Pourquoi se simplifier la vie quand on peut la compliquer ? L'histoire de ce chauffard en Argentine pourrait être hilarante s'il n'y avait pas à la clé la mort de trois innocents. Dans cette bourgade du nord du pays, carnaval bat son plein. Au retour d'une fête, le conducteur d'une voiture fauche un groupe de six personnes. Trois meurent sur le coup.
Le chauffard, pris de panique, ne s'arrête pas et rentre chez lui. Conscient de la gravité de ses actes, au lieu de faire face, il décide de camoufler son crime. L'arme du crime exactement. Il décide donc d'enterrer sa voiture au fond du jardin. Comment lui est venue cette drôle d'idée ? Mystère... Peut-être dans un polar où le meurtrier, pour ne pas laisser de traces, enterre son pistolet ou son couteau. Ni vu, ni connu.
Les policiers, qui ont retrouvé sa trace grâce à des témoins, découvriront stupéfaits la carcasse de l'auto sous deux mètres de terre. Certes la panique est souvent mauvaise conseillère, mais creuser un trou de la dimension d'une piscine pour y faire disparaître sa voiture reste la solution la plus bizarre (et invraisemblable) qu'aurait imaginée un romancier.
Malgré tout le chauffard aurait pu faire plus compliqué. De la même manière que certains tueurs démembrent leur victime pour l'évacuer en petits morceaux dans les poubelles, il aurait pu démantibuler son auto, pièce par pièce. Et d'ailleurs, il a poussé le vice jusqu'au bout : dans un coin du garage, les policiers ont retrouvé le moteur, proprement démonté. Pour cet affreux, tuer trois personnes ne justifie visiblement pas la perte d'un bon moteur.
Quelques chroniques de livres et BD qui méritent d'être lus et les critiques cinéma des dernières nouveautés. Par Michel et Fabienne Litout
lundi 22 février 2016
La seconde vie des voitures "moches"
Moquées au moment de leurs sorties, certaines voitures, manifestement ratées, retrouvent une seconde jeunesse grâce aux collectionneurs nostalgiques des années 70 ou 80.
La vie des constructeurs automobiles est rythmée par de rares superbes réussites et quelques ratés mémorables. La Clio de Renault, championne des ventes de ces dernières années (avec son ancêtre la R5), a relevé le prestige de la Régie plombée par des modèles pour le moins laids. La Renault 14, surnommée "la Poire" ou la Fuego, fausse sportive ont fait beaucoup de mal à la marque. Pourtant ces voitures n'étaient pas si ratées. Simplement trop originales ou pas assez excessives. Aujourd'hui elles retrouvent une seconde jeunesse par l'intermédiaire de collectionneurs nostalgiques d'une certaine mode des années 70 et 80.
Baptisée "La 7 cv du bonheur" dans les premières publicités au moment de sa sortie en 1976, la Renault 14 ne rencontre qu'un succès mitigé. Pour relancer les ventes, quelqu'un a l'idée iconoclaste de faire un rapprochement avec une... poire. Et la presse se retrouve inondée de publicités montrant une famille au volant d'un fruit. Conséquence, les acheteurs de la poire ont la désagréable impression d'en être pris pour une. Au lieu de faire exploser les achats, la voiture devient la risée de toute la France. Pourtant la R14 est fiable, économe et relativement moderne dans ses équipements de base. Son look la transforme injustement en une sorte de monstre honteux.
On croise parfois dans les campagnes des Ami 6 ou 8. Ces Citroën familiales, aux angles improbables (notamment la lunette arrière du premier modèle), étaient une évolution de la mythique 2 CV. Si cette dernière reste une référence dans le génie de la construction automobile française (comme la 205 quelques années plus tard chez Peugeot), ses dérivés n'ont pas connu le même succès.
La Dyane, surnommée la voiture du curé, ou la Méhari ont usé jusqu'à la corde un concept populaire mais définitivement dépassé. Aujourd'hui toutes les voitures ont tendance à se ressembler, les formes et gabarits semblant sortir des mêmes cartons à dessin de designers à la mode. L'original ou le bizarre sont réservés à des voitures concepts uniquement exposées dans des salons. Dans les concessions, la banalité est de mise. Cela explique sans doute le retour en grâce de ces voitures, prétendument ratées, mais qui en réalité étaient simplement uniques et surtout populaires.
