lundi 6 septembre 2021

Disparition de Jean-Paul Belmondo - En 1975 à Perpignan, Bébel produit et joue dans L’Alpagueur de Philippe Labro

Durant le mois d’octobre 1975, Jean-Paul Belmondo tourne plusieurs scènes de L’Alpagueur, polar écrit et réalisé par Philippe Labro. L’acteur a décidé de créer sa propre société de production pour donner des rôles en or à Bébel.

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Jamais il ne se sera fait doubler. Jean-Paul Belmondo aimait assumer de bout en bout les défis physiques imposés par les rôles qu’il choisit. Comme Jean Marais quelques années auparavant, il n’hésite jamais à payer de sa personne pour rendre les prises de vue plus spectaculaires. Même si parfois c’est douloureux.

Dans « L’Alpagueur », polar réalisé par Philippe Labro en 1975 à Perpignan et ses environs durant une dizaine de jours (le reste du film a également été tourné à Rotterdam et en région parisienne), il doit courir derrière un camion-citerne de vin et monter sur la remorque en marche. Quatre prises sont nécessaires.

Dans un froid glacial, on est fin octobre. Belmondo ne rechigne pas. Pourtant il a passé une nuit affreuse. Il souffre d’une crise de sciatique aiguë due à une hernie discale. Même le réalisateur ne saura pas lors des prises de vue le degré de souffrance enduré par sa vedette. Son médecin personnel a fait le déplacement et en secret de tous, il lui fait des piqûres pour supporter la douleur. Le film aurait pu être interrompu le temps des soins et du repos nécessaires. Mais Belmondo est un dur au mal. D’autant plus que sur ce long-métrage au budget conséquent, il est la vedette mais aussi le producteur. Un double rôle qui le pousse à prendre sur lui pour ne pas faire exploser le budget entièrement financé avec ses deniers personnels.

Au milieu des années 70, Jean-Paul Belmondo est au sommet de sa célébrité. L’acteur français, après des débuts tonitruants dans les films de la Nouvelle Vague, s’est orienté vers un cinéma plus commercial, entre comédie et action. Pas toujours satisfait des scénarios qu’on lui propose ni des cachets qu’il tire des succès astronomiques de réalisations qui lui doivent tout, il crée sa propre société de production, Cerito, et devient une star doublée d’un patron. Pour le premier film entièrement monté par sa maison de production, Bébel fait appel à Philippe Labro. Le journaliste et écrivain a toujours été attiré par le cinéma. Il tente de transposer à la France l’ambiance et les thèmes typiques des réalisations US. Lui-même sera souvent déçu du résultat et a décidé au bout de six tentatives de se recentrer sur l’écriture et son métier d’origine.

Dix jours de tournage en octobre 1975 à Perpignan et dans les environs

Mais en 1975, à Perpignan, il croit dur comme fer que « L’alpagueur » va passionner les foules et révolutionner le genre. Notamment pour le personnage atypique interprété par Belmondo. Un tueur à gages qui travaille pour l’État, en dehors de toute légalité. Il est engagé pour éliminer un certain « Épervier ».

Dans son étude exhaustive et très imagée publiée par Mare Nostrum, « 100 ans de cinéma en Pyrénées-Orientales », Jean-Noël Grando revient sur la couverture quotidienne du tournage dans l’Indépendant. Des articles parus entre le 13 et 22 octobre 1975. Malgré son statut de star française absolue, Jean-Paul Belmondo reste particulièrement disponible, tant pour les journalistes que ses fans. Arrivé par avion, accueilli dès sa descente par Philippe Labro, il prend immédiatement la direction de Salses. Déguisé (moustache et lunettes aux montures en fer), il s’attable à l’Euromotel de Salses. Ça tourne ! Il y lit un exemplaire de l’Indépendant imprimé spécialement pour le film. A la Une, on distingue nettement un titre sur l’Épervier mais également une manchette à propos de l’arrestation d’officiers à Barcelone preuve que l’actualité catalane a toujours été bien traitée dans le quotidien des Pyrénées-Orientales (et de l’Aude).

Ambiance nocturne au centre-ville et balnéaire sur le pont du Lydia  

Philippe Labro, originaire de Midi-Pyrénées, connaît la région et ses atouts. Il profite du centre ville de Perpignan pour réaliser des scènes nocturnes à l’ambiance trouble. Enfin il plante également ses caméras sur le pont du Lydia, le paquebot ensablé à Port-Leucate.

