mardi 14 mars 2023

De choses et d’autres - Carrousel de dessert


Le site TasteAtlas est devenu la référence en matière de comparaison d’alimentation. Son classement le plus connu est celui des cuisines du monde. L’italienne domine de la tête et des épaules devant la Grèce et l’Espagne. La France n’est que 9e, devant la Chine, mais derrière les USA…


Cela semble assez peu crédible, pourtant le classement est certifié. Les doutes semblent justifiés quand on découvre le classement mondial des pâtisseries. S’il est bien un secteur où l’on excelle au pays du petit-déjeuner sucré, c’est celui-là. Et pourtant. En tête on trouve le Pastel de Belem ou Pastel de Nada. Originaire du Portugal, ce flan aux œufs est présenté dans une pâte feuilletée.

Juste derrière, la focaccia di Recco, tourte à la pâte fine garnie de fromage fondant. Un peu moins dessert (c’est légèrement salé), mais délicieux, j’admets.

Mais alors les viennoiseries françaises, où sont-elles ? Il faut descendre jusqu’à la 9e place pour voir apparaître un bout de croissant. Et jusqu’à la 21e pour découvrir un second produit français, le Paris-Brest. Comme si la pâte à choux croquante garnie de crème mousseline pralinée était moins délicieuse qu’un bougatsa grec et sa crème de semoule.

On trouve ensuite l’éclair pour satisfaire nos papilles chauvines et une dernière spécialité à la 45e place (sur 50), ce qui confirme que ce classement est une vaste farce.

Car, dans les profondeurs du classement on découvre avec stupeur que TasteAtlas propose une spécialité qui n’existe même pas ! Le pain au chocolat ne peut pas être 45e. Le pain au chocolat est un simulacre, une escroquerie. Par contre, dans mon classement personnel, la chocolatine remportera toujours la première place.

Billet paru en dernière page de l’Indépendant le mardi 7 mars 2023

lundi 13 mars 2023

Cinéma - “Sacrées momies” chantantes

Un film d’animation espagnol de Juan Jesús García Galocha

Nefer et Thut, les deux héros de ce film entre action et comédie musicale. 
Crédit :  4 Cats Pictures

Si Disney a déserté les salles de cinéma pour étoffer son offre de streaming sur la plateforme Disney +, le public jeunesse n’est pas en manque de productions originales et souvent de qualité.

Ces dernières semaines, deux films ont occupé le terrain et dépassé les 700 000 entrées. Pattie, la production de la société occitane TAT et Sacrées momies, film espagnol confectionné en grande partie à Barcelone.

Si le premier s’intéresse à la civilisation grecque, le second plonge les petits spectateurs dans le monde égyptien des momies et pharaons. Le scénario est signé Jordi Gasull à qui l’on doit déjà les aventures de Tad. De nos jours, un archéologue découvre une tombe égyptienne. Elle communique avec le monde parallèle des momies. Une reproduction de l’Egypte des Pharaons, mais tous les habitants sont des momies.

Nefer, la fille du pharaon, espiègle et éprise de liberté, refuse de se marier. Elle veut devenir chanteuse. Son père en appelle aux dieux qui désignent Thut comme prétendant. Un ancien conducteur de char de course. Quand le méchant explorateur dérobe un objet sacré, Nefer, Thut, son petit frère et Croc, un crocodile apprivoisé, vont le suivre jusqu’à Londres pour reprendre leur bien.

Une aventure bourrée de péripéties, ponctuées de chansons dont quelques-unes originales. L’ensemble est d’une remarquable qualité, au point que c’est Warner qui a distribué le film, partout dans le monde. Sacrées momies (de même que Pattue) est toujours à l’affiche dans plusieurs cinémas du département. L’occasion de passer un bon moment en famille.

 

Cinéma – Un humain derrière la carapace mortelle de “The Whale”

Un obèse vit ses derniers jours dans son appartement. Comment en est-il arrivé là ? Un film poignant de Darren Aronofsky avec une composition magistrale de Brendan Fraser.

