jeudi 28 décembre 2023

BD - Undertaker retrouve Rose

Autre dessinateur de western qui vaut largement ses grands anciens : Ralph Meyer. Installé à Barcelone depuis quelques années, il poursuit les aventures graphiques de Jonas Crow, l’Undertaker ambulant, un croque-mort qui se déplace de ville en ville avec son corbillard et son animal de compagnie si symbolique : un vautour.


Jonas qui déprime sérieusement. Il a perdu la trace de la femme qu’il aime, Rose Prairie. Quand il reçoit une lettre de la petite d’Eaden City au Texas, signée de sa belle, il reprend espoir. Patatras, si Rose a disparu, c’est pour retrouver… son mari, Mister Prairie, médecin. Et si elle a besoin de Jonas, c’est pour une sépulture particulière : celle du bébé d’une femme qui veut avorter.

La première partie de ce nouveau cycle toujours écrit par Xavier Dorison plante le décor : Texans arriérés, folie religieuse, envie de lynchage. L’Ouest sauvage légendaire, celui où les armes font office de code civil.

« Undertaker » (tome 7), Dargaud, 64 pages, 16,95 €

Sur Netflix, très inquiétant “Le monde après nous”

Netflix lance une nouvelle mode. Après les films de Noël, la plateforme propose en fin d’année le film pessimiste. Il y a eu Don’t look up, voici Le monde après nous sur la fin du monde civilisé connu.

On retrouve au scénario et à la réalisation Sam Esmail (Mr Robot) et le couple Obama à la production. Côté distribution c’est du haut niveau aussi : Julia Roberts, Mahershala Ali, Ethan Hawke…

Tout commence par un week-end idyllique. Amanda et Clay louent une superbe villa près de New York, isolée dans des bois. Rapidement, internet est coupé. Que se passe-t-il ? Ils se posent encore plus de questions quand le propriétaire débarque en pleine nuit. Commence alors un long cauchemar sur l’effondrement de la civilisation américaine et ses conséquences.

Réaliste et très inquiétant.

mercredi 27 décembre 2023

Récit - Les Pyrénées, solitude et quiétude à retrouver dans « Journal d’une montagne » de Rémi Huot

Une année seul dans la montagne pyrénéenne vers le pic de Madres. Rémi Huot livre son « Journal d’une montagne », écrit dans un abri inconfortable, un simple orri en pierre sèche.


Écrivain voyageur, Rémi Huot, installé dans les Aspres depuis quelques années, a voulu écrire un livre plus statique après sa quête de l’ours (Dans les forêts de l’ours) et son cheminement en Bretagne (À fleur d’eau). Il a donc décidé de raconter une année en montagne. 12 mois à réfléchir, seul, sur le monde et la nature, depuis un simple « orri » (abri de pierre sèche utilisé antan par les bergers en estive) près de Nohèdes dans les Pyrénées-Orientales mais avec vue sur les sommets d’Ariège et de l’Aude.

Un défi physique et intellectuel qu’il présente dans les premières pages : « Comptant les nuits et contemplant les jours, je souhaite rester ici des mois durant et témoigner de la valse des saisons ; pour sentir à plein corps les durs froids de l’hiver, les sévères radiations de l’été, les pluies d’automne et les vents printaniers. »

Quatre saisons, une montagne 

Pour raconter ces quatre saisons, Rémi Huot est régulièrement monté à « son » orri, pour grelotter les nuits hivernales sur « le sommier de glace », admirer les étoiles les nuits estivales, écouter les oiseaux revenus au printemps. Le texte est découpé en quatre parties, comme autant de saisons.

Avec ses particularismes, comme si au fil des mois le décor, la vie, changeait du tout au tout. Avec une constance, la solitude et la quiétude. États amplifiés par une volonté de dépouillement comme pour s’opposer à la société civilisée de surconsommation.

