mercredi 22 septembre 2021

De choses et d’autres - Entre Montpellier ou la planète Mars, faut choisir

Ainsi donc, la ligne à grande vitesse entre Perpignan et Montpellier avance. Pas trop et pas trop vite, mais elle avance. Le calendrier est de nouveau mis à plat et au regard des dernières décisions gouvernementales, des délais normaux pour le foncier et, bien évidemment, la phase de construction, on arrive désormais à la date approximative d’après 2040.

Encore près de 20 ans à attendre, telles des vaches dans le pré qui ruminent en regardant passer les tortillards. Mais, attention, 2040 c’est pour la jonction avec Perpignan.

La ligne entre Montpellier et Béziers, elle, pourrait être mise en service beaucoup plus tôt. Enfin, pas tant que ça, les prévisions les plus optimistes évoquant l’année 2033.

Cette ligne est en train de devenir la Sagrada Familia du sud de la France. Un chantier qui n’en finit plus. Chaque année qui passe rajoute deux ou trois ans à la date finale des travaux.

En comparaison, les Américains estiment qu’ils pourront lancer un vol habité vers Mars en 2033 ou, plus certainement, lors de la fenêtre de tir suivante de 2037. Dans tous les cas de figure, il semble plus simple d’aller sur Mars que de prendre un véritable TGV de Perpignan à Montpellier.

De toute manière, si cela continue à ce rythme, les dernières traverses des rails seront posées vers 2070, au moment même où une équipe d’ingénieurs mettra au point la téléportation instantanée rendant totalement caduques toutes ces installations.

Et, à ceux qui me rétorquent que c’est de la pure science-fiction, je répondrais que cette ligne TGV en a aussi tous les airs.

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le jeudi 23 septembre 2021

mardi 21 septembre 2021

Rentrée littéraire - Thomas B. Reverdy et l’aventure du « Climax »

À l’heure de la primaire écologiste avant la présidentielle en France, ce roman devrait faire réfléchir bien plus que les 120 000 inscrits et potentiels participants. Thomas B. Reverdy est parti d’un fait : la Norvège a construit une plateforme pétrolière nommée Ragnarok. Encore plus au nord, vers de nouvelles réserves d’or noir, dans cette mer arctique qui fond comme neige au soleil. Expression qu’on va bientôt modifier par « comme banquise sous l’effet du réchauffement climatique ». 

Loin d’être un pensum scientifique, Climax se présente comme un roman d’aventures. Un premier accident sur la plateforme fait revenir au pays Noah, un ingénieur. Il va de nouveau croiser la route de ses amis d’enfance. Quand ils passaient des nuits à vivre des aventures fantastiques dans des jeux de rôles basés sur les légendes scandinaves. Quand ils escaladaient le glacier qui domine la région. En plus de l’action qui semble conduire inéluctablement vers la fin du monde, des chapitres racontent les animaux menacés de cette région. L’ours blanc, évidemment, « un des seuls prédateurs qui n’avait pas peur de l’homme avec les crocodiles et les grands requins blancs ». L’ours affamé qui est devenu cannibale pour survivre. Les loups aussi sont menacés comme des poissons. Un bestiaire qui va devenir fabuleux, comme celui de la partie jeu de rôle du roman, quand Noah, Anders et Knut s’imaginaient en héros, mages et autres trolls

Ce mélange des genres, des ambiances, des styles, donne une puissance supplémentaire à ce roman dont le message essentiel est résumé en page 227 : « On approchait de la fin du monde. On finissait par s’y attendre - on l’avait tellement attendue. » Vu les dernières prédictions du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), jamais on n’aura été si proche. 

« Climax » de Thomas B. Reverdy, Flammarion, 20 €

De choses et d’autres - M. et Mme Exemple ont de l’argent

L’inflation repart à la hausse et, par conséquent, le smic va être un peu augmenté en octobre. Après cette étrange période de crise sanitaire où les milliards d’aides en tout genre ont déferlé sur la France, où en sont les Français avec leurs finances ?

