mercredi 30 janvier 2013

Billet - Triste poupée Barbie, de chair et de plastique


Dans un monde parfait, tout le monde serait jeune, mince et beau. Ce monde existe : c'est celui de la poupée Barbie. Mais ce qui ne devrait être qu'un jeu peut avoir des conséquences néfastes sur les petites filles.

La blonde plastifiée est à mille lieues de la réalité. Régulièrement, des activistes dénoncent le formatage d'une fausse image de la femme et interviennent sur le net. Vous pouvez ainsi découvrir sur le site d'une revue espagnole la photo d'une Barbie sans maquillage. Cernes sous les yeux, taches sur le visage, dents jaunies et cils quasi inexistants... En fait, une femme (surprise au réveil) comme toutes les autres...

Restent les proportions du corps. Complètement erronées si on y regarde de près. Katie Halchischick, mannequin militant pour des rondeurs assumées, a dessiné sur son corps nu les courbes de la poupée. Là aussi la photo est explicite. Aucun chirurgien ne pourrait obtenir une taille aussi fine. Les seins devraient être remontés, le menton limé, les yeux relevés de plusieurs centimètres. Le cou, très fin, ne pourrait pas supporter le poids de la tête. A moins qu'elle ne soit complètement vide...
Loin de l'idéal féminin, la poupée Barbie tient plus de l'extra-terrestre que du canon de beauté. Pour preuve cette Ukrainienne de 21 ans, Valeria Lukyanova, copie conforme du jouet mythique. Sur son blog elle ne cesse de prendre la pose, décolleté généreux, visage figé, yeux écarquillés.
Pauvre joujou. Plutôt réservé aux grands garçons !


Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue en dernière page de l'Indépendant ce mardi.

mardi 29 janvier 2013

Billet - Frère Jacques by 1D


Chaque dimanche en fin d'après-midi, des milliers de Français se connectent sur internet et tentent de rattraper un week-end d'informations. Sur Twitter, les tendances sont affichées en fonction des hashtags les plus célèbres. Très pratique, on pourrait le définir comme un résumé des centres d'intérêts de nos compatriotes. Hier on gazouillait beaucoup autour de François Gabart, du Vendée Globe ou de la manifestation en faveur du mariage pour tous. Mais il étaient loin derrière « Frère Jacques » qui a pris la tête de la course dès samedi soir. Mais qui se cache donc derrière le fameux frère Jacques ? Un religieux favorable au mariage pour tous ? Le futur pape ? Ce n'est quand même pas la comptine chantée aux enfants depuis des siècles ? Eh bien si ! Frères Jacques a fait le buzz. Ou plus exactement,  ses interprètes ont réveillé le refrain dans la mémoire collective. Samedi soir, lors de la remise des NRJ Music Awards, émission diffusée sur TF1 et présentée par Nikos Aliagas, le boys band « One Direction » (OneD ou 1D pour les fans, photo AFP), a chanté en français durant 10 secondes les quatre vers de Frère Jacques. Ce clin d'œil spontané a suffi pour déclencher l'hystérie de leurs admirateurs francophones... 

Avec un bémol cependant : les fans de Justin Bieber (autre phénomène marketing de la variété internationale) ont signalé que leur idole a déjà chanté Frère Jacques. Et comme par hasard c'était déjà sur NRJ, dans une émission du même Nikos Aliagas, un professionnel de la spontanéité...


Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce lundi en dernière page de l'Indépendant.

BD - "Hell School", un pensionnat mortel



Les écoles de l'élite ont le vent en poupe. On ne cesse d'encenser ces structures permettant aux meilleurs de nos jeunes pousses d'atteindre l'excellence. Mais souvent il y a une monnaie à la pièce. L'esprit de corps fait prospérer le bizutage sous prétexte d'intégration. C'est un peu le fond de la série « Hell School » dont le premier tome vient de paraître au Lombard. On retrouve aux commandes deux auteurs confirmés et complices, Dugomier et Ers. Le premier écrit cette histoire de trois jeunes refusant de se plier aux dictats des anciens. Pour Hina, la fille aux cheveux bleus et au percing dans la lèvre, pas question d'endosser l'uniforme de cette école privée. Bastien a des dreadlocks. Il refuse de les couper. Il se les fera raser dans une agression sordide. Enfin Boris au début joue le jeu. Mais face à la bêtise de certains il préfère rejoindre le clan des frondeurs. Le tout ne peut fonctionner qu'avec des « méchants » dignes de ce nom. Et dans la catégorie, vous ne serez pas déçu par Hell School.
« Hell school » (tome 1), Le Lombard, 10,60 €

