Jean Dufaux, scénariste prolifique, s'est parfois essayé à la science-fiction, mais c'est la première fois qu'il se plonge dans un monde de super-héros avec Dakota, série dessinée par Adamov. Dans un monde futuriste, la population est séparée en deux. La grande majorité, les collapses, sont des humains normaux. Le reste est doté de pouvoirs exceptionnels. Des super-héros au service d'une organisation omnisciente, aux desseins parfois sombres. Dakota, la belle héroïne, a la capacité de dialoguer avec les morts. Très utile quand on enquête sur des assassinats. La victime se transforme alors en témoin principal. On retrouve tous les ressorts du genre : combats, coups bas, méchants machiavéliques et histoire d'amour. Un cocktail explosif.
Quelques chroniques de livres et BD qui méritent d'être lus et les critiques cinéma des dernières nouveautés. Par Michel et Fabienne Litout
mardi 5 juillet 2016
BD - Dakota, la voix des morts
Jean Dufaux, scénariste prolifique, s'est parfois essayé à la science-fiction, mais c'est la première fois qu'il se plonge dans un monde de super-héros avec Dakota, série dessinée par Adamov. Dans un monde futuriste, la population est séparée en deux. La grande majorité, les collapses, sont des humains normaux. Le reste est doté de pouvoirs exceptionnels. Des super-héros au service d'une organisation omnisciente, aux desseins parfois sombres. Dakota, la belle héroïne, a la capacité de dialoguer avec les morts. Très utile quand on enquête sur des assassinats. La victime se transforme alors en témoin principal. On retrouve tous les ressorts du genre : combats, coups bas, méchants machiavéliques et histoire d'amour. Un cocktail explosif.
lundi 4 juillet 2016
BD : Nouveau monde, nouveaux monstres

« Manifest Destiny » (tome 1), Delcourt, 15,95 euros
dimanche 3 juillet 2016
BD : Les vagabonds aussi cherchent des trésors

« La trajectoire des vagabonds », EP éditions, 16 euros
samedi 2 juillet 2016
Livres de poche : gros pavés sur la route des étoiles

« La trilogie Spin », Folio SF, 1120 pages, 15,50 euros

« Terre », Milady, 920 pages, 12,90 euros

« Révolte sur la Lune », Le Livre de Poche, 640 pages, 8,90 euros
vendredi 1 juillet 2016
Thriller : L'île maudite de Viveca Sten

« Les secrets de l'île », Viveca Sten, Albin Michel, 22 euros
jeudi 30 juin 2016
Cinéma : Filme, c'est du belge !