Il est beaucoup question d’enfermement dans The Whale, film de Darren Aronofsky avec Brendan Fraser dans un rôle hors normes. Enfermement dans un appartement pour fuir la société. Enfermement dans un corps devenu piège mortel. Enfermement dans les dogmes religieux pour ne pas avoir à décider par soi-même. Enfermement dans la haine après un abandon.

Tout le film se déroule dans l’appartement de Charlie (Brendan Fraser), un professeur d’anglais qui donne des cours sur le net. Charlie ne veut plus sortir de chez lui. Ne peut plus. Devenu obèse, il se déplace difficilement de son fauteuil, à son canapé, à sa chambre. Avec arrêt à la cuisine pour engloutir des kilos de nourritures surchargées en graisse ou sucre.

Suivi par Liz (Hong Chau), une infirmière devenue sa seule amie, il est sauvé par Thomas (Ty Simpkins) quand ce jeune prédicateur le découvre en train de subir les débuts d’une crise cardiaque. Le diagnostic de Liz est sans appel : sans une hospitalisation immédiate, il ne passera pas la semaine. Charlie refuse, préférant rester seul, dans son appartement, toujours dans l’obscurité, à ressasser son malheur. Car si Charlie s’est transformé en cette baleine quasiment incapable de bouger, c’est après le suicide de son compagnon.

Une fille cruelle 

Sentant effectivement qu’il n’en a plus pour longtemps, il décide de faire ce qu’il n’a pas osé depuis 8 ans : téléphoner à sa fille, Ellie (Sadie Sink). Il ne l’a plus vue depuis ses huit ans, quand il a abandonné son foyer pour rejoindre son étudiant et faire un coming out retentissant. Quand Ellie pénètre dans cet appartement, l’adolescente est décidée à régler ses comptes. Elle sera cruelle pour ce père qu’elle trouve répugnant. Charlie va encaisser, tenter de voir le bon côté des choses : sa fille est intelligente, géniale... Mais cruelle.

Œuvre forte et inclassable, The Whale coche toutes les cases du chef-d’œuvre. Le scénario, tiré d’une pièce à succès, est limpide, servi par un casting au diapason des dialogues. Au niveau interprétation, on est bluffé par Brendan Fraser en obèse qui culpabilise mais ne peut calmer cette boulimie maladive. Même sur le côté santé le film est pointu, décrivant sans fausse pudeur le quotidien de cet homme XXXL mais tellement amoindri.

Et on a droit aux scènes quasi pornographiques de Charlie se jetant sur du poulet frit ou des pizzas dégoulinantes. Sans oublier le passage sur la rédemption, mise à mal malgré l’intervention du jeune prédicateur.

Et l’amour dans tout ça ? Finalement, il est omniprésent par l’entremise de Liz, l’infirmière et aussi Ellie, la jeune fille cruelle mais parfois pour de très bonnes raisons.

Film américain de Darren Aronofsky avec Brendan Fraser, Sadie Sink, Ty Simpkins, Hong Chau
 

dimanche 12 mars 2023

Cinéma - Assumer “De grandes espérances”

On exige de plus en plus des hommes et femmes politiques une exemplarité à toute épreuve. Comme si pour embrasser une carrière gouvernementale il fallait être aussi blanc qu’un ange, pouvoir être canonisé sur-le-champ. Dans la vraie vie, il ne se passe pas une semaine sans qu’un petit scandale ne vienne secouer le microcosme : délit d’initié, fraude fiscale, petits cadeaux entre amis…

Rien de bien grave souvent, mais suffisamment pour provoquer une démission voire une fin de carrière derrière les barreaux d’une prison pour VIP dans les cas les plus extrêmes. Le film de Sylvain Desclous traite sans prendre de pincettes de cette problématique. Avec un cran au-dessus en ce qui concerne le délit originel.