dimanche 27 janvier 2013

Billet - Petite amie au kilo en vente sur Facebook


Un sentiment de solitude vous étreint ? Sur Facebook, votre statut de « célibataire » vous mine ? Pas de problème, achetez-vous une fausse petite amie. Oui, ça aussi c'est possible sur internet. Il n'y a que les idiots pour croire que ce qui est sur les réseaux sociaux est la stricte vérité. La grande majorité des utilisateurs enjolivent leur vie. Plusieurs sociétés ont découvert ce nouveau marché et s'engouffrent dans la brèche. Pour quelques dollars payés à une société brésilienne vous serez « en couple » avec une jolie fille tout ce qu'il y a de plus virtuel. Elle vous fera passer des petits mots doux sur votre mur, likera vos statuts. Il y a même l'option photo à deux (truquée, il va de soi), mais c'est un peu plus cher. Les sociétés vous proposent même des scénarios de rencontre. Vous partez en voyage (totalement virtuel lui aussi), rencontrez la belle autochtone qui succombe à votre charme. Avantage : la distance vous dispense de la présenter physiquement à vos amis. Enfin si vous en avez...

Parfois on peut douter de la santé mentale des hommes (le service ne propose que des girlfriends) prêts à payer pour s'afficher avec une femme. Qui cherchent-ils à tromper ? Leur entourage ou eux ? Après il y a aussi les tordus, les amateurs de billards à double bande. Vous n'osez pas rompre directement avec votre petite amie. En prenant une maîtresse virtuelle sur Facebook, vous lui donnez une occasion de prendre l'initiative. Rassurez votre maman, désespérée de ne pas avoir de petits-enfants à choyer.
Achetez de la copine au kilo sur Facebook, c'est pas cher, c'est du vent !

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce samedi en dernière page de l'Indépendant

BD - Quelle est la valeur du Groom ?


Le personnage de Spirou fête cette année ses 75 ans. Mais il n'en est qu'à sa 53e aventure. Désormais animé par Vehlmann (scénario) et Yoann (dessin), le groom rouge, mascotte des éditions Dupuis, va se frotter au grand capitalisme. Le journal qui emploie Spirou perd un procès intenté par des parents scandalisés par l'immoralité de sa dernière aventure. L'amende est salée. C'est la faillite. 
Heureusement un riche mécène investit dans l'entreprise. Spirou, en acceptant ces fonds de la Vipère, se vend, littéralement, à ce milliardaire sans scrupule. Le héros est transformé en animal de compagnie.
Une aventure dans l'air du temps, sur les méfaits de l'argent roi. La première édition bénéficie d'une rutilante couverture argentée.
« Spirou et Fantasio » (tome 53), Dupuis, 10,60 €


samedi 26 janvier 2013

BD - Tuer, toujours tuer...



Très difficile la reconversion professionnelle du héros de la série écrite par Matz et dessinée par Jacamon. Riche, il n'a plus besoin de travailler pour subvenir aux besoins de sa petite famille. Mais il est des métiers plus difficiles que d'autres à abandonner. Le Tuer reprend donc du service, plus par désœuvrement que par nécessité. Il se met au service d'un ami colombine devenu ministre. Pour favoriser son accession au sommet de l'État, le Tueur va « éliminer » quelques obstacles. Nouveau cycle pour cette série de plus en plus littéraire. La voix intérieure du Tueur est parfaitement retranscrite par Matz qui ferait mieux d'écrire un polar plutôt que de la BD ou des jeux vidéo.
« Le tueur » (tome 11), Casterman, 10,95 €

Billet - Mot-dièse et gazouillis


Dans cette chronique sur les aléas du monde virtuel, j'utilise parfois des mots incompréhensibles pour les non-avertis. Dès qu'il est question de Twitter, le problème du hashtag se pose. Hashtag qu'es aquo ? A plusieurs reprises, dans un souci de clarification, je me suis rabattu sur le terme de mot-clé. Mais les initiés sont accro au hashtag (d'ailleurs il y a hash dans hashtag...)