Un pays, deux langues et une production cinématographique incroyablement dynamique. La Belgique, en plus d'être le centre de l'Europe, s'impose depuis deux décennies comme le nouvel Hollywood du Vieux continent. Il ne se passe pas un mois sans qu'un ou plusieurs films belges ne sortent sur les écrans français. Plus dynamique que l'Italie ou l'Espagne, presque au niveau de l'Allemagne, le cinéma belge semble représenter l'autre "exception culturelle" après la France. Au dernier festival de Cannes, les frères Dardenne participaient une nouvelle fois à la compétition. Déjà lauréats de deux palmes, les cinéastes du réel font partie de la branche sociale et politique comme Lucas Belvaux ou Jaco Van Dormael. Des films engagés, détonants, à l'écoute de notre société, qui n'hésitent pas à dénoncer, à dire tout haut ce que la majorité pense mais n'ose pas exprimer. "La fille inconnue" avec Adèle Haenel est revenu bredouille de la Croisette, mais on pourra découvrir cette histoire d'une jeune toubib pleine de doutes le 12 octobre dans toutes les salles de France.
Plus jeune mais tout aussi talentueux, Felix Van Groeningen prouve que les créateurs Flamands ne traînent pas à la remorque des Wallons. Après une "Merditude des choses" décoiffant, il frappe un grand coup avec Alabama Monroe, distribué par les Catalans de Bodega, vainqueur du César du film étranger et nominé aux Oscars. Sa dernière production, "Belgica" sorti en mars dernier, raconte l'épopée d'un bar musical de légende. Une plongée dans la jeunesse belge des années 90-2000.
Collé-serré à l'actu
Plus récent quant à son propos, "Black" (sortie le 24 juin, uniquement en e-cinéma) plonge le spectateur dans la guerre des gangs de la banlieue de Bruxelles. Une histoire d'amour sur fond de lutte entre Noirs et Arabes très révélatrice de l'état réel d'un pays qui a engendré les filières islamistes responsables des attentats de novembre dernier à Paris.Côté comédie désenchantée, Bouli Lanners et sa bonne bouille rafle tout. Acteur principal de "Tous les chats sont gris" (sortie le 15 juin) il joue et réalise aussi "Les premiers les derniers" (en DVD le 29 juin). Mais le cinéma Belge c'est également, et avant tout pour les fans, des films inclassables, totalement barrés. En juillet, ne manquez pas "Je me tue à le dire" de Xavier Seron. Coproduction franco-belge, on retrouve cependant beaucoup de cet humour grinçant typique outre-Quiévrain. Michel vit avec sa mère. Cette dernière est malade. Se pourrait-il que Michel ait lui aussi un cancer du sein ? Sur cette simple question, réalisateur et acteurs partent loin, très loin dans le délire introspectif.
Le titre du film de Vincent Bal est tout un poème : "La vie est belge" surfe aussi sur cette mode de la belgitude des choses. Le 14 juillet, la bataille entre deux fanfares, l'une flamande, l'autre wallonne permettra de découvrir, en musique, l'incroyable antagonisme de ces ressortissants d'un même pays que tout oppose à cause d'une frontière linguistique infranchissable.
Et comme le cinéma belge ne daignerait se contenter d'une seule niche, ne manquez pas la sortie le 29 juin de "La tortue rouge". Un dessin animé de Michael Dudok de Wit d'une extraordinaire poésie. Fluidité du dessin, beauté des paysages, couleurs lumineuses, cette histoire d'un naufragé sur une île déserte vaut largement toutes les superproductions des grands studios américains.
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ADAPTATIONS De la planche à l'écran
Quoi de plus logique que la Belgique, pays de la bande dessinée par excellence (Tintin, Spirou...) utilise ce trésor national pour dynamiser sa production cinématographique. Mais ces pépites ne restent pas toujours dans le giron belge. Tintin adapté par Spielberg, les Schtroumpfs par les studios Sony et le Marsupilami de Franquin s'est animé sous la réalisation d'Alain Chabat.Les vieux classiques ont également les honneurs du grand écran. Avec plus ou moins de bonheur. Benoît Brisefer (avec Jean Reno et Gérard Jugnot) s'est révélé catastrophique. Tout aussi peu convaincant, mais aux chiffres de fréquentation faramineux (près de 2 millions d'entrées), Boule et Bill a même une suite en chantier.
On attend avec beaucoup plus d'impatience les versions filmées de séries moins connues du grand public, mais de très grande qualité. Il s'agit du second souffle de la BD belge, notamment des trouvailles des éditions Dupuis pour le magazine Spirou. Première en piste, Tamara. La jeune adolescente un peu boulotte, imaginée par Zidrou et dessinée par Darasse, tiendra le haut de l'affiche le 26 octobre. Avec Sylvie Testud (mais pas dans le rôle-titre), cette comédie sur l'amour et les formes, offre à Rayane Bensetti (Danse avec les Stars) le rôle de Diego, le benêt de service.