La vie des constructeurs automobiles est rythmée par de rares superbes réussites et quelques ratés mémorables. La Clio de Renault, championne des ventes de ces dernières années (avec son ancêtre la R5), a relevé le prestige de la Régie plombée par des modèles pour le moins laids. La Renault 14, surnommée "la Poire" ou la Fuego, fausse sportive ont fait beaucoup de mal à la marque. Pourtant ces voitures n'étaient pas si ratées. Simplement trop originales ou pas assez excessives. Aujourd'hui elles retrouvent une seconde jeunesse par l'intermédiaire de collectionneurs nostalgiques d'une certaine mode des années 70 et 80.
Baptisée "La 7 cv du bonheur" dans les premières publicités au moment de sa sortie en 1976, la Renault 14 ne rencontre qu'un succès mitigé. Pour relancer les ventes, quelqu'un a l'idée iconoclaste de faire un rapprochement avec une... poire. Et la presse se retrouve inondée de publicités montrant une famille au volant d'un fruit. Conséquence, les acheteurs de la poire ont la désagréable impression d'en être pris pour une. Au lieu de faire exploser les achats, la voiture devient la risée de toute la France. Pourtant la R14 est fiable, économe et relativement moderne dans ses équipements de base. Son look la transforme injustement en une sorte de monstre honteux.
Étonnante Fuego
Encore plus ratée, la Fuego est le prototype de la fausse sportive. Vendu comme un cabriolet jeune et moderne, au nom qui claque, c'est en réalité un veau manquant cruellement de puissance. Pour réduire les coûts, elle est bâtie sur le châssis de la R18. Une sportive de quatre places... Elle bénéfice même d'un moteur diesel. Un turbo diesel, capable de la propulser à 175 km/h. Mais un diesel quand même... Difficile de "frimer" au volant de cette drôle de voiture dont les derniers exemplaires sont sortis des chaînes de fabrication en 1986. Aujourd'hui, devenue voiture de collection, elle est très recherchée. Une sorte de revanche pour l'auto la plus réprouvée des années 80.On croise parfois dans les campagnes des Ami 6 ou 8. Ces Citroën familiales, aux angles improbables (notamment la lunette arrière du premier modèle), étaient une évolution de la mythique 2 CV. Si cette dernière reste une référence dans le génie de la construction automobile française (comme la 205 quelques années plus tard chez Peugeot), ses dérivés n'ont pas connu le même succès.
La Dyane, surnommée la voiture du curé, ou la Méhari ont usé jusqu'à la corde un concept populaire mais définitivement dépassé. Aujourd'hui toutes les voitures ont tendance à se ressembler, les formes et gabarits semblant sortir des mêmes cartons à dessin de designers à la mode. L'original ou le bizarre sont réservés à des voitures concepts uniquement exposées dans des salons. Dans les concessions, la banalité est de mise. Cela explique sans doute le retour en grâce de ces voitures, prétendument ratées, mais qui en réalité étaient simplement uniques et surtout populaires.
La mode des autos moches : de la mécanique des courbes
Les voitures populaires sont toutes dans nos mémoires. Leurs courbes et robes sont des plaisirs pour les dessinateurs. La série « Garage de Paris », dont un second recueil vient de paraître chez Glénat, leur rend hommage. Dugomier (scénario) et Bazile (dessin) font revivre quelques modèles de légende dans ces histoires courtes au délicieux parfum de nostalgie. Cap sur les années 50-70 en Aronde, Alpine, Panhard ou Deux-Chevaux. Au total dix voitures par volume qui se prêtent aux récits exceptionnels.
En plus d'être une délicieuse plongée dans le passé, chaque histoire complète apporte quelques renseignements techniques sur les modèles utilisés. On apprend ainsi que la Panhard a véritablement été la première voiture révolutionnaire, quelques années avant la DS. Quatrième vitesse, phare antibrouillard, tableau de bord rembourré, carrosserie ultra légère en aluminium, optimisation de l'aérodynamisme : tout est nouveau. Sa carrière sera de courte durée mais elle fera bien des petites sœurs. L'Aronde aussi aura une durée de vie assez limitée mais restera très longtemps sur les routes françaises.
La mode des autos moches : à qui le trophée de la voiture la plus laide ?
