mercredi 25 octobre 2017

DVD et blu-ray - La Momie, le soldat et Seth

En cette semaine pré Halloween, faites-vous donc une petite peur en découvrant le remake de « La Momie », gros succès au box office de 1999. Un remake qui bénéficie de la 3D (dans les coffrets blu-ray) et des dernières innovations en matières d’effets spéciaux.

Autre nouveauté aussi, l’ajout au casting de poids lourds du cinéma mondial avec Tom Cruise dans le rôle principal et Russel Crowe pour celui d’un personnage très connu et qui sera au centre d’un prochain film de la série « Universal Monsters ».

Le nouveau film débute par un rapide résumé de la malédiction de la fameuse momie. Cette fois, c’est une princesse, Ahmanet (Sofia Boutella), promise au pouvoir, qui fait les frais de la rancune des prêtres. Car elle a fait un pacte avec le dieu Seth, le dieu de la mort. Elle est momifiée vivante et enfouie dans un sarcophage loin d’Égypte. En Irak exactement où de nos jours, Nick Morton (Tom Cruise) un soldat US profite de la panique occasionnée par l’arrivée de terroristes islamistes pour voler des antiquités. Un missile plus loin, il met à jour le sanctuaire où Ahmanet, en reconnaissance le désigne comme élu. Il doit mourir pour permettre à Seth de venir sur Terre et y imposer son règne. Le volet fantastique et « monstrueux » est particulièrement réussi. Sofia Boutella, actrice française à la plastique parfaite, donne humanité à cette femme maudite. Tom Cruise fait… du Tom Cruise. Un peu d’humour, beaucoup de séduction, un max de baston.

Dans le DVD et le bluray, les bonus sont nombreux et passionnants. On découvre comment les acteurs ont passé quelques secondes en apesanteur dans un Airbus spécial 0- G. Ou comment la momie évolue dans sa renaissance, à grands renforts de prothèses et trucages.

➤ « La Momie », Universal, 16,99 € le DVD, 19,99 € le bluray et 22,99 € le blu-ray 3D.

De choses et d'autres - Donner des couleurs aux bâtiments

Ne jetez plus vos vieilles briques Lego® elles peuvent se transformer en œuvres d’art et participer à l’embellissement de la ville. L’idée est de Jan Vormann, artiste allemand. En se promenant dans les rues, il constate que de nombreux murs étaient balafrés par des fissures et autres plaies dans le crépi. Le plasticien ayant conservé un esprit d’enfance, a eu l’idée de raccommoder ces murs avec des briques. 

Des briques de Lego® . Des fois, une poignée suffit. Ailleurs, des kilos de plastique sont nécessaires pour colmater de véritables brèches. Si ces « replâtrages » apportent effectivement de la couleur dans la ville, ils ont aussi l’inconvénient de dépareiller des bâtisses historiques. Quand on sait la rigueur des architectes des bâtiments de France sur les codes couleur lorsqu'on veut repeindre ses volets situés (pas de chance) dans un quartier hébergeant, par exemple, une église du XIe siècle. Le fameux architecte, s’il tombe sur un rafistolage bariolé risque l’infarctus foudroyant.

À Perpignan, le Castillet n’est pas en mauvais état, il pourra éviter une cure de plastique. Par contre, la Cité de Carcassonne, est sans doute bourrée de trous, failles et autres pierres manquantes. Par contre il est certainement totalement interdit de vouloir boucher les remparts. Les briques Lego ne sont pas d’époque. Et de toute manière il en faudrait des tonnes et des tonnes pour la remettre à neuf. Certains touristes apprécieraient. Mais pas tous... Enfin on déconseille également vivement aux amateurs d’art coloré de boucher les trous dans le Mur des Lamentations à Jérusalem par des briques en plastique. C’est un coup à déclencher une guerre des Six Briques

lundi 23 octobre 2017

BD - Astérix et Obélix on the road again


Avec cet humour décalé qu’ils ont toujours eu (Ferri depuis ses années Fluide Glacial, Conrad en agitateur du vénérable magazine Spirou du temps des « Hauts de page »), les deux auteurs de la reprise d’Astérix et Obélix ont expliqué que leur mission, tous les deux ans, est « de sauver l’édition française ». Un rôle économique qui ne doit pas les détourner de leur véritable mission : faire rire les Français et quelques millions d’Européens. 