Le gouvernement français, face à l'urgence de la situation et l'importance du sujet, décide de légiférer sans même passer par la case parlement ou référendum. Dans le Journal officiel de mercredi, page 1515, à la rubrique « Vocabulaire des télécommunications et de l'informatique », il est recommandé d'utiliser « mot-dièse » à la place de « hashtag ». Dans sa grande bonté, le législateur en précise même le pluriel (mots-dièse) et en donne la définition exacte : « Suite signifiante de caractères sans espace commençant par le signe # (dièse), qui signale un sujet d'intérêt et est insérée dans un message par son rédacteur afin d'en faciliter le repérage. » Exit le hashtag, bienvenue au mot-dièse. Enfin, ça c'est dans le monde parfait des bureaucrates qui ressemble parfois à celui des Bisounours.
Les utilisateurs de Twitter ont  vite rangé l'idée aux oubliettes. Mot-dièse est un néologisme mort-né. Même certaines des plus belles trouvailles n'arrivent pas à s'imposer en français. Pour preuve, pourquoi toujours utiliser le mot  « tweet » alors que « gazouillis », en référence à l'oiseau bleu symbolisant ce réseau social, est tellement plus joli ? 

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue jeudi en dernière page de l'Indépendant.

BD - Triste voyage en famille


Léa est belle. Léa est jeune. Léa a du succès. Auprès des hommes, du public de son émission à la télé. Léa a tout pour être heureuse. Jusqu'à ce jour où sa tante lui annonce la mort de son père. Durant quelques jours, Léa va mettre sa vie entre parenthèses et tenter de comprendre pourquoi rien n'a jamais marché entre elle et ce père, médecin généraliste, toujours absent. 
Elle va fouiller dans la grande maison de famille, y retrouver des traces de son enfance et cette piscine, a jamais abandonnée aux grenouilles. Une histoire émouvante de Zidrou, mis en images, avec simplicité et rigueur, par Benoît Springer.
« Le beau voyage », Dargaud, 14,99 €

jeudi 24 janvier 2013

BD - Crève saucisse ou la vengeance du cocu immergé



Aimer la bande dessinée peut vous amener à faire les pires bêtises. Prenez Didier, le héros de « Crève Saucisse » de Pascal Rabaté et Simon Hureau. Il adore la BD. Son salon en est rempli. Classiques ou modernes. Une véritable passion. 
Ce boucher jovial, marié et père d'un petit garçon a tout pour être heureux. Si ce n'est le désamour de sa femme. L'été dernier, en vacances, elle a craqué. Pendant que Didier pêchait tranquillement en bord de mer, elle le trompait avec un ami d'enfance. Rabaté, habitué aux peintures sociales grinçantes, aborde le vaudeville avec son sarcasme habituel. 
Le boucher, cocu, se défoule dans la chambre froide. Armé de son plus beau hachoir, il lacère les carcasses de bœuf en hurlant « Crève salaud ! » Surpris par son gamin, il transforme son imprécation en « Crève saucisse » qui donnera son titre à l'album. De plus en plus amer, le boucher va trouver dans une de ses BD l'idée géniale qui lui permettra de se venger et de retrouver l'amour de sa femme. Un Gil Jourdan de Tillieux dont quelques extraits sont redessinés par Hureau.
« Crève saucisse », Futuropolis, 17 €

mercredi 23 janvier 2013

Billet - Une place Joe Strummer à Grenade en Espagne


Ça pétitionne à tour de bras sur Facebook. Et souvent avec efficacité. Pour preuve la municipalité de Grenade en Espagne a accepté de baptiser une place de la ville du nom de Joe Strummer, leader emblématique des Clash. Une initiative d'Ideal, un journal local, relayée par un profil Facebook. Avec plusieurs milliers de signatures en soutien, le principe de donner le nom du chanteur de « London Calling » à un lieu près de l'Alhambra est acté en conseil municipal. La semaine dernière, la « Plaza Joe Strummer » est officiellement inaugurée, « un espace terreux bordé de deux rangées de pins luxuriants. On peut s’y asseoir pour contempler la majestueuse Sierra Nevada » explique Ideal. 

Pas sûr que cet éternel rebelle ait apprécié le geste. Les Clash n'ont jamais été dans le consensus. Une aversion à toute forme d'autorité qui ferait passer aujourd'hui Pete Doherty pour un agneau et renvoie Manu Chao sur l'échiquier politique vers le Modem de François Bayrou. Excessif, visionnaire et révolutionnaire, Joe Strummer incarne tout un pan de cette génération des années 80-90 rejetant en masse le moule dans lequel la société de consommation veut la fondre. 
L'hommage de Grenade est cependant logique car dans « Spanish Bombs », un des titres de « London Calling » élu meilleur album rock de tous les temps,  Joe Strummer parle du bombardement de la ville durant la guerre d'Espagne et de la mort de Federico Garcia Lorca. Ce poète a hanté le chanteur punk. Ils se retrouvent, pour l'éternité, dans cette Andalousie brûlante.

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce mercredi en dernière page de l'Indépendant.