épouse, magnanime, admet que les deux orthographes sont autorisées.
La suite de la conversation, plus consensuelle, se contente de la météo. « Quel temps fait-il au bord de la Méditerranée ? » demande ma belle-mère. Et c'est reparti : Le Gorafi termine son article en soulignant que « la majorité des Français dépenseraient un autre quart de leur durée de présence au travail à rechercher sur Internet l'orthographe de Méditerranée ».

Chronique "De choses et d'autres" parue ce vendredi en dernière page de l'Indépendant.