Madeleine (Rebecca Marder) et Antoine (Benjamin Lavernhe) préparent l’ENA. Ils ont de grandes espérances pour la suite de leur parcours professionnel. Fils d’un riche avocat, c’est une suite logique pour Antoine. Par contre, Madeleine vient de la banlieue de Lyon, d’un milieu ouvrier. Ils sont en couple et passent quelques jours de vacances dans une superbe villa.

Sur le chemin de la plage, Antoine peste derrière une voiture trop lente. Il klaxonne, finit par la doubler et fait un doigt d’honneur au conducteur. Quelques centaines de mètres plus loin, la voiture revient en trombe et bloque le véhicule d’Antoine et Madeleine. La querelle dégénère, un fusil de chasse est brandi. Madeleine, pour défendre Antoine, s’empare de l’arme et tue le conducteur irascible. Les grandes espérances vont-elles disparaître avec ce fait divers sordide ?

Antoine et Madeleine décident de prendre la fuite après avoir dérobé l’arme. De retour à Lyon, Antoine disparaît, il ne va même pas à l’oral de l’ENA. Madeleine si, prend sur elle, mais craque en plein entretien. Malgré cet échec, elle va trouver un poste de conseillère auprès d’une députée. Tentant d’oublier Antoine qui se fait discret en prolongeant ses études aux USA, elle se lance à corps perdu dans la politique de terrain, menant de front des recherches sur le monde du travail et s’impliquant pour permettre à des ouvriers de reprendre une usine menacée de fermeture. Mais quand Antoine réapparaît, Madeleine sait que tout va changer et que son meurtre sur une route de Corse pourrait mettre à mal son début de carrière brillant.

Ce thriller dans le milieu sans pitié de la politique française est mené de main de maître par Sylvain Desclous, expert en la matière. Il a notamment réalisé un documentaire sur une élection locale, La campagne de France.

Un film qui permet une nouvelle fois de faire prendre conscience au public que la grande révélation de ces deux dernières années reste Rebecca Marder, parfaite dans le rôle de cette femme forte, prête à tout pour changer la vie. Après Simone ou Mon crime, c’est une nouvelle palette du talent de l’ancienne sociétaire de la Comédie française qui explose à l’écran.

Film français de Sylvain Desclous avec Rebecca Marder, Benjamin Lavernhe, Emmanuelle Bercot.


 

Cinéma - “Mon crime” ou la belle revanche des femmes

Joyeuse fable féministe se déroulant dans les années 30, “Mon crime” de François Ozon, est la comédie à ne pas manquer en ce mois de mars.

Deux jeunes actrices en tête de distribution de ce film français grand public : Mon crime de François Ozon affiche la couleur. En propulsant les très talentueuses Nadia Tereszkiewicz et Rebecca Marder dans les rôles de Madeleine la comédienne et Paulette l’avocate, il prend le pari de la nouveauté, tout en jouant sur une suite de casting prestigieuse. Une démarche logique au regard de la philosophie très féministe et « girl power » de ce film pourtant librement inspiré d’une pièce de théâtre des années 30.

Madeleine et Paulette vivotent à Paris. La première, blonde vaporeuse, comédienne, n’arrive pas à décrocher le grand rôle qui la lancerait au théâtre. La seconde, brune à la langue bien pendue, avocate, ne trouve pas le moindre client qui ose faire confiance à une femme. Cela fait quelques mois qu’elles ne peuvent plus payer leur loyer. Madeleine est encore plus déprimée après qu’un producteur a tenté d’abuser d’elle en échange d’un petit rôle. Le lendemain, un policier débarque à l’appartement. Le producteur a été assassiné d’une balle dans la tête. Madeleine est la principale suspecte. Quand elle comprend que le scandale autour de cette affaire peut lui faire de la publicité, elle s’accuse du crime, persuadée que son amie Paulette parviendra à la faire acquitter.