Difficile de dresser des tendances, chaque cas étant particulier et la relation avec l’argent, quelque chose de très personnel. Se contenter de deux catégories (fourmis qui épargnent et cigales dépensières) est trop réducteur.

J’ai pourtant eu un petit indice quand une personne, pour expliquer qu’elle n’arrivait pas à utiliser son application d’une banque, a partagé une capture d’écran. Un exemple, pour preuve ce sont les comptes de M. et Mme Exemple qui sont détaillés. Le compte de M. est crédité de 2 540 €, le compte joint de M. et Mme de 6 643 € et le livret A (de M. encore) de 17 922 €.

Les réactions portaient, essentiellement, sur les montants. Pour certains, jamais ils n’ont eu plus de 500 € sur le Livret. D’autres soulignaient qu’ils étaient tous les mois à découvert. Les plus pragmatiques s’étonnaient d’une telle somme sur le compte courant qui ne rapporte pas…

Bref, la majorité trouvait M. et Mme Exemple très riches.

Personnellement, ce qui me gênait dans le tableau, c’est la répartition des comptes. Si M. Exemple peut utiliser, comme il l’entend, les trois comptes, soit une somme de près de 27 000 €, Mme doit se contenter du compte joint et des 6 600 €. Mais, il est vrai que les banques ont longtemps freiné l’indépendance financière des femmes. N’oublions pas que ces dernières ne peuvent ouvrir un compte à leur nom que depuis le 13 juillet 1965.

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le mercredi 22 septembre 2021 

lundi 20 septembre 2021

Série Télé - « Post Mortem » ou la malédiction des croque-morts


Rien ne va plus pour la petite entreprise Hallangen dans la ville de Skarnes en Norvège. Elle a pignon sur rue et propose ses services à la population depuis quatre générations. Mais voilà, plus personne ne meurt à Skarnes, sous-titre de la série télé Post Mortem depuis peu sur Netflix. Les Hallangen sont croque-morts depuis des générations. Le fils, Odd (Elias Holmen Sørensen), se prépare à succéder à son père. La fille, Live (Kathrine Thorborg Johansen) est infirmière dans une maison de retraite. 

Tout débute quand les policiers locaux (un couple hilarant formé par un pur local, amoureux de Live quand il était à l’école primaire et une Femme en surcharge pondérale originaire d’Afrique mais dotée du flegme inébranlable des Norvégiens) découvrent un corps dans la campagne. C’est Live. Conduite à la morgue, c’est au tout début de l’autopsie que les médecins s’aperçoivent que finalement elle est vivante. 

Série horrifique avec quelques scènes gores, Post Mortem est avant tout l’histoire d’une famille en déroute. Live souffre d’un mal héréditaire qui l’empêche de mourir et la pousse à boire du sang humain. Loin de se concentrer sur elle, le scénario raconte comment Odd, raté parmi les ratés, tente désespérément de remettre l’entreprise à flot, quitte à transporter de la drogue dans des cadavres en provenance de Suède ou pire, utiliser les combines des « forces de vente » pour obliger les clients (la famille en deuil), à acheter le cercueil et la cérémonie la plus coûteuse. 

Bref le noir n’est pas réservé aux costumes lors des enterrements mais aussi à l’humour distillé dans cette série très transgressive.

De choses et d’autres - Quand le n’importe quoi fait foi

On vit une époque formidable ! L’expression, popularisée dans les années 70 par un album de dessins d’humour de Reiser, est encore plus valable aujourd’hui. C’est du côté de la pandémie que l’on trouve le plus de faits et gestes qui se rapprochent de l’esprit de la maxime.

Prenez Fabrice Di Vizio, un des plus actifs dans le monde des antivax. Dans une vidéo où il a l’air clairement illuminé, il affirme que face à l’épidémie « les moines ont sauvé des millions de vies par la prière silencieuse. » Finalement Pfizer et Moderna sont des nains inefficaces face à ces sauveurs de l’Humanité.

