vendredi 25 avril 2014

DE CHOSES ET D'AUTRES - Les bons mots du CV

La crise sur le marché de l'emploi provoque un afflux de CV chez les directeurs de ressources humaines des entreprises. Voilà un métier bien ingrat. Quand il ne s'agit pas de licencier quelques branches mortes, il faut éliminer 100 candidatures pour n'en retenir qu'une.
Alors pragmatiquement, les recruteurs s'aident de codes pour séparer le bon grain de l'ivraie. Une enquête menée par CareerBuilder, « leader mondial des solutions globales de recrutement » dévoile les meilleurs (et les pires) mots qui figurent dans la prose d'une candidature. Dans la liste des faux amis, l'expression tabou suprême reste « le meilleur » suivi par « un battant ». Même si vous pensez raisonnablement que c'est vrai, il ne faut pas dire que vous êtes supérieur aux autres. Evitez aussi les clichés comme « sortir des sentiers battus », « fin stratège » ou le repoussant « proactif ».
A l'inverse, vous mettez toutes les chances de votre côté en glissant quatre mots magiques dans votre lettre de motivation. Dans l'absurde cela peut donner « J'ai 'obtenu' mon diplôme 'amélioré' d'une option parachutisme après avoir 'formé' mon neveu et 'managé' ma petite sœur. » C'est débile, mais imparable d'après CareerBuilder.
L'enquête est cependant sujette à caution car je n'ai trouvé nulle part la phrase magique qui en France, depuis toujours, assure une embauche quasi immédiate : « Je suis le fils de... » Mais, où ai-je la tête ? Généralement, ce genre de candidat n'a même pas besoin de passer par la case CV pour prendre la place de gens pourtant plus compétents.

Chronique "De choses et d'autres" parue ce vendredi en dernière page de l'Indépendant. 

BD - Machination infernale dans la suite du "Pouvoir des innocents"

« Le Pouvoir des innocents » de Brunschwig (scénario) et Hirn (dessin) est un des grands succès de la BD moderne des années 90. Les cinq premiers tomes sont parus chez Delcourt. La suite a migré vers Futuropolis. Hirn a laissé le pinceau à Nouhaud. On retrouve les différents protagonistes de ce complot six mois après l'attentat qui a endeuillé la fin de l'élection municipale de New York. La réformatrice Jessica Ruppert, contre toute attente, a été élue. Le présumé terroriste, Joshua Logan, est toujours en fuite. Il décide de se rendre en clamant son innocence. Selon lui, l'attentat n'est qu'une machination pour permettre l'élection de Jessica. On suit dans le second tome les doutes et découvertes de Cyrus, l'avocat de Logan. Noir et gay, Cyrus doit subir les attaques de sa communauté. Il finit même à l'hôpital après un passage à tabac. C'est de son lit de souffrance qu'il va rechercher la vérité. Passionnante, cette série, après la claque du premier cycle, parvient encore à nous tenir en haleine. Le scénariste est de la race des très grands. Il fait de la BD mais risque, s'il continue à être aussi brillant, être remarqué par le cinéma. Américain, évidemment...