Duo féministe 

Une comédie virevoltante, aux dialogues enlevés et personnages tous plus croquignolesques les uns que les autres. Car pour mettre en valeur les deux jeunes femmes en mal de revanche dans cette société où les mâles ont tous les droits, le réalisateur a fait appel à quelques célébrités qui ont accepté d’endosser le costume de beaux salauds. Fabrice Luchini est parfait en juge d’instruction sûr de son fait, persuadé que la découverte d’une coupable lui permettra enfin de faire décoller sa carrière. Son ami (Dany Boon), endetté auprès du producteur trucidé, sorte de copie onctueuse et dandy de Fernandel, ferait un coupable parfait. 

Le procureur (Michel Fau), lors du procès, est odieux et d’un machisme qui ferait aujourd’hui s’évanouir la moindre féministe, même encartée à En Marche. Reste le meilleur, la meilleure exactement, Isabelle Huppert, exubérante et grandiloquente dans les tenues éternellement kitsch d’une ancienne gloire du muet. Elle débarque telle une furie dans ce duo féministe qui tente le tout pour le tout afin de sauver une machination mal partie. 

Mon crime, tout en étant indirectement un hommage aux productions du siècle dernier, est un film moderne par son propos et son interprétation. Une réussite comme seul le cinéma français un peu ambitieux sait mener à bien.

Film français de François Ozon avec Nadia Tereszkiewicz, Rebecca Marder, Isabelle Huppert, Fabrice Luchini

 

samedi 11 mars 2023

Roman - « La Chouette d’or », véritable trésor introuvable

Une journaliste suisse se relance aux trousses de La Chouette d’or. Un jeu de piste et d’énigmes dans un roman qui se déroule en grande partie à Barcelone.


Si Isabelle Mayault, journaliste et autrice, vit en Suisse, c’est la ville de Barcelone qu’elle fait découvrir dans son nouveau roman, La Chouette d’or. Claudia, double de l’auteur, a une vision. Elle voit Beto, le Péruvien, dans le fauteuil de son salon. Quelques heures plus tard, son rédacteur en chef lui apprend que Bepo a été retrouvé assassiné dans son appartement de Barcelone.

Claudia s’envole immédiatement pour la capitale catalane pour relancer son enquête sur la Chouette d’or. Bepo, il y a 18 ans, aurait découvert cet objet au centre d’un jeu de piste et d’énigme. Affirmation qui reste au conditionnel. Claudia, devenu mère, va retrouver la Barcelone de sa jeunesse, quand elle était étudiante et vivait le parfait amour avec Omar.

Le roman, entre nostalgie, découverte de la ville d’aujourd’hui, visions fantomatiques et enquête policière, est foisonnant. On croise des épiciers romantiques, une star du Barça, un ancien footballeur de l’équipe de France et un journaliste de radio (tendance situationniste) reconverti en guide ornithologique.

On découvre aussi au détour des pages les états d’âme de Claudia, pas toujours rassurée dans les rues d’une Barcelone moins sympa que dans sa jeunesse : « En tant que femme, juive et journaliste de surcroît, elle ne se faisait pas d’illusions. Statistiquement, il y avait toujours quelqu’un, quelque part, qui avait envie de la massacrer. Elle aurait aimé vivre une journée dans un monde où ce ne serait pas le cas. […] Non, ce monde-là n’existerait jamais. Et dans ce monde-ci, elle était maudite trois fois. »

Enfin ce roman donne également une explication au fait que jamais personne n’a retrouvé la Chouette d’or. Car le jeu existe vraiment. Et l’explication donnée dans le roman devrait relancer les débats toujours enflammés sur les forums encore très actifs.

