mercredi 16 juin 2021

BD - Presque dans l’espace


Quand une fusée russe qui veut rejoindre la station spatiale internationale explose au décollage, c’est la panique car une organisation terroriste affirme être à l’origine du sabotage. Dans l’espace, l’évacuation est ordonnée mais un irréductible décide de rester seul en poste. Rapidement, il va perdre pied.

Par chance il est contacté par les membres de la mission Mars Base. Eux aussi voient leur quotidien chamboulé. Y a-t-il un terroriste infiltré ? Amir, belgo-marocain, se retrouve suspecté. Une aberration pour ce jeune scientifique parfaitement athée. Il va être cuisiné par la capitaine de Mars Base, même si la nuit, ils se retrouvent secrètement pour s’envoyer en l’air.

Cette BD en noir et blanc de 180 pages de Max de Radiguès est une brillante réflexion sur la conquête de l’espace, ses difficultés et les sacrifices qu’elle implique dans la vie d’hommes et de femmes ayant fait le choix de sacrifier une vie familiale sur l’autel de la science. 

« Alerte 5 », Casterman, 15 € 

mardi 15 juin 2021

BD - Monstres visibles et invisibles


Un peu de freaks (le film de monstres de Tod Browning des années 30), un soupçon de fantastique, le tout sur fond de road trip : telle est la recette de la nouvelle série écrite par Eric Corbeyran.

C’est Emmanuel Despujol qui se charge de la dessiner et son trait entre réalisme et caricature fait des merveilles pour passer d’un univers à l’autre.

Le héros c’est Charly. Au début de l’histoire un gamin qui découvre qu’il a le pouvoir de faire fuir les monstres invisibles comme les vampires ou les lamies, ces femmes qui tuent les hommes après avoir abusé d’eux. Adulte, il capture une lamie qui reprend son aspect originel, celui d’une fillette de 7 ans. La police les cherche et ils trouvent refuge dans un cirque itinérant.

Un univers très touchant.

« Sideshow » (tome 1), Soleil, 14,95 €  

Série télé - « Mixte », étude des mœurs des années 60

Amazon a mis le temps mais semble enfin avoir trouvé un bon projet pour booster ses audiences côté séries françaises originales. Mixte est une plongée dans la France du début des années 60. Imaginée par Marie Roussin, l’histoire raconte comment à la rentrée 1963, pour la première fois en France, un lycée va devenir mixte. Exactement ce sont 11 filles qui intègrent le lycée Voltaire face à une centaine de garçons en pleine ébullition hormonale. Michèle (Léonie Souchaud) fait partie des 11 filles accueillies comme des bêtes de foire. 

Le début de la série semble assez caricatural. Garçons arrogants, profs rétrogrades qui ne veulent jamais interroger les filles, surveillant général suspectant toujours les filles… Mais petit à petit l’histoire prend de la chair, les personnages gagnent une âme et en découvrant certains secrets, on comprend qu’à cette époque, il valait mieux se monter comme un macho de première pour avoir un minimum de crédibilité dans une société où les femmes n’ont aucun pouvoir. C’est dans le développement des idées féministes, leur révolte, la façon qu’elles tentent de se faire entendre que la série Mixte est la plus convaincante. 

Au casting, les jeunes comédiens lycéens tiennent la dragée haute à des professionnels au long parcours artistique comme Pierre Deladonchamps en « surgé » un peu dépassé, François Rollin, proviseur qui se veut moderne mais ne l’assume pas et Anne Le Ny en archétype de la vieille prof acariâtre et un peu vicelarde avec ces jeunes filles qu’elle trouve trop belles pour être honnêtes. 

lundi 14 juin 2021

BD - Magouilles non républicaines


Philippe Richelle est devenu le spécialiste BD de la politique contemporaine. Il relance trois « Affaires d’État » pour explorer ces magouilles qui ont ébranlé la République ces dernières décennies. Celle consacrée à l’extrême droite, dessinée par Pierre Wachs, reprend des pans de l’histoire d’un parti qui est devenu tout-puissant.

Pourtant, à la base, c’est une captation d’héritage qui est racontée dans ce premier tome. À côté, on découvre comment un des « penseurs » du groupuscule, devenu un peu trop important, va être froidement abattu. Qui est le commanditaire ? Mystère pour le lecteur ainsi que le commissaire de police chargé de l’enquête.

Une BD à clé, avec quelques évidences (le chef du parti, ancien para) et d’autres moins connues mais qui nous rappellent à point nommé d’où vient ce parti. 