Un sentiment que l’auteur tente de partager avec son lecteur à travers des réflexions aussi simples que touchantes : « Je ne me sens pas coupable d’être heureux d’un rien. Je me sens responsable d’être malheureux avec beaucoup. Un reste de solitude et une moitié de couleur dans le ciel conviennent à la liberté. »

Dans sa montagne, Rémi Huot en profite pour admirer les animaux. Les oiseaux notamment, lui qui a une formation d’ornithologue. Il part à la recherche des nids d’aigles, admire les traquets motteux qui s’activent pour nourrir les petits « de chenilles vertes ou d’un bourdon aux jolies rayures jaunes », tente de comprendre une « phrase vieille comme le monde » qu’un troglodyte éructe derrière son oreille droite, constate le départ des premiers migrateurs, les martinets.

Observateur de la nature préservée des hommes, Rémi Huot est tel un Thoreau moderne qui lui a raconté sa vie dans les bois. Pourtant la présence humaine n’est pas rare dans cette montagne. En été il croise des chasseurs, des randonneurs et se désole de l’arrivée de « six cents personnes, réunies dans la forêt de Lapazeuil pour vivre en communauté, le temps d’une lunaison, et pour trouver une harmonie avec le monde naturel. » Un camp fait de yourte et de tipis qui perturbe le « domaine vital d’un couple de chouettes Tengmalm. » Un des participants est pourtant fier de la grandeur du campement. L’auteur a parlé avec lui. Sans plus. « Je n’ai pas osé lui répondre que la grandeur que je cherche dans les montagnes déteste la popularité, et qu’une forêt populaire est une forêt en danger. »

Alors pour préserver ces secteurs magiques, on ne peut que vous conseiller de n’y aller qu’avec parcimonie. Mieux vaut, au final, vivre la nature par procuration tant qu’il existe des plumes talentueuses comme celle de Rémi Huot.

« Journal d’une montagne » de Rémi Huot, Le mot et le reste, 232 pages, 21 €.

mardi 26 décembre 2023

BD - Bouncer à l’épreuve

À la fin du précédent album, le lecteur a laissé le Bouncer, ce manchot taciturne, presque heureux et apaisé. Il riche, a des amis, une femme qu’il aime et une affaire prospère à Barro City. Mais c’est mal connaître Jodorowski, le scénariste, qui va rapidement apporter du noir dans ce tableau enchanté. Cela arrange Boucq, le dessinateur, qui excelle quand la tension est au maximum.

Les problèmes arriveront par l’intermédiaire de l’or ramené du Mexique. L’armée américaine vient le récupérer. Un détachement commandé par le colonel Carter, héros de la guerre, reconnaissable grâce à son œil de verre. Ensuite tout s’enchaîne rapidement. La fièvre de l’or…

Bouncer va voir la mort frapper tout ce qu’il aime.

Le titre de ce 12e album, Hécatombe, est tout sauf mensonger. Une histoire au long cours, de 144 pages, planches d’une grande beauté et expressivité signée par un François Boucq qui est depuis quelque temps au niveau des plus grands, de Giraud à Hermann.

« Bouncer » (tome 12), Glénat, 144 pages, 24,95 €

Cinéma – “L’innocence” des enfants incompris

Un des meilleurs films de 2023 sort entre les fêtes. "L’Innocence" de Kore-eda est un drame sur l’enfance incomprise.

À ceux qui doutent que le cinéma puisse être considéré comme un art à part entière, on ne peut que conseiller d’aller voir un film de Hirokazu Kore-eda pour s’en persuader. On peut débuter par Une affaire de famille, palme d’or à Cannes en 2018. Mais le plus simple reste de profiter de la sortie en salles ce mercredi de L’innocence, sa dernière réalisation, pour pénétrer dans son monde, sa magie cinématographique, sa rigueur scénaristique et ses allégories.

Un film qui n’a remporté « que » le Prix du scénario à la dernière édition de la grand-messe du cinéma sur la Croisette. Récompense plus que justifiée tant la construction du long-métrage est parfaite, exemplaire, sorte de bréviaire que l’on devrait montrer dans toutes les écoles de cinéma.