Le film, comme beaucoup de réalisations des années 70, a pris un sérieux coup de vieux. Mais pour les scènes de rue dans Perpignan ou sur le paquebot ensablé, il reste un témoignage de la région à un moment clé de sa modernisation, de sa transformation définitive et irrémédiable. Heureusement, les films restent les témoins de ces mondes perdus.

Quant à Belmondo, il restera à jamais cet Alpagueur capable de changer d’apparence comme il veut. Un immense acteur aux mille facettes qui brilleront longtemps au firmament du cinéma français. 


 

dimanche 5 septembre 2021

De choses et d’autres - Perdu dans le labyrinthe des QR codes

Cette crise sanitaire, depuis plus d’un an et demi, aura au moins eu l’avantage de nous sortir de nos habitudes. Rappelez-vous tous les interdits qui nous sont tombés dessus en très peu de temps. Les attestations de sortie à remplir sur papier puis dans les smartphones, l’interdiction de dépasser le kilomètre autour de son domicile, puis le couvre-feu avec la course, le soir, avant le gong fatidique de 18 h.

On croyait être sorti d’affaire au printemps dernier avec la vaccination mais le pass sanitaire est arrivé pour de nouveau nous compliquer un peu la vie. Pour ceux qui ont été doublement vaccinés en temps et en heure (plus de la moitié de la population française quand même), la difficulté consistait surtout à retrouver ce fichu QR code dans son téléphone.

Cela a donné quelques scènes croquignolesques à l’entrée des cinémas, restaurants et surtout grands centres commerciaux des Pyrénées-Orientales. La première fois où j’ai dû l’utiliser, j’ai passé plus de temps à le chercher dans le labyrinthe du smartphone et l’appli Tousanticovid qu’à faire mes trois courses non essentielles.

Les fois suivantes, le spectacle était souvent dans la file d’attente. Telle cliente persuadée qu’elle a pris son téléphone mais qui ne le retrouve pas dans le fouillis de son sac, cette autre qui tente d’amadouer le « flasheur »… en vain.

Vous remarquerez aussi de nombreux consommateurs qui cherchent fébrilement ce QR code, sésame obligatoire pour dépenser l’argent du ménage. Un monsieur m’a fait pitié. Il passait de page en page tout en jetant régulièrement des regards désespérés derrière lui. Sa femme, partie chercher un chariot, semblait être plus habile pour dégotter le laissez-passer dans les méandres de la mémoire électronique. Tant qu’elle ne serait pas là, il ne pourrait pas rentrer dans le centre commercial. Un aveu de faiblesse et de dépendance, en public, qui a dû lui faire prendre conscience qu’on n’est pas grand-chose sans sa moitié.

C’est peut-être cette nullité en informatique qui a poussé certains olibrius en mal de publicité à se faire tatouer le QR code à même le bras ou le dessus de la main.

Et comme pour les attestations, c’est quand le pass sanitaire ne sera plus obligatoire qu’on aura enfin compris où (et rapidement) le trouver.

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le lundi 6 septembre

samedi 4 septembre 2021

De choses et d'autres - À bas ? Non, Abba, le célèbre groupe suédois est de retour !

 
À bas… ! comme le cri des manifestants professionnels du samedi ? Non, Abba ! comme le groupe de musique pop suédois.

Abba qui vient d’annoncer sa reformation, un album en novembre et une série de concerts à Londres. 40 ans qu’ils n’avaient plus rien proposé de nouveau à leurs millions de fans. Le plus étonnant dans ce come-back près d’un demi-siècle après, c’est que le quatuor (deux musiciens et deux chanteuses) va se produire sur scène comme si le temps s’était arrêté à la fin des années 70, au faîte de sa gloire.

Pourtant, une rapide recherche confirme qu’ils ont tous largement plus de 70 ans. Pas un âge pour se déhancher sur des rythmes disco.


Sauf si on a les moyens de se créer des avatars numériques (des abbatars en l’occurrence selon le terme inventé par le fans) qui danseront à votre place sur la scène aménagée spécialement à Londres. Avatars créés numériquement en fonction des millions de films et d’images des quatre stars, quand elles étaient jeunes et jolies.

Un making-of vient d’être dévoilé, les quelques secondes diffusées des avatars sur scène sont incroyables de réalisme. La technologie numérique va de plus en plus être utilisée pour ces fausses images plus vraies que nature.

