jeudi 7 octobre 2021

Série Télé - « Braqueurs » devient une série sur Netflix


Film de Julien Leclercq sorti en 2016, Braqueurs se décline désormais sous forme de série sur Netflix. Six épisodes de 45 minutes survitaminés avec courses-poursuites, rafales d’armes lourdes et quantité de « méchants ». Du film original et de l’équipe de base, on ne retrouve que Sami Bouajila. Exit Guillaume Gouix, Youssef Hajdi et Kaaris. La série, en se déplaçant à Bruxelles, a puisé dans le vivier des jeunes talents. Tout débute par le braquage d’un lieutenant de la pègre. Deux jeunes filles, Liana et Shaïnez (Tracy Gotoas et Sofia Lesaffre), se font passer pour des escorts afin de dérober un smartphone à leur client. Mais finalement, en embarquant son sac, elles découvrent 8 kg de cocaïne. Une drogue qu’elles tentent de revendre. 

Rapidement les ennuis tombent sur ces gamines inconscientes du danger. Shaïnez est kidnappée. Or, la jeune fille est aussi la nièce de Mehdi (Sami Bouajila), le fameux expert en braquage. Récupérer la drogue est un jeu d’enfant pour lui, mais pour libérer Shaïnez, il devra accomplir un dernier gros coup : voler 300 kg de cocaïne à un baron de la drogue d’Anvers. 

On retrouve dans le scénario de Braqueurs, la même trame que celle du film, avec plus de personnages et d’intrigues mafieuses. Les braqueurs, au final, semblent les « gentils » de l’histoire tant les autres protagonistes intéressés par la drogue sont affreux. La réalisation est toujours aussi percutante, les cascades en voiture particulièrement spectaculaires. Et dans cette orgie d’action, un personnage plus humain et posé émerge, Sofia (Nabiha Akkari, vue dans Le bureau des Légendes), cousine et comptable du ravisseur de Shaïnez.

mercredi 6 octobre 2021

Série télé - Squid Game, jouer avec la mort


Attention, série brillante et originale mais aussi, et surtout, très violente et donc à ne pas mettre devant tous les yeux. Si les productions coréennes sont parfois longues, sirupeuses et très répétitives, Squid Game sort de ce cadre. Le concept a été imaginé il y a quelques années par Hwang Dong-hyuk pour un film. Il en a finalement tiré le scénario de cette série qui est devenue la première production coréenne à se retrouver à la première place des programmes de Netflix sur l’ensemble des pays couverts par la plateforme de streaming. Ce thriller aux scènes parfois insoutenables, est également une critique sociale percutante. Car loin du miracle économique, des millions de pauvres subsistent difficilement dans ce pays ou le capitalisme triomphe. Des hommes et femmes couverts de dettes, prêts à tout pour effacer leur ardoise. C’est le cas de

Seong Gi-Hun (Lee Jeong-jae), chômeur vivant chez sa mère, incapable de rembourser ses dettes, dévoré par le démon du jeu. Quand un inconnu lui propose de participer à un nouveau jeu, avec une cagnotte énorme à la clé, il accepte. C’est le début du cauchemar pour le candidat 456. Sur une île coupée de tout, les joueurs sont enfermés et doivent remporter des parties de jeu d’enfant sous peine d’élimination. Ne plus gagner le pactole mais surtout être abattu froidement par les gardiens de ce qui devient une véritable boucherie. Au cours de 9 épisodes d’une heure, on fait connaissance avec les autres concurrents qui se rapprochent de Seong Gi-Hun. Une jeune réfugiée de Corée du Nord, un ambitieux cadre supérieur, un mafioso pour qui tricher est comme respirer, une folle hystérique, un travailleur Pakistanais ou un vieux papi inconscient, comme s’il était de retour en enfance. Le sadisme des organisateurs semble sans limites. 

Le téléspectateur, lui, est captivé par ces jeux mortels, et tente de comprendre (souvent en vain) comment ces hommes et femmes tiennent psychologiquement. 

Une série qui change aussi par sa fin, loin d’être consensuelle et prévisible. 


mardi 5 octobre 2021

DVD et BluRay - « The Father » à redécouvrir en vidéo


Florian Zeller a frappé un grand coup en signant « The Father » (Orange Studios). Deux oscars pour ce film tiré de sa pièce de théâtre dont un pour Anthony Hopkins qui interprète cet homme âgé qui perd la tête. Autoritaire et strict il tente d’imposer ses vues à sa fille (Olivia Colman), de plus en plus dépassée par les événements. Toute la force du film est de placer le spectateur dans la tête du malade. Il vit des moments évidents, contrariés quelques minutes plus tard. 