« Le pouvoir des innocents » (cycle 2, tome2), Futuropolis, 13 €

jeudi 24 avril 2014

DE CHOSES ET D'AUTRES - La vérité des visages dans l'affaire DSK

Mardi soir, sur France 2, pour la
première fois Anne Sinclair s'exprimait sur l'affaire DSK. « Non je n'y ai jamais cru, je ne le crois pas et je sais que ce n'est pas le cas », a-t-elle répondu à Laurent Delahousse sur le fait que son mari aurait violé Nafissatou Diallo.
L'émission a obtenu une très bonne audience, plus de 5 millions de téléspectateurs. Face à l'intervieweur, elle est revenue sur l'affaire en toute franchise, sans occulter le moindre fait. Cette confession fait déjà partie des grands moments de télévision, comme l'intervention de DSK au journal de Claire Chazal à son retour en France. Une séquence décortiquée pour le Figaro par Stephen Bunard, célèbre synergologue, discipline qui permet « d'appréhender le fonctionnement de l'esprit humain à partir de la structure de son langage corporel ». Il arrive à la conclusion qu'Anne Sinclair « veut nous convaincre de ce dont elle s'est convaincue. » Il étaye sa démonstration : « Les clignements de paupières sont plus rapides : effet du stress qui tend à remettre en cause le propos tenu ». Quand ses deux yeux s'écarquillent, elle « doute de sa capacité à susciter l'adhésion. Elle force donc l'attention de l'autre. »
La technique de Stephen Bunard fait penser à celle du héros de l'excellente série « Lie to me ». Tim Roth y interprète un médecin capable de détecter un mensonge juste en regardant le visage de son interlocuteur. Ses déductions sont souvent illustrées d'archives (Nixon avant le Watergate par exemple). Les confessions d'Anne Sinclair ou de DSK pourront y être intégrées sans problème.

Cinéma : 96 heures de garde à vue inversée entre Lanvin et Arestrup

Un flic, Gérard Lanvin, se retrouve en garde à vue durant 96 heures. Pour l’interroger, son pire ennemi, un truand, Niels Arestrup, récemment évadé.


Dans la catégorie des thrillers ou films policiers il y a les « agités » (course-poursuite, fusillades...) et les « cérébraux » (personnages complexes, intrigue à tiroirs...) « 96 heures » de Frédéric Schoendoerffer joue clairement dans la seconde catégorie. Avec une réussite certaine. Il est vrai que dans le genre “duel de personnalités”, l’affrontement entre Gérard Lanvin, le flic pris au piège, et Niels Arestrup, le truand qui n’a plus rien à perdre, on atteint des sommets de tension. Au final le spectateur passe 96 minutes scotché dans son fauteuil, pris dans ce face-à-face qui fait parfois penser à certaines légendes du cinéma français, de Garde-à-vue (Ventura/Serrault) aux Granges brûlées (Delon/Signoret).

La notion de course contre le temps est omniprésente tout au long de ce film. Avec quelques symboles évidents comme cette montre qui passe de main en main ou la reproduction du tableau de Dali, les montres molles, dans la luxueuse villa utilisée comme décor de l’affrontement en huis clos.
Carré, le patron de la BRB (Brigade de répression du banditisme) tombe dans un guet-apens au petit matin. Deux hommes s’introduisent chez lui et prennent sa femme en otage. Elle aura la vie sauve s’il collabore. Son contrat est simple : il doit faire sortir Kancel de prison à la faveur d’une fausse extraction. Kancel est une vieille connaissance de Carré. Il y a trois ans, c’est lui qui l’a interpellé en plein casse. Une action d’éclat qui a permis à Carré de prendre du galon. Kancel, dans sa cellule, a mis au point cette évasion avec un seul but : savoir qui l’a balancé. Et aussi récupérer les millions qu’il est parvenu à mettre en lieu sûr avant de se faire prendre.
Menotté dans la cave
Une fois libre, le truand, interprété par un Niels Arestrup, abonné aux rôles de dur après son triomphe dans « Un prophète », va se mettre dans la peau du flic pour soutirer le renseignement du suspect. Menotté dans une cave, surveillé en permanence, aveuglé par un spot, Carré va devoir se mettre dans la peau du coupable qui ne peut pas avouer.
Véritable morceau de bravoure, l’opposition entre ces « deux grands acteurs », de l’aveu même du réalisateur, porte ce film de bout en bout. Il y a bien quelques interventions extérieures pour faire avancer l’action (Sylvie Testud en policière tenace qui cherche son patron, Laura Smet la fille de Kancel), mais elles sont juste là pour couper ces longs plans séquences entre un homme piégé et son geôlier implacable.
Quant à savoir qui a donné Kancel et où sont les millions, il faut patienter durant plus de 90 minutes pour avoir les réponses. Ou du moins, croire savoir. C’est aussi le message du film : il faut se méfier des apparences et ne jamais céder aux tentations du manichéisme.
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Gérard Lanvin, l'exigence de l'excellence