Le film est découpé en trois parties autonomes, trois fois la même histoire, mais vue par différents protagonistes : la mère du jeune Minato, le professeur Hori puis enfin le regard conjugué de Minato et son ami écolier, Eri. Trois pièces d’un même puzzle qui joue sur les apparences, l’incompréhension, le secret et la honte.

Comme une fresque sur toutes les difficultés rencontrées par deux jeunes garçons dans une école japonaise gangrenée par le harcèlement et la volonté de sa direction pour conserver sa bonne réputation. Le spectateur qui ose se laisser emporter par le récit se trouve ballotté entre plusieurs hypothèses avant tout remettre en ordre… et se retrouver encore plus déstabilisé par une fin plus qu’ouverte. Du grand art dans la construction, mais jamais gratuit, toujours au service du propos.

Premier point de vue, celui de Saori (Sakura Andô), mère de Minato (Soya Kurokawa). Elle élève seule ce gamin de plus en plus renfermé. Le père est mort dans un accident. Quelques détails vont alerter la maman inquiète. Minato a perdu une chaussure, s’est coupé les cheveux, seul dans la salle de bains ou a mis de la boue dans son thermos d’eau. Quand il revient blessé, elle se persuade que c’est son professeur, Hori (Eita Nagayama), qui le malmènerait en classe. Elle va tout faire pour qu’il soit renvoyé.

Deuxième acte avec le ressenti du fameux professeur. Un homme solitaire et romantique. Amoureux d’une hôtesse de bar, il est très attentif aux enfants dont il a en charge l’éducation. À plusieurs reprises, il prend la défense du jeune Eri (Hinata Hiiragi), le souffre-douleur de la classe. Minato ne serait pas le dernier à profiter de sa faiblesse. Obligé d’avouer des violences fictives, Eri va sombrer avant de tout comprendre.

C’est la fameuse troisième partie du film, celle qui va scotcher le spectateur dans son fauteuil, incrédule face à cette vérité qu’il n’a jamais envisagée. Un film coup de poing sur l’amitié secrète et incomprise entre deux enfants différents, dont la fin va longtemps hanter notre imaginaire.

Film japonais de Hirokazu Kore-eda avec Sakura Andô, Soya Kurokawa, Hinata Hiiragi, Eita Nagayama

Thriller - Apprenties romancières piégées dans « La Reine du noir »

 Une romancière célèbre, un vieux manoir, cinq jeunes autrices ambitieuses : cocktail parfait pour un thriller littéraire d’exception signé Julia Bartz. 


À l’heure de la grande révolution woke, certaines romancières ne se posent plus la question. Un personnage masculin dans mon roman ? Totalement superfétatoire ! Ainsi pas l’ombre d’un homme dans les protagonistes essentiels de La Reine du noir, roman de Julia Bartz.

La narratrice, Alex est une jeune New-yorkaise rêvant de faire carrière dans l’édition. Elle survit avec un petit emploi, mais rêve de grand roman, de tirage faramineux et de célébrité mondiale. Comme son idole, Roza Vallo. Al, désespérées souffre du syndrome de la page blanche après une grosse brouille avec sa meilleure amie, Wren. Tout pourrait changer quand les deux apprenties romancières sont sélectionnées, avec trois autres filles, à une retraite d’un mois dans le manoir de Roza, pour écrire un roman tout en bénéficiant des conseils de la romancière. Mais quand elles se retrouvent isolées dans cette région montagneuse, coupées du monde par d’importantes chutes de neige, le rêve se transforme en cauchemar.

Ce thriller, teinté de fantastique, met les femmes en avant. mais il y a forcément dans le lot des « méchantes » pour amener la tension dans le récit. Des femmes qui selon l’autrice doivent trouver les ressources pour se libérer : « Quand on était une femme, on avait une tâche à accomplir, qui consistait à feindre d’apprécier tous ceux qui vous piétinaient en vous laissant des marques sur le visage. Mais ici, dans ce cachot souterrain… les règles habituelles ne s’appliquaient pas. Ici-bas, les femmes pouvaient être aussi franches qu’elles voulaient. »

Un premier roman très réussi, avec une variation de styles et d’ambiance prometteurs.