Mais au moins dans le cas d’Abba, ce sont les acteurs, toujours vivants, qui décident de modifier leur apparence afin de rester jeunes pour l’éternité.

Par contre, dans la nouvelle émission sur France 3 de Thierry Ardisson, ce dernier va interviewer des célébrités… mortes. Là aussi les images montrées en avant-première sont bluffantes. Mais au niveau éthique, cela me semble beaucoup moins défendable.
 

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le samedi 4 septembre 2021

vendredi 3 septembre 2021

De choses et d’autres - « Ou aveugles ou naïfs »

Emmanuel Macron à Marseille est revenu sur la polémique provoquée par son ministre de l’Éducation. Jean-Michel Blanquer a sous-entendu que la prime de rentrée sert, parfois, aux parents à acheter des écrans plats.

Loin de condamner ces propos, le président en a remis une couche : « Nous serions ou aveugles ou naïfs de penser que la totalité des allocations servent à acheter des fournitures scolaires. » Étrange sortie populiste d’un président qui, le jour même, en même temps qu’il rendait hommage à l’enseignant Samuel Paty, égorgé dans la rue, a exhibé la photo de deux youtubeurs champions du placement produit.

« Nous serions ou aveugles ou naïfs de penser que la totalité des interventions présidentielles servent à valoriser la grandeur de notre pays » pourrions-nous dire pour paraphraser le président.

De la même façon, si l’on commence à se pencher sur les multiples condamnations d’élus, de tous bords, pour des malversations financières et détournements d’argent public, on ne peut que constater que « nous serions ou aveugles ou naïfs de penser que la totalité des impôts servent à améliorer le quotidien des contribuables ».

De toute manière le débat ne devrait pas avoir lieu car depuis les confinements, l’enseignement à distance et les programmes éducatifs diffusés toute la journée sur France 4, un grand écran, même plat et fabriqué en Corée, peut tout à fait être considéré comme une fourniture scolaire de base.

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le 3 septembre 2021

jeudi 2 septembre 2021

De choses et d’autres - L’angoisse de la rentrée

Aujourd’hui ils sont donc des millions à retourner à l’école après deux mois de vacances. J’espère qu’ils ne sont pas dans le même état d’esprit que moi quand j’étais enfant. Le retour en classe me terrorisait. 

Pas forcément sur le plan éducatif mais plutôt sur tout ce que cela implique d’à-côtés. Les habits neufs et rêches, la coupe fraîche chez le coiffeur, les réveils au petit matin pour prendre le bus dans le froid…

Je dois avouer que la fin de mon cursus éducatif était comme une libération absolue. Et longtemps, dans mes différents boulots, je prenais un plaisir immense à prendre mon mois de congés payés en septembre. Quand tout le monde devait se remettre en ordre de marche, je lâchais prise avec un bonheur absolu.

Cela a marché quelque temps. Et puis, l’angoisse de la rentrée est revenue insidieusement. Pourtant je ne suis en rien tributaire de l’échéance. Mais en ce jeudi, bizarrement, je suis aussi anxieux que les millions de gamins qui redoutent de quitter leurs parents, de découvrir qui est leur prof principal et trop souvent, de croiser de nouveau quotidiennement le chemin de ceux qui prenaient un malin plaisir à les harceler l'an dernier.

C’est aussi pourquoi je n’ai jamais envié les profs et leurs deux mois de vacances en été. Car ces soixante jours se terminent toujours par ce jour noir entre tous : celui de la rentrée.

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le jeudi 2 septembre 2021

mercredi 1 septembre 2021

De choses et d’autres - Reconversion professionnelle risquée

Si le général de Gaulle a longtemps boudé la télévision, ce média est par la suite devenu le passage obligé de tout politique désirant remporter une élection. Qu’importe vos idées ou votre programme, si vous passez bien à l’écran, vous avez toutes les chances de faire un bon score. Mais cela n’empêche pas les échecs.

Et certains, après avoir tâté des plateaux en tant qu’invités, sont parfois tentés de prolonger l’expérience en passant de l’autre côté. Comme Manuel Valls qui va piger à RMC et BFMTV ou Roselyne Bachelot qui, après avoir assuré la main sur le cœur qu’elle ne ferait jamais plus de politique, a animé shows à la radio et à la télé durant quelques années. Un coup de téléphone du président Macron et les belles promesses se sont envolées.

Et dès que son intérim ministériel aura pris fin (le plus vite possible me hurlent certains acteurs du monde de la culture à l’oreillette), elle retrouvera son siège dans les studios.

