Dimanche, c’est nous, électeurs français qui aurons la parole. Alors pas de blague ! Car pour ce premier tour d’une élection cruciale, le temps n’est plus à la rigolade. Voilà des semaines qu’au quotidien j’essaie de trouver des anecdotes marrantes sur les mœurs de l’« animalus politicus ». J’ai parfois eu bien du mal à tourner en dérision des postures ou positions cachant de réelles inquiétudes. A la limite de la schizophrénie quand il s’agit du Front national et de sa candidate. Marine Le Pen a longtemps tenu un discours apaisé. Moins radical. Mais le fond reste le même. Extrémiste et dangereux. La semaine dernière, coiffé de ma casquette de journaliste local, pas de chroniqueur de la vie quotidienne composée « de choses et d’autres », j’ai pu m’en rendre compte pendant son meeting à Perpignan. Des technocrates européens aux islamistes en passant par les migrants, elle a énuméré tout ce quelle voudrait éradiquer elle, présidente.
Plus qu’une aventure risquée, une victoire de Le Pen serait une véritable catastrophe pour ce beau pays que moi aussi j’aime de tout mon cœur, mais sûrement pas de la même façon que la fille de Jean-Marie. Comme un retour vers un passé sombre que malheureusement beaucoup semblent vouloir occulter. Souvenez-vous des photos des plages d’Argelès en 1939. Si la France n’avait pas ouvert ses frontières du temps de la Retirada, l’Aude et les P.-O. n’auraient pu accueillir les réfugiés espagnols dont les descendants sont à présent nos amis, nos voisins, nos cousins.
(Chronique parue le 21 avril en dernière page de l'Indépendant)
Quelques chroniques de livres et BD qui méritent d'être lus et les critiques cinéma des dernières nouveautés. Par Michel et Fabienne Litout
vendredi 21 avril 2017
jeudi 20 avril 2017
BD : Femmes en quête de liberté au Maroc

Roman graphique tout en couleurs directes (style aquarelles lumineuses), « Morocco Jazz » est la première BD en solo de Julie Ricossé. Elle signe textes et dessins de cette histoire de jeunes femmes prises dans la tourmente de l’indépendance du Maroc en 1954. Louise, jeune Française vivant seule avec sa mère malade, est amoureuse d’un gendarme. Elle s’imagine mariée, des enfants, dans ce pays ensoleillé et joyeux. Mais c’est sans compter sur les velléités d’indépendance du peuple marocain. Avec deux de ses meilleures amies, une apprentie cambrioleuse et la femme d’un avocat autochtone, elle est au centre d’événements violents et dramatiques. Cette histoire est racontée avec un point de vue actuel, car Louise, de nos jours, se retrouve involontairement plongée dans ce passé qu’elle désire oublier et qui a radicalement changé son avenir. Finement dessiné, le récit vaut aussi par la vision très négative de l’action de certains militaires français, colons avides de pouvoir et déterminés à écraser cette indépendance naissante. Mais à quel prix ?
➤ « Morocco Jazz », Vents d’Ouest, 19,50 €
De choses et d'autres : les inconnues de dimanche
Un peu comme une armée de zombies marchant hagards vers les bureaux de vote, va-ton voir des millions d’indécis s’y diriger dimanche en criant non pas « Brain ! Brain ! » mais « Qui ? Qui ? » ? « Qui » mérite leur bulletin en l’occurrence. Car à quatre jours du premier tour, un pourcentage non négligeable de citoyens totalement déboussolés hésite encore entre deux candidats, voire beaucoup plus. Certains ont même affirmé dans des enquêtes d’opinion qu’ils ne se décideront que dans l’isoloir. Pour éviter la formation de longues files d’attente, il faudra peut-être doter les assesseurs de sabliers. Vous ne pourrez rester que trois minutes derrière le rideau. Sinon, allez vous faire cuire un œuf, au-delà de cette limite votre bulletin n’est plus valable.