La réalité prend plusieurs formes quand on souffre d’Alzheimer. Ces moments que l’on croit réels se révèlent finalement n’être qu’une construction de notre esprit. Et quand un éclair de lucidité fait son apparition, c’est aussi toute notre déchéance qui s’impose à notre conscience. Par chance, cela ne dure jamais longtemps. La sortie en vidéo du film offre en bonus trois scènes coupées.


lundi 4 octobre 2021

BD - Alix explorateur


Si au début, imaginer les aventures d’un Alix vieux a laissé sceptiques nombre d’amateurs de la série historique de Jacques Martin, désormais il ne doit plus y avoir beaucoup de détracteurs. Alix Senator avec Valérie Mangin au scénario et Thierry Desmarez au dessin est devenu un classique du genre. 


Dans ce 12e tome, Alix doit aider Enak, son vieux compagnon, à se libérer du joug des adorateurs d’Osiris. Pour cela ils doivent remonter le Nil, presque jusqu’à sa source, pour découvrir la nécropole de ces Dieux géants. Les deux héros doivent ramener les ossements de ces géants qui les premiers ont construit les pyramides. La remontée du Nil et la rencontre avec les peuples locaux sont source de nombreux contretemps. Et à l’arrivée, c’est tout autre chose que les héros vont découvrir pouvant les conduire vers les portes de l’Atlantide

« Alix Senator » (tome 12), Casterman, 13,95 €

dimanche 3 octobre 2021

BD - D’un espace à l’autre grâce à "Téléportation inc."


Suite des aventures spatiales de Lubia et Anarchon. Tous les deux agents de la Téléportation Inc., ils sont sur la piste de transferts clandestins. Dans ce futur très lointain, se faire téléporter d’un astre à un autre n’est pas gratuit. Et très réglementé. Eux sont surtout des chasseurs de mauvais clients. 


Après une présentation de cet univers dans le 1er album, les auteurs, Latil au scénario et Sordet au dessin, développent l’intrigue principale. Une sombre histoire de complot avec traitre à la clé. On apprécie toujours autant les nombreuses trouvailles pour utiliser la queue peu docile d’Anarchon, un extraterrestre de la race Duagin, sorte de grand lézard humanoïde. 

« Téléportation inc. » (tome 2), Bamboo Drakoo, 14,50 €

samedi 2 octobre 2021

BD - Combattantes exemplaires


Si Daesh, en Syrie et en Irak, a perdu, c’est aussi en partie grâce à l’abnégation des Kurdes. Parmi eux, les femmes ont toujours tenu une place importante. Ces nouvelles Amazones sont au centre du roman graphique de Clément Baloup tiré des nombreux reportages ces dernières années de Mylène Sauloy


Elle y explique qu’en plus d’une guerre de libération territoriale, le combat des Ayalas va vers une société féministe et écologiste. Car dans cette région tiraillée par les appétits de religieux prônant avant tout le patriarcat, ces femmes qui ont pris les armes, veulent avant tout se libérer de ces carcans. Un album très instructif sur une cause qui est parfois oubliée aujourd’hui que la menace islamiste a fortement diminué dans la région.  

« Les filles du Kurdistan », Steinkis, 20 €

vendredi 1 octobre 2021

Témoignage - Gérard Haddad écrit à sa bien-aimée disparue

Témoignage exceptionnel de rigueur et de tendresse que celui de Gérard Haddad. Ce psychologue et psychanalyste, également écrivain, raconte la fin de vie de son épouse, Antonietta. Exactement il décide de lui écrire des lettres alors qu’elle n’est plus là. Elle n’est pas morte, mais la maladie d’Alzheimer lui a enlevé parole et sensations. Surtout, elle a tout oublié de leur vie commune de 50 ans. 

Dans ce récit Gérard Haddad se dévoile. Comment il est tombé amoureux de cette jeune étudiante, vive et hyperactive. Comment ils ont décidé de vivre ensemble, partageant tout. L’équilibre qu’ils ont trouvé dans leur vie d’intellectuels, entre France, Italie et Israël. Une trop belle histoire que la maladie vient briser. « Je pensais que nous vieillirons du même pas, c’était la belle promesse du soir que j’espérais, et que la mort nous saisirait ensemble. Le sort, dans sa méchanceté, ne l’a pas voulu. » Les premiers signes sont diffus. Et le mari, souvent, refuse de les voir. 