Grande gueule assumée, Gérard Lanvin fait plus que se bonifier avec l’âge. Cet ancien du Splendid (il fait encore aujourd’hui souvent référence à Coluche) aime les rôles forts. Encore plus quand il peut y apporter sa touche personnelle. Quand il reçoit le scénario de « 96 heures » il s’imagine immédiatement dans la peau de ce flic à la vie personnelle compliquée et secrète. Le tournage dans la villa isolée en forme de bateau, s’est passé dans une ambiance très studieuse. Gérard Lanvin, lors de la présentation du film aux Rencontres cinématographiques d’Avignon a salué l’attitude de l’équipe technique. « Pour tourner ce film, il fallait que l’ambiance soir lourde, sinon cela ne marchait pas. Les techniciens l’ont parfaitement compris. Il faut que le climat soit pesant dans ce genre de film. »

Pour Niels Arestrup ces scènes d’affrontement purement intellectuel « ont nécessité une sacrée concentration. C’était même un peu oppressant. Gérard et moi ce n’est pas qu’on se parlait mais sans doute qu’on essayait de préserver quelque chose de manière inconsciente, une étrangeté de l’autre. » Le résultat est très probant. Malgré des contraintes énormes, Gérard Lanvin passant près de la moitié du film menotté à un lit métallique au fond d’une cave. Le genre de défi physique qui motive encore plus un acteur toujours aussi méticuleux dans les choix de ses rôles.



DE CHOSES ET D'AUTRES - Numéro à vendre, œuvre d'art en construction

Pas content Benoist Apparu. Ancien secrétaire d'État au logement, député et maire de la ville de Châlons-en-Champagne, il se retrouve au centre d'une performance d'artistes locaux, à l'insu de son plein gré.
Les trois artistes, Laurent Boijeot, Sébastien Renauld et Nicolas Turon prennent le politique au mot quand il souhaite, durant la campagne des municipales, « remettre un peu de folie en centre-ville ». Ils impriment des dizaines de panneaux indiquant « A vendre » avec le nom de la société Châlons-Immo et un numéro de téléphone à contacter. Ils les accrochent au hasard, sur des balcons, des grilles et des portes un peu partout dans Reims. C'est tellement bien imité que des centaines de personnes téléphonent pour se renseigner.
Problème, le numéro noté est celui du portable du maire de Châlons qui est rapidement submergé d'appels. Le happening est certes original, mais pas sans conséquence. Benoist Apparu a porté plainte pour violation de vie privée (il a dû changer de ligne) et le parquet a ouvert une enquête.
La police n'aura pas trop à chercher puisque les artistes expliquent leur démarche sur leur site, photos d'installation des panneaux à la clé. Ils n'en sont pas à leur premier coup politique. En janvier, ils ont imprimé et distribué 20 000 tracts annonçant la candidature d'André Rossinot et Jean-Marie Raucsh, anciens maires de Nancy et Reims. La justification de cette démarche : « 200 000 spectateurs, 24 heures d'émotions, enfin du spectacle de rue vivant. » Alors, c'est de l'art ou un tour de cochon ?

mercredi 23 avril 2014

Cinéma - L'écologisme version radicale dans "Night Moves" de Kelly Reichardt

Certains écologistes américains se radicalisent. Récit d'une dérive dans Night Moves.

Dakota Fanning, Jesse Eisenberg et Peter Sarsgaard en plein repérage au bord du lac, lieu de l'attentat.

L'agriculture biologique n'est pas une spécialisation française comme on pourrait parfois le croire. Aux USA aussi il existe des fermes communautaires qui mettent en avant les circuits courts. Josh (Jesse Eisenberg), jeune écologiste, a choisi ce mode de vie. Il travaille dans une exploitation dans l'Oregon, aux nord-ouest du pays. A son petit niveau, il tente de changer les mentalités. Problème, c'est lent, très lent. Et même si une somme de petits projets ont parfois plus d'incidence qu'un gros très médiatique, il cède à la tentation du coup d'éclat. Le film Night Moves de Kelly Reichardt raconte cette prise de conscience, le moment de la décision et l'exécution. Ses dommages collatéraux aussi...