Passons sur les chiffres astronomiques du tirage (Idéfix doit se lamenter de tous ces arbres abattus) et recentrons-nous sur le fond. Avec confiance car le duo, depuis la reprise avec bénédiction d’Uderzo, affine sa complicité, marque un peu de son empreinte la série et surtout est à la hauteur des albums de l’époque bénie. Une histoire de course de chars à travers l’Italie, source inépuisable de gags car toutes les nations de l’empire participent à ce rallye. L’occasion de se moquer du nationalisme, de l’esprit de compétition, de la pub et même, les petits chenapans, de la presse. C’est succulent, on en redemande.

➤ « Astérix et la Transitalique », éd. Albert René, 9,95 €

Les premiers pas du Petit Nicolas

Pour les nostalgiques de la verve de René Goscinny, ceux qui ne supportent pas que d’autres s’essaient à faire vivre ses personnages (voir ci-dessus), chance avec l’exhumation de la première bande dessinée du Petit Nicolas. Car contrairement à ce que tout le monde croit, le jeune héros dessiné par Sempé a débuté en bande dessinée. Les découvrir dans cet album est un plaisir qu’il serait idiot de se priver.

➤ « Le Petit Nicolas », Imav Editions, 12,90 €

De choses et d'autres - De l’élection au sondage

Un peu comme les bonnes séries qui s’arrêtent trop vite, les sondeurs ont le chic pour surfer sur la vague de leurs succès. Vous avez adoré les « Sondages sur la présidentielle », vous allez adorer la saison deux. « Mais, rétorquerez-vous, car mine de rien vous suivez un peu l’actualité, le président n’est pas encore élu depuis six mois, pourquoi chercher déjà à connaître son successeur ? » C’est que les instituts de sondage sont plein de ressources.

Ils ont « vendu » à un journal, (le Journal du Dimanche en l’occurrence) le sondage ultime, celui qui ne sert à rien si ce n’est à faire pérorer les commentateurs politiques en mal de spéculation. L’étude d’opinion ne porte pas sur la prochaine présidentielle, mais celle de cette année. Avec une question toute simple qui quintessencie l’inutilité à son plus haut sommet: « Si l’élection avait lieu aujourd’hui, pour qui voteriez-vous au premier tour ? » À quoi bon connaître ce que feraient les Français car selon toute vraisemblance le cas de figure ne se produira jamais. Et de toute manière, sans dépenser le moindre centime, on se doute que les résultats ne seraient pas inversés en si peu de temps.

Logiquement, Emmanuel Macron reste en tête. Il creuse même un peu l’écart, gagnant quatre points. Marine Le Pen est stable. Mélenchon baisse un peu, mais moins que Fillon rétrogradé en quatrième position. Logique au regard de son « intense » activité médiatique de ces quatre derniers mois. Alors le sondage est trituré en tous sens, on spécule sur l’image de Macron dans l’opinion publique, pas si mauvaise que ne semblent l’affirmer les sondages de popularité, sur l’effet Philippot en direction de l’électorat du FN.

Bref, rien de bien passionnant. Alors en résumé : vivement 2021 et les premiers vrais sondages sur la présidentielle de 2022

BD - Oiseaux de mort dans une France en ruines et sous un "Soleil froid"


La dernière épidémie de grippe aviaire a eu pour conséquence de décimer les élevages de canards dans le sud-ouest du pays. Dans la série « Soleil froid », imaginée par Pécau et dessinée par Damien, le virus est plus puissant, agressif et surtout, transmissible à l’homme. Résultat, quelques mois après son apparition, les oiseaux sont tous exterminés. 

Mais auparavant ils ont tué 80 % de la population mondiale. Jan, un des derniers rescapés, tente de rejoindre un laboratoire qui aurait mis au point un vaccin. Un long périple dans une France en ruine qui passe par Lyon et devrait se terminer dans le troisième tome, dans les Pyrénées, près de la frontière espagnole. On apprécie dans cet album les dessins réalistes de Damien, très à l’aise dans ce mélange de futurisme et fin du monde

➤ « Soleil froid », Delcourt, 14,95 €

BD - "Harmony et le pouvoir des adolescents


Devenu un thème récurrent des nouvelles séries de science-fiction, l’apparition mystérieuse de pouvoirs pour une petite partie de la population est au centre de cette série de Mathieu Reynès, pour la première fois en solo après avoir mis son dessin très expressif au service de différents scénaristes. Harmony, adolescente ordinaire, voit sa vie bouleversée quand elle se découvre des pouvoirs de télékinésie