Une autre déclaration autour des effets secondaires des vaccins contre le Covid a poussé le ministre de la Santé de Trinidad et Tobago à préciser que jamais la vaccination n’a provoqué « le gonflement des testicules ». Une allégation lancée par Nicky Minaj, chanteuse pop célèbre dans le monde entier et originaire de ces îles des Caraïbes.

Enfin, dans cette « époque formidable », on apprend, mais là c’est du très sérieux, que l’armée américaine a inventé une machine à faire taire l’ennemi. Exactement, ce système informatique provoque, sur les ondes de communication, un écho tellement perturbant que plus personne ne comprend.

Dommage qu’elle ne soit pas en vente libre pour les civils, je l’utiliserai avec plaisir pour en faire taire certains un peu trop présents sur les ondes pour raconter leurs salades.

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le mardi 21 septembre 2021

dimanche 19 septembre 2021

Série télé - « Into the night » redécolle

Projet belge s’internationalisant de plus en plus, la série arrive sur Netflix pour une seconde partie. Si la première saison se déroulait essentiellement dans l’avion (un dérèglement du soleil tue toute personne exposée. Il fallait donc rester de l’autre côté de la Terre, en pleine nuit), la suite se déroule dans le bunker où les survivants ont trouvé refuge. 

Dans ce monde cloîtré, les jeux de pouvoir vont rapidement faire exploser la solidarité et transformer la vie en survie. Et comme ce type d’histoire doit être plein de rebondissements, quelques personnages pourtant essentiels vont mourir et surtout, l’avion va redécoller pour, tout simplement, tenter de sauver l’Humanité.

De choses et d'autres - Record du monde, il a vu le même film au cinéma 203 fois !

Samedi dernier, à 18 heures dans un cinéma de Reims, Arnaud Klein est allé voir le film Kaamelott premier volet. L’information ne semble pas particulièrement palpitante ni essentielle, j’en conviens.

Mais derrière la séance du film d’Alexandre Astier se cache un record du monde. Car c’était la 203e fois qu’Arnaud Klein visionnait les aventures du roi Arthur au cinéma.

Un marathon lancé par boutade il y a sept semaines : « Je te parie que je vais aller voir Kaamelott plus de 200 fois ! » a-t-il affirmé à des copains un peu vite. Et voilà le jeune homme embringué dans un truc qui va rapidement le dépasser. Car à l’heure des réseaux sociaux, il partage chaque séance (un selfie avant et la photo du ticket d’entrée), récoltant des milliers d’abonnés.

Finalement, pour être sûr de battre le record du monde détenu par un Américain (Avengers Endgame vu 191 fois), il décide qu’il ira voir le film 203 fois. S’il s’est senti parfois seul (le cinéma de Reims a conservé jusqu’au bout les quatre séances quotidiennes pour lui permettre d’arriver au score voulu), la fin du parcours a attiré des dizaines de supporters. Même Alexandre Astier est allé voir son propre film en sa compagnie.

Samedi, ils étaient plus de 200 dans la salle pour la séance du record. Si certains trouvent Arnaud « abruti et débile », en ces temps de ‘sous-marinsgate’, couler le record d’un Américain ne peut pas faire de mal à la grandeur de la France.

Par contre à l’issue de ce parcours on ne sait pas ce que pense véritablement Arnaud du film, mais il a dû un peu apprécier pour arriver à tenir son pari. Car voir un mauvais film c’est assez pénible, alors imaginez voir 203 fois le même navet ?

Reste à savoir si le défi sera relevé. Est-ce qu’un autre « débile et abruti » tentera de voir Kaamelott second volet 204 fois quand il sortira ? La réponse dans quelques années puisque le tournage n’a pas encore débuté.

samedi 18 septembre 2021

Série télé - Les grands espaces sur Arte


Arte est devenue un rendez-vous incontournable en matière de séries de qualité. Loin des clichés trop formatés américains, la chaîne franco-allemande propose des productions en provenance de tous les pays. En cette rentrée, vous pouvez vous évader en Nouvelle-Zélande, puis en Finlande (avec un crochet en Grèce). 