La Renault 14 n'est pas spécialement laide. Bizarre, mais pas affreuse. On ne peut pas en dire de certains modèles, plus ou moins récents. On trouve sur internet des « Top » des voitures les plus horribles. Une sorte de concours de designers en manque d'inspiration ou alors complètement à la masse. Pourtant ces voitures ont été produites et pire, vendues à des conducteurs au mauvais goût évident. A moins qu'ils n'aient cédé à des prix bradés, dernier argument de certains concessionnaires désespérés pour écouler de leur ultime stock « d'horreur sur roue ».
Championne toute catégorie, et heureusement introuvable en France,; la Trabant 601. La star de la RDA, sorte de caisse à savon en tôle ondulée, à la motorisation aussi puissante qu'une mobylette, a un aspect aussi rebutant qu'impersonnel. S'il s'en est venu des millions, c'est uniquement car elle n'avait pas de concurrente.
La Fiat Multipla est de la catégorie des grosses familiales pratiques. Mais qui a eu l'idée de placer les phares sous le pare-brise lui donnant des airs de gros insecte ? Même modernisé elle fait peur.
La BX de Citroën remporte au beau succès dans ces classements. Ses lignes tout en angles, sans la moindre courbe, la transforme en dessin industriel perdu dans un monde où la courbe est généralisée. Un OVNI esthétique.
Rancho. Vous souvenez-vous de la Matra Rancho. Ancêtre des petits 4x4, ce modèle, lancée par Simca et repris par Talbot après on changement de nom, elle a surtout pâti de la surcharge inutile d'éléments sur sa carrosserie. Pourtant elle était idéale en baroudeuse au large coffre surélevé.
La plus étrange reste l'AMC Pacer. Une petite américaine à la vitre arrière bombée lui donnant un étonnant air de... suppositoire. Reste les modèles hors catégorie, visibles uniquement en photos car jamais importées en France comme la Dongfeng D120 (Chine) ou la Tata Nano (Inde). Si un jour, vous en croisez une, gare à l'infarctus.
La mode des autos moches : fausses et vraies renaissances
Si Renault ne prévoit pas de reprendre une version de la Fuego modernisée, la Régie a présenté la semaine dernière son autre "sportive", à la sauce années 2010. Alpine, petite mangeuse de goudron si agile dans les routes en lacets, a fait rêver des générations de "fous du volant". Quelques exemplaires rugissaient encore lors de rassemblements. Un engouement encore vivace expliquant la modernisation et renaissance de la marque légendaire. La nouvelle Alpine, présentée par le PDG en personne (photo à droite), sera en réalité une marque indépendante, ambitionnant de concurrencer Porsche sur le segment des sportives de luxe. La présentation, à Monaco, en est la preuve éclatante.
Rien pour la 4L
Par contre rien de prévu pour la sympathique 4L. La toile avait fantasmé durant quelques jours sur une version "SUV" de l'ancêtre. Elle avait de la gueule et tout le monde était enthousiaste. Pourtant ce n'est qu'une ébauche sur papier, même pas issue des ateliers de recherche de la firme. Pour rouler en 4L, il ne reste que l'arrière-grand- père qui la bichonne depuis des décennies. Par contre la Méhari de Citroën va renaître de ses cendres. Sans jeu de mots douteux, la voiture ayant été victime dans les années 70 d'un détraqué qui les incendiait dans les rues de Paris. Tout terrain increvable, agile et permettant de pleinement profiter de la nature, la e-Méhari (photo à gauche) revient dans une version tout électrique. Ce sera sans doute la vedette de ces prochains mois tant son look, coloré et jeune, dénotera dans la grisaille ambiante. Reste la motorisation électrique, un frein commercial important dans une France qui n'arrive pas à franchir le cap de l'abandon du moteur à explosion.
dimanche 21 février 2016
Roman - Le quatrième âge, ce condensé de méchanceté
Armand est méchant. Le héros de "Hospice & Love", roman de Thiébault de Saint-Amand, à 85 ans passés, à plus d'une entourloupe dans sa besace.
La fin de vie est au centre de ce roman iconoclaste. Si l'on vit de plus en plus vieux en France, parfois les dernières années des membres du quatrième âge ne sont pas très gaies. L'action se déroule en 2024. Armand Bouzies, ancien commissaire de police, 85 ans et toujours bon pied bon œil, l'apprend à ses dépens. Placé dans une maison de retraite spécialisée par sa fille partie se relancer professionnellement à Singapour, il comprend vite que cet 'établissement collectif de séjour pour personnes dépendantes' de Nogent-le-Rotrou est un vulgaire mouroir. Terminées les sorties en goguette, les journées en pyjama et la belle vie. Sa chambre, double, a tout l'air d'une cellule. Il tombe de haut mais ce vieux monsieur foncièrement méchant ne se laisse pas abattre. La première partie du roman le montre à la manœuvre pour dégoûter ses colocataires. Trois en quelques semaines. Pour conserver sa tranquillité, il n'hésite pas à les pousser au suicide. Pas grave : ce n'est qu'avancer l'inéluctable de quelques jours ou semaines...