Avec Dena (Dakota Fanning), ils se font passer pour le couple de jeune Américain de base qui veut sa part de rêve. El l'occurrence un hors bord pour faire du ski nautique sur les lacs de la région. Ils achètent le « Night Moves » (Virées nocturnes) en liquide et le rapatrient chez Harmon (Peter Sarsgaard) le troisième larron du petit commando. Il vit dans un mobil-home loin dans la forêt. L'endroit idéal pour préparer le bateau. Le bourrer d'engrais agricole, y glisser trois bâtons de dynamite pour le transformer en bombe flottante. Placé au pied d'un barrage, il détruira cet édifice qui fait des ravages dans la population des saumons.

Action et conséquences
Dans un quasi silence sépulcral, les trois complices travaillent d'arrache-pied pour boucler l'attentat en un week-end. Ainsi le lundi ils retournent tous travailler comme si de rien n'était et s'engagent à ne plus se recontacter. La réalisatrice par de petites touches permet de mieux cerner les trois personnages principaux. Josh, silencieux, torturé, semble le plus déterminé. Le plus insensible aussi, comme si tout était joué d'avance. Dena, le maillon faible, est la bâilleuse de fonds. C'est elle qui achète le bateau et l'engrais. Elle semble résignée. Même avec un barrage en moins elle sait parfaitement que dans 40 ans 90 % des poissons auront disparu par la folie des hommes. Elle sait que l'attentat est inutile, mais elle se sent obligée d'agir. Harmon, ancien marine, est le technicien de l'opération. Dose les explosifs et prépare le détonateur. Son activisme ne l'empêche pas de profiter de la vie. Avec un réel détachement, sans parti pris ni jugement, le film raconte minutieusement avant, pendant et après l'explosion. Un thriller repeint en vert, avec une touche de noir, la mort d'un campeur pris dans les eaux en furie. Une vie humaine, est-ce le minimum du prix à payer ? La belle union des trois va se fissurer avec ce dommage collatéral. La suite du film sera encore plus pessimiste que le début montrant une planète en totale déconfiture.





mardi 22 avril 2014

DE CHOSES ET D'AUTRES - Mme Irma va twitter

Encore une étude sur les réseaux sociaux qui fait causer. Après un long travail de recherche et de recoupements, l'université de Virginie aux USA prétend que "l'analyse de tweets géolocalisés permet de prédire 19 à 25 formes de criminalité, en particulier le harcèlement, le vol et certains types d'agressions." Twitter mieux qu'une boule de cristal !
Et les scientifiques de citer cet exemple : si quelqu'un tweete "Je vais me saouler ce soir" et que de nombreuses personnes disent la même chose, il est probable que certaines formes d'infractions associées à l'alcool auront lieu. Terminées les patrouilles de police au hasard dans les rues, il suffit de se connecter sur le réseau social et d'attendre les "signaux" lancés par ces idiots de délinquants.



Une nouvelle catégorie de voyantes ou de marabouts s'engouffreront à coup sûr dans le créneau. Mme Irma 2.0 prédit votre avenir par simple analyse de vos tweets.
Une technique que l'on peut même s'auto-administrer. Le 22 mars 2012, je prenais en photo le compteur de "mon vieux scooter qui aime les comptes ronds" (22 222 km). 22 mois plus tard, je tombe en panne...

Avec un peu de déduction, les messages peuvent se lire à plusieurs niveaux. Quand Nadine Morano poste un selfie pris au Sénégal, je devine le gros coup de soleil à venir. Le tweet de Valérie Trierweiler sur La Rochelle annonçait, deux ans à l'avance, la rupture avec François Hollande et le retour de Ségolène Royal au gouvernement.
Sur ce, je vous laisse. Je vais twitter que j'aimerais gagner au Loto. Ça coûte rien d'y croire...
Chronique "De choses et d'autres" parue ce mardi en dernière page de l'Indépendant. 