« La Chouette d’or » d’Isabelle Mayault, Gallimard, 21 €

 

Un cadre au placard, héros du roman « Le vestiaire américain » de Jean Desportes

Entendez-vous le chant de désespoir du cadre dynamique le soir dans les bureaux après des journées de travail de 15 heures ? Pourtant, Paul Delorme n’est pas du genre à gémir et à se plaindre. Cadre supérieur dans une société chargée d’auditionner les finances des grandes entreprises, il accomplit son travail consciencieusement et avec efficacité. C’est un peu sa marque de fabrique. Il manque d’originalité et de charisme, mais face à une montagne de chiffres ou de bilans comptables, il peut dénicher le grain se sable qui révèle au final un gros problème. Écrit par Jean Desportes, Le vestiaire américain, roman d’initiation, dresse le portrait de ce cadre qui voit son monde s’écrouler quand il se retrouve mis au placard.

Avant de comprendre comment le pire, pour un profil comme Paul, est arrivé, le lecteur va découvrir la vie de ce fils de bonne famille. Le portrait générique de toute une génération de jeunes Français, souvent très favorisés, passés par une grande école de commerce (l’Essec dans ce cas précis), habitués dès leur plus jeune âge à côtoyer l’élite de la nation. Après des études brillantes, il est recruté dans ce cabinet et commence un long chemin pour progresser dans les étages du building de la Défense. Un monde impitoyable, froid et austère. « Le cadre à la sensibilité assumée n’était pas encore né, la faute au CAC 40, bloc de virilité patriarcale à l’ancienne, où la gestion émotionnelle n’était pas du tout cotée. »

Carambouille et cambriolage 

Tel un robot, Paul enchaîne les journées de travail, chargé de faire l’évaluation de la santé financière d’un groupe d’armement français. C’est en explorant les résultats de la branche Moyen-Orient que Paul découvre la carambouille. Il en parle à ses supérieurs. Qui pour toute réponse lui demandent de prendre quelques jours de repos. Puis le rétrogradent en lui retirant le contrat.

Paul tente d’être positif, mais quand il découvre que son appartement a été cambriolé et qu’il se persuade d’être suivi, le roman de Jean Desportes prend un petit côté thriller économique des plus intéressant. Un texte dense, où le lecteur découvre, souvent effaré, les pratiques de cette grande bourgeoisie française. Les chapitres portant sur les études dans l’école de commerce sont parfois terrifiantes. L’auteur explique aussi longuement comment Paul a vécu une enfance sans père, toujours au travail et entre deux avions. Une réalité traumatisante qu’il résume par cette formule : « La plupart des parents élèvent leurs enfants. Moi j’ai plutôt le sentiment d’avoir été managé. » Un portrait noir d’un milieu opaque qui ne fait pas de cadeau à ses cadres qui ne marchent pas droit.

« Le vestiaire américain » de Jean Desportes, Éditions du Rocher, 20,90 €.

vendredi 10 mars 2023

De choses et d’autres - Get 27 ou Get 17,9 ?

Il faut toujours être attentif aux compositions des produits que l’on achète. Même ceux que l’on consomme depuis des années. Exemple avec le Get 27. Cet alcool à la menthe, parfait pour certains cocktails, a longtemps trompé son monde.


Tous les amateurs étaient persuadés que le 27 dans le nom de la boisson correspondait au taux d’alcool. Or j’ai récemment appris que ce chiffre avait une tout autre signification. Le 27 correspondrait au nombre de plantes (dont la menthe essentiellement) qui composent la recette originale qui a vu le jour à la fin du XVIIIe siècle dans une distillerie de Revel dans le Lauragais.

En réalité, depuis des décennies, le Get 27 affiche un taux d’alcool de 24 %. Si vous êtes un consommateur habituel de cette boisson, vous avez peut-être remarqué depuis l’automne dernier qu’elle n’avait plus le même effet. Vous auriez dû alors regarder avec un peu plus d’attention l’étiquette de la bouteille. En toute discrétion, le Get 27 est passé de 24 à 17,9 %.