« La Reine du noir » de Julia Bartz, Sonatine, 448 pages, 24,50 €

lundi 25 décembre 2023

Cinéma - “Rebel Moon” sur Netflix, du grand spectacle… mais déjà vu


Les anciens se souviennent sans doute de la publicité pour la boisson Canada Dry. Rebel Moon, nouveau film de Zack Snyder disponible depuis le week-end dernier sur Netflix, est le Canada Dry de Star Wars. Le réalisateur ne s’est pas embarrassé à chercher l’inspiration. Il s’est simplement lancé dans la mise en valeur d’effets spéciaux remarquables, de combats spatiaux spectaculaires et de bagarres homériques.

Pour ce qui est de l’histoire, c’est un décalque, à peine modifié, de l’intrigue de la Guerre des Étoiles mâtinée d’un peu des Sept mercenaires.

Alors on en prend effectivement plein la vue, mais nos neurones ne peuvent s’empêcher de répéter en boucle : « ça me rappelle quelque chose… ». Dommage, la réalisation est grandiose, mais il manque cette nouveauté qui permet à un film de rester dans toutes les mémoires.

Saluons cependant la performance de Sofia Boutella, actrice franco-algérienne de plus en plus en vogue à Hollywood.


 Un film de Zack Snyder avec Sofia Boutella, Charlie Hunnam, Ed Skrein

BD - Ecole magique sur « L’île du Crâne »

La collection Jungle Pépites continue de proposer des adaptations en BD de romans jeunesse de qualité. Avec L’île du Crâne, c’est au monde imaginé par Anthony Horowitz que les jeunes lecteurs auront accès en images.

Maxe L’Hermenier se charge des textes, Clément Lefèvre des dessins. Bien avant Harry Potter, un auteur anglais a imaginé une école qui ne recevait en son sein que de jeunes sorciers aux pouvoirs balbutiants. David Eliot est un élève difficile. Une nouvelle fois exclu, il fait le désespoir de ses parents. À moins que Groosham Grange sur l’île du Crâne n’arrive à le canaliser.

Le jeune garçon va découvrir que ce lieu a tout du cauchemar éveillé. Isolé, sinistre : les professeurs sont inquiétants et les autres élèves hautains. De plus, la nuit, il se passe de drôles de choses. Avec deux amis arrivés avec lui le même jour, il va tenter de s’évader. Mais est-ce bien raisonnable d’essayer d’échapper à son destin ?
Une très jolie BD avec des dessins modernes tout en couleurs directes numérisées. De plus David a suffisamment de personnalité pour que les jeunes lecteurs s’identifient à lui. Et à son pouvoir.

« L’île du Crâne » (tome 1), Jungle, 72 pages, 16,95 €

dimanche 24 décembre 2023

Des beaux livres en cadeaux : toujours une bonne occasion pour faire plaisir

 Offrir un livre pour les fêtes de fin d’année c’est l’assurance de satisfaire membres de la famille ou amis. Vous trouverez dans cette page nos idées de lecture, mais n’hésitez pas à demander conseil aux libraires ou de simplement feuilleter un ouvrage et écouter votre cœur.

Cinéma. Ciné illimité pour rire de films sérieux


Peut-on rire des films sérieux ? Oui, deux fois oui si l’on en croit l’équipe de L’arrière cuisine, collectif d’auteurs qui sévit depuis quelques années sur le net et qui a converti quelques-unes de ses meilleures trouvailles en livre hilarant.

Ciné Illimité ce sont des fiches sur 224 films, passés à la moulinette, avec anecdotes, points forts et points faibles. Tous les styles sont analysés, du chef-d’œuvre absolu (Apocalypse Now) au film de genre (Massacre à la tronçonneuse) en passant par la chose filmique innommable (Cinéman).