En 2017, ce sera au tour de la série "Seuls" d'être portée au cinéma. Pas une comédie pour une fois, mais un conte entre science-fiction et fantastique. Dans une grande ville (Bruxelles dans la BD), plusieurs enfants se réveillent et découvrent que les adultes ont disparu. Directement inspiré de "Sa majesté des mouches", le scénario de Fabien Vehlmann s'étire déjà sur une dizaine de tomes avec Bruno Gazzotti au dessin. Le tournage vient de s'achever et tout ce que l'on sait c'est que Dodji, un des meneurs de la bande, sera interprété par Stéphane Bak.
Enfin, pour l'anecdote, Pierre-François Martin-Laval (Les Profs, 1 et 2) serait en plein travail d'écriture sur l'adaptation de Gaston Lagaffe. On lui souhaite bien du plaisir tant le personnage de Franquin est atypique.
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Belges et cultes
Le cinéma belge a cela de passionnant qu'il parvient à enfanter des monstres impossibles à classer dans une case si ce n'est celle des "films cultes". Dans cette longue liste d'OFNI (objets filmés non identifiés) deux titres se détachent.
C'est arrivé près de chez vous. Premier succès de Benoît Poelvoorde datant de 1992, ce faux documentaire de Rémy Belvaux est tourné à la manière de l'émission "Strip-tease". Des journalistes suivent Ben, tueur à gages spécialisé dans l'élimination des personnes âgées. En noir et blanc, d'un mauvais goût assumé, avec des scènes d'une horreur absolue, le film est la première pierre à l'édifice du cinéma belge catégorie "Improbable mais complètement culte".
Dikkenek. 15 ans plus tard, Olivier Van Hoofstadt relève le gant. Son "Dikkenek", (gros cou en bruxellois) mélange de sonorités bruxelloises et de liégeoises (mais le public français ne capte pas encore la différence) tente peut-être de réconcilier deux communautés fratricides et impose François Damiens comme acteur comique d'exception. Ses mimiques quand il photographie de jeunes femmes nues, sa réplique "Man ? Claudy à l'appareil, dis, je viens de m'faire carjacker !" (accent liégeois) ou son récurrent "C'est excessivement énervant" (accent bruxellois) sont presque rentrés dans le langage courant d'une certaine génération. En clair, tout est bon dans "Dikkenek", ce qui n'est pas le cas de la fricadelle...
DVD : Dominé et dominant à l'épreuve de la solitude dans "Les Naufragés"
Pour son troisième long-métrage, David Charhon (Cyprien et De l'autre côté du périph') a décidé de joindre l'utile à l'agréable. Après les geeks et la banlieue, il écrit un scénario se déroulant sur une île déserte paradisiaque. Le tournage dure quelques semaines en Thaïlande. Cela donne des images aussi belle que Koh-Lanta et plus typiques que Camping. « Les naufragés », comme nombre de grandes comédies françaises, s'appuie sur un duo que tout oppose. Jean-Louis Brochard (Daniel Auteuil), grand capitaliste, version magouille et caisse noire, quitte la France précipitamment. Un ultime scandale financier lui interdit de rester à Paris au risque de découvrir le confort minimum de « l'hôtel » de la Santé. Coincé dans un pays d'Amérique du sud, il parvient à décoller en plein cyclone à bord de l'avion affrété par William Boulanger (Laurent Stocker), artisan blanchisseur de son état, en voyage de noces, mais sans l'épouse qui a trouvé mieux sur place. L'avion se crashe en mer.
Les deux hommes se retrouvent naufragés sur une île tropicale hostile et déserte. Le premier, habitué à se faire servir, a tendance à donner des ordres. Le second, prototype parfait du « trop bon, trop con », se transforme en larbin. Même réduite à deux exemplaires, la société féodale et toujours d'actualité du dominant et du dominé s'impose comme une évidence. On se met à détester Brochard, qui en plus cache une valise pleine de billets. Boulanger, au contraire, est bien sympathique dans sa maladresse. Ils vont tout faire pour quitter leur faux paradis, mais au lieu d'unir leurs forces, fabriqueront chacun de leur côté un radeau avec plus ou moins de réussite.
Le film, sans être exceptionnel, est un bon moment de divertissement. Daniel Auteuil, dans un rôle de fourbe taillé sur mesure, est très crédible. Laurent Stocker, de la Comédie française, n'a pas le charisme de Pierre Richard ou Jacques Villeret mais impose son comique burlesque au fil des scènes. Le DVD offre en bonus quelques scènes coupées, une fin alternative un long making-of et même un bêtisier.
« Les Naufragés », Wild Side Vidéo, 15,05 euros
mercredi 29 juin 2016
BD : Spirou fait une overdose de femmes

