Benoît Sokal, tout en continuant à animer les enquêtes de Canardo, s'est lancé dans une grande saga nature. Kraa est un aigle, gardien d'une vallée isolée. Il règne en maître sur une nature qui le craint. Seuls les hommes pourraient se mettre en travers de son chemin. Pas les Indiens qui le respectent, mais les Blancs porteurs de la modernité. Car cette région regorge de richesses minières.
Pour les exploiter, une ville est rapidement bâtie et un barrage est en construction pour réguler le fleuve passant à proximité. La vallée sera alors inondée. Les Indiens n'auront pas la possibilité de protester, ils sont tous massacrés. Tous sauf Yuma, un adolescent. Yuma qui développe un lien chamanique avec Kraa. Ensemble ils vont se venger. Après une première partie très sauvage, le second tome donne une orientation différente à la série. Kraa s'efface un peu au profit de Yuma. Il retrouve un semblant d'humanité en tombant amoureux de la belle Emily.
Une histoire poignante et des couleurs lumineuses font de cet album une des BD incontournables de la rentrée de janvier.
« Kraa » (tome 2), Casterman, 16 €

Après le huis-clos au plus profond des abysses (« Starfish » paru en 2010 au Fleuve Noir), Peter Watts prolonge sa saga de science-fiction au grand air. Son héroïne, Lenie Clarke a survécu. Après l'explosion et le tsunami qui en a résulté, elle s'est tapi au fond de l'océan. Technicienne chargée d'entretenir ces nouvelles centrales électriques utilisant l'énergie géothermique, elle a a été « améliorée » pour résister aux grandes pressions et respirer sous l'eau. C'est à pied qu'elle rejoint la cote américaine. Et ce qu'elle découvre ne ressemble plus au monde qu'elle a connu avant. « Le fond était entièrement recouvert de cadavres. Qui semblaient eux aussi couvrir plusieurs générations. Certains se réduisaient à des agglomérats symétriques d'algues. » Des millions de morts, des pans entiers du pays disparu : l'Amérique peine à se redresser. 