Des analyses subtiles qui vous parleront si vous avez vu le film. Ainsi, parmi les points forts de Mulholland Drive de David Lynch cette constatation : « Tout fan de Cyril Hanouna qui regarde ce film a une chance sur deux de faire un AVC avant la fin. »

Dans un autre genre, un des points faibles de Shining de Stanley Kubrick : « Quand on voit la gueule de l’hôtel et son emplacement, on se demande qui y vient en vacances, même en été. »

« Ciné Illimité », Marabout, 288 pages, 32 €

Légendes. Mieux comprendre les Esprits du Nord


Les mythologies nordiques s’affranchissent de la froidure. Runes, dieux et autres légendes ont tendance à entrer dans le quotidien de tout occidental un peu curieux des différentes croyances et pratiques religieuses ou magiques. Si vous vous demandez encore qui est Freya, dans quel cas il faut fabriquer un taufr ou comment prier les vaettir en pratique, ce gros livre de Sentulia est pour vous.

L’autrice, « spécialisée en mythologie scandinave, en fabrication de grimoires et de reliures, mais également en magie nordique », explique point par point les grandes lignes de ce vaste sujet. Vous apprendrez ainsi que Freya, déesse de l’amour (charnel et sentimental) est une divinité très sollicitée par les Humains.

Et pour les vaettir, n’oubliez pas au final le blot, un bol d’alcool versé au pied d’un arbre…

« Esprits du Nord », Secrets d’étoiles, 272 pages, 27 €

Science-fiction. Les noires prévisions de Christophe Bec dans ses Inexistences


Auteur de la région (né en Aveyron, longtemps installé à Albi), Christophe Bec a débuté comme simple dessinateur avant de se consacrer essentiellement à des scénarios de thrillers ou de séries de science-fiction. Avec Inexistences, grand et gros albums, il revient au dessin tout en creusant d’autres pistes puisqu’il mélange roman, peintures et BD dans cette histoire pour le moins pessimiste.

Dans un futur à peine noirci, les derniers Humains tentent de survivre dans un monde désolé. Le froid, la roche, les ruines sont omniprésentes dans ce monde halluciné où la violence semble la dernière loi en vigueur.

Comme une prédiction de ce visionnaire talentueux de ce qui attend les générations futures, malgré la COP 28 et les voitures électriques…

« Inexistences », Soleil, 152 pages, 29,95 €

Science-fiction. Le texte original du roman "Une princesse de Mars"


Si Elon Musk rêve d’aller sur Mars, c’est peut-être en raison de ce roman d’Edgar Rice Burroughs paru aux USA en 1912. Une princesse de Mars est la première des aventures de John Carter. Le premier roman de science-fiction aussi, celui qui a en grande partie codifié le space opéra et la fantasy.

On retrouve ce texte fondateur dans une superbe édition à la couverture rigide, aux aplats dorés et à la composition large et aérée. Un superbe écrin pour plonger avec délectation dans cette aventure improbable et parfois un peu datée dans son virilisme où un aventurier américain est confronté au peuple martien, des géants dirigés par une princesse d’une rare beauté, Dejah Thoris.

« Une princesse de Mars » d’Edgar Rice Burroughs, Hoëbeke, 352 pages, 28 €

Classique. Don Quichotte de la Manche revisité graphiquement par les frères Brizzi


Paul et Gaëtan Brizzi, frères jumeaux, après une jolie carrière dans le cinéma d’animation, ont consacré leur talent graphique à adapter des grands textes de la littérature mondiale. Après Céline et Vian, ils se sont attaqués à l’Enfer de Dante l’an dernier et en cette fin 2023 ils proposent leur vision d’un roman moins sombre : Don quichotte de la Manche de Miguel de Cervantes.

Essentiellement en noir et blanc avec cependant quelques passages en quadrichromie (crayons de couleur pastel du plus bel effet), l’album de 200 pages offre une vision très personnelle de cette ode à la folie dans l’Espagne médiévale.