Avouons-le, difficile d'avoir la moindre once de sympathie pour cet octogénaire qui maltraite les alzheimers et se fait un petit pécule en trafiquant les médicaments, histoire d'avoir de quoi venir le jour où il s'enfuira. Car le but ultime de l'ancien flic est de se faire la belle. Une sacrée crapule décrite par Thiébault de Saint-Amand. Comment transformer cette charge contre les mouroirs inhumains en roman émouvant et sensible ? Il suffit de faire intervenir une nouvelle pensionnaire : Elizabeth. 83 ans, mais une distinction et une grâce intacte, malgré la perfusion qu'elle trimbale partout. Armand en tombe raide dingue amoureux. De l'amour fou, de celui qui frappe les adolescents acnéiques. Armand va-t-il changer ? Pour Elizabeth il va s'adoucir, mais n'abandonne pas ses envies de cavale. Au contraire il embringue Elizabeth dans l'affaire. Les voilà partis tous les deux vers la côte Normande pour une ultime lune de miel à Deauville. Même si parfois le tête à tête langoureux se transforme en séances de pleurs pour Elizabeth. "A un certain âge, on souffre d'un trop-plein de vie", avoue la vieille dame qui accepte enfin de se confier sur son passé professionnel. Armand n'en reviendra pas (le lecteur non plus) et cela amplifiera son amour. Entre rires grinçants et mélodie sentimentale, maladies dégénératives et personnel soignant déshumanisé, le roman est parfois un peu déstabilisant. Pourtant, l'auteur à force de coups de théâtre et de surprises, va au bout de sa démonstration avec un final très brillant.
"Hospice & Love" de Thiébault de Saint Amand, Hugo, 17 euros.
Avouons-le, difficile d'avoir la moindre once de sympathie pour cet octogénaire qui maltraite les alzheimers et se fait un petit pécule en trafiquant les médicaments, histoire d'avoir de quoi venir le jour où il s'enfuira. Car le but ultime de l'ancien flic est de se faire la belle. Une sacrée crapule décrite par Thiébault de Saint-Amand. Comment transformer cette charge contre les mouroirs inhumains en roman émouvant et sensible ? Il suffit de faire intervenir une nouvelle pensionnaire : Elizabeth. 83 ans, mais une distinction et une grâce intacte, malgré la perfusion qu'elle trimbale partout. Armand en tombe raide dingue amoureux. De l'amour fou, de celui qui frappe les adolescents acnéiques. Armand va-t-il changer ? Pour Elizabeth il va s'adoucir, mais n'abandonne pas ses envies de cavale. Au contraire il embringue Elizabeth dans l'affaire. Les voilà partis tous les deux vers la côte Normande pour une ultime lune de miel à Deauville. Même si parfois le tête à tête langoureux se transforme en séances de pleurs pour Elizabeth. "A un certain âge, on souffre d'un trop-plein de vie", avoue la vieille dame qui accepte enfin de se confier sur son passé professionnel. Armand n'en reviendra pas (le lecteur non plus) et cela amplifiera son amour. Entre rires grinçants et mélodie sentimentale, maladies dégénératives et personnel soignant déshumanisé, le roman est parfois un peu déstabilisant. Pourtant, l'auteur à force de coups de théâtre et de surprises, va au bout de sa démonstration avec un final très brillant.
"Hospice & Love" de Thiébault de Saint Amand, Hugo, 17 euros.
samedi 20 février 2016
DE CHOSES ET D'AUTRES - Paradoxe parisien
A chacune de mes courtes escapades à Paris, je sacrifie au rituel du café en terrasse. Le plaisir de siroter un "petit noir" en observant cette faune incroyable de la capitale pour le provincial que je resterai toujours.
D'ordinaire, il faut jouer des coudes pour trouver une place. Le froid combiné au souvenir encore présent du 13 novembre semblent avoir rebattu les cartes. Par contre, ce qui n'a pas changé c'est le prix prohibitif de ces quelques centilitres de nectar odorant. Entre trois et quatre euros, le "kawa" devient un véritable luxe.