« Affaires d’État, Extrême droite » (tome 1), Glénat, 14,50 € 

Série télé - Méchant virus et gentils hybrides dans "Sweet Tooth"


Il est des univers imaginaires plus passionnants que d’autres. Et puis il y a parfois un monde qui paraît tellement crédible qu’on pourrait presque croire qu’il existera bien un jour. A la base, Sweet Tooth est une bande dessinée écrite et dessinée par Jeff Lemire. Les trois gros albums parus en France chez Urban comics racontent l’histoire de Gus et de Jepperd. On retrouve les deux personnages principaux de cette série télé dont la première saison vient d’être mise en ligne sur Netflix

Il y a dix ans, deux événements ont fait chanceler l’Humanité. Un virus a tué 80 % de la population. Et tous les enfants qui naissaient étaient des hybrides, moitié humain, moitié animal. Gus (Christian Convery) est sauvé du chaos qui règne en ville par son père. Au fond d’une forêt dans un parc, il élève cet enfant qui a des oreilles et des cornes de cerf. Quand Gus se retrouve seul, il quitte son cocon et part à l’aventure. Ce qu’il ne sait pas c’est qu'en bas, dans la ville, les hybrides sont chassés et exterminés. Par chance il croise la route de Jepperd, un colosse taiseux qui après bien des hésitations va prendre ce petit garçon imprévisible sous son aile. Leur but : retrouver la maman de Gus. 

■ Deux énigmes captivantes 

Les huit premiers épisodes sont la très bonne surprise de ce début d’été sur la plateforme de streaming. La complicité entre ces deux solitaires joue à merveille. Gus est craquant, Jepperd touchant quand on en apprend un peu plus sur son passé. L’action se déroule dans des paysages grandioses (Canada et Nouvelle-Zélande), avec effets spéciaux très discrets et reconstitution d’un monde post-apocalyptique très crédible. 

Quant au spectateur, il se perd en conjectures sur les deux énigmes de Sweet Tooth : d’où vient ce virus si mortel pour les humains et quel rapport avec l’apparition des hybrides ? On aura peut-être un début de réponse dans la saison 2 qui sera forcément lancée en production tant cette série est réussie et intrigante. 

dimanche 13 juin 2021

De choses et d’autres - L'histoire du mari infidèle trahi par sa Fitbit

La fin programmée du télétravail est redoutée par certains, vivement souhaitée par d’autres. Par exemple les maris infidèles. Le retour au bureau sera l’excellente occasion pour nombre d’entre eux de prétexter une réunion tardive pour aller rejoindre leur maîtresse.

Tromper sa femme est un art typiquement français. Il y a des bases qu’il faut apprendre pour ne pas se faire prendre. Vérifier les traces de rouge à lèvres, éviter les suçons, chasser les cheveux sur les épaules et se méfier du parfum. Pour cette dernière problématique, le plus simple est d’acheter la même marque aux deux femmes.

Mais avec les nouvelles technologies, les pièges se multiplient. Un téléphone portable peut-être traçable. Mais la plus belle façon de découvrir le pot aux roses est racontée par cette femme à sa meilleure amie. Quand cette dernière lui demande comment la pauvre cocufiée a su, elle explique qu’elle a accès au compte de la Fitbit de son mari, la montre connectée qui surveille son rythme cardiaque. Elle a remarqué des pics à 130 battements par minute les soirs où il reste au bureau pour « des réunions », suivies d’une phase de repos. Et il doit un peu culpabiliser puisqu’il lui écrit à chaque fois un petit SMS juste après la séquence.

Je ne sais pas si un relevé cardiaque à distance peut-être utilisé comme preuve d’adultère dans un divorce compliqué, mais il est certain que dans ce cas précis, le mari infidèle a été trahi par sa Fitbit. 

Cinéma en streaming - Vous ne vous endormirez pas devant « Awake »


Nouveau film inédit sur Netflix. Une énième variation sur la fin du monde. Jill (Gina Rodriguez), ancienne militaire, tente d’élever seule ses deux enfants, Noah, un grand ado et Matilda encore petite fille. Quand l’électricité s’arrête, la civilisation commence à s’écroule. Mais le pire est la mutation vécue par tous les humains qui ne peuvent plus dormir. Mais ne plus se reposer implique mourir à brève échéance. Une semaine maximum. 

Le film va crescendo, comme la composition des acteurs qui doivent littéralement se transformer en zombies épuisés et déments plus le temps passe. Gina Rodriguez, héroïne des 5 saisons de « Jane the virgin », est très convaincante dans ces scènes entre violence absolue et délire hallucinatoire. 

samedi 12 juin 2021

Roman - René et Georgette Magritte à la plage

Quand un grand peintre belge se rend en villégiature sur la mer du Nord, il emmène dans ses bagages sa femme et leur petit chien, Loulou. Et que fait un artiste en vacances ? Pour Nadine Monfils, la romancière qui a imaginé cette série de romans, il se transforme en détective privé. Enfin, plus sa femme que lui : les congés c’est pour se la couler douce, loin du peuple et des touristes. Mais Georgette aime aller au contact des gens. Comme cet homme qui au restaurant de l’hôtel raconte au couple qu’il est très inquiet pour sa femme, disparue depuis une semaine. 