Autre inconnue : la météo. Souvent c’est elle qui détermine l’élection. L’augmentation de la température est inversement proportionnelle à celle de la participation. Dimanche, sur toute la France, on annonce un « ciel un peu couvert » au nord et « plein soleil » au sud. Voilà qui ne devrait pas inciter les fameux indécis à se déplacer. Entre choisir le meilleur au sein des prétendants peu convaincants et un pique-nique en famille, beaucoup ne tergiverseront pas longtemps. Par chance, les bureaux restent ouverts jusqu’à 19 h cette année. Même dans les petites communes. L’opportunité de réfléchir sur son choix durant la journée, tout en profitant d’un jour de repos décontracté, et d’accomplir son devoir de citoyen au retour.
(Chronique parue le 20 avril en dernière page de l'Indépendant)
mercredi 19 avril 2017
DVD et blu-ray : Papa veuf et filles agitées
Cigarettes et chocolat chaud. Émouvant premier film de Sophie Reine.
Dans la famille Patar, je veux le père. Les filles aussi. « Cigarettes et chocolat chaud » de Sophie Reine raconte les déboires de ce trio fusionnel, sorte de famille clown perdue dans un monde trop pragmatique. Comme toujours chez les clowns, il y a celui qui est triste. C’est Denis, le père (Gustave Kervern). Il y a trois ans, sa femme, la mère de ses deux filles, est morte. Depuis il tente de survivre et de donner le meilleur à ses enfants, une adolescente, Janine (Héloïse Dugas) et Mercredi (Fanie Zanini). Dans la maison, joyeux bordel mal rangé mais au charme indéniable, il est un papa très cool. Le samedi c’est pique-nique au supermarché, en semaine, si les filles ont encore envie de dormir, pas de problème, il les laisse se reposer et quand la petite montre trop d’agressivité, il l’inscrit à des cours de... catch. Lui cumule deux boulots pour rembourser les dettes, notamment l’enterrement de son amour de toujours.
■ Kervern et Cottin, opposés qui s’attirent
En journée il est caissier dans une grande jardinerie, la nuit, officiellement pour ses filles il est vétérinaire de garde, en réalité caissier dans un sex-shop. Consé- quence il n’est pas toujours là pour récupérer les enfants à la sortie de l’école. Malgré la gentillesse des policiers, habitués aux retards de Denis et charmés par l’espiègle Mercredi, ils sont obligés de faire un signalement. Et là, c’est le drame !
De comédie déjantée, le premier film de Sophie Reine, inspiré de sa propre famille, bascule dans le drame. Mais pas trop. Une assistante sociale se rend chez les Patar. Séverine (Camille Cottin), guindée, rigide, à cheval sur les principes, cache son horreur face à un tel délire. Denis est mis à l’amende. Il devra suivre un stage pour lui inculquer les bon principes qui font les bons parents. C’est bien un drame pour la famille car les deux filles risquent d’être confiées à une famille d’accueil. Et si ça se trouve même pas la même fait remarquer Robert (Thomas Guy), meilleur ami de Janine et par ailleurs un peu amoureux d’elle. Le challenge est rude pour Denis, un « insoumis » de la première heure, qui a rencontré sa future épouse dans les années 80, en manifestant contre la réforme Devaquet.
Mais Séverine, derrière ses airs de vieille fille coincée se laisse séduire. D’abord par les filles. Puis par Denis. Un « feel good movie », selon l’expression à la vogue, a cependant ce petit plus qui en fait surtout une ode à la différence, avec beaucoup de tendresse, de réels moments d’émotion et de la poésie trop rare dans nos vies formatées.
Gustave Kervern, en gros maladroit dépassé, est génial. Il sait faire rire mais aussi toucher la corde sensible des parents. Camille Cottin, à mille lieues de son rôle de « Conasse », se révèle excellente actrice, jouant avec subtilité la modification de sa vision première de cette famille hors normes.
