mercredi 27 octobre 2021

Littérature jeunesse - Blanche, petite espionne royale

Les aventures des Mousquetaires ont longtemps fait rêver les petits garçons. Mais pourquoi les petites filles seraient exemptes de plaisir à lire les intrigues de la cour et les combats à l’épée ? Angélique Chevalier (pseudonyme d’une autrice italienne), répare cet oubli en lançant les aventures de Blanche, espionne de la Reine.

La gamine de14 ans, est dame de compagnie le jour, mais la nuit elle devient espionne pour cette même femme au tempérament très libre. Blanche, fille de Milady, croise la route de d’Artagnan et joue double jeu en infiltrant le réseau de Richelieu

C’est plaisant, assez didactique, entre action et romantisme, le tout agrémenté d’illustrations de Paola Antista

« Blanche, espionne de la reine », Angélique Chevalier, PKJ, 9,90 €

mardi 26 octobre 2021

BD - Schtroumpfs immaculés


Depuis leur reprise par plusieurs auteurs, les Schtroumpfs sont fidèles au rendez-vous chaque année. Un titre reprenant l’univers de Peyo, avec sérieux et fidélité. Pour cette 39e histoire des aventures des petits lutins bleus, l’ennemi vient du ciel. 

Au début, c’est une jolie chute de neige qui transforme les collines entourant le village en pistes de luge. Mais quand la tempête se renforce, la couche augmente et les petites maisons en forme de champignon vont être submergées. Et comme elles risquent de s’écrouler, tout le monde s’exile vers une tour fabriquée en pierres. Là, à l’étroit, les Schtroumpfs vont devoir prendre leur mal en patience. 

Une belle parabole sur le vivre ensemble, doublée d’une histoire sur un ermite qui finalement va retrouver le plaisir d’avoir des relations sociales.  

« Les Schtroumpfs » (tome 39), Le Lombard, 10,95 €

Polar - Bourgeoisie moisie et adepte des "Beaux mensonges"

Découverte sur le net, Céline de Roany a remanié son premier polar pour intégrer les collections des Presses de la Cité. Cette première enquête de Céleste Ibar plonge le lecteur dans les vicissitudes de la bourgeoisie nantaise. La patronne d’une usine de biscuits est retrouvée morte chez elle. Suicide ou homicide. La toute nouvelle enquêtrice va plonger dans un monde de faux-semblants, où tout le monde se connaît, se soutient ou se tire dans les pattes. Bienvenue chez les riches. L’intrigue permet de passer en revue quantité de portraits, de la substitut de procureur sous emprise au curé humanitaire en passant par le notaire avide de revanche car issu du milieu ouvrier

Le meilleur reste cependant la personnalité de Céleste Ibar, une flic vraiment différente, reconnaissable entre mille avec ses deux immenses balafres lui barrant le visage.

« Les beaux mensonges » de Céline de Roany, Presses de la Cité, 21 €


lundi 25 octobre 2021

Cinéma - La poésie pionnière de “First cow”


Le cinéma américain est une industrie. Mais pas toujours. Il existe parfois des réalisations qui donnent toute sa signification au terme « septième art ». En allant voir First cow de Kelly Reichardt, ne vous attendez pas à un western ou autre épopée sur la conquête de l’Ouest américain. Rapidement vous vous retrouvez plongé dans un long poème naturaliste aux images dignes des plus belles peintures du XIXe siècle. 

La beauté est de tous les plans, de toutes les attitudes, de la moindre scène anodine. Du très grand art à déguster avec délectation. Ce septième film de la réalisatrice américaine se déroule de nouveau dans son Oregon, état sauvage de la côte ouest. En 1820 c’est encore des forêts primitives. Dans ces bois souvent hostiles, des trappeurs tentent de survivre.