One Lane Bridge, toujours à l’antenne le jeudi soir et sur la plateforme Arte.tv, se déroule dans la ville de Queenstown dans le sud de la Nouvelle-Zélande. Dans ce sud sauvage, froid et montagneux, Ariki, un policier d’origine maori, va devoir enquêter sur la mort d’un fermier. Il est retrouvé en contrebas d’un pont à une voie de sinistre réputation. Suicide ou homicide ? Ariki (Dominic Ona-Ariki) penche pour la seconde solution. Mais son chef, Stephen (Joel Tobeck), qui a fait toute sa carrière sur place et connaissait parfaitement la victime, croit plutôt au suicide. 

La série, sur six épisodes, offre des images somptueuses de ces montagnes désertiques peuplées de fermiers bourrus et de centaines de moutons. Avec un soupçon de magie, Ariki ayant un don de double vue, notamment quand il est sur le fameux pont. 


Grâce à L’homme de la chambre 301, (à l’antenne à partir du 23 septembre et déjà sur Arte.tv), cap sur les bois de la Finlande. La série porte sur les mensonges tenaces dans une famille bourgeoise. L’action se déroule en 2007, lors d’un drame qui va marquer durablement les différents protagonistes. La suite, de nos jours, montre ces individualités brisées tentant de survivre, d’Helsinki à la Grèce lors de vacances où le mystère de l’homme de la chambre 301 fait son irruption. 

Une série à l’ambiance trouble où on ne sait jamais exactement où se cache la vérité. Du suspense de haut niveau.

De choses et d’autres - Emballage et emballement

L’art contemporain, parfois aussi beau qu’incompréhensible, a beaucoup fait parler de lui cette semaine. Comme si, sur les réseaux sociaux, les gens n’avaient que ça à se mettre sous la dent, alors qu’il y a la campagne passionnante de la primaire écologiste ou le congrès essentiel des petites villes de France en présence de Jean Castex.

Non, on préfère s’étriller sur la pertinence d’emballer l’Arc de Triomphe et on s’extasie devant la statue monumentale érigée en hommage à Johnny Hallyday.

L’emballage passe mal. Comme si cacher un monument équivalait à le raser. Rappelons, dans un premier temps, que c’est temporaire. Le dimanche 3 octobre, ils seront sans doute des millions à regretter la fin de cet exceptionnel happening, le dernier voulu par l’artiste récemment disparu.

Par contre, du côté de la future esplanade, Johnny Hallyday, face à la salle de Bercy, tout le monde s’est extasié au moment du dévoilement de la statue hommage. Un manche de guitare vertical avec au sommet une Harley Davidson cabrée. L’artiste ne s’est pas foulé, mais c’est souvent l’impression que donne l’art contemporain. Et, franchement, ce n’est pas une grande réussite.

Alors, après le 3 octobre, si on ne sait pas quoi faire des toiles de l’Arc de Triomphe, pourquoi ne pas en récupérer une partie pour emballer l’hommage à Johnny ? Et pas provisoirement si possible !

 

vendredi 17 septembre 2021

Streaming - Décevant « Chaos Walking »


Certains films semblent un peu maudits. Pourtant à la base, tout était réuni pour que Chaos Walking fasse un carton dans les salles. Un roman à succès, deux acteurs dans le vent (Tom Holland alias « Spiderman » et Daisy Ridley alias Rey dans Star Wars) et Robert Zemeckis derrière la caméra. Mais finalement la très grosse production a été réalisée par Doug Liman, le tournage s’est étalé dans le temps et au final, la production qui a coûté la bagatelle de 125 millions de dollars sort directement sur Amazon Prime. Raté ce film ? Pas totalement, mais il ne reste pas dans les mémoires. 

L’idée que ces pionniers sur une autre planète soient victimes d’une maladie qui les rend tous télépathes, devinant ainsi ce que pensent les autres, incapables de masquer leurs propres pensées, est difficile à rendre à l’écran. Quant à la disparition totale des femmes, elle n’est pas crédible une minute. Les deux acteurs principaux sont sous-exploités et même Mads Mikkelsen, excellent en méchant, manque de crédibilité. Si les romans forment une trilogie, le film risque de se retrouver très isolé.