Dans les bonus, un making of permet de mieux comprendre la démarche et le parcours de la réalisatrice, monteuse qui a franchi le pas et a tenté de mettre son univers si personnel sur pellicule. On a même droit à son premier court-métrage, les prémices des aventures de la famille Patar.
« Cigarettes et chocolat chaud », Diaphana, 17,99 € le blu-ray, 14,99 € le DVD
De choses et d'autres : Participez !
Derniers jours de campagne électorale. Derniers meetings et surtout pour tous les candidats dernières chances de persuader les électeurs de faire l’effort de se déplacer dimanche. Même si, au vu des débats, on peut se demander s’ils sont les mieux placés pour convaincre les abstentionnistes. « Aujourd’hui » relate l’initiative originale d’un patron de bar dans un village des Côtes d’Armor. Si vous lui présentez dimanche votre carte électorale dûment tamponnée, vous aurez droit à une consommation gratuite. Il espère grâce à ce geste propulser la participation du bureau de vote le plus proche au-dessus des 80 %. Il est encore temps pour tous les cafetiers de généraliser l’opération.
Seul inconvénient, on ne peut voter qu’une fois. Je connais certains citoyens prêts à voter (et boire) 10 fois pour être sûrs de pouvoir encaisser le résultat du premier tour tant ils redoutent certains scénarios impossibles à exclure en raison des scores serrés. Et tant qu’à faire, les boulangers pourraient eux aussi faire un effort et proposer un croissant (voire un pain au chocolat pour ceux qui auraient voulu voir Jean-François Copé, leur meilleur VRP, vainqueur de la primaire de la droite) gratis pour tout vote avant 11 heures.
Si quelques restaurants ou cinémas suivent le mouvement, on pourra, après avoir voté à l’ouverture des bureaux dès 8 h, boire, manger et se divertir sans débourser un centime. Mieux qu’une promesse électorale.
mardi 18 avril 2017
Thriller : la cuisine de l'horreur de "Mör" de Johana Gustawsson
Le titre du second roman de Johana Gustawsson interpelle. « Mör » ? Explication en quatrième de couverture : « Mör : en suédois, signifie tendre. S’emploie pour parler de viande. » Les amateurs de cuisine scandinave pourraient être tentés d’acheter cette enquête de la profileuse Emily Roy. La mode est à aux références culinaires ces derniers temps. Parsemer une intrigue de quelques bons repas, avec recettes en annexe, donne une saveur supplémentaire aux thrillers. Mais si parfois un des détectives suédois mange avec grand appétit des « kanelbulles », des « petits pains à la cannelle », tout en détaillant les photos des victimes mutilées, quand il est question de viande tendre, ce n’est pas du tout appétissant. Car il s’agit bien d’une histoire de cannibalisme qui est développée dans cette histoire à cheval entre Londres et Falkenberg en Suède.
Première victime découverte au bord d’un lac. Une jeune femme, nue, fesses, cuisses et seins découpés. La mort est donnée par strangulation. Karla, une policière suédoise est chargée de l’enquête. Au même moment, une vedette du cinéma anglais est enlevée à Londres. Falkenberg et Londres, les terrains de chasse habituels d’Emily Roy, profileuse canadienne pour Scotland Yard et Alexis Castells, romancière française (avec des origines catalanes comme l’indique son nom). Elles ont formé un redoutable duo dans « Block 46 », premier roman de Johana Gustawsson, française vivant à Londres.