Cookie (John Magaro) est le cuisinier d’un petit groupe cherchant à rejoindre un comptoir. La nuit, il aide un homme en fuite, King Lu (Orion Lee) 

■ Lait et beignets 

 Quelques mois plus tard, ils se retrouvent dans une ville en plein essor. Une amitié va naître dans ce pays où tout semble permis. Les talents de cuisinier de Cookie alliés à la débrouillardise de King Lu vont leur permettre de se lancer dans le commerce de beignets. Seul problème, ces gourmandises que les trappeurs s’arrachent, sont réalisées avec le lait, qu’ils volent chaque nuit, de la seule vache des environs. 

 Film visionnaire, au tempo lent et grave, First cow explore la création des États Unis, avec en filigrane une explication du capitalisme triomphant et une certaine philosophie de la vie au jour le jour. Le tout sur des paysages sauvages à couper le souffle.

"First cow", film américain de Kelly Reichardt avec John Magaro, Orion Lee, Toby Jones

dimanche 24 octobre 2021

Série Télé - «Octobre», la saison des marrons au Danemark


Adaptée du roman de Soren Sveistrup, Octobre (paru chez Albin Michel puis au Livre de  Poche) fait partie de ces nombreuses séries nordiques sur Netflix parfaitement maîtrisées, déroulant une intrigue fouillée durant les six épisodes d’une heure sans le moindre temps mort. Octobre est le premier roman de Sveistrup, mais pas sa première série. Il s’est fait connaître avec The Killing (intégrale des trois saisons en DVD chez Universal) et dans la foulée s’est lancé dans l’écriture. Après un succès planétaire, Octobre le roman se trouve donc fidèlement adapté à la télévision. 

Classiquement l’intrigue tourne autour de deux flics. Thulin (Danica Curcic) est une excellente enquêtrice mais qui n’arrive plus à assumer son rôle de mère. Face à la crise de sa fille de 10 ans, elle demande sa mutation à la cybercriminalité. Elle doit avant cela s’occuper d’une affaire de meurtre. Une femme retrouvée attachée près de chez elle, une main coupée. Thulin, la solitaire, doit faire équipe avec Hess (Mikkel Boe Folsgaard, vu dans The Rain, toujours sur Netflix). Froid, obnubilé par l’enquête, il ne trouve pas de terrain d’entente avec Thulin. Quand le cadavre d’une seconde femme est découvert, l’hypothèse d’un tueur en série s’impose. D’autant que le meurtrier signe ses forfaits en laissant près des victimes des petits bonhommes fabriqués avec des marrons. 

L’ambiance, un peu glauque, est pourtant très prenante. Ces deux solitaires ont tout pour faire une bonne équipe. Mais jamais ils ne vont dans le même sens. C’est cet affrontement larvé qui fait tout le sel de la série en plus des nombreux rebondissements de l’intrigue, toujours de plus ne plus compliquée et semée de fausses pistes.

samedi 23 octobre 2021

Série télé - L’île de tous les cauchemars


Si vous avez le projet de vous installer dans une île isolée pour vous couper du monde trop violent, ne regardez pas, sur Netflix, Sermons de minuit avant. La mini série de Mike Flanagan vous découragera de vous retrouver, comme les quelques dizaines d’habitants du bout de terre où se déroule l’histoire, prisonnier d’un démon. Le créateur de la série (il écrit et réalise l’ensemble), abandonne les maisons hantées pour voir plus grand. Ce n’est plus une famille qui est aux prises avec des fantômes mais toute la communauté de Crockett Island

Le premier épisode présente les différents protagonistes. Comme un condensé de l’Amérique profonde. Riley (Zach Gilford) revient sur l’île après quatre années de prison. Ivre, il a tué une femme en provoquant un accident de la circulation. Son retour est mal vu par la majorité des habitants. Il retrouve Erin (Kate Siegel), son ancien amour de jeunesse, devenue institutrice de la petite école. Erin célibataire mais enceinte. Un état qui a du mal à passer auprès de Bev (Samantha Sloyan), sorte de bonne du curé, très pieuse, très écoutée par les paroissiens. Car tout le monde va à la messe le dimanche. Excepté le shérif, Hassan (Rahul Kohli) qui est musulman. Le père Paul, après un voyage à Jérusalem doit revenir. Mais un jeune prêtre arrive à sa place. Et du moment qu’il débarque, les événements étranges se multiplient. Mauvais ou bénéfiques. 