BD - Apprenti pirate à bord du Bohemian Galion


Pour devenir pirate, rien ne vaut l'apprentissage sur le tas. Stan, fils de John-Balthazar Black, terreur de toutes les mers, a tout à apprendre. Son père avait l'intention de le prendre en main mais un imprévu l'en empêche. Black meurt prématurément. La veuve, pour que la volonté de son redoutable défunt mari soit exaucée, décide de mettre en jeu son navire, le Bohemian Galion. Beau parleur et grand mythomane, Issak Red remporte le gros lot. Il est donc chargé de former le jeune Stan. Pour le galion, il devra attendre une année que l'ado soit devenu, comme son père, la terreur des mers. 
Et il y a du boulot car à la moindre contrariété ou forte émotion, Stan a la fâcheuse habitude de tourner de l'œil, voire de vomir tripes et boyaux. Thomas Labourot est au dessin de cette série résolument comique avec cependant un soupçon de fantastique. Principal ressort comique imaginé par le scénariste Maxe L'Hermenier la confrontation entre Stan et la belle et impétueuse Eloïse. Cette BD ne révolutionne pas le genre mais a de sérieux atouts pour plaire à une large majorité d'amateurs de détente sans prise de tête.

« Bohemian Galion » (tome 1), Jungle, 9,95 €

lundi 21 avril 2014

DE CHOSES ET D'AUTRES - L'illusion Kepler-186f

La semaine dernière une information a fait rêver des millions de personnes. La NASA découvre l'existence de
Kepler-186f, une exoplanète située à un peu moins de 500 années lumière de la Terre. Elle a de quoi faire fantasmer, même dimension, même température. Quasi une jumelle, gravitant autour d'un petit Soleil. Toutes les conditions sont réunies pour l'éclosion de la vie comme sur notre bon vieux globe terrestre. Les chercheurs tentent de vulgariser leurs méthodes de recherche et la NASA diffuse une superbe représentation de la planète en question. On se croirait presque au début d'Avatar, le film de James Cameron. C'est d'ailleurs peut-être le même artiste qui a "imaginé" Kepler.
Car les scientifiques sont formels, si la taille et l'orbite sont connues, la masse et la composition sont encore du domaine de l'extrapolation. Il n'existe pas d'image de Kepler. Les télescopes ne la voient pas, ils déduisent simplement qu'elle existe en détectant "les effets induits (baisse de la luminosité de l'étoile devant laquelle elle passe, oscillations qu'elle engendre etc..)" Cette petite mise au point, je l'ai découverte sur le profil Facebook de Chris Lamquet. Non, il ne travaille pas pour la NASA ni le CNRS. Mais il sait de quoi il parle : Lamquet est un talentueux auteur de bande dessinée belge spécialisé dans la science-fiction.
Donc la belle l'image de Kepler-186f est un attrape-nigaud. Nécessaire cependant pour imager la découverte tant le concept d'espace infini est inaccessible au commun des mortels.

Chronique "De choses et d'autres" parue ce lundi en dernière page de l'Indépendant. 

BD - Vite, toujours plus vite dans "Paci" de Vincent Perriot


Vous ne verrez pas Pacifique, dit Paci, en short. Normal, il n'a pas spécialement envie que tout le monde voit le bracelet électronique symbole de sa fragile liberté conditionnelle. En attendant d'en être totalement débarrassé, il est conducteur d'engin sur un chantier. Conduire cela le connaît. Avant de passer quelques années derrière les barreaux, au volant, il était le meilleur dans sa spécialité : le go fast. Aujourd'hui il veut tirer un trait définitif sur cette période de sa vie et comme il le dit froidement au juge d'application des peines, «
 je veux trouver un travail qui me permettra juste de bien dormir ». Ce n'est pas l'avis de ses associés qui viennent lui proposent un nouveau coup. Pas évident de rester dans le droit chemin... Ce polar nerveux, mené à 100 à l'heure, est écrit et dessiné par Vincent Perriot avec une mise en couleurs d'Isabelle Merlet. Paci, grand Noir au torse recouvert de tatouages tribaux, est en fait un sage dans une jungle urbaine. Placide dans l'adversité, il semble avoir déjà tout vu, tout subi. La série est prévue en trois tomes. Les deux suivants seront publiés avant la fin de l'année. Vite, toujours plus vite...
« Paci » (Tome 1), Dargaud, 16,95 euros