■ Atout Asperger
Rapidement, les deux jeunes héroïnes vont faire le rapprochement avec les meurtres commis dix ans plus tôt dans un quartier de Londres. Le coupable, Richard Hemfield, qui a été arrêté et jugé, est enfermé dans un hôpital psychiatrique. Il a toujours clamé son innocence. Mais lors de son arrestation, il a tué un policier français en stage à Londres. Le fiancé d’Alexis... Si d’autres crimes sont en cours en Suède, et même en Angleterre, Hemfield serait donc innocent. Alexis ne supporte pas cette éventualité. Et va tout faire pour tenter de dé- mêler cet écheveau compliqué bourré de fausses pistes et de personnages aux lourds secrets de famille. Surfant sur le succès de son premier roman, Johana Gustawsson se permet même de rajouter des personnages secondaires au rôle prépondérant, notamment une stagiaire du procureur, Alienor Lindgergh, encore plus brillante qu’Emily question déduction tout en soufrant d’une forme d’autisme qui la coupe du monde réel. Mais avoir une « Asperger » dans son équipe se révèle d’une incroyable efficacité pour voir les faits avec un regard différent.
➤ « Mör » de Johana Gustawsson, Bragelonne, 21,50 €
De choses et d'autres : Oh, de l'eau !
Grande découverte ce weekend : sur les conseils d’une amie venue déjeuner à la maison, j’ai appris l’existence d’une bouteille d’eau à chakras. « La bouteille, avec ses anneaux de couleur, purifie l’eau. Il y a même une puce électronique avec des prières à l’intérieur. » explique notre amie qui est du genre à faire, chaque année, une cure de sève de bouleau qu’elle va récolter elle-même sur les hauteurs de Prats-de-Mollo. Elle apprécie aussi, au solstice d’été, se rendre tôt sur la place pour dire bonjour au soleil levant. Presque végane, petit-déjeunant de jus frais (radis, céleri, carotte) elle nous a un jour vanté les mérites d’une machine pour préparer des pizzas « crues » déshydratées. La fameuse bouteille à chakras, elle l’a repérée sur un site internet. Mais n’a pas osé l’acheter.
Je trouve effectivement ce site vendant la « bouteille d’eau I9 ». D’une contenance de 650 ml, elle est ornée de bandes de caoutchouc de toutes les couleurs ou d’une seule teinte, en fonction du chakra que vous voulez actionner. Je ne détaillerai pas ici les domaines si ce n’est la couleur blanche qui « reflète les caractéristiques de la protection et apporte votre connexion divine dans votre corps. » Sans compter la puce de silicium, aux enregistrements presque magiques... A 50 € pièce, ces bouteilles doivent assurer de belles marges à leurs concepteurs.
En bon mécréant, je ris de ce charabia. Une note précise d’ailleurs : « Les produits ne sont pas destinés à diagnostiquer, guérir ou empêcher les maladies. » De l’eau reste de l’eau, avec ou sans couleur autour. Exceptée la bénite pour chasser les vampires. Mécréant mais superstitieux.
Je trouve effectivement ce site vendant la « bouteille d’eau I9 ». D’une contenance de 650 ml, elle est ornée de bandes de caoutchouc de toutes les couleurs ou d’une seule teinte, en fonction du chakra que vous voulez actionner. Je ne détaillerai pas ici les domaines si ce n’est la couleur blanche qui « reflète les caractéristiques de la protection et apporte votre connexion divine dans votre corps. » Sans compter la puce de silicium, aux enregistrements presque magiques... A 50 € pièce, ces bouteilles doivent assurer de belles marges à leurs concepteurs.
En bon mécréant, je ris de ce charabia. Une note précise d’ailleurs : « Les produits ne sont pas destinés à diagnostiquer, guérir ou empêcher les maladies. » De l’eau reste de l’eau, avec ou sans couleur autour. Exceptée la bénite pour chasser les vampires. Mécréant mais superstitieux.