Comme de bien entendu, j'en profite pour en griller une sous les convecteurs à gaz tournant à plein régime. Je demande un cendrier à la serveuse. "Désolée, la mairie de Paris nous a interdit les cendriers. Il paraît qu'ils peuvent se transformer en projectile en cas de bagarre." Face à mon air interloqué elle continue "Jetez votre mégot par terre, je passerai le balai... »
Paris sera toujours aussi paradoxal. Si un cendrier peut se transformer en arme, alors pourquoi continuer à servir des bières pression dans des chopes encore plus "contondantes" qu'un petit cendrier si elles sont lancées avec détermination et dextérité. Cette décision ne serait-elle pas plutôt destinée à ostraciser encore plus les fumeurs ? Car la municipalité a également décidé de verbaliser les jets de mégots sur la voie publique. 68 euros le PV. Mais en l'absence de cendriers, que faire du reste de sa cigarette ? Suggestion : que chaque paquet "neutre" soit équipé d'un cendrier portatif.
D'ordinaire, il faut jouer des coudes pour trouver une place. Le froid combiné au souvenir encore présent du 13 novembre semblent avoir rebattu les cartes. Par contre, ce qui n'a pas changé c'est le prix prohibitif de ces quelques centilitres de nectar odorant. Entre trois et quatre euros, le "kawa" devient un véritable luxe.
Comme de bien entendu, j'en profite pour en griller une sous les convecteurs à gaz tournant à plein régime. Je demande un cendrier à la serveuse. "Désolée, la mairie de Paris nous a interdit les cendriers. Il paraît qu'ils peuvent se transformer en projectile en cas de bagarre." Face à mon air interloqué elle continue "Jetez votre mégot par terre, je passerai le balai... »
Paris sera toujours aussi paradoxal. Si un cendrier peut se transformer en arme, alors pourquoi continuer à servir des bières pression dans des chopes encore plus "contondantes" qu'un petit cendrier si elles sont lancées avec détermination et dextérité. Cette décision ne serait-elle pas plutôt destinée à ostraciser encore plus les fumeurs ? Car la municipalité a également décidé de verbaliser les jets de mégots sur la voie publique. 68 euros le PV. Mais en l'absence de cendriers, que faire du reste de sa cigarette ? Suggestion : que chaque paquet "neutre" soit équipé d'un cendrier portatif.
Cinéma - Faire son deuil avec lenteur dans « Ce sentiment de l’été »
Un beau matin d'été. Un jeune couple se réveille. La femme se lève. L'homme se rendort. Sasha part travailler. Lawrence (Anders Danielsen Lie, photo) reste au lit. Ils vivent à Berlin. Elle traverse une partie de la ville, va à son atelier et une fois son labeur terminé, rentre chez elle. En chemin, au milieu d'une pelouse, elle s'écroule. Cinq jours plus tard, Sasha est morte. Lawrence débute son long travail de deuil.
Film sur la mort, le chagrin et la renaissance, « Ce sentiment de l'été » de Mikhaël Hers impose rapidement son rythme, ses silences, son image. Voyage introspectif dans l'âme des survivants, il décortique ce sentiment d'absence quand un être cher part. Car Sasha est morte à 30 ans. Sans avoir réalisé ce qu'elle rêvait, seule et avec l'homme qu'elle aimait. Un amour réciproque. Lawrence est comme perdu, absent, comme abandonné. Heureusement les parents de Sasha prennent la paperasse administrative en main. Aux obsèques, une simple soirée à discuter de la morte, il y a aussi Zoé (Judith Chemla), la jeune sœur de Sasha. Elle lui ressemble énormément. Trop pour Lawrence qui ne peut s'empêcher de la revoir sous ses traits.