Non seulement les héros de bande dessinée sont dans une très grande majorité des hommes, mais ils semblent tous avoir un problème avec les femmes. Prenez Spirou, le jeune groom imaginé par Rob-Vel et popularisé par Franquin. A part Seccotine, l'impétueuse journaliste, tout son entourage est masculin. Quand Benoît Feroumont propose de signer un album dans la collection « Le Spirou de... », il décide de radicalement féminiser cet univers. Si Fantasio se marie dans cet album, sa future épouse n'est qu'un élément dans une intrigue plus complexe se déroulant dans le milieu de la mode féminine. La méchante est une femme, la police est aussi représentée par une inspectrice, les victimes à aider une mère et sa fille, enceinte d'une fille. Et pour couronner le tour, Fantasio, rangé des affaires, est remplacé par la fameuse Seccotine qui va jusqu'à se mettre en colocation avec le jeune héros. Mais que va-t-il se passer dans la salle de bain quand ils vont se retrouver tous les deux en petite tenue ? Feroumont, brillant dessinateur particulièrement inspiré par les femmes, bouscule un univers trop sage. Sans aller trop loin cependant, mais ses quelques allusions coquines sont un régal pour les yeux et l'esprit.
« Le Spirou de... Benoît Feroumont : Fantasio se marie », Dupuis, 14,50 euros
mardi 28 juin 2016
DVD et blu-ray : Gangsters de légende dans le Londres des années 60