Une redécouverte tant la version des Brizzi est originale et époustouflante de virtuosité.

« Don Quichotte de la Manche » adapté par Paul et Gaétan Brizzi, Daniel Maghen, 200 pages, 29 €
 

Comics. Hitman, méchant tueur et héros attachant


Présenté comme « le chaînon manquant entre Preacher et The Boys », la série Hitman écrite par Garth Ennis et dessinée par John McCrea a longtemps fait figure de comics le plus violent et insolent du marché.

Le héros, un tueur à gages, est mordu par un extraterrestre. Au lieu de mourir dans d’atroces souffrances, il développe des superpouvoirs comme la télépathie ou la vision à rayons X. Il deviendra Hitman et accepte dès lors des contrats sur le dos des super vilains. Dans le premier tome de cette intégrale, il croise souvent la route de Batman (qui cherche toujours à l’arrêter, ça reste un tueur…), le Joker et quantité de créatures qui adorent les humains. Surtout au petit-déjeuner.

C’est irrévérencieux (on retrouve l’esprit Boys) et dessiné dans une noirceur de bon aloi.

« Hitman » (tome 1), Urban Comics, 576 pages, 39 €

Nature. Orcas, au royaume des orques


Une petite baignade dans les eaux froides de la Norvège au nord du cercle polaire arctique, ça vous tente ? Ce qui paraît particulièrement improbable devient possible avec la magie des beaux livres. Le photographe animalier Stéphane Grazotto, après avoir suivi une famille de cachalots, a décidé de braquer ses objectifs sur les orques.

Ces mammifères marins majestueux ont pour habitude de se réunir chaque hiver dans la zone pour se goinfrer de harengs. Les poissons s’amassent par millions dans les eaux sombres et mystérieuses d’un fjord. Les orques les suivent et en profitent pour se faire un festin. La magie de la nature capturée par le photographe qui a plongé au plus près de ces redoutables prédateurs.

Un livre à l’italienne pour une jeune maison d’édition, Axoloti, qui entend sensibiliser à l’environnement par l’art et la science.

« Orcas », Éditions Axoloti, 160 pages, 29,90 €

Jeux. Résoudrez-vous Les énigmes de Sherlock Holmes ?


Si vous vous sentez l’âme et la perspicacité d’un Sherlock Holmes, ce livre d’énigmes est pour vous. Nicole Masson et Yann Caudal ont imaginé 150 énigmes et jeux divertissants qui mettront à rude épreuve vos petites cellules grises (Hercule Poirot aussi était un redoutable détective).

Dans les lieux emblématiques de Londres, face à son ennemi de toujours Moriarty, ; Holmes devra décrypter des messages codés, repérer des suspects ou découvrir qui est coupable dans ces jeux où quelques indices, s’ils sont savamment analysés, permettent de trouver la solution.

Sur le même principe, résolvez aussi les énigmes proposées à la sagacité de Lady W., jeune femme futée de la cour d’Angleterre au XIXe siècle.

« Les énigmes de Sherlock Holmes », Mango Éditions, 208 pages, 15,95 €

Un album jeunesse - Pauline voyage

Pas spécialement contente la jeune Pauline. Pourtant elle est passagère sur un paquebot pour une croisière dans le grand Nord à admirer ours blanc et baleines. En compagnie de la reine de Belgique, Fabiola et de son fils, Baudouin.

Mais Pauline, ce qu’elle voulait, c’est voyager avec son père. Alors elle va lui écrire tous les jours, racontant les péripéties de cette croisière.

Écrit par Marie Desplechin avec de grandes illustrations de François Roca, cet album nous apprend que le persil est parfait contre le mal de mer, que Pauline aimerait se marier avec le mousse et qu’elle sauve une cantatrice des griffes d’un ours affamé. Adorable !

« Pauline voyage », l’École des Loisirs, 48 pages, 19 €