La série, en sept épisodes d’une heure, va crescendo dans l’horreur. Mais les scènes gore et terrifiantes ne constituent pas l’essentiel du programme. Au contraire, Sermons de minuit est passionnant avant tout pour ses dialogues longs et fouillés. Les tirades de Riley puis d’Erin sur comment ils imaginent ce qu’il y a près la mort méritent d’entrer dans l’anthologie des séries télé. Et comme sa précédente série, The Haunting of Hill House qui en regorgeait, il signe un plan séquence d’anthologie sur une plage de l’île digne d’être étudiée dans toutes les écoles du cinéma. Bref on frémit mais on prend aussi beaucoup de plaisir à cauchemarder sur l’île de Mike Flanagan. 


vendredi 22 octobre 2021

Cinéma en streaming - Évitez de croiser le chemin de Kate


Film japonais tourné par un Français avec des acteurs américains, « Kate » est un drôle d’objet cinématographique qui n’aura pas eu la chance de sortir en salles. Directement sur Netflix, cet action movie diffère un peu des autres par son ambiance et surtout sa fin. Sans doute la patte de Cédric Nicolas-Troyan, réalisateur originaire de Bordeaux, spécialiste des effets spéciaux qui travaille beaucoup au Japon. Kate, la tueuse implacable, est interprétée par Mary Elizabeth Winstead qui ne fait pas semblant dans les scènes de combat. Elle est en fin de carrière. Espère que c’est son dernier contrat. Mais tout dérape et elle a moins de 24 heures pour tenter d’honorer sa commande mais aussi se venger. 

Le film, sans le moindre temps mort, offre un rôle ambigu à Woody Harrelson (il adore ça) et fait découvrir une jeune actrice canadienne, Miku Patricia Martineau, parfaite dans la peau d’une adolescente japonaise torturée par ses origines : son père est un Yakusa impitoyable.

 

 


jeudi 21 octobre 2021

BD - Futur mécanique


Certaines séries de SF sont particulièrement abouties au niveau dessin. Elecboy de Jaouen Salaün est à placer dans cette catégorie, avec en plus une intrigue et un univers qui plaira aux amateurs de Mad Max. 


Dans un futur apocalyptique, les Humains tentent de survivre alors qu’une intelligence artificielle a pour but de les exterminer. Joshuah, le jeune héros, découvre dans le premier tome qu’il a des pouvoirs. 

Dans cette suite il va prendre conscience qu’il est différent des hommes et femmes qui survivent sur les ruines mécaniques de la civilisation passée. Tout dans la série est remarquable, du découpage et à l’avancée de l’intrigue (façon puzzle se mettant en place) aux dessins en couleur directe.  

«Elecboy» (tome 2), Dargaud, 14,50 € 


mercredi 20 octobre 2021

BD - Espé arrive à Gruissan avec son "Agence des invisibles"









Parmi les nombreux dessinateurs présents à Gruissan ces samedi 23 et dimanche 24 octobre au festival de la BD, Espé a deux nouveautés : le tome 11 de Château Bordeaux (Glénat) et surtout la première enquête de l'Agence des Invisibles (Philéas), nouvelle série lancée sur un scénario de Marc Lévy.

Avec deux nouveautés parues en septembre, on pourrait penser qu'Espé, dessinateur de BD originaire de l'Ariège et devenu un habitué du festival de Gruissan, est un stakhanoviste. S'il reconnaît "travailler vite", il explique cependant que c'est "un hasard de calendrier."