Enlevée, enfermée, étudiée, elle se retrouve au centre d’enjeux qui la dépassent. Mais loin de se laisser faire, elle prend conscience de sa force et surtout de sa volonté de liberté et d’entraide. Dans le troisième tome du premier cycle, elle revient dans le centre d’où elle vient de s’évader pour porter secours à deux de ses amis qui comme elle ont des pouvoirs. On aime particulièrement le volet « humain » de l’histoire. Amitié entre cobayes, abnégation de certains adultes, soif de pouvoir d’autres : tous les ingrédients sont là pour tenir le lecteur en haleine.

➤ « Harmony » (tome 3), Dupuis, 12 €

mercredi 18 octobre 2017

DVD – Rodin raconté par Jacques Doillon

Avant Gauguin, le cinéma français s’est intéressé à un autre monstre sacré de l’art : Rodin. Isabelle Adjani avait interprété une Camille Claudel inoubliable, Vincent Lindon a endossé la blouse du sculpteur dans le film de Jacques Doillon. Ce film âpre, presque austère, explore les démons de la création. 

Rodin, longtemps ignoré, n’a jamais fait la moindre concession sur son art. Le début du film le voit marié avec la jeune Rose (Séverine Caneele déjà vue dans «L’Humanité » de Bruno Dumont), mais quand il rencontre Camille Claudel (Izïa Higelin), le coup de foudre, amoureux et artistique est immédiat. Une relation forte, créatrice mais aussi très destructrice. 

Et pour restituer le récit dans son contexte, vous pourrez mieux comprendre l’artiste en visionnant « Sculpter Rodin » (31’), entretien croisé inédit de 31 minutes entre Jacques Doillon et Véronique Pattiussi, responsable du fond historique du musée Rodin

➤«Rodin», Wild Side Vidéo, 19,99 € 

DVD – Jean-Pierre Melville : 11 films incontournables

Voilà une anthologie pour amateurs de films noirs. Un bel objet reprenant 11 films de Jean Pierre Melville parmi ses plus connus, mais aussi quelques perles rares et même un court-métrage inédit en DVD, « 24 heures dans la vie d’un clown ». 

Laissez-vous gagner par cet univers « marqué par la Résistance » comme le souligne Philippe Labro auteur de la préface du livre de 76 pages accompagnant le coffret. Plongez dans « Le cercle rouge », vivez au côté d’« Un flic », jouez avec « Bob le flambeur »... 

Delon, Belmondo, Montand, Bourvil : les plus grands acteurs français ont tourné sous les ordres de ce maître du 7e art. Enfin ce sont plus de sept heures de bonus qui sont proposées dont le documentaire « L’armée des ombres, le dessous des cartes ».

➤«Anthologie Melville », 99 € le coffret de 12 DVD, 119 € le coffret de 10 blu-ray. Studiocanal 

Cinéma - Le dard de l’art contemporain

THE SQUARE. Claes Bang incarne Christian, un conservateur de musée aux multiples péripéties. 



Palme d’or surprise en mai dernier au festival de Cannes, « The Square » de Ruben Östlund ne laisse personne indifférent. Pas toujours pour de bonnes raisons. Ce film fait partie des catégories d’œuvres que l’on adore ou qu’on déteste. Pas de juste milieu, de ce jugement tiède et ambigu caractérisant la majorité de la production cinématographique actuelle. Reste que cette satire de la société contemporaine européenne évoluée a le mérite de poser beaucoup de questions et de nous forcer à nous remettre en cause dans les pas du personnage principal, Christian (Claes Bang), conservateur d’un musée d’art contemporain suédois. 

Première situation clivante quand il sort de la gare centrale pour se rendre au travail, le nez dans son téléphone portable comme 80 % de la foule. Des cris au loin. Des appels au secours… Une femme arrive en courant. Se réfugie derrière un homme, juste à côté de Christian. Une personne arrive en hurlant de rage. Christian et l’autre homme s’interposent et font fuir l’importun. La jeune femme disparaît. Un grand sourire illumine la face de Christian, quadra en costume peu habitué à prendre des risques. Cette poussée d’adrénaline le met en joie. Elle ne dure pas longtemps. Cinq minutes plus tard il découvre que tout cela n’était qu’une mise en scène. Dans l’altercation il a été délesté de son téléphone, de son portefeuille et même des boutons de manchette qui lui venaient de son grand-père. 