lundi 17 avril 2017
De choses et d'autres : affichage électoral et messages subliminaux
De toutes les manières de promouvoir sa candidature à l’élection présidentielle, celle de l’affiche officielle placardée à l’entrée des bureaux de votes et aux endroits stratégiques des communes reste la plus ancienne. La plus désuète aussi. A l’heure des réseaux sociaux, elle garde pourtant son utilité pour les indécis. On peut en un coup d’œil se faire une idée sur le niveau de personnalisation des candidatures. Lequel par exemple, publie sa tête en très gros plan, écrit son nom plus gros que le slogan, affiche son parti politique. La palme de la discrétion photographique revient à Nathalie Arthaud. Son visage apparaît en tout petit pour détailler son programme. A l’opposé, Philippe Poutou est en gros plan, son nom cinq fois plus gros que le prénom, en précisant qu’il est « ouvrier – candidat anticapitaliste ». Hamon et Dupont-Aignan sourient. Le premier sans montrer ses dents, le second oui. Personne ne saura que Le Pen est candidate, car le patronyme a disparu au détriment d’un « Marine Présidente ». Aucune trace non plus du Front National, pour l’instant seul endroit où elle peut effectivement se prévaloir du titre de présidente. François Fillon remporte la palme de la discrétion. Le slogan en gros, son visage aussi, mais le nom a fondu, tout riquiqui, ramené en bas de l’affiche. Les sigles Les Républicains et UDI absents. Un affichage public parfois tagué.
Dans mon village, hier matin, j’ai vu inscrit sur le front d’un candidat le mot « escrot ». Je crains qu’avec une telle faute, le message ne passe que moyennement.
(Chronique parue le 17 avril en dernière page de l'Indépendant)
Livres de poche : premiers romans et coups de maître
En pleine mer, au sud des Philippines, Marc Meneric disparaît. Du moins, c’est ce qu’indique sa montre GPS, qu’il portait comme tous les autres employés de la société de prospection minière. Son frère, Vincent, lobbyiste dans la même entreprise en Afrique, décide de retracer le parcours enregistré par la montre pour tenter de le retrouver. Un premier roman de Philippe Rouquier au rythme implacable.
➤ « Tant pis pour le sud », éditions du Masque, 8,50 €
Un soir de pluie à Bristol, un petit garçon est renversé par un chauffard qui prend la fuite. L’enquête du capitaine Ray Stevens ne donne rien. Après cette nuit tragique, Jenna a tout quitté et trouvé refuge dans un cottage battu par les vents. Mais plus d’un an après les faits, Kate, une inspectrice de la criminelle, rouvre le dossier du délit de fuite. Le premier livre de Clare Mackintosh a connu un immense succès en Angleterre.
➤ « Te laisser partir », Le Livre de Poche, 8,10 €
Le 26 avril 1986, dans la centrale de Tchernobyl, quelque chose vient de se passer. Le monde ne sera plus jamais le même pour ces hommes et femmes, personnages principaux de ce roman de Darragh McKeon. Salué par ses pairs, Colum McCann et Colm Tóibín en tête, et par la critique, ce texte révèle un immense talent littéraire. Il a été élu meilleur Premier roman étranger 2015 par le magazine Lire.
➤ « Tout ce qui est solide se dissout dans l’air », 10/18
dimanche 16 avril 2017
BD : Héritage et famille compliqués
Le soap opéra, vu au second degré, est désopilant. Les psychologies des personnages sont tellement caricaturales qu’ils ne peuvent que faire rire les téléspectateurs un peu censés. Fabcaro l’a bien compris en écrivant cette série de gags sur une histoire d’héritage dans une famille de branquignols pas piquée des hannetons (selon une expression très datée mais adéquate dans le cas présent). Le patriarche est malade. Il va bientôt mourir. Au lieu de pleurer sur sa disparition prochaine, fils, filles, gendres et belles-filles s’écharpent sur un seul et unique point : qui va hériter de la CX diesel ? Parue dans Fluide Glacial, la série a fait l’objet de trois « saisons » entre 2011 et 2014. Retrouvez les 260 demi-planches dans cette intégrale à l’italienne complétée par le making of expliqué par James, le dessinateur, et les recherches graphiques sur les personnages et les couvertures.
➤ « Amour, passion et CX diesel » (intégrale), Fluide Glacial, 25 €
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