Une volonté de la marque de moins alcooliser les consommateurs ? Pas du tout. Juste une histoire de gros sous. En réalité, les taxes spécifiques de l’État (en plus de la TVA à 20 %) sur les boissons alcoolisées sont fixées en fonction du taux d’alcool. Or, si ce dernier est inférieur à 18 %, la taxe est nettement moins importante. Avant, le producteur de Get 27 payait 579,96 euros par hectolitres.

Après passage à 17,9 %, la taxe ne s’élève plus qu’à 48,97 euros par hectolitres. Une belle économie. Mais qui semble n’avoir pas du tout été répercutée sur le prix de la bouteille.

Une politique tarifaire qui n’a pas plu à certaines enseignes de grandes surfaces qui ont carrément décidé de ne plus vendre la boisson verte mentholée.

Billet paru en dernière page de l’Indépendant le mardi 21 mars 2023

Polar - L’inconnue du port de Barcelone


Un cadavre exquis dans le port de Barcelone. On pourrait résumer ainsi le polar L’inconnue du port signé d’Olivier Truc et Rosa Montero. Le Français (Le dernier Lapon) et l’Espagnole (La fille du cannibale) ont participé à l’opération lancée par le festival Quais du polar de Lyon et les éditions Points. Ils ont imaginé cette histoire entre Lyon et la Catalogne.

Dans un container, un vigile découvre une femme en piteux état. Anna Ripoll, policière catalane, enquête sur cette amnésique. Ce serait une Française, résidant à Lyon. Le policier Erik Zapori va donc se rendre à Barcelone pour aider sa collègue.

Tout en se partageant les chapitres, les deux auteurs réussissent le tour de force de rendre l’ensemble vivant et cohérent. Une sombre histoire de trafic humain, avec des scènes plus vraies que nature dans plusieurs quartiers de Barcelone, du très dangereux Raval au moins pittoresque port de containers de la capitale catalane.

« L’inconnue du port », d’Olivier Truc et Rosa Montero, Points, inédit, 6,90 €

jeudi 9 mars 2023

De choses et d’autres - Faux abonnés, vrai symbole

Le déclenchement du 49.3 pour faire passer la réforme des retraites a provoqué une nouvelle crispation sur les bancs de l’Assemblée nationale. Pourtant, il y a encore des Français qui s’amusent d’une situation politique que l’on pourrait qualifier de « compliquée » en parodiant les statuts amoureux de Facebook.

C’est notamment par l’entremise des réseaux sociaux que des plaisantins ont tenté de dédramatiser la situation en se moquant, gentiment, de la Première ministre. Un abonné de Twitter connu sous le pseudo de « EstChauve », constatant qu’Elisabeth Borne n’avait que 12 300 abonnés sur son compte Instagram, il a lancé un défi aux internautes : « Si ce tweet atteint 50likes, j’envoie 27k faux abonnés à Borne pour qu’elle ait exactement 49.3 k abonnés. » Quelques heures plus tard, le profil de la Première ministre affichait un très esthétique 49.3 juste à côté de son nom.

La preuve que sur le net les nombres d’abonnés ou de clics sont souvent trafiqués. Si « EstChauve » rit encore de sa bête blague qui ne lui aurait coûté que 10 euros en achat de faux comptes, chez les détracteurs de la réforme des retraites, ce 49.3 est une petite vengeance.

Mais temporaire. Les vigies du net ont remarqué que le nombre d’abonnés au compte d’Elisabeth Borne baissait sensiblement d’heure en heure. Mais moins vite qu’il n’avait engraissé. Certains ont spéculé sur la création d’une cellule de crise à Matignon.

Des petites mains chargées de nettoyer le compte de la patronne. Le boulot est fastidieux. Mardi, à 17 h 30, il y avait encore 24 200 abonnés.

Et pas de chance, quand ils en auront terminé, il leur faudra s’occuper du compte d’Olivier Dussopt. Lui aussi, mardi, affichait 49.3 k abonnés sur Instagram.

Billet paru le mercredi 22 mars 2023