Le spectateur, après s’être interrogé « Dans une telle situation, quelle aurait été mon attitude? Courage ou fuite ? » n’a pas le temps de répondre qu’une seconde interrogation l’assaille : comment puis-je être aussi naïf… Et de constater qu’on vient immédiatement de se glisser dans la peau de Christian, but premier du réalisateur. 

Obsession 

La suite est tout aussi déroutante. Il doit lancer une nouvelle exposition, trouver des fonds pour financer l’avenir, séduire une journaliste, gérer tant bien que mal le quotidien quand il a la garde de ses filles. Une vie déjà compliquée devenant carrément inextricable par son obsession de retrouver ses biens et de faire payer ces voleurs audacieux. 

Si l’ensemble paraît parfois décousu, il est pourtant d’une grande intelligence. Tout est important dans cette descente aux enfers d’un homme ayant réussi. Ruben Östlund filme son héros comme une coquille vide ballottée sur les flots. À chaque écueil une nouvelle difficulté. Claes Bang est excellent dans ce rôle aux nuances subtiles. Lui, aurait mérité le prix d’interprétation. La Palme fait encore polémique. Mais ce débat est sans fin et dans dix ans personne ne sera toujours d’accord. Exactement comme l’art contemporain ; l’autre vedette du film, encore plus malmené que la bourgeoisie cultivée suédoise, forcément novateur, parfois reconnu, mais jamais véritablement installé car c’est le fondement même de son existence. Le contemporain ne dure jamais longtemps. 

➤ «TheSquare», comédie dramatique de Ruben Östlund (Suède, 2h31) avec Claes Bang, Elisabeth Moss, Dominic West. 


Singeries à table


Quelques moments de bravoure permettent à «The Square» de marquer durablement les esprits. Comme si le réalisateur, en plus de penser à son film comme un tout, avait voulu y intégrer des moments forts que l’on pourrait presque extraire de l’ensemble et présenter comme des courts métrages indépendants. On met dans le lot la scène du préservatif entre Christian et sa maîtresse d’un soir, la jolie journaliste américaine si bizarre (Elisabeth Moss). Non seulement elle vit avec un singe, mais en plus elle tient expressément à mettre elle-même le préservatif usagé dans la poubelle de la salle de bain. 

Reste le passage le plus fort, le plus symbolique du film. Dans sa dramaturgie mais aussi sa symbolique. Christian, pour honorer les nombreux mécènes apportant de l’argent frais au musée, les invite à un dîner de gala. Lustres au plafond, serveurs en tenues, grande cuisine. Une caricature d’une certaine bourgeoisie bien pensante. 

Pour les remercier, Christian organise une performance avec un artiste qui va endosser le rôle d’un singe s’incrustant dans le repas. Un singe curieux, sans manière, hurlant et vociférant, utilisant la peur pour imposer sa domination. Pour jouer cet artiste, le réalisateur a fait appel à un pro des plateaux de cinéma. Il a des dizaines de films à son actif, des millions d’entrées, pourtant on voit son visage à l’écran pour la première fois. Terry Notary est un chorégraphe expert en attitude simiesque. Il a interprété, avant trucages, Rocket dans la dernière Planète des singes, des Orcs dans la trilogie du Hobbit et le fameux Kong dans «Skull Island ». Son mimétisme est saisissant. La scène forte du film, avec un final comme seul Ruben Östlund sait les écrire et les filmer. 

mercredi 11 octobre 2017

DVD - Churchill, le têtu historique

Hasard des sorties, on retrouve Brian Cox dans l’autre DVD de la semaine. Cette fois il endosse le rôle de Churchill dans le biopic signé Jonathan Teplitzky

Le film s’attache à raconter les jours précédents le débarquement allié. Le Premier ministre anglais était opposé à cette opération. Il craignait une boucherie. Finalement, le travail de sape de ses alliés a porté ses fruits et le débarquement a eu lieu. Dès lors, Churchill a été associé à cette journée symbolique qui a marqué l’histoire du monde libre

Le réalisateur, tout en sobriété, fait reposer son film sur les épaules de Brian Cox. Ce dernier s’en tire à merveille, interprétant un Churchill dépressif, chafouin et alcoolique très crédible. Une vision différente et étonnante des arcanes du pouvoir.

➤ « Churchill », Orange Studio, 19,99 €