Si le tome 11 de Château Bordeaux (scénario de Corbeyran, Glénat) est un rendez-vous normal, sa toute nouvelle série L'agence des Invisibles a subi les contrecoups de la crise sanitaire. "On a commencé le travail sur la série en 2018. Après avoir adapté Sept jours pour une éternité de Marc Lévy, je me suis lié d'amitié avec lui. Et je l'ai poussé à imaginer un script original pour une série BD".


Quelques années plus tard c'est le grand saut dans l'inconnu avec cette première enquête, 80 pages parues chez la toute nouvelle maison d'édition Philéas du groupe Editis. "Marc a imaginé les membres de l'agence et écrit le script. Ensuite c'est Sylvain Runberg, scénariste de BD, qui a découpé l'ensemble."

Cela donne un gros volume, autonome, présentant les personnages principaux et leur entreprise si particulière. Il est expliqué en 4e de couverture que "l'Agence des Invisibles, menée par Norman Cooper et son ami Kuma Takara, retrouve la trace de personnes disparues au cours des grands conflits, depuis la Seconde Guerre mondiale jusqu'à nos jours, et reconstitue le déroulement des derniers jours de leur vie ainsi que les circonstances de leur disparition."

Ce premier récit lance ces pisteurs du passé sur les traces de Friedrich Müller, navigateur dans la Luftwaffe disparu avec son bombardier en 1941. Le premier tome, paru mi-septembre, devrait être suivi d'un second si les lecteurs sont au rendez-vous.

Humour trash dans Fluide Glacial

Un nouvel album qu'Espé devra caler entre ses autres productions. Notamment Chateau Bordeaux se déroulant dans le milieu de la viticulture. Le tome 11 intitulé "Le tonnelier", raconte la suite de la saga familiale d'Alexandra Baudricourt, propriétaire d'un domaine dans le Médoc. 


Presque un thriller économique qui permet également de présenter quelques facettes du monde de la viticulture. Dans cet album il est plus spécialement question du métier de tonnelier et des particularités du cru Sauternes, un vin blanc liquoreux qui doit beaucoup à une petite rivière, le Ciron. 

Mais ce que'Espé aime le plus dans son métier de dessinateur, c'est de laisser libre cours à son humour que l'on pourrait qualifier de noir et caustique. Depuis quelques années il publie sur les réseaux sociaux des dessins ou gags.

"On m'a poussé à les présenter à Fluide Glacial, le magazine. Et ils ont plu au directeur de la publication, Olivier Sulpice. Résultat j'ai deux ou trois pages dans le magazine, un rêve pour moi, entre Goossens et Edika." Un album est programmé pour l'année prochaine reprenant les pages publiées chaque mois, avec peut-être quelques planches refusées car trop trash. "Je vais assez loin, reconnaît Espé. Et certaines idées sont refusées par le magazine qui a une véritable direction éditoriale. Mais c'est bien. J'ai plein d'histoires, de coquines à noires en passant par l'humour trash". Alors faisons notre maxime du titre de cet album en gestation : "Soyons sérieux, restons idiots !"  

mardi 19 octobre 2021

BD - Fantomar, héros franchement débile


Connaissez vous le fils de la jungle ? Il sévit depuis quelques mois dans les pages de Fluide Glacial et un premier recueil de ses aventures vient de sortir. Imaginé par Gad, Fantomar, le fameux fils de la jungle, est un culturiste aussi musclé qu’il est débile, c’est dire... 

Dans la jungle, il doit affronter des menaces terrifiantes comme des femmes-araignées, un crocotigre, trois touristes souls et, sa plus grande peur, des féministes. Concentré de testostérone, Fantomar a peu d’estime pour les femmes. Sauf quand elles acceptent de faire l’amour avec lui. Rassurez-vous cela n’arrive jamais car à lire cet album, la pire catastrophe qui pourrait arriver à l’Humanité serait que Fantomar puisse se reproduire.    

«Fantomar», Fluide Glacial, 12,90 €