Comme ces dernières vacances passés en Italie, dans le petit village de Monterosso dans les Cinque Terre. Antonietta, d’ordinaire si joyeuse et active, refuse de se baigner, rechigne aux découvertes. C’est après cet été qu’en plus de l’esprit, son corps lâche. Gérard Haddad raconte sans fard ces mois au cours desquels il doit être présent en permanence, s’occuper de cette femme d’ordinaire totalement indépendante comme un enfant. Jusqu’à la changer et la préparer pour la nuit. C’est pourtant dans cette épreuve que Gérard Haddad se découvre et signe les plus belles pages de cet amour infini : « Cette horrible maladie me faisait accéder au pur amour que tu voulus m’enseigner depuis le premier jour et que je ne sus recevoir qu’au moment de ce désastre. […] Notre amour que je croyais fané avait ressurgi, triomphant, vainqueur, infini. » Quelques mois de répit. 

La fin du livre est très dure, comme la lente extinction d’une femme qui a toujours été une lumière dans la vie de l’auteur. 

« Antonietta, lettres à ma disparue » de Gérard Haddad, Éditions du Rocher, 16,90 €

jeudi 30 septembre 2021

BD - Monde éternel


La fin du monde ? Pure spéculation de colapsologues mal embouchés selon l’homme du couple de cet album de gags imaginés par Tronchet. La femme par contre est persuadée qu’il faut se préparer. 

Cette dualité permet des confrontations aussi ubuesques que tragicomiques entre M. et Mme. Lui, ce qui lui importe c’est que la connexion internet soit bonne. Et qu’il y a toujours que papier toilette. Elle sait qu’il faudra vivre à la campagne en autosuffisance. Alors si la fin du monde est inéluctable, êtes-vous prêt pour en rire ? 

« Les catastrophobes », Fluide Glacial, 12,90 €

Série Télé - Cobayes de luxe dans « Nine perfect strangers »


Les centres de remise en forme ont le vent en poupe. Parfois très efficaces, ils permettent aussi à quelques escrocs de faire de substantiels bénéfices avec quelques artifices. Et puis il y a Tranquillum, lieu à l’écart de tout, imaginé et dirigé par la très intrigante Masha (Nicole Kidman). Nine Perfect strangers, série, diffusée actuellement sur Amazon Prime Vidéo au rythme d’un épisode par semaine, raconte le séjour à Tranquillum de neuf personnes venues de différents horizons. Un couple, une famille (parents et fille) et des individus, souvent mal dans leur peau, cachant des secrets inavouables. 

Neuf « cobayes » sélectionnés par Masha qui est persuadée que c’est l’alchimie du groupe qui va permettre à chacun d’aller mieux. Mais rapidement l’ambiance se dégrade, les accrochages entre patients se multiplient et seuls les smoothies servis au petit-déjeuner (et bourrés de drogues psychotropes), permettent de poursuivre l’expérience. Si Nicole Kidman en grande prêtresse est moyennement convaincante, par contre tous les autres participants de la série sont formidables dans leurs interprétations de ces grands écorchés vifs. 

Melissa McCarthy, comique de service, sait jouer la romancière désespérée. Bobby Cannavale, en ancienne gloire du foot tombée dans l’oubli après une blessure, est très convaincant. Regina Hall, l’enthousiaste de service, toujours partante pour les activités et résolument optimiste cache au fond d’elle une violence sans limite. Reste le cas de Lars (Luke Evans). Ce journaliste d’investigation tente de découvrir qui se cache derrière Tranquillum. Mais lui non plus n’est pas forcément équilibré dans sa tête. Au fil des épisodes, cela devient de plus en plus extrême. Une tension savamment orchestrée par le concepteur de la série, David E. Kelley

mercredi 29 septembre 2021

BD - Les monstres de la brume


Suite de "Créatures", cette très réussie série fantastique écrite par Betbeder et dessinée par le très doué Canadien Djief. Entre Seuls et Stranger Things, découvrez le New York d’après l’apocalypse


Une brume transforme les adultes en zombies en quête de sucre. Les enfants sont parfois épargnés. La petite bande menée par Chief tente de survivre. Mais l’origine de la brume, une sorte de créature alien, semble très attirée par Minus, un gamin aux pouvoirs encore insoupçonnés. C’est passionnant, plein de rebondissements et chaque album court sur 72 pages. 

« Créatures » (tome 2), Dupuis, 12,50 €