Elle croisera peut-être un nouvel animateur qui comme elle, est passé par la case gouvernement. Benjamin Griveaux, ancien et éphémère (pour cause de sextape) candidat à la mairie de Paris, présentera une émission économique mensuelle sur la chaîne B Smart. Il y interrogera des chefs d’entreprise.

Fou rire assuré quand il devra interroger un patron qui spécule sur des bitcoins, ce marin qui accroche son bateau à une bitte d’amarrage ou ce fabricant de raquette de tennis sans oublier les créateurs de la marque emblématique du Slip français. Mais pas sûr qu’il sache à quoi sert un slip.

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le mercredi 1er septembre 2021

mercredi 21 octobre 2020

Cinéma - “Adieu les cons” : la cavale ultime

Toujours aussi acerbe, Albert Dupontel brocarde de nouveau notre société devenue folle.

Le suicidaire (Albert Dupontel), la condamnée (Virgine Efira) et l’aveugle (Nicolas Marié), le trio improbable de la cavale du film Adieu les cons.  Jérôme Prébois - ADCB Films


Depuis toujours, Albert Dupontel a un faible pour les ratés, les oubliés de la vie, les imparfaits et autres inadaptés à notre société du toujours plus beau, toujours plus brillant. Il puise dans ces personnages des idées de scénario où toute sa loufoquerie couplée à un anarchisme radical permet de transformer le banal en extraordinaire. Adieu les cons n’échappe pas à cette règle, avec cependant de plus en plus de tendresse pour ces handicapés de la vie sociale.

Tout débute dans le cabinet d’un médecin. Suze Trappet (Virginie Efira) découvre les radios de ses poumons. Elle trouve ça très joli. Le toubib, lui, s’égare en circonvolutions pour ne pas avouer de but en blanc qu’elle est condamnée. JB (Albert Dupontel), informaticien austère, est mis au placard pour laisser la place à un jeune diplômé plus dynamique. Désespéré, il décide de se suicider. Cela tourne mal et le voilà en fuite avec Suze, qui va lui demander de retrouver le fils qu’elle a abandonné quand elle était adolescente. Pour cela ils vont avoir besoin de l’aide de M. Blin (Nicolas Marié), un archiviste rendu aveugle après une bavure policière. Ces Pieds Nickelés vont déjouer tous les pièges des forces de l’ordre et localiser le médecin qui a accouché Suze. Le docteur Lint (Jackie Berroyer), souffre de démence sénile, mais cette histoire lui permet de retrouver un peu de lucidité et finalement, après bien des péripéties improbables (qui font tout le sel du film), le trio va enfin mettre la main sur ce fils disparu et l’aider à mieux gérer sa vie sentimentale de geek coincé et introverti.

Trio équilibré

Cela semble touffu résumé de cette façon, et pourtant le film est d’une fluidité absolue. Les désespoirs de Suze, l’honnêteté de JB, les bravades de M. Blin permettent à chacun de tirer le meilleur de l’autre. Une réelle complicité, tendresse aussi, se noue entre les trois. A noter que dans le rôle de la petite amie du fils de Suze, Marilou Aussiloux, comédienne originaire de Narbonne, prouve qu’elle est aussi à l’aise en tailleur chic qu’en robe d’époque qu’elle porte dans La révolution série diffusée sur Netflix. Autre petit rôle remarqué (et remarquable), Terry Gilliam des Monty Python interprète d’un vendeur d’armes à feu qui pourrait faire de l’ombre à Trump. 

Et la morale de l’histoire me direz-vous ? Elle se résume par le titre du film : Adieu les cons !

Film français d’Albert Dupontel avec Virginie Efira, Albert Dupontel, Nicolas Marié



mercredi 9 septembre 2020

Cinéma - Isabelle Huppert, daronne au pays des dealers

Isabelle Huppert joue à la Daronne qui berne flics et dealers dans ce film dont l’autre héros est le Paris populaire.


Ce film de Jean-Paul Salomé devait sortir initialement en mars. La Daronne bénéficie finalement d’une meilleure exposition puisque, depuis deux semaines, la fréquentation des salles de cinéma repart nettement à la hausse. Et cette comédie policière tirée d’un roman d’Hannelore Cayre devrait logiquement remplir les salles tant son côté drôle et irrévérencieux arrive à point nommé après une séquence de plusieurs mois de sinistrose sanitaire.