Une année plus tard, on retrouve Zoé à Paris. Elle vit désormais seule, élevant tant bien que vaille son fils. Lawrence vient passer quelques jours, il se rapproche de Zoé avec pour seul sujet de conversation Sasha. L'un comme l'autre vivent encore dans le souvenir de la morte. La troisième partie se déroule à New York. Lawrence, Américain, est revenu chez lui. Il aide sa soeur dans un magasin d'antiquités. Il commence à sortir la tête de l'eau. Toujours en plein été, Zoé arrive. Ils vont encore mieux apprendre à se connaître et s'entraider pour définitivement tourner la page. Ce film, d'une grande tendresse, loin d'être triste, est en réalité une ode à la vie. La mort a touché Lawrence et Zoé. Mais ne les a pas coulés. Il faut du temps pour colmater les brèches. Une fois les peines du cœur réparées, la navigation peut reprendre.
vendredi 19 février 2016
DE CHOSES ET D'AUTRES : Accident de personne
"Accident de personne". L'annonce claque comme un coup de feu dans le wagon du TGV à destination de Paris. À 20 minutes de mon arrivée gare de Lyon ce mercredi. Le train ralentit et s'immobilise dans un tunnel. Pas de chance pour les voyageurs qui doivent prendre une correspondance. Pas de chance non plus pour le pauvre bougre qui s'est jeté sous la locomotive à l'entrée de Maison-Alfort. Après cinq heures de cohabitation polie, les langues se délient, en même temps que les bouteilles d'eau distribuées par les contrôleurs. Les deux petites filles assises en face de moi, des jumelles de six ans (Selena et Cyann) ont été très sages mais cet arrêt intempestif les perturbe.
Leur mère tente d'expliquer. "Un monsieur s'est fait percuter par un train". "Ça veut dire quoi percuter, maman", interroge la plus curieuse. L'une des fillettes compatit pour le monsieur ("Il est mort alors ?") alors que l'autre ne comprend pas pourquoi on reste arrêté : "On le met à côté et le train repart !" Le monde des enfants est si simple... La maman s'oblige à préciser : "Il faut que les pompiers et la police viennent d'abord". Le TGV redémarre. Juste pour sortir du tunnel.
"On va repartir maman ?" demandent au moins trente fois les jumelles à tour de rôle durant les deux heures d'immobilisation. Dans vingt ans, elles ne se rappelleront plus de ces deux longues heures d'attente. Elles feront toujours Perpignan-Paris en train. Encore plus vite grâce à la nouvelle ligne à grande vitesse. Moi, je me souviendrai toujours de ce désespéré qui a préféré finir sa vie sur ces rails funestes.
Leur mère tente d'expliquer. "Un monsieur s'est fait percuter par un train". "Ça veut dire quoi percuter, maman", interroge la plus curieuse. L'une des fillettes compatit pour le monsieur ("Il est mort alors ?") alors que l'autre ne comprend pas pourquoi on reste arrêté : "On le met à côté et le train repart !" Le monde des enfants est si simple... La maman s'oblige à préciser : "Il faut que les pompiers et la police viennent d'abord". Le TGV redémarre. Juste pour sortir du tunnel.
"On va repartir maman ?" demandent au moins trente fois les jumelles à tour de rôle durant les deux heures d'immobilisation. Dans vingt ans, elles ne se rappelleront plus de ces deux longues heures d'attente. Elles feront toujours Perpignan-Paris en train. Encore plus vite grâce à la nouvelle ligne à grande vitesse. Moi, je me souviendrai toujours de ce désespéré qui a préféré finir sa vie sur ces rails funestes.
jeudi 18 février 2016
BD - Double dose de nostalgie aux éditions Dupuis
En se lançant dans l'historique des éditions Dupuis et de son navire amiral le journal de Spirou, Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault ne se doutaient pas que ce travail serait titanesque. Passionnant aussi. C'est véritablement l'histoire de la BD franco-belge qui est retracée dans ce second volume de plus de 330 pages très richement illustré. Après la guerre et la clandestinité, Spirou retrouve son rythme de parution hebdomadaire. Le héros est toujours animé par Jijé, mais il a décidé de passer la main à un petit jeune plein d'avenir: André Franquin. Ces années d'apprentissage sont aussi le fondement de l'école de Marcinelle. Jijé, le « maître », héberge chez lui et forme trois petits apprentis : Will, Morris et le discret Franquin. Une entente tellement forte qu'ils partiront avec armes et bagages tenter leur chance aux USA. Un périple conté dans la BD de Yann et Schwartz « Gringos locos ». Grâce à ce volume, on connait la suite de l'aventure. Tout le monde s'ainstalle à Mexico pour quelques mois puis l'entente se fissure, Morris part à New York, Franquin revient en Belgique. A partir de 1950, ces dernier deviendra le pilier de la revue, multipliant les animations. Les brouilles avec les patrons aussi.
« La véritable histoire de Spirou » (tome 2), Dupuis, 55 euros
« Sophie, l'intégrale » (tome 4), Dupuis, 32 euros
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