Le lendemain, en bord de mer, les Magritte tombent sur le cadavre du mari abandonné. Les voilà partis pour une enquête rocambolesque et pleine de rebondissements. Nadine Monfils truffe son récit de belgicisme parfaitement expliqués aux néophytes et de personnages hauts en couleurs. Magritte apprécie. 

« Les folles enquêtes de Magritte et Georgette à Knokke-le-Zoute », Nadine Monfils, Robert Laffont, 14,90 € 

De choses et d’autres - La cicadapocalypse

Aux USA, sur la côte Est, ce n’est plus la pandémie qui est sur toutes les lèvres mais la cicadapocalypse. Ce mot charrette est composé d’« apocalypse » que tout le monde connaît, en anglais comme en français et de « cicada » qui veut dire cigale.

Oui, en ce début juin, les Américains craignent que l’apocalypse soit provoquée par des cigales et cela donne ce mot-clé omniprésent sur les réseaux sociaux : #cicadapocalypse. Ces cigales n’ont rien à voir avec celles qui font le charme de notre Sud.

Elles chantent, mais sont surtout beaucoup trop nombreuses. Des millions, voire des milliards qui sortent de terre depuis quelques jours. Un phénomène d’autant plus redouté qu’il ne se produit que tous les 17 ans.

Ces cicadas sont surnommés cigales zombies puisqu’elles arrivent à l’air libre tel un mort vivant s’extrayant de sa tombe. Elles ne provoquent pas de dégâts sérieux aux plantations comme les sauterelles africaines, se contentant de chercher à survivre quelques jours pour se reproduire et pondre leurs œufs qui écloront dans… 17 ans.

En fait l’apocalypse se résume à une sortie de route sans gravité à cause d’une bestiole trop curieuse. A noter également : les radars météo de Washington ont totalement perdu la boule. Les sons des cigales font comme si des pluies diluviennes s’abattaient sur la région.

Le pire reste quand même la mise en garde des autorités car des hurluberlus proposent des recettes à base de cicadas. Si elles apportent effectivement pas mal de protéines, elles sont aussi composées de chitine, la carapace des insectes quasiment impossible à digérer.

En réalité, comme trop souvent, ce ne sont pas les cicadas qui risquent de provoquer l’apocalypse mais la bêtise des humains. 

vendredi 11 juin 2021

De choses et d’autres - La danse de la vaccination

Ceux qui nous ont prédit l’avènement d’un monde nouveau post pandémie ont tout faux. En réalité ce n’est pas un monde, mais deux, radicalement opposés qui doivent désormais cohabiter.

D’un côté, les plus nombreux : les pro-vaccination. De l’autre, aux rangs plus clairsemés mais beaucoup plus vindicatifs et médiatiques : les anti-vaccination, antivaxs dans le langage courant.

Aux repas de famille, on est souvent sommé de choisir pour un camp ou l’autre. Comme si la ligne de démarcation était nette et infranchissable. Le plus désolant dans ces deux conceptions de la santé qui s’opposent, ce sont les réactions souvent exagérées. Constatation valable pour les deux camps.

Comme cette directrice d’un cours de pole dance à Troyes dans l’Aube. Les cours reprennent ce mercredi mais elle a prévenu par mail qu’elle refuserait tous les élèves qui sont… vaccinés. Elle prétend que les vaccins sont encore en phase de test et qu’elle ne veut donc pas prendre de risque.

Comme si attraper le covid-19 était moins dangereux que de se trouver à côté de quelqu’un qui pourrait avoir mal au bras après la piqûre ou souffrir de maux de tête passagers. Et jusqu’à preuve de contraire, une thrombose n’est pas contagieuse…

Mais ils sont comme ça les antivaxs, à toujours chercher la petite bête. Pourtant, sur le site de l’école, il est bien précisé que « pour toute inscription, un certificat médical précisant qu’il n’y a aucune contre-indication à la pratique de la danse acrobatique, devra obligatoirement être fourni ».

Mais ne voyons que le bon côté des choses. Mesdames, si vous ne voulez pas danser avec ce bellâtre qui vient de vous inviter, pas la peine de chercher une excuse bidon, dites juste la formule magique : « Désolée, je suis vaccinée… »