La Daronne, c’est Patience Portefeux (Isabelle Huppert). Interprète judiciaire, elle doit retranscrire en français les écoutes téléphoniques des dealers parisiens originaires du Maghreb. Sa parfaite connaissance de l’arabe lui permet de tout savoir sur les mouvements de cannabis entre Maroc et région parisienne.

Le début du film la montre lors d’une intervention au petit matin. Une descente où elle doit être au plus près pour indiquer aux policiers ce que se disent les suspects. Le reste de son travail est tout ce qu’il y a de plus tranquille. Très routinier même. Écouter les conversations de petits dealers n’est pas la chose la plus épanouissante. Mais c’est très instructif. Surtout quand on a quelques dettes laissées par un défunt mari.

Un rôle en or

Si Patience franchit toutes les lignes jaunes, c’est avant tout pour aider Khadidja (Farida Ouchani), l’aide-soignante qui s’occupe très bien de sa mère souffrant de la maladie d’Alzheimer. Son fils va être interpellé au cours d’une opération où plus d’une tonne de cannabis va être saisie. Patience va faire échouer l’opération et récupérer la marchandise.

A la tête de ce véritable trésor, elle va mettre au point une stratégie audacieuse pour le transformer en petites coupures pour assurer une fin de vie digne à sa mère et retrouver un peu de luxe dans sa vie. Patience va se transformer en Daronne (surnom donné par les policiers qui surveillent les trafics), une femme forte qui va devoir se faire une place dans ce milieu de machos qui n’apprécient que moyennement cette concurrence soudaine.

Fidèle au roman, le film offre un rôle en or à une Isabelle Huppert impeccable, entre petite-bourgeoise effacée quasiment fonctionnaire et dealeuse sans foi ni loi. Un film qui baigne dans le Paris populaire, où les communautés coexistent tant bien que mal dans une ville bigarrée et foisonnante. Avec notamment une superbe scène dans les rayons de Tati, grand magasin parisien qui depuis a fermé ses portes. Film sur le réveil d’une femme, on ressort de La Daronne avec des envies de bousculer le train-train du quotidien.

Film français de Jean-Paul Salomé avec Isabelle Huppert, Hippolyte Girardot, Farida Ouchani.

mercredi 29 juillet 2020

Roman - Soyez humains, aidez les animaux


Si Séverine de la Croix est surtout connue dans le milieu littéraire pour ses contributions jeunesse et ses scénarios de BD, son nouveau roman adulte devrait changer la donne. L’histoire chorale de Mado, Lazslo, Issa ou Agnesse est belle, passionnante, on ose même le terme d’apprenante devenu à la mode cet été. Mado, aide-soignante à Uzès dans le Gard, a un don. 

Quand elle touche les mains d’une personne, elle découvre son avenir, ses qualités ou ses pires défauts. Voilà comment elle décide avec son colocataire Lazslo d’aller sauver un chien martyrisé par un homme qu’elle a soigné peu de temps auparavant. Une expédition mouvementée, où elle ne doit son salut qu’à l’intervention d’un mystérieux policier, Issa, si beau et gentil qu’elle en tombe raide amoureuse sur-le-champ. 

Si les histoires de cœur font un peu cliché, le reste du récit, sur la résilience et l’action directe contre la maltraitance des animaux, compense le tout. 

« Au milieu de la foule », Séverine de la Croix, Éditions du Rocher, 17,90 €

mardi 28 juillet 2020

BD - Souvenirs d’un été dramatique


Cela fait des années que Lisa et Aless sont amis. Ils vivent tous les deux au bord du lac, rêvent de construire un radeau, pratiquent le karaté. Et puis du jour au lendemain, Aless disparaît. Sa mère s’est noyée dans le lac. 

Quelques années plus tard, alors qu’elle est devenue une jeune fille, Lisa pense encore à son copain quand elle passe à côté de la maison abandonnée. Et 21 jours avant le 15 août, date présumée de la fin du monde selon un illuminé local, on sonne à sa porte. C’est Aless…

 

Ce roman graphique de 200 pages signé  Silviana Vecchini (scénario), Sualzo (dessin) est d’une grande tendresse. Lisa tente de comprendre pourquoi ces années de silence. Elle parviendra à surmonter les doutes de son ami en appliquant simplement les 20 préceptes du karaté, plus philosophie que sport.  

« 21 jours avant la fin du monde », Rue de Sèvres, 16 €