Un parcours classique de gangsters qui est cependant exceptionnel car ces jumeaux, s'ils sont viscéralement attachés l'un à l'autre et très ressemblant physiquement, sont en réalité très opposés. Si Reggie est calme, pondéré et calculateur, Ronnie est un réel malade mental. Schizophrène, paranoïaque, son homosexualité le classe définitivement dans les cas à part de la folie humaine. Le film montre comment ce tandem va finalement s'autodétruire, juste à cause d'une femme. Frances (Emily Browning), sœur du chauffeur de Reggie, tape dans l'œil du caïd. Il va lui faire la cour pour finalement l'épouser. Avec à la clé la promesse qu'il va se "ranger", cesser ses activités illégales pour vivre simplement avec son épouse. Des promesses qui ne durent pas. La faute à Ronnie qui multiplie les incartades déclenchant une guerre des gangs et relançant les investigations de Scotland Yard.
Le film, entre bluette, scènes d'anthologie (quand Ronnie pique une colère, c'est homérique) et reconstitution historique est remarquablement construit. On ne s'ennuie pas une minute durant ces deux heures entièrement tournées dans les rues de Londres préservées.
Dans les bonus, un documentaire nous en apprend un peu plus sur les véritables frères Kray, ces légendes qui ont finalement terminé leurs jours, en prison pour Reggie, dans un asile psychiatrique pour Ronnie.
"Legend", Studiocanal, 19,99 euros le DVD, 24,99 euros le blu-ray
lundi 27 juin 2016
Cinéma : L'argent facile et si rapide
Pascal Bonitzer, dans "Tout de suite maintenant" sous couvert d'un film sur la haute finance, s'intéresse surtout aux remords, regrets et autres motifs de culpabilisation.
Nora (Agathe Bonitzer) est belle, ambitieuse et brillante. La jeune trentenaire, après deux années dans une banque, intègre une société de conseil financier spécialisée dans les fusions-acquisitions. La grande finance, dans des bureaux impersonnels. Pour son premier jour, elle passe devant les deux grands patrons de la boîte, les fondateurs. Barsac (Lambert Wilson) est le véritable décideur. Prévôt-Parédès (Pascal Greggory) n'est plus l'ombre de l'homme entreprenant de sa jeunesse. Nora, observatrice et calculatrice, se rend rapidement compte que les deux hommes affichent une certaine prudence face à la nouvelle recrue. Entre amitié et méfiance.
Obligée de travailler en binôme avec Xavier (Vincent Lacoste), elle obtient de très bons résultats. Et découvre que son père n'est pas étranger aux rumeurs qui circulent sur son sujet.
Il n'y a pas de véritable morale quand on sort de la salle. Simplement la constatation qu'un banal poème écrit dans sa jeunesse peut avoir des conséquences sur toute sa vie. Et que notre société ne donne plus de temps au temps. L'immédiateté est la règle.
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De tous les personnages de "Tout de suite maintenant", Serge interprété par Jean-Pierre Bacri est le seul qui semble avoir conservé beaucoup d'humanité. Sceptique et pessimiste, il a consacré sa vie à des recherches en mathématiques pures. Une petite vie idéale pour cet introverti, amateur de solitude et rechignant à être heureux.
Pourtant il aurait des raisons à profiter de la vie. Notamment grâce à ses deux filles, devenues adultes, belles et si opposées. Nora est bosseuse, sérieuse. Maya (Julia Faure) voudrait être artiste, mais vivote en attendant le succès derrière le bar d'une discothèque à servir des shoots de vodka à des hommes et femmes qui eux ont réussi. Financièrement parlant.
Bacri, parfait dans la peau de cet homme désabusé, se détestant, jamais satisfait, est la pierre angulaire du film. Tout gravite en fait autour de lui. Solveig, son seul amour, Barsac, son rival amoureux, méprisant et triomphal. Pascal Bonitzer, dès le début de l'écriture, voulait Jean-Pierre Bacri dans ce rôle. Comme pour prolonger son précédent film, "Cherchez Hortense". Bacri y interprétait un fils écrasé par son père. Dans "Tout de suite maintenant", il récupère le rôle du père omniprésent. Une occasion en or pour démontrer toute l'étendue de son talent.
Nora (Agathe Bonitzer) est belle, ambitieuse et brillante. La jeune trentenaire, après deux années dans une banque, intègre une société de conseil financier spécialisée dans les fusions-acquisitions. La grande finance, dans des bureaux impersonnels. Pour son premier jour, elle passe devant les deux grands patrons de la boîte, les fondateurs. Barsac (Lambert Wilson) est le véritable décideur. Prévôt-Parédès (Pascal Greggory) n'est plus l'ombre de l'homme entreprenant de sa jeunesse. Nora, observatrice et calculatrice, se rend rapidement compte que les deux hommes affichent une certaine prudence face à la nouvelle recrue. Entre amitié et méfiance.
Obligée de travailler en binôme avec Xavier (Vincent Lacoste), elle obtient de très bons résultats. Et découvre que son père n'est pas étranger aux rumeurs qui circulent sur son sujet.
Fille de son père
Pascal Bonitzer, loin de centrer son récit sur l'ambition d'une working-girl dans un monde très macho, fait glisser l'intrigue vers les difficultés à échapper à sa famille. Son père Serge (Jean-Pierre Bacri) a fait des études avec les deux patrons. Des trois c'était le plus intelligent, le plus prometteur. Mais Serge a préféré l'enrichissement intellectuel à la bête réussite matérielle. Résultat il vivote dans un vieil appartement alors que Barsac profite d'une villa moderne et spacieuse. Barsac qui est marié à Solveig (Isabelle Huppert), une femme qui elle aussi faisait partie du cercle d'amis de Serge. Nora, dans ce panier de crabes, va tenter de comprendre et de sauver sa peau. Mais quand Serge apprend qu'elle travaille pour Barsac, il la rejette. Et devient encore plus misanthrope. La multiplication des personnages, des intrigues, des histoires d'amour (passées, ratées ou à venir), le réalisateur noie un peu le spectateur sous une profusion d'informations. Tous les personnages, très typés dans leurs différentes catégories, jouent des partitions personnelles. Que cherche Nora exactement en travaillant pour Barsac, Solveig peut-elle encore aimer Serge, Xavier va-t-il choisir entre amour et carrière, pourquoi Prévôt-Parédès est-il obsédé par les banians, des arbres d'Asie, au point de devenir suicidaire ?Il n'y a pas de véritable morale quand on sort de la salle. Simplement la constatation qu'un banal poème écrit dans sa jeunesse peut avoir des conséquences sur toute sa vie. Et que notre société ne donne plus de temps au temps. L'immédiateté est la règle.
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Jean-Pierre Bacri : normal et malheureux
De tous les personnages de "Tout de suite maintenant", Serge interprété par Jean-Pierre Bacri est le seul qui semble avoir conservé beaucoup d'humanité. Sceptique et pessimiste, il a consacré sa vie à des recherches en mathématiques pures. Une petite vie idéale pour cet introverti, amateur de solitude et rechignant à être heureux.
Pourtant il aurait des raisons à profiter de la vie. Notamment grâce à ses deux filles, devenues adultes, belles et si opposées. Nora est bosseuse, sérieuse. Maya (Julia Faure) voudrait être artiste, mais vivote en attendant le succès derrière le bar d'une discothèque à servir des shoots de vodka à des hommes et femmes qui eux ont réussi. Financièrement parlant.
Bacri, parfait dans la peau de cet homme désabusé, se détestant, jamais satisfait, est la pierre angulaire du film. Tout gravite en fait autour de lui. Solveig, son seul amour, Barsac, son rival amoureux, méprisant et triomphal. Pascal Bonitzer, dès le début de l'écriture, voulait Jean-Pierre Bacri dans ce rôle. Comme pour prolonger son précédent film, "Cherchez Hortense". Bacri y interprétait un fils écrasé par son père. Dans "Tout de suite maintenant", il récupère le rôle du père omniprésent. Une occasion en or pour démontrer toute